[754] Nous verrons plus loin (chapitre des _Menues choses_) ce

Hautecourt nommé _maistre Jehan de Hautecourt_. Il me paroît bien que

c’est le même qui transigea, le 3 juin 1385, avec l’abbesse d’Hyères,

sur un procès que l’abbesse lui avoit intenté (elle concluoit contre

lui, en janvier 1384 (5), à 1 000 fr. d’amende pour elle et 2 000 pour

le Roi, etc., _Plaid. civ._). Sire Jean de Fleury, dernier prévôt des

marchands en 1382, le fameux trésorier Bernard de Montlhéry cité dans

_Christine de Pisan_, et Jehan de Longueil, conseiller au parlement,

étoient ses amis; il y a donc lieu de croire qu’il étoit dans une

position assez élevée pour pouvoir faire une noce aussi dispendieuse que

celle dont nous avons ici le menu. Quant à sa qualité de _clerc_ qui

ressort de la pièce suivante (_Colin Morant pour ce qu’il est lay_),

elle ne doit pas empêcher de croire qu’il ait pu se marier, rien n’étant

à cette époque plus fréquent que de voir des gens mariés, exerçant toute

espèce de profession, et revêtus cependant de la qualité religieuse de

clerc, qui les mettait à l’abri de beaucoup d’éventualités fâcheuses.

Il est dit dans cet accord que maître Jehan de Hautecourt et ses consors

iront le jour de la fête saint Pierre et saint Paul (29 juin) en

l’abbaye d’Hyères, vers madame l’abbesse ayant en sa compagnie autant de

ses religieuses qu’elle voudra et M. de Folleville (conseiller au

parlement, devenu en 1389 prévôt de Paris), maître Jean de Fontaines et

maître Raoul Drobille (son procureur); alors, continue l’accord,

«maistre Jehan et ses consors salueront et feront la révérence à ladite

Madame l’abbesse si comme à son estat appartient, et oultre ledit

maistre Jehan dira pour lui, Aymery Comte, Odinet de Sens, Herlin des

Mares et Colin Morant, teles paroles:

«Madame, vous avez fait proposer contre nous en parlement comment nous

venismes en l’esglise de céans, armés et garnis d’espées, de taloches et

de longs cousteaux, environ demie lieue de nuit, et entrasmes en l’ostel

du Four, tenant nos bastons et espées toutes nues, et je, Jehan de

Hautecourt, demandoie où estoient Colin le Barbier et Jehannin Poitrine

qui avoient batu mon varlet, et que se je les trouvoie, jamais ils ne

mengeroient de pain: et que je feroie pendre ledit Colin le Barbier, et

que vous, Madame, ne teniez avec vous que larrons et murtriers: et

cerchasmes ledit hostel du Four, et frappasmes nos espées et cousteaux

dedans les liz pour savoir se lesdis Colin le Barbier et Jehan Poitrine

y estoient muciés. _Item_, que par la court de céans et jusques à la

chambre de vous, Madame, nous chassasmes lesdis Colin le Barbier et

Jehan Poitrine, en criant après eulx: _A mort! à mort!_ Et que ledit

Poitrine à moy, et par espécial Perrenelle de Machaut, pour cuider

appaisier la noise en disant que lesdites dames, leurs familiers et

esglise, estoient en la sauve-garde du Roy et que je me gardasse de

meffaire à eulx, que je deubs respondre que aussi estoie-je en la

sauve-garde du Roy, et que de vous, Madame, je ne tenoie compte, ne

desdites dames, ne leurs amis, et que vous en feissiez du mieulx que

vous pouriez, et que se je tenoie lesdis Colin et Poitrine, que je les

tueroie. Et pour ce avez fait conclure contre nous en amende honnorable

et prouffitable. Madame, nous créons bien que vous avez esté informée

contre nous, et pour ce vous estes tenue à malcontente de nous. Et en

vérité, Madame, onques jour de nos vies nous ne fusmes en l’esglise de

céans pour vous ne vos gens injurier en fait ne en parole, ne ne

vourrions faire en aucune manière, ainçois nous vourrions et avons

tousjours voulu faire à nos povoirs service et plaisir, et se par aucune

manière vous nous avez sceu aucun mal gré et par ce avons esté hors de

vostre bonne grâce, nous vous supplions qu’il vous plaise à le nous

pardonner.»

