[665] Suivant l’empereur Frédéric II, chapitre L, les ailes des oiseaux

se composent de vingt-six plumes: 1º quatre plus près du corps dites

_corales_ ou les _coraux_; 2º les douze suivantes, qui sont les

_vanneaux_; 3º dix autres extérieures (_forinsecæ_), dites les

_couteaux_, à l’exception de la dernière qu’on appelle le _cerceau_

(_saxellus_); les fauconniers postérieurs parlent bien du _cerceau_

(seul des oiseaux de proie, l’autour avoit trois plumes portant ce nom),

des _couteaux_ et des _vanneaux_ (d’Arcussia, éd. 1627, p. 248, dit que

ce sont les plumes adhérentes au second os de l’aile, et cette

définition concorde bien avec celle de l’empereur Frédéric II), mais non

des _coraux_ ou plumes corales.

[666] Ventre.

[667] Espace laissé en blanc dans les manuscrits.

[668] Saumonnées.

[669] Jaune.

[670] Recueillir.

[671] Vin de Grenache. Voy. Legrand d’Aussy, t. III, p. 48.

[672] Rôties.--On trouvera, en recourant à la table, les endroits du

_Ménagier_ où sont décrits la plupart des plats qui vont figurer dans

ces menus. Je me dispenserai donc le donner ici des explications qui

feroient presque toujours double emploi.

[673] Ces nombres en chiffres arabes, placés ici entre parenthèses,

devoient renvoyer à des feuillets d’un manuscrit ou à des numéros de

chapitres, et ne se rapportent à rien dans les trois manuscrits que j’ai

sous les yeux.

[674] Sorte d’oublie plus mince que la gaufre, faite de farine, d’eau,

de vin blanc et de sucre, et cuite entre deux fers.

[675] _Scilicet_, savoir.

[676] Ce plat ne se retrouve ni dans _le Ménagier_, ni dans _le Grand

cuisinier_, ni dans Taillevent. Il me semble résulter du menu VI qu’il

pouvoit se faire avec des lamproies.

[677] Ce plat est ainsi écrit dans le Ms. B. Cependant, dans _le Grand

cuisinier de toutes cuisines_, il est écrit _ramolle_.

[678] La phrase comme je l’ai ponctuée ne paroît pas naturelle, mais on

ne peut lire _à la sausse chaude d’oiselets_; peut-être manque-t-il un

mot (_gravé_ ou _pasté_) avant _d’oiselets_.

[679] Sans doute une _tuile de chair_. Voir à l’art. V.

[680] Les mots qui suivent jusqu’à la fin de ce menu ne sont pas dans le

Ms. B.

[681] B. ajoute, après un espace laissé en blanc, _de porc ut pa_ (_ut

proxima?_).

[682] Comme.

[683] J’ignore le sens de cette abréviation, mais comme on trouve plus

loin _un gravé d’aloés en couleur de fleur de peschier_ (voir

l’_Appendice_ à l’art. V), ce doit être ici le même plat.

[684] Var. B. _à sausse_, ce qui me paroît défectueux, à moins qu’on ne

lise _à la sausse chaude_.

[685] D’huîtres.

[686] Croûtes ou crottes au lait, plat sucré.

[687] Var. B. _leschefroies_.

[688] Georgé.

[689] Je ne pense pas que l’auteur parle ici du faisan présenté

solennellement (comme le paon) aux convives pour faire un vœu, car s’il

en étoit ainsi, il n’en auroit pas parlé au pluriel. Il me paroît

seulement indiquer par ces mots que le faisan étoit un gibier recherché,

réservé aux seigneurs (et auquel ne touchoient pas les _servans_ ou ceux

qui dînoient ensuite?). Il ne faudroit cependant pas croire que le

faisan fût autrefois plus rare qu’aujourd’hui. On trouve dans le _Modus_

un chapitre qui enseigne à prendre cet oiseau, et dans un grand nombre

d’aveux rendus par des seigneurs Angevins aux XIVe et XVe siècles, on

voit figurer des garennes à perdrix et _à faisans_. Voir la note sur

Jean de Craon, sieur de La Suze, dans mon édition du _Trésor de

Vénerie_.

