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[Illustration: Le beau port.]

_Les chifres montrent les brasses d'eau._

A Le lieu où estoit nostre barque.

B Prairies.

C Petite isle.

D Cap de rocher.

E Le lieu où l'on faisoit calfeutrer nostre chalouppe.

F [f] Petit islet de rochers assez haut à la coste.

G Cabanes des sauvages, & où ils labourent la terre.

H Petite riviere où il y a des prairies.

I Ruisseau.

L Langue de terre plaine de bois où il y a quantité de safrans, noyers &

vignes.

M La mer d'un cul de sac en tournant le cap aux isles.

N Petite riviere.

0 Petit ruisseau venant des preries.

P Autre petit ruisseau où l'on blanchissoit le linge.

Q Troupe de sauvages venant pour nous surprendre.

R Playe de sable.

S La coste de la mer.

T Le sieur de Poitrincourt en embuscade avec quelque 7 ou 8

arquebusiers.

V Le sieur de Champlain apersevant les sauvages.

Le dernier de Septembre nous partismes du beau port, & passâmes

par le cap S. Louys, & fismes porter toute la nuit pour gaigner

le cap blanc. Au matin une heure devant le jour nous nous

trouvasmes à vau le vent du cap blanc en la baye blanche à

huict pieds d'eau, esloignez de la terre une lieue, où nous

mouillasmes l'ancre, pour n'en approcher de plus prés, en

97/245 attendant le jour; & voir comme nous estions de la marée.

Cependant envoyasmes sonder avec nostre chalouppe, & ne trouva

on plus de huit pieds d'eau: de façon qu'il fallut délibérer

attendant le jour ce que nous pourrions faire. L'eau diminua

jusques à cinq pieds, & nostre barque talonnoit quelquefois sur

le sable: toutesfois sans s'offencer ny faire aucun dommage:

Car la mer estoit belle, & n'eusmes point moins de trois pieds

d'eau soubs nous, lors que la mer commença à croistre, qui nous

donna beaucoup d'esperance.

Le jour estant venu nous apperceusmes une coste de sable fort

basse, où nous estions le travers plus à vau le vent, & d'où on

envoya la chalouppe pour sonder vers un terrouer, qui est assez

haut, où on jugeoit y avoir beaucoup d'eau; & de fait on y en

trouva sept brasses. Nous y fusmes mouiller l'ancre, &

aussitost appareillasmes la chalouppe avec neuf ou dix hommes,

pour aller à terre voir un lieu où jugions y avoir un beau &

bon port pour nous pouvoir sauver si le vent se fut eslevé plus

grand qu'il n'estoit. Estant recogneu nous y entrasmes à 2, 3 &

4 brasses d'eau. Quand nous fusmes dedans, nous en trouvasmes 5

& 6. Il y avoit force huistres qui estoient tresbonnes, ce que

n'avions encores apperceu, & le nommasmes le port aux Huistres

[140]: & est par la hauteur de 42 degrez [141] de latitude. Il

y vint à nous trois canots de sauvages. Ce jour le vent nous

vint favorable, qui fut cause que nous levasmes l'ancre pour

98/246 aller au Cap blanc, distant de ce lieu de 5 lieues, au Nord un

quart du Nordest, & le doublasmes.

[Note 140: La baie de Barnstable. Il semble qu'elle ait légué son ancien

nom à une baie plus petite qu'elle renferme et que l'on appelle baie aux

Huîtres (Oysters Bay).]

[Note 141: L'entrée du port aux Huîtres est par les 41° 45'.]

Le lendemain 2 d'Octobre arrivasmes devant Malebarre, où

sejournasmes quelque temps pour le mauvais vent qu'il faisoit,

durant lequel, le sieur de Poitrincourt avec la chalouppe

accompagné de 12 à 15 hommes, fut visiter le port, où il vint

au-devant de luy quelque 150 sauvages, en chantant & dansant,

selon leur coustume. Apres avoir veu ce lieu nous nous en

retournasmes en nostre vaisseau, où le vent venant bon, fismes

voille le long de la coste courant au Su.

_Continuation des susdites descouvertures: & ce qui y fut

remarqué de singulier._

Oeuvres de Champlain · 第 70 / 415 题