[86] S’il a été aidé par quelque ouvrage antérieur, peut-être seroit-ce

par un traité italien, attendu le nom de _faucon vilain_ qu’il donne au

lanier, et qui lui étoit encore donné en Italie au XVIIe siècle. Voy.

aussi T. II, p. 310, la note sur le vol du faisan par l’épervier.

[87] La chasse à l’oiseau est encore actuellement pratiquée en Syrie.

L’émir Beschir, prince des Druses, avoit des oiseaux dressés qui furent

pillés en 1840, lorsque les événemens le contraignirent à quitter le

pays, et rachetés depuis par M. Catafago, vice-consul d’Autriche à Saïda

(près Beyrouth), qui les possède encore aujourd’hui. A Damas, Choudjà’

Eddaouleh et Seïf Eddaouleh, neveux du schah actuel de Perse, retirés en

Syrie, chassent aux perdrix avec des sacres (voy. T. II, p. 323). M.

Schefer, second drogman du consulat général de Smyrne, a fait avec ces

princes une chasse dans laquelle deux sacres prirent en une heure et

demie quinze ou vingt perdrix. D’après le récit circonstancié qu’il a

bien voulu me faire, ces oiseaux nommés _sacres_ dans le pays,

originaires de Tartarie ou du Turkestan, certainement les _sacres_ de

nos anciens fauconniers, et par conséquent oiseaux de haut vol

(_rameurs_, selon Huber; voy. T. II, p. 318), sont cependant dressés

comme l’étoient autrefois les oiseaux de poing (_voiliers_, selon

Huber); ils partent du poing de leur maître quand le gibier se lève, et

se perchent sur les buissons quand la perdrix s’y est remisée, pour la

prendre plus facilement dès qu’elle en sort. C’est bien là la manière de

l’autour et de l’épervier, mais l’identité d’origine septentrionale et

de nom ne permet pas de douter que ces oiseaux ne soient bien nos

sacres.

M. d’Offémont, dont j’ai parlé dans une note de ma _Chace dou cerf_,

1840, in-8º, comme ayant créé en 1838 une association destinée à faire

renaître la fauconnerie (association dont le siége est en Hollande et

qui continue à prospérer), frappé des difficultés qu’il a dû surmonter

dans _l’affaitement_ des oiseaux, malgré les secours qu’il avoit

rencontrés dans les anciens ouvrages de fauconnerie, a l’intention

d’écrire sur ce sujet un traité assez détaillé pour suppléer aux

omissions des anciens auteurs. Il m’a montré des notes et quelques

dessins qui donnent l’idée la plus avantageuse de son travail.

[88] Par suite de mon goût pour les livres de chasse, j’avois eu

l’honneur de faire la connoissance de M. Huzard. Il m’a bien souvent

admis avec une extrême complaisance dans sa précieuse bibliothèque, mais

le hasard a fait qu’il ne m’avoit jamais montré son manuscrit du

_Ménagier_. Son catalogue (Paris, 1842) forme 3 vol. in-8º. La vente a

eu lieu en 1843.

[89] Paris, 1830, in-4º. Voici les indications données par cet ouvrage:

1º Inventaire de Bruges vers 1467.

Nº 836. Ung autre livre en parchemin couvert d’ais jaunes, intitulé au

dehors: _C’est le Mesnagier de Paris_; comançant au second feuillet,

_Salvacion de l’âme_, et au dernier _n’est autrement_. (C’est le

manuscrit A, voir ci-après p. LIV.)

Nº 1202. Ung autre livre de cuir vermeille, appellé _le Mesnagier_, est

escript partie en longue luigne et partie par deux coulombes;

quemenchant ou second feuillet _Vous moismes_ et le dernier feuillet, _a

dicta aqua_. (C’est le manuscrit B dans lequel se trouve le _Chemin de

povreté_ en effet écrit à deux colonnes (coulombes). Voir ci-après p.

LV.)

2º Inventaire fait à Bruxelles le 15 novembre 1487.

Nº 1758. Ung autre grant volume couvert de cuir, garni à tout deux

cloans de léton, intitulé: _C’est le Mesnagier de Paris_; comenchant ou

second feuillet, _Salvacion de l’âme_ et finissant ou derrenier, _et

oster les entrailles, testes et qhues. Hic finit._ (A)

Nº 1759. Ung autre grand volume couvert de cuir rouge, à tout deux

cloans de léton, intitulé comme le dessus: _Le Mesnagier de Paris et

autres choses de dévotion_; comenchant ou second feuillet, _Vous-mesmes

vo_, et finissant ou derrenier, _et oster les entrailles, testes et

qhues_. (B)

[90] T. I, p. 9.