[690] Voir l’Introduction.

[691] Oublies.

[692] Estriers, sortes d’oublies.

[693] Clairet, sorte d’hypocras fait avec du miel au lieu de sucre, et

du vin blanc au lieu de rouge.

[694] Quoique ce menu se termine par un etc., il me paroît impossible de

croire qu’il ait pu s’appliquer à un repas de 24 _services_, et je crois

que _mets_, dans cet intitulé, signifie _plat_, comme dans ceux des

menus I et II ci-dessus.

[695] Merles.

[696] Pâtisserie légère, et peut-être sorte d’oublies.

[697] N’est que dans B.

[698] Var. A. C. _au sucre_.

[699] Gros poisson salé.

[700] Aussi.

[701] L’abbé de Lagny.

[702] Les autres membres du conseil du Roi.

Il y avoit, en 1379, un abbé de Lagny qui assistoit au parlement, soit

qu’il en fût membre, soit qu’il fût du grand conseil du Roi (il résulte

en effet d’une ordonnance de Charles VI, adressée le 21 janvier 1388-9

aux présidens du parlement, que les abbés et prieurs membres du conseil

du Roi avoient seuls le droit d’assister aux délibérations du parlement

(_Ord. antiquæ_, A. 119 vº), et il est bien à croire que c’est de lui

qu’il s’agit ici. Je l’ai vu pour la première fois nommé comme assistant

au parlement le 1er mars 1378-9 (_Plaid. civiles_). Il y avoit sans

doute peu de temps qu’il avoit droit d’y venir; il se pourroit donc que

le dîner dont notre auteur nous donne le menu, fût un dîner de bienvenue

qui auroit eu lieu à cette époque. Pâques tombant le 10 avril 1379, on

étoit alors en Carême, et en effet le dîner est maigre.

Si j’ai rencontré vrai dans cette conjecture, et si ce dîner a en effet

eu lieu en 1379, M. de Paris est Aymery de Maignac, évêque de Paris, le

persécuteur d’Hugues Aubriot, le protecteur persévérant de tous les

soi-disant clercs que le prévôt de Paris faisoit arrêter comme accusés

d’assassinat, de vol, etc., qui, dès 1381 (_Plaid. civ._, juillet),

pendant qu’Hugues Aubriot étoit encore dans ses prisons, lançoit des

monitoires contre Audouin Chauveron son successeur, et faisoit dire au

procureur du Roi que si on laissoit faire l’évêque, _il vaudroit mieux

au prévost aller glaner qu’estre prévost_. Le président (sans doute le

premier président) est Arnault de Corbie, depuis chancelier de France,

un des hommes d’État les plus illustres et les plus honorables du XIVe

siècle, mort en 1413 à un âge fort avancé. Le procureur du Roi est

Guillaume de Saint-Germain, d’abord avocat célèbre ou _solennel_ au

Châtelet, puis procureur général au parlement ou procureur du Roi (ce

qui étoit la même chose), depuis 1365 jusqu’à sa mort arrivée en février

1383-4. (Il est du moins affirmé dans la plaidoirie citée plus bas,

qu’il occupa ces fonctions dix-huit ou dix-neuf ans.) Il avoit en cette

qualité 100 fr. de gages fixes et 500 fr. de don annuel. Il étoit au

reste fort simple, car suivant les plaidoiries de ses héritiers, _il

n’estoit que lui cinquiesme en son hostel, et n’avoit cheval ne asne, et

n’y chaloit de quels draps il fust vestus, mais qu’il fust de couleur_.