«Et après ces choses ainsi dictes, ladicte Madame respondra teles

paroles ou en substance:

«Maistre Jehan, nous avons esté informé des choses dessusdictes

souffisamment, si comme il nous a semblé, et pour ce les avons-nous fait

proposer contre vous en parlement pour garder le droit de nous et de

nostre Esglise, mais nonobstant ce, pour l’amour de sire Jehan de Ruel,

sire Jehan de Fleury, Bernart de Montleheri et de maistre Jehan de

Longueil, vos amis, qui nous en ont escript et requis, et pour ce aussi

que vous vous en excusez à nous, nous le vous pardonnons.»

«_Item_, cedit jour et heure, Colin Morant pour ce qu’il est lay, après

ces choses, le chapperon avalé et un genoul à terre, dira à Madame en

substance les paroles dessus dites en tant qu’il touche l’accusation de

Madame l’abbesse et du procureur du Roy et aussi son excusation, et puis

dira:

«Madame, se en aucune manière je vous ai meffait ne mesdit ès choses

dessus dictes, je le vous amende à vostre pure volenté.»

«En ploiant son gaige (_celui qui faisoit amende honorable plioit une

baguette que lui remettoit l’huissier_): laquelle amende elle recevra et

puis dira:

«Pour l’amour de sire Jehan de Rueil, sire Jehan de Fleury, Bernart de

Montleheri et maistre Jehan de Longueil qui m’en ont escript et requis,

je te quitte l’amende.»fu attains et féru d’un estoc ou costé à sang, et

à plaie ouverte d’une espée. _Item_, pour ce que les dames de céans

furent moult effréées et vindrent

[755] Ligne laissée en blanc dans les manuscrits.

[756] Var. B. _joziers_. _Jugier_ est meilleur.

[757] Du Cange cite, au mot _Manus_, un compte de 1334 imprimé parmi les

preuves de l’_Histoire de Nîmes_, dans lequel on voit deux massepains,

l’un de _manu-christi_, et l’autre de _confiegs_. Il semble que ces mots

doivent désigner un fruit ou une amande, mais je n’ai pu découvrir

lequel.

[758] Var. A. _quatre_.

[759] Les deux nouveaux mariés.--Il est si bien probable qu’alors on

gardoit toute sa vie le deuil de son conjoint.--Les reines portoient

ainsi tout le reste de leur vie le deuil du roi auquel elles

survivoient, et elles le portoient en blanc. On les appeloit alors, pour

les distinguer de la nouvelle reine, _reines blanches_: de là tant de

maisons dites _de la reine Blanche_.

[760] Et autres présens qu’on leur faisoit pendant le repas.

[761] Ce mot doit conserver ici la même signification que ci-dessus,

pages 118 et 122; l’auteur veut sans doute dire que pour ce prix ils

joueront aussi le jour du regard.

[762] Si ce mot ne désigne pas nos _acrobates_ d’aujourd’hui (les

ménétriers étoient aussi danseurs de corde; voir une citation d’Albéric

de Trois-Fontaines à l’année 1237, dans Du Cange, au mot _Ministellus_),

il signifie soit histrions, soit farces ou récits plaisans. Voy. Du

Cange aux mots _Acroama_ et _Acroamata_.

[763] Fleur de farine.

[764] Voir ci-dessus, p. 88.

[765] Au contraire.

[766] Au IVe article, ci-dessus, p. 111, mais ce n’est qu’une

nomenclature incomplète.

[767] J’écris ainsi ce mot à causé des deux _l_. Peut-être _entrecercle_

est-il le vrai nom.

[768] Échanger le linge c’est le mettre dans l’eau et le tordre avant de

le mettre à la lessive.

[769] L’humidité.

[770] Var. B. _estandre_.

[771] Pouliot, herbe odoriférante.

[772] Cueillis.

[773] Boyau.

[774] Oie.

[775] On demande.

[776] Temps de Pâques.

[777] De là le proverbe: _vilain comme lard jaune_.

[778] Ratisser, gratter.

[779] Paré; mais plutôt faute, pour _décolé_.