[91] Les second et dernier feuillets commencent par les mêmes mots que

ceux signalés comme initiaux de ces mêmes feuillets dans le manuscrit de

Bourgogne. C’est ce même manuscrit qui est indiqué comme manquant

ultérieurement dans les inventaires de Bruxelles. (Nº 2269 de la

_Bibliothèque protypographique_.)

[92] Cet article a donc paru peu de mois avant la vente de la première

partie de la Bibliothèque Huzard. Il est singulier qu’un livre si

longtemps inconnu soit remarqué et étudié, on pourroit dire exhumé, dans

la même année, à Bruxelles et à Paris à la fois.

[93] Si l’on entre dans le détail de l’histoire du règne de Charles VI,

il semble (autant qu’on puisse en pareille matière déduire un principe

général de faits particuliers même nombreux) qu’une partie notable de la

haute bourgeoisie parisienne s’étoit attachée après la mort de Charles V

au duc de Berry, prince toujours besogneux, et redoutable par ce motif

aux provinces soumises à son autorité, mais affable et de mœurs faciles,

qualités appréciées de tout temps et souvent au delà de leur valeur

réelle par les classes moyennes et inférieures des villes. On verra

encore que même dans les momens où les exigences de la politique

amenoient ou forçoient le duc de Berry à se réunir aux Bourguignons, les

bourgeois ou parlementaires ses conseillers et partisans, n’en étoient

pas mieux vus du duc de Bourgogne à qui ils rendoient probablement les

sentimens de défiance et de haine qu’ils lui inspiroient.

[94] Les familles de Larivière en Guyenne, et de Bezu le Long, portent

aussi de gueules au chevron d’hermines.

[95] Champagne, Goussencourt, Hargicourt et Vivonne portent également

d’hermines au chef de gueules.

[96] Depuis le XVIe siècle, au lieu d’avoir ainsi un seul écusson parti

(divisé en deux par une ligne verticale) les femmes portent deux écus

dont le premier est celui de leurs maris. Les reines de France ont

continué longtemps à partir leur écusson, et je crois que Marie

Leczinska est la première qui ait porté deux écus accollés.

[97] _L’Histoire généalogique des grands officiers de la couronne_, T.

III, p. 726, l’appelle Jean, ce qui est une erreur.

[98] Elle est enterrée dans l’église paroissiale de Roubais, chapelle de

Sainte-Croix ou des Sept Douleurs. (Cabinet généalogique.)

[99] Chambellan du roi de France, frère du connétable de Saint-Paul

décapité en 1475: il mourut en 1487.

[100] Mon ami M. Eugène Grésy qui s’occupe depuis longtemps de

l’histoire et de la topographie de Melun, me signale un vitrail de la

chapelle Saint-Antoine en l’église Saint-Aspais de Melun, dans lequel

les armes d’Agnès de Savoie, femme, de 1466 à 1508, de François Ier

d’Orléans, duc de Longueville, vicomte de Melun, sont placées dans un

écusson parti, avant celles de son mari. Mais, je le répète, de telles

erreurs sont très-rares, surtout à mesure qu’on s’éloigne des temps

modernes. Si Isabelle de Roubais avoit épousé un Ghistelles en premières

noces, je n’aurois pas hésité à voir en elle la propriétaire de mon

manuscrit. Au reste, il est bien probable que ce manuscrit lui aura été

donné par sa mère, et que les recettes de _Hotin_ auront été recueillies

pour elle.

[101] C’est lui qui prit par surprise, en 1465, la ville de Péronne et

le comte d’Étampes qui s’y étoit renfermé, _Histoire de Bourgogne_, de

dom Plancher, T. IV, p. 337.

[102] Voy. T. II, p. 275.

[103] Quand un ouvrage cité en abrégé dans un endroit du livre est

indiqué ailleurs avec plus de détail, je ne l’ai pas compris dans cette

liste. La table donnera le moyen de retrouver l’endroit où le titre est

donné _in extenso_.