Sa femme Denisette Mignon ne savoit ni lire ni écrire. (_Plaid. civiles

du Parlement_, mai 1386.) J’ai dit, t. I, p. 137, que Giles Labat étoit

procureur général au parlement en 1381, _parceque cette qualité lui est

donnée dans les lettres de rémission que j’ai citées_, mais à moins

qu’on ne suppose qu’il y a eu interruption dans les fonctions de

Guillaume de Saint-Germain, ce qui me paroît peu probable d’après les

termes de la plaidoirie, il se pourroit que Giles Labat n’eût été que

_procureur_ au parlement, et que _général_ eût été ajouté par erreur par

l’écrivain de la chancellerie. En tout cas, Giles Labat étoit simplement

_procureur au parlement_ en 1385.) Des deux avocats du Roi, l’un peut

être Jean Pastourel, qui exerçoit cet emploi en 1364 et 73, mais l’autre

étoit certainement le célèbre Jean Des Mares ou Des Marès, mort si

malheureusement en 1382. (Voir t. I, p. 136.--_Arch. jud._, tables de

Lenain, t. III, IV, VI, VII.)

J’ai vu avec étonnement que le nom de famille de cet abbé de Lagny et sa

position dans le conseil du Roi, ont été inconnus aux auteurs de la

_Gallia Christiana_. Ils se bornent à citer, dans leur liste des abbés

de Lagny, un Jean IV, vivant en 1357 et 1367, et ensuite Pierre II du

nom, vivant en 1396 (VII, 503). Le nôtre peut être l’un des deux.

[703] Le mot écuelle signifie ordinairement une assiette creuse, mais il

est évident qu’il y a ici et dans d’autres passages de cet ouvrage, un

rapport certain et connu du temps de l’auteur entre le nombre des

écuelles et celui des convives. On sait qu’on mangeoit sur des

_tranchoirs_ ou morceaux de pain plats, mais cet usage qu’on comprend

quand il s’agit de viandes solides, ne pouvoit s’appliquer aux sauces et

potages qui devoient évidemment se prendre à l’aide de cuillers dans des

vases creux. Voici un repas montant à _huit_ écuelles, et qui est servi

à _seize_ convives (voir p. 106, n. 2, et p. 107, n. 3). On pourroit

donc supposer qu’on servoit une écuelle par deux convives, (dans tout

l’Orient on place encore au milieu de la table un grand plat

ordinairement de pilau, etc., dans lequel chacun prend avec les doigts;