[780] Cette phrase est évidemment défectueuse. Il semble que l’auteur

veuille dire qu’il y a _la fresure_, puis _le sain_, _la haste-menue_ et

_le chaudun_.

[781] Sans doute deux blancs parisis.--Il y a eu une monnoie d’argent

dite _parisis_, mais, suivant Le Blanc, elle n’a été en usage que sous

Philippe de Valois, et elle avoit d’ailleurs trop de valeur pour que les

issues du mouton aient pu valoir deux de ces pièces.

[782] Cependant l’auteur distingue plus haut la panse de la fraise.

[783] _On demande_, mais l’auteur n’en savoit pas la raison.

[784] Il paroît manquer ici quelque mots comme: _avec de l’eau et_....

Cette recette est répétée plus loin (chap. des _potages à espices_).

Voir sur ce sujet le _Trésor de Vénerie_, p. 62, et note 56.

[785] Mieux _cimier_, c’est la croupe ou quoier (de queue) du cerf;

l’auteur en parle encore plus loin.

[786] On trouve dans les _Délices de la campagne_ (voir pag. 105),

quelques détails sur les différentes parties des bœufs, mais l’auteur

écrivant pour des lecteurs qui connoissoient les noms qu’il emploie, ne

définit pas nettement ces noms, et on ne peut tirer de ses paroles que

des inductions.

La manière de distribuer la chair des bœufs est complétement changée

aujourd’hui, et il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de

donner exactement les noms actuels et la définition des diverses parties

que nomme ici l’auteur du _Ménagier_. Voici cependant le très-foible

résultat de renseignemens soigneusement recueillis sur ce sujet.

On appelle aujourd’hui _flanchet_ la membrane qui retient les intestins,

le bas-ventre, et il semble que ce mot n’a jamais pu désigner en effet

qu’une partie située sur les flancs de l’animal. Cependant, plus haut,

l’auteur place le flanchet au quartier de devant d’un mouton. Le

Dictionnaire de Trévoux définit le flanchet _partie qu’on coupe au

bas-bout du bœuf, vers les cuisses, et qui fait partie de la surlonge_.

La _surlonge_, nécessairement différente de ce qui porte aujourd’hui ce

nom (chair des dernières basses côtes qui se trouve sous l’épaule après

qu’elle est levée), doit être l’extrémité de la longe, c’est-à-dire une

partie de la culotte (_Délices de la campagne_, p. 193).

La longe, valant le double de la surlonge (pages 86, 87), comprenoit les

aloyaux et le filet. Les Anglois ont conservé le mot _loin_ pour

désigner le filet.

Dom Carpentier pense que nomblet, _numbile_, désigne la _longe_,

_l’eschinée_. Mais ce passage du _Ménagier_ prouve que cette opinion est

erronée, puisque l’auteur distingue le nomblet de la longe, et qu’on ne

peut supposer qu’à aucune époque la partie du bœuf dite aujourd’hui le

filet ait été le profit de l’écorcheur et _de petite valeur_. Faisant

ensuite allusion à la définition des veneurs, Dom Carpentier exprime

l’idée que le mot nomblet, s’il ne signifie pas la longe, pourroit venir

d’_umbilicus_, nombril, à raison de l’endroit où le nomblès est levé.

Des anciens veneurs, l’auteur anonyme du _Roi Modus_, qui a été copié en

cet endroit par Phébus, est le plus explicite. Les nomblès sont, suivant

lui, _une char et une gresse avec les rognons, qui est par dedens,

endroit les longes, près des deux cuisses_. Cette définition, de même

que les expressions de l’auteur du _Ménagier_, concordent avec la

position et la nature du morceau dit aujourd’hui _onglet_, peut-être par

corruption de _nomblet_, dans la boucherie de Paris: c’est un morceau de

viande de douze à quinze pouces de long (l’auteur donne la dimension de

la longueur du morceau de viande qui forme l’onglet, mais quand il dit

qu’il touche d’un bout au _col_ et de l’autre au rognon, il joint

évidemment à l’onglet la membrane dite la _hampe_, car il est

physiquement impossible qu’il n’y ait qu’un pied de distance entre le

cou et le rognon d’un bœuf) qui forme l’extrémité de la _hampe_ ou

membrane qui sépare le foie et la rate d’avec la panse et les intestins.