[104] Rymer date ces pièces de 1363, mais c’est de 1363 nouveau style,

c’est-à-dire en faisant commencer l’année au 1er janvier et non à

Pâques. En effet, suivant la Chronique de Saint-Denis, dont l’exactitude

chronologique est irrécusable, le roi Jean, qui étoit entré à Avignon le

20 novembre 1362, s’embarqua à Boulogne le 3 janvier 1363 (1364 nouveau

style) pour retourner en Angleterre, et y mourut le 8 avril suivant.

[105] Il n’y en a que dix-huit.

[106] Le second article relatif à la chasse de l’épervier est le seul

qu’on trouve dans les trois manuscrits du _Ménagier_, encore est-il mal

placé entre les troisième et quatrième articles de la seconde

distinction. Cette circonstance pourroit faire croire que l’auteur n’a

pas suivi jusqu’au bout de son livre le plan et la division établis

ci-dessus, et qu’il a peut-être omis de traiter le sujet des premier et

troisième articles de la troisième distinction.

On comprend de quel genre pouvoient être les ébattemens du troisième

article, et on a dans le _Dodechedron de fortune_ l’exemple de demandes

_avérées et répondues par le sort des dés_. Mais que faut-il entendre

par _rocs_ et par _rois_? On sait que le Roc a été remplacé par la Tour

dans le jeu d’échecs, et n’existe plus que comme pièce héraldique dans

les armoiries de quelques familles. Étoit-ce donc à l’aide des rocs et

des rois d’échecs que ces demandes d’ébattemens étoient répondues?

Il est parlé dans le _Chevalier de la Tour_ (chap. 124 du ms. du roi,

7403) de chevaliers et dames jouant au _roy qui ne ment pour dire vérité

du nom de s’amie_. C’est peut-être d’un jeu analogue que l’auteur du

_Ménagier_ a parlé ou comptoit parler dans cet article.

[107] _Chemise._ Ce mot avoit alors la même signification

qu’aujourd’hui. Voir Du Cange au mot _Camisa_.--_Blanchet_, vêtement

court, sorte de camisole de drap ou flanelle blanche qu’on mettoit

par-dessus la chemise. Ce mot est encore cité dans cette acception par

le dictionnaire de Trévoux. Blanchet signifioit par extension le drap

blanc dont étoit fait le vêtement du même nom.--_Coste_, qui seroit

mieux écrit cotte, comme au-dessous, signifie ici robe, voir Du Cange,

citation de la Vie des Pères, à _Surcotium_.--_Surcot_, vêtement de

dessus, mais en général moins chaud et plus habillé que la houppelande.

J’ai vu dans les _Plaidoiries criminelles du parlement_ une bourgeoise

_venant d’une noce pour laquelle elle avoit vestu un surcot_, à qui une

de ses parentes dit _qu’il est tard_, qu’elle dépouille son surcot et

que elle lui baillera _une houpelande et un chaperon_. (Avril 1404-5.)

[108] La coiffe enveloppoit toute la tête et étoit placée immédiatement

sur les cheveux. Le mot de _cueuvrechief_ paroît désigner ici une sorte

de bonnet placé sous le chaperon. Les couvrechef et coiffes étoient

d’étoffe légère. Un inventaire dressé en 1384 des biens meubles de

Jacqueline de Charny, femme de Jehan Saugete, écuyer, mentionne _quinze

quevrechiefs de soie et trois de lin pour atour et dix-neuf coiffes de

soie jaune, de cendal et de toile ou fil_. (Reg. du P. Jugés XXXII. 94.)

Quant au chaperon, dont la forme a varié, celui dont il s’agit ici me

paroît devoir être la coiffure que porte la femme dans la planche de la

page 9. L’auteur de la plaidoirie citée page 14 parle d’un amant qui

coupa un morceau du chaperon de sa maîtresse pour avoir un souvenir

d’elle. La forme du chaperon représenté dans la planche fait bien voir

comment cela étoit possible.

[109] Il sembleroit par ces mots qu’on n’avoit pas alors de bancs

_réservés_ dans les églises. La mention la plus ancienne que j’aie vu de

cette attribution individuelle des bancs aux paroissiens est dans une

délibération du conseil de fabrique de Saint-André-des-Ars, en date du 2

février 1577, qui parle des bancs affectés aux paroissiens, et de ceux

qui d’_ancienneté_ ont coutume de s’y mettre. Les églises collégiales

n’avoient de bancs qu’autant qu’elles étoient en même temps

paroissiales, c’est-à-dire qu’il y avoit des fonts baptismaux, et qu’on

y faisoit le prône. (_Traité des Droits honorifiques_, par Maréchal,

1762, tom. I, p. 278 et 284). On m’a affirmé qu’avant la révolution il

n’y avoit pas de bancs dans l’église cathédrale de Paris.