puis _entre deux convives_, un petit plat creux contenant des mets

liquides qu’ils prennent tous deux avec des cuillers) que deux personnes

mangeoient ainsi ensemble les mets liquides, et que par suite, un repas

d’un certain _nombre d’écuelles_ signifioit un repas d’un nombre double

de convives. On seroit même d’autant plus porté à penser qu’une écuelle

servoit à deux convives au moins, que l’usage des assiettes creuses

_personnelles_ étoit encore nouveau et peu général sous la minorité de

Louis XIV. On en a la preuve dans les _Délices de la campagne_, ouvrage

de Nicolas de Bonnefons, valet de chambre du Roi dont de la 1re édition

est, je crois, de 1653, et dans lequel on lit (p. 250 de la 5e éd. de

1673, article de l’_Instruction pour les festins_): «Les assiettes des

conviés seront creuses aussi afin que l’on puisse se présenter du potage

et s’en servir à soi-même ce que chacun en désirera manger, _sans

prendre cuillerée à cuillerée dans le plat, à cause du dégoust que l’on

peut avoir les uns des autres de la cueilliere qui au sortir de la

bouche puisera dans le plat sans l’essuïer auparavant_.» Il me paroît

bien résulter de l’instruction donnée en cet endroit par l’auteur sur

l’utilité des assiettes creuses, qu’alors cet usage étoit encore bien

nouveau. (Voir pour plus de détails la note 374 du _Palais Mazarin_, par

M. le comte de Laborde.) Cela étant, il n’est guère possible de supposer

qu’au XIVe siècle on servît une écuelle ou assiette creuse à chaque

convive personnellement. Cependant, nous verrons plus loin, (article du

_Houssebarre de chair_) l’auteur conseiller de mettre ordinairement deux

_lesches_ ou languettes de chair _dans chaque écuelle_, mais quand on a

_plus de convives et moins de chair_, de servir le brouet seul dans des

écuelles, et dans un plat _cinq lesches_ pour _quatre_ personnes. Il

sembleroit positif, d’après ce passage, que deux lesches dans chaque

écuelle étoient un service plus abondant que cinq _lesches_ pour quatre

personnes, et que par conséquent une écuelle de deux lesches étoit pour

une seule personne en temps ordinaire. (Voir en outre p. 114, n. 3.) Il

m’est impossible de faire concorder ces deux passages du _Ménagier_, et

je les livre à l’examen éclairé de mes lecteurs.

[704] Dans des plats couverts, servis seulement pour lui, comme c’étoit

l’usage pour le roi, les ducs, etc.

[705] La quarte contenoit deux pintes et la pinte deux chopines; il y

avoit donc seize convives. Voy. p. 107, note 3.

[706] Mot que je ne comprends pas.

[707] L’abbaye de Lagny avoit droit de pêche dans la Marne.

[708] Une pour chaque convive?

[709] L’auteur veut dire que c’est trop de deux quartes d’hypocras,

comme il a dit plus haut que c’étoit trop de deux quartes de vin de

Grenache.

[710] Sorte d’oublies.

[711] B. ajoute: _et le vin_.

[712] L’auteur du _Trésor de santé_ conseille de n’en user qu’au fort de

l’hiver.

[713] S. e. _dire_ ou _déclarer_.

[714] Var. A. C. _payera_.

[715] Le prix du setier de blé, à l’époque où l’auteur écrivoit, varioit

de 13 à 20 sols. En prenant 16 s. pour prix moyen, et en appliquant à ce

prix le règlement du prix du pain fait par Charles V en 1372, il en

résulte qu’un pain d’un denier de la meilleure qualité pesoit tout cuit

six onces. Cette quantité de pain et de provisions paroît bien

considérable pour un diner de vingt écuelles (quarante personnes?), et

un souper de dix (vingt personnes?), mais on peut supposer qu’elle

servoit aussi à un grand nombre de domestiques, de _compagnons_, etc.

[716] C’étoit du gros pain, et probablement bis. Voir ci-dessus, page

38, note 2.

[717] Nous avons déjà vu plus haut, p. 106, _et que les seconds en

aient_. Je ne sais s’il faut entendre par là les serviteurs ou peut-être

aussi des gens d’une position moins élevée qui dînoient après les

premiers convives.

[718] Nous verrons, pages 110 et 122, que les poulaillers vendoient

aussi de la venaison.

[719] Avec du fromage dedans. Voy. p. 121.

[720] Je ne trouve nulle part ce mot qui paroît désigner une espèce

d’oublies.

[721] L’auteur n’a pas mis de prix aux grenades et aux oranges, sans

doute parce que leur prix varioit. Legrand d’Aussy, I, 250, cite un

compte du dauphin Humbert, de 1333, où il est parlé d’orangers, et passe

ensuite de là au règne de Louis XIV. On voit par ce passage du

_Ménagier_, que les oranges étoient fréquemment servies sur les tables

parisiennes au XIVe siècle.

[722] Var. B. _du teil_. On trouve dans Roquefort _teille_, grande

terrine de bois; nous verrons dans l’Appendice, ce mot désigner un vase

de terre.

[723] Plus loin (chapitre des _Entremets_, _Fromentée_), l’auteur dit

que ce froment mondé coûtoit un _blanc_ la livre chez les épiciers. Je

crois avoir eu de bonnes raisons pour fixer la valeur du blanc à 5

deniers (voir p. 86, n. 4), et en effet la livre de froment mondé, au

prix de 5 d., mettroit déjà le setier au prix de 100 sols, somme assez

supérieure au prix moyen de 16 s. du setier de blé ordinaire au XIVe

siècle (voir p. 109), pour représenter les frais de mondage, le profit

du détaillant, etc. Le prix de 8 deniers donné ici mettroit le setier à

160 s. Au reste, cette différence peut s’expliquer par la qualité du

froment mondé dont on prenoit sans doute le plus beau pour un repas de

noces, et par les variations du prix du blé.