L’onglet touche en effet la graisse qui enveloppe le rognon, et la

hampe, continuation nerveuse de l’onglet, va se rattacher, non pas au

cou, mais à la poitrine. Les côtes de l’animal commencent à la hauteur

de l’onglet.

[787] Ce mot n’est que dans le Ms. C, mais est cependant nécessaire au

sens.

[788] Var. A et C, _au dessus_.

[789] A la Porte-Paris, à la grande boucherie.

[790] La taille sur laquelle chaque bourgeois faisoit marquer la viande

qu’il prenoit, sans la payer chaque jour. Voy. ci-dessus, page 88. Je

pense que c’est ainsi qu’on doit entendre ce passage, plutôt que de

croire qu’il s’agit ici d’une taille (impôt) levée sur la viande.

[791] A cause du plus grand nombre de pièces et de l’augmentation de

leur volume résultant de la plus forte dimension de l’animal. Il semble

résulter de ce passage qu’on vendoit la viande au morceau et non au

poids.

[792] L’estomac.

[793] Second estomac.

[794] Le poumon.

[795] 30 novembre.

[796] Peau.

[797] Dans le courant de cet article, _élire_ signifie _éplucher_ (ici

_écosser_) et non choisir. Nous verrons (chap. du _gravé d’écrevices_)

l’auteur dire d’_élire_ des écrevices; _comme si l’on vouloit les

manger_.

[798] Les Mss. ajoutent _et d’eaue de fontaine_; peut-être faudroit-il

lire _et d’eaue de rivière_.

[799] Béans, crevés? Nous verrons plus loin les fèves _bayennes_.

[800] Purer signifie, dans cette partie du _Ménagier_, égoutter, séparer

le liquide du solide, et la purée est la partie liquide. (Voy. p. 137,

n. 4, et p. 139.)

[801] Cuis à part, comme le lard aux jours de chair.

[802] Suppléez, _ainsi_.

[803] Coupés par tranches (morceaux minces).

[804] Baleine salée; voir le chapitre des _poissons de mer ronds_.

[805] Bluteau, grand tamis long composé de plusieurs cercles.

[806] Tamis d’étoffe claire.

[807] Sas, tamis de crin.

[808] Dans la purée.

[809] Tartines de pain.

[810] Voy. le _civé d’huitres_ au chapitre _des Potages lians sans

chair_.

[811] Cette phrase, qui se trouve déjà p. 88, l. 5, paroît placée ici

par une erreur commune aux trois manuscrits.

[812] Var. B. _alaiez_, délayez. La purée étoit évidemment très-claire

et une sorte de bouillon de légumes.

[813] Les manuscrits répètent ici les §§ 1 et 2, p. 88, et §7, p. 87.

[814] Jusqu’à ce qu’elles soient crevées? (béantes). Voy. p. 135, n. 1.

[815] Chaque plat?

[816] On voit page 142 que l’auteur appelle ainsi la réunion de

plusieurs lardons fondans dans la poële.

[817] D’épices. Sans doute poudre fine.

[818] Tout le temps de l’année qui n’est pas le carême.

[819] Donné, avec quelques notables différences cependant, sous le titre

de _Porée de cresson_, dans le manuscrit de Taillevent conservé à la

Bibliothèque Mazarine.

[820] Suppléez _est_.

[821] Ces quatre mots pourroient s’appliquer aux épinards. Il faudroit,

dans ce cas, supprimer l’alinéa.

[822] Voy. pages 48 et 143.

[823] Délayer.

[824] On sait que l’année commençoit alors à Pâques. Les années 1392,

1393 et 1394, dans lesquelles on peut fixer l’époque de la composition

du _Ménagier_ (ainsi que je crois l’avoir démontré dans l’Introduction),

commencèrent toutes trois en Avril.

[825] Les trois manuscrits portent _nommés_; je crois qu’il faut lire

_pommés_ ou _pommes_.

[826] Temps de Pâques.

[827] Déchirer par pièces.

[828] Cotons.

[829] Écrasés.

[830] _Et_ paroît être de trop.

[831] Gruau. Var. A, _grumiau_.

[832] Ces mots ne sont que dans le Ms. C.

[833] Foulque, oiseau de rivière.