[110] Var. B _Gréel_, Graduel.

[111] _Estour_, secours, nourriture du corps, et généralement tout ce

qui sert à la vie. (V. Du Cange, au mot _Estorium_); _lourgable_,

susceptible d’être consommé, de _lurcare_, dévorer.

[112] Avoir soin.

[113] Je n’ai jamais vu ce mot: seroit-il ici pour _trahaigner_,

traîner, tergiverser?

[114] _Reverchier_ signifie retourner: je crois qu’_entreveschier_ veut

dire _intervertir_.

[115] Pour fixer votre idée, pour connoître.

[116] Aussi, également.--Var. B _presque_.

[117] Cette nomenclature des vices et des vertus contraires se retrouve

dans plusieurs ouvrages du moyen âge. Elle est avec de grands

développemens dans le _Calendrier des Bergers_, et elle a donné lieu à

une sorte de roman allégorique curieux et bien écrit dans la suite

mystique du Modus et Ratio, intitulée _le Songe de Pestilence_, et

imprimée sous le titre de _Modus et Ratio de divine contemplacion_.

[118] Vif désir.

[119] Brûlent (de frire). V. ci-après _le Viandier_.

[120] Poêle à frire.

[121] Il paraît manquer quelque chose, comme _perte des âmes_.

[122] Vrai.

[123] Procès.

[124] Manque _se comparer_.

[125] _... d’icelui._

[126] Mal erré, _male erravi_.

[127] Sous son plus mauvais jour.

[128] Loué.

[129] Je ne me souciois pas.

[130] En secret.

[131] De la gloire auprès d’eux, pour qu’ils parlassent de moi.

[132] Je pensois.

[133] Il paroît manquer quelque chose comme: _Je disois mes péchés les

moins grands_.

[134] Parée.

[135] Ce mot n’est que dans B. Faut-il lire _à parties_?

[136] Gourmands et par extension débauchés.

[137] Joyeux.

[138] _Empêcher_ vaudroit mieux.

[139] Défendu, refusé.

[140] Croupit?

[141] Sa fortune.

[142] Antecrist fait les miracles en sa maison tout au contraire: sa

maison est la taverne, et quant ceulx qui voyent bien clair y viennent,

ils s’en partent tous aveugles.--_Modus et Racio_, édit. 1839, feuillet

65 vº.

[143] Chez les Romains, avant la première guerre punique, les jours se

divisoient en quatre parties: 1º de 6 heures à 9 heures, c’était l’heure

de _prime_; 2º de 9 heures à midi, c’est ce qu’on nommoit _tierce_; 3º

de midi à trois heures, c’étoit l’heure de _sexte_; 4º _none_ commençoit

à 3 heures et finissoit au coucher du soleil. Cette ancienne division du

temps fut adoptée par la primitive église et les noms en sont restés aux

offices.

[144] Si chère qu’elle soit.

[145] Pourtant, cependant.

[146] De maintenant à un jour.

[147] Thériaque: remède.

[148] Prochain.

[149] Ennui, désœuvrement. V. Du Cange aux mots _Accidia_, _Acedia_.

[150] Manquent quelques mots, comme: _qui y mettent_.

[151] L’avare.

[152] Peut-être manque-t-il quelques mots comme _ils auront_, _etc._

[153] Il semble que le sens de la phrase exigeroit _gloutonnie_.

[154] En desroi, égaré.

[155] C’est l’ouvrage de Jacques de Voragine, archevêque de Gênes.

[156] De saint Jérôme.

[157] Donner envie, goût.

[158] C’était Sédécias.

[159] Captivité.

[160] Helcias.

[161] Huile.

[162] Doucement, paisiblement.

[163] Serviteurs, _servientes_.

[164] Visage.

[165] Cachées.

[166] La Vulgate dit _sub prino_, c’est le chêne _ilex_, l’yeuse.

[167] _Sub schino_, c’est le lentisque d’où découle dans l’Archipel et

en Perse non le macis, mais le mastic ou encens de Perse, sorte de gomme

aromatique avec laquelle les Perses enduisoient leurs outres, suivant

Strabon. Le _