[724] L’auteur, au chapitre des _Sauces non bouillies_, nous apprend que

le _gingembre de mesche_ avoit l’écorce plus brune, étoit plus mou au

couteau, plus blanc, meilleur et plus cher que le _colombin_; et en

effet, on voit ici qu’il coûtoit 20 s. la livre et le _colombin_ 11,

mais je n’ai rien pu trouver sur les différences d’origine ou d’espèce

qui causoient sans doute celle des noms de ces deux gingembres.

[725] Girofle. Je crois que la _graine_ en est aussi, et que l’auteur ne

veut pas parler ici de la graine de paradis, _cardamomon_, qui ne devoit

pas être vendue mêlée au girofle. Nous verrons souvent la graine de

paradis désignée sous le seul nom de _graine_.

[726] Racine de _galanga_, plante des Indes orientales. L’auteur,

chapitre des _Sauces non bouillies_, dit que le meilleur est le plus

dur, le plus pesant, et celui dont la couleur violette est la plus vive.

Ces mots prouvent qu’il parloit du petit _galanga_ qui vient des Indes,

et qui est en effet rougeâtre, tandis que le grand, qui croît en Chine,

est de couleur blanchâtre on cendrée.

[727] Fleur de muscade, deuxième écorce de la noix muscade ou

_muguette_, comme on l’appeloit au temps de l’auteur. Toutes ces épices

figurent dans les ordonnances de février 1349(50) et 3 mai 1351,

relatives à des droits supportés par certaines denrées à l’entrée de

Paris. On y voit que le poivre, le sucre, le gingembre, la cannelle, le

ris, l’anis, le safran et le girofle venoient à Paris par balles, et que

le cubèbe (employé aussi quelquefois dans la cuisine), le macis, la

graine de paradis, le poivre long, les noix muguettes, l’espic (nard),

le garingal, le citonal, les dattes, les pignons, etc., venoient sans

doute par plus petites quantités, puisqu’ils sont taxés par livre (4

deniers en 1350, et 6 en 1351).

[728] C’est-à-dire que l’épicier reprenoit les bouts à raison de 2 s. 6

d. la livre. On ne perdoit donc que 6 deniers par livre pour la façon.

[729] Épices, _bonbons_, servis dans le salon ou _chambre de parement_.

[730] Citron confit?

[731] Sucre blanc clarifié et cuit dans de l’eau de rose.

[732] En comptant seulement ce qu’on brûla de cire, le reste étant rendu

à l’épicier.

[733] Je ne sais comment l’auteur établit son compte, puisqu’il y avoit

vingt écuelles au dîner, dix au souper, et qu’il en compte encore six au

dîner des _servans_.

[734] La Pierre-au-Lait, place où l’on vendoit le lait, auroit été

située devant le portail de Saint-Jacques la Boucherie, et dans la

partie de la rue des Écrivains située entre celles du Petit-Crucifix et

des Arcis, suivant M. Géraud (_Paris sous Philippe le Bel_, p. 256);