[834] Gésiers. Var. mauvaise de B. _josiers_.

[835] On trouve la même recette (_gramouse_), sauf plusieurs mots omis,

dans _le Grand cuisinier de toutes cuisines_, Paris, Ve Jn Bonfons,

in-16, s. d., fº 28. (Voir l’Introduction.)

[836] Var. B. _fait_.

[837] _Gr. Cuis._, fº 28 vº, identique.

[838] Peut-être dans la partie maigre du bouillon, dans _du bouillon

dégraissé_, par opposition avec l’eau grasse dont l’auteur va parler.

[839] A bas, hors du feu.

[840] Var. A. C. _ondée_. (Jeter un bouillon.)

[841] La traduction en vers explique suffisamment le commencement de cet

aphorisme culinaire. _Lazarus_ (ladre) paroît répondre à _teigneux_;

_Martinus_ signifie dur, obstiné (_rebelle_) par allusion à Martin

Grosia, professeur de droit à Bologne au XIIe siècle, dont la dureté et

l’entêtement étoient passés en proverbe au dire du cardinal Baronius,

cité par Du Cange au mot _Martinus_. Il semble donc que _respondens

pontifici_ soit traduit par _pesant_. Est-ce par allusion à la

solennité, à la _gravité_ pontificale? Christine de Pisan a employé le

mot _pontifical_ dans le sens de solennel en parlant du duc d’Anjou.

(_Hault et pontifical en son maintien._ Voy. Du Cange à _Pontifex_.)

[842] Bœuf.

[843] Cotte, vêtement, ici _enveloppe_, extérieur.

[844] Suppléez _in_.

[845] Ainsi, pour le dedans (_ce qui est dedans_). L’auteur, d’après le

même principe, dit plus loin (_lamproie à l’étouffée_): _ce_ dessus

dessous.

[846] _G. C._, 9 vº.--On trouve une recette presque identique dans le

manuscrit de Taillevent conservé à la Bibliothèque royale. (Celles du

Taillevent de la B. Maz. et l’imprimé diffèrent).

[847] Suppléez: _de mouton_. _G. C._, 21.

[848] A la mode d’Ausoerre (d’Auxerre)? ou faut-il lire _au soerre_, au

soir (à souper)?

[849] _G. C._, 31 vº.

[850] _G. C._, _ib._, quelques différences.

[851] Morceau de la cuisse.

[852] _G. C._, 31 vº, quelques différences.

[853] Râpé.

[854] _G. C._, 5.

[855] L’auteur du _Grand Cuisinier_ a remplacé ce mot (article du

blanc-manger de chapon, feuillet 9 vº) par _foie_; et, en effet, cette

interprétation pourroit convenir aux passages du _Ménagier_ où se

rencontre le mot _braon_. Roquefort l’explique par _gras des fesses_,

mais on voit que ce ne peut être la signification de ce mot. Dans

l’exemple cité par Roquefort, il s’agit d’un cerf que les chiens

tiennent aux nerfs et aux _braons_. Je crois que dans cet exemple

_braon_ est synonyme de _daintiers_, et par suite que le mot _braon_

signifie _intestins_ en général.

[856] _Pain_ dans le _G. C._ qui donne cette recette (feuillet 1 vº);

mais _grain_ est répété plusieurs fois dans le _Ménagier_ pour désigner

la partie solide d’un mets composé de solide et de liquide.

[857] Que ce soit chapon ou veau aux herbes, il n’y faut que lard et

safran.

[858] _G. C._, 11 vº.

[859] Sans les mettre dans l’eau chaude, comme on faisoit le plus

souvent et comme on le fait encore en Orient.

[860] Dans la poêle encore vide, sans beurre ou autre graisse mise

préalablement?

[861] _G. C._, 28, dit _graine_ d’oiselés. Cependant j’écris gravé,

parce que ce mot est ainsi dans le Ms. B où les _u_ (ou _v_) sont bien

distincts des _n_ dans les mots écrits en gros caractères, et je mets un

accent sur l’_e_ parce que ce mot étant du masculin (voy. les menus VI

et XII, etc., où il est dit _un_ gravé), il semble qu’on devoit plutôt

dire un grav_é_ qu’un grav_e_.