mais l’abbé Vilain, auteur d’une très-bonne histoire de Saint-Jacques la

Boucherie, tout en reconnaissant que la grande porte de Saint-Jacques

s’appeloit _la porte de la Pierre-au-Lait_, croit devoir, suivant les

titres qu’il avoit consultés, donner le nom de _Pierre-au-Lait_

seulement à la partie de la rue dite depuis des Écrivains, comprise

entre celle du Petit-Crucifix et celle de la Vieille-Monnoie (ce qui est

nommé _Lormerie_ sur le plan de M. Géraud). Suivant le même abbé Vilain,

la rue dite depuis de _Saint-Jacques la Boucherie_ auroit encore été

dite de la Vannerie au XIVe siècle. Il faudroit en conclure que la rue

Saint-Jacques, nommée dans le rôle de la taille de 1292 comme attenant à

_la Pierre-au-Lait_, seroit la rue du Crucifix, dite autrefois et encore

au XVIe siècle, rue du Porche. Voir l’abbé Vilain, pages 17, 19, 58, 74,

251, 252. L’auteur d’une nomenclature des rues de Paris par tenans et

aboutissans, insérée dans une édition de Corrozet de 1543, confirme

complétement l’assertion de l’abbé Vilain en ce qui touche la position

de _la Pierre-au-Lait_, au moins au XVIe siècle. En effet, suivant cet

auteur, la Pierre-au-Lait touchoit aux rues des Écrivains, de la

Vieille-Monnoie, de la Savonnerie et de la Haulmerie; enfin, entre la

rue de la Vieille-Monnoie et celle de la Savonnerie, il met: _la

Pierre-au-Lait ainsi qu’elle se comporte_.

[735] La place de Grève.

[736] Voir ci-devant, p. 80.

[737] Dans l’ordonnance de 1388 sur l’organisation de la maison du Roi,

on voit figurer à la panneterie, des officiers dits porte-chapes; une de

leurs attributions étoit d’acheter les blés nécessaires à la

consommation du Roi. Leur nom pouvait venir de ce qu’ils portoient le

coffre où l’on enfermoit le pain du Roi, de _capa_, dans le sens de

_capsa_. (Voy. Du Cange à _Capiger_.) Mais ce passage du _Ménagier_

pourroit faire croire qu’il viendroit plutôt d’un instrument à chapeler

le pain qui auroit été dit _chape_ ou _chaple_; _capellare_, _capulare_,

signifiant couper.

[738] Les restes solides.

[739] Il résulte de ce passage que les convives pouvoient avoir aussi

des restes _liquides_ à ôter de devant eux. Cela ne se conçoit guère

avec des écuelles communes à deux personnes, et nécessairement

renouvelées avec chaque mets. Les assiettes _personnelles_ de métal

étoient-elles donc déjà en usage? (Voy. p. 105, n. 1.)

[740] Var. B. _petueil_, pilon.

[741] Vases placés sur la table ou sur un dressoir, et dans lesquels on

faisoit remettre une portion des mets qu’on avoit devant soi pour être

ensuite donnée aux pauvres. C’étoit la même pensée éminemment charitable

et chrétienne qui faisoit donner aux pauvres la première part du gâteau

des Rois, dite pour ce motif _la part de Dieu_. Les pots à aumône

étoient de grande dimension, car on en voit un en argent de 12 marcs 2

onces ½ prisé 40 fr. d’or dans le compte d’exécution de la reine

Jeanne d’Évreux en 1372 (Coll. Leber, XIX, 143), et un aussi d’argent du

poids de 11 marcs, et prisé 60 livres parisis dans l’inventaire de

Richard Picque, archevêque de Reims, mort en 1389 (Reims, 1842, in-8º,

p. 9). On voit encore dans ce même document (p. 63), _une grande

escuelle à aumosne_, et enfin, p. 53, un dressoir pour mettre _la

corbeille à l’aumosne_. Dans l’apologie du duc de Bourgogne par Jean

Petit (Monstrelet, éd. du _Panthéon_, p. 84, c. I), il est aussi parlé

d’une viande prétendue empoisonnée qui fut enlevée de la table du Roi et

mise dans _la corbeille de l’aumône_. (Une telle aumône auroit été peu

charitable, mais il est bien probable que cette histoire étoit tout

entière de l’invention de Jean sans Peur ou de Jean Petit.)

[742] Pour _de_?