[862] On devoit prononcer ainsi, car on lit _semée_ dans Taillevent

imprimé.

[863] Délayées, mouillées.

[864] Je crois que cette phrase signifie que la tuille d’écrevisses se

fait comme le gravé, sauf qu’on met dessus les écailles, ou sauf qu’elle

est dressée de manière à représenter des écailles d’écrevisse.

[865] Var. de B, que je crois mauvaise, _broyer_. Il me semble que c’est

une recette aphrodisiaque.

[866] Nuque.

[867] Couleur feuille-morte.

[868] Du bouillon des lapins.

[869] Observation de l’auteur. Voy. p. 162.

[870] Mot de trop.

[871] Seulement.

[872] _G. C._, 17 vº.--Presque pareil mais abrégé dans Taillevent

imprimé, feuille D 4 vº.

[873] Voy. ci-devant p. 150, note 4.

[874] La partie du lard qui ne fond pas à la poêle et se grille: les

_grésillons_. Var. A, _les champs_.

[875] Partie solide du mets. Voy. 150, n. 1.

[876] Var. B, _sang_.

[877] Cèdre rouge.

[878] Bois. C’est sans doute ce cèdre que l’auteur a appelé ci-dessus

_alixandre_ et qui donnoit la couleur au _rosé_.

[879] Faon, très-jeune cerf.

[880] Voy. ci-devant, p. 129.

[881] Sausse ainsi nommée.

[882] Faute. Ce doit être deux lèches ou morceaux.

[883] Et ainsi on le mange au goût d’ours. Voy. ci-après, p. 179.

[884] Ce mot paroît être de trop d’après la fin de ce paragraphe.

[885] _G. C._, 17 vº. Voy. p. 158, §4.

[886] Le 25.

[887] On disoit autrefois: _My-Mai, my-teste: my-Juin, my-graisse.--A la

Magdeleine, venaison pleine._

[888] 3 mai; c’est de ce jour que tous les anciens auteurs font

commencer la saison de chasser le cerf.

[889] Le nom étoit dès lors _daintiers_, et _deytiés_ a toujours été une

faute.

[890] Chair placée entre le cou et les épaules.

[891] Veine du cœur.--Ces différentes parties du cerf constituoient les

menus droits ou morceaux recherchés, réservés au seigneur qui les

mangeoit souvent après la chasse même.

[892] Voir ci-dessus, p. 131. Les _lardés_ sont la longe.

[893] Après la curée, deux veneurs placés à une certaine distance, et

ayant chacun une portion des entrailles du cerf, appeloient

successivement les chiens en criant, en _huant_, et leur donnoient à

manger ces entrailles. Cette opération, dite le _hu_ ou _fort-hu_, avoit

pour but d’accoutumer les chiens à revenir promptement et en toute

circonstance à la voix des veneurs. Voir sur le _hu_, l’art de défaire

un cerf, les noms de ses différentes parties et les droits des veneurs

aux XIIIe et XIVe siècles, _la chace dou cerf_, 1840, in-8º, p. 23, et

le glossaire, _Modus et ratio_, 1839, in-8º, feuillet 22 et suiv.; et le

_Tresor de Venerie_, p. 53 et suiv., et note 51.

[894] Var. A, _tardis_.

[895] Même recette que celle du _chevrel_, p. 155.

[896] Jusqu’à ce qu’ils soient écrasés et réduits en pâte à force de

cuire.

[897] Otez-les de l’eau. Voy. p. 135, n. 2.

[898] On voit que cet usage n’est pas nouveau.

[899] Versés doucement et de haut, de manière à faire filer la liqueur

versée comme on le voit du sirop, etc.

[900] On voit dans Lamarre, t. II, art. _de la Triperie_, que toutes les

tripes de la grande boucherie étoient achetées en gros par des tripiers

(appartenant à six familles seulement), préparées par eux pendant la

nuit, et vendues dès le matin à de pauvres femmes qui les colportoient

dans les rues dans des bassins de cuivre jaune. On rencontre encore

aujourd’hui, au marché des Innocens et ailleurs, des femmes qui vendent

ainsi des tripes cuisant sur un fourneau qu’elles portent sur un

éventaire.

[901] Cumin, écrit encore _comin_ dans le dictionnaire de Nicot. C’est

cette plante qui donnoit le nom de _cominée_ au plat.