[743] C’est l’hôtel de l’évêque de Beauvais, soit celui que paroît avoir

possédé personnellement rue de la Verrerie, le célèbre Miles de Dormans,

évêque de Beauvais, mort en 1387 (Sauval, II, 109), soit plutôt l’hôtel

des évêques de Beauvais, _rue des Billettes_, qui appartenoit à leur

évêché, et que Charles, cardinal de Bourbon, vendit 30 000 livres en

1572 (Père Anselme, II, 303). Sauval n’a pas su où étoit situé cet

hôtel.--On lit dans la relation de l’ambassade de Jérôme Lippomano en

France, en 1577, que les concierges des maisons de Paris les louoient au

jour ou au mois pendant les absences de leurs maîtres (_Amb. vénitiens_,

1838, in-4º, II, 609); c’étoit déjà l’usage au XIVe siècle, car il est

dit plus loin que Jean Duchesne paya les 4 francs mentionnés ici au

_concierge de l’hôtel de Beauvais_, qui lui loua aussi des tables,

tréteaux, etc. _La chapellerie_ signifie ici les chapeaux ou couronnes

de fleurs.

[744] Il y avoit en 1385 un Jehan Duchesne attaché au Châtelet,

peut-être en qualité d’audiencier, qui, suivant toute apparence, est le

même dont l’auteur du _Ménagier_ nous raconte les noces. Il est cité

dans les registres des plaidoiries civiles du parlement de février 1384

(5). Il y est dit qu’il y avoit alors _plusieurs meschans femmes

diffamées d’estre maq......es_, et que le prévôt de Paris avoit ordonné

qu’elles fussent enfermées au Châtelet. Un jour, une femme nommée

Perrette Potarde (femme de J. Potard, chevaucheur de la reine Blanche),

_petitement renommée_, passoit par la rue Simon-le-Franc. Là étoient

Martin Double, avocat du roi au Châtelet, Jehan du Chesne et plusieurs

autres, qui affirmèrent à un sergent qu’elle étoit du métier proscrit

par le prévôt. Quelque temps après, elle vint au Châtelet, _en bas en

l’auditoire des audienciers_; Jehan du Chesne l’ayant aperçue, la montra

du doigt à Jehan Soudant examinateur au Châtelet, _si comme il voulsist

dire: C’est elle, prenez-la_. Soudant l’ayant fait arrêter par un

sergent, on la conduisoit dans les prisons du Châtelet, lorsqu’en

arrivant au guichet elle cria qu’elle en appeloit, mais Martin Double

passant là, dit au sergent: _Boutez hardiment puisqu’elle est si près_.

Perrette plaidoit contre Soudant et le sergent, et les accusoit de

l’avoir sacrifiée aux haines de Jean du Chesne et autres; en effet,

Soudant fut condamné à 40 liv. de dommages et 60 liv. d’amende.

[745] S. e. _renfermées_.

[746] Passage bien curieux pour l’histoire du service de table. Il y

avoit, outre le dressoir de salle où étoit la vaisselle, le vin, etc.,

un dressoir de cuisine où l’on dressoit les plats, et d’où ils étoient

apportés sur la table. Voir sur ce second dressoir, la p. 115, et

l’apologie du duc de Bourgogne déjà citée, p. 115, note 2.

[747] Var. C. _servans_.

[748] Var. B. _laver_.

[749] Pour faire asseoir, pour placer les convives.

[750] Marchande de couronnes de fleurs.

[751] Repas ou fête donnée (quelquefois rendue par les parents des

mariés) le lendemain des noces ou quelques jours après. On disoit en

Normandie _Racroc de noces_ (Voy. du Cange au mot _Receptum_) et à

Troyes _Regaust_. (Parl. Criminel, XI, 5 déc. 1384.) Voy. sur le

_regard_, pages 122 et 123.

[752] On sait qu’autrefois le lit nuptial étoit béni; on voit même dans

une miniature du _Chevalereux comte d’Artois_, reproduite dans l’édition

curieuse qu’a donnée M. Barrois de ce joli roman (p. 27), un prêtre

bénissant le lit dans lequel le comte d’Artois et sa nouvelle épouse

sont déjà couchés.

[753] Tresser, natter. Mais que tressoit-on, et pourquoi est-ce une

lavandière?

Le ménagier de Paris (v. 1 & 2) · 第 49 / 54 段