[902] Ces deux alinéas sont des observations critiques de l’auteur sur

des recettes qu’il copioit.--Nous avons déjà vu et nous verrons encore

souvent de semblables réflexions.

[903] Des amandes broyées.

[904] Var. B, _hourdouil_.

[905] Griller, sécher, de _sor_.

[906] _G. C._, 29.

[907] Remplacé par _rouelle de beuf_ dans le _G. C._, f. 29, où cette

recette se trouve, mais avec des fautes.

[908] _G. C._, 1 vº., fautif.

[909] Écrit Georget dans le _G. C._, f. 2 (incomplet), et Taillevent

imprimé. Taillevent fait deux articles distincts de ces deux brouets.

[910] Gril.

[911] Voir ci-dessus, p. 148. Il est probable que ce potage était

sursemé de persil, comme les courges l’étoient de safran.

[912] _G. C._, 2.

[913] Ces deux mots ne sont pas dans la même recette donnée par le _G.

C._, f. 29, et, en effet, leur présence rend inutile l’observation qui

suit: _Brune_, etc.

[914] Voy. p. 149, n. 7. Var. A (ici seulement), _bracon_.

[915] Taillevent manuscrit dit cependant aussi que ce brouet doit être

_sur le jaune_, et l’imprimé ordonne le safran pour lui _donner couleur_

(a. IV, vº).

[916] _G. C._, f. 2 vº, presque identique à Taillevent manuscrit.

[917] Le _G. C._, qui donne cette recette (f. 2 vº), la termine ainsi:

Nota _le persil fait le brouet vert et le saffren le fait jaune, par

quoy il est de mauvaise couleur_.

[918] A petit jet, à petit filet.

[919] Var. A, _puis ostez et le dréciez et gettez_, etc.

[920] _G. C._, 3 (fautes).

[921] Le Taillevent, manuscrit (Mazarine), qui donne aussi une recette

pour ce brouet, dit de plus de _le passer par la verdure pour estre

vergay_. Ce potage devoit donc son nom à sa couleur _verd-gaie_.

[922] Dans un linge.

[923] _Sic_ peut-être pour _fait_.

[924] Sup. _pour_.

[925] Du Cange explique _carcasium_, _carcosium_, par _cadaver_,

_intestinum_. Ici le mot _carquois_ signifie évidemment le haut du corps

de l’écrevisse, _la carcasse_. Nous le retrouverons encore deux fois

dans le cours de cet ouvrage, comme signifiant sûrement une fois _la

carcasse_, le corps du poulet, dont on a enlevé les membres et _la

chair_, et une autre fois (_Traité de l’épervier_) le même corps séparé

seulement des membres.

[926] Ce qui est _laissé_, ce qui reste dans l’étamine.

[927] Peut-être faudroit-il écrire et prononçoit-on Houss_é_barr_é_:

brouet _houssé_ (voy. ci-devant p. 163), et _barré_, traversé par

_lesches_ ou languettes de chair. Cependant il n’est pas parlé de persil

dans la recette de ce plat, et l’auteur nous dit qu’on ne disoit

_houssé_ que d’un plat sursemé de persil. (Voir p. 164.)

[928] Voy. p. 106.

[929] Une once.

[930] _G. C._, 5.

[931] _Id est?_ c’est-à-dire.

[932] D’après les nombreux passages du _Viandier_, où ce mot est

employé, et surtout d’après celui-ci, je crois qu’il signifie:

dépouiller l’anguille de sa peau (peut-être en l’exposant à la vapeur de

l’eau, en _l’étuvant_). L’éditeur du _Grand Cuisinier_, qui a reproduit

plusieurs recettes où se trouve ce mot, ne paroît pas l’avoir compris:

tantôt il le supprime, tantôt il le remplace par _échauder_ ou

_entamer_. _Échauder_ remplace également _estauver_ dans la recette de

la _soringue d’anguilles_, donnée par Taillevent. (Voir ci-après, p.

173.) Cependant, d’après l’article des lamproies que nous verrons plus

loin, il est impossible de croire que ce mot soit tout à fait synonyme

d’échauder.

Le ménagier de Paris (v. 1 & 2) · 第 50 / 54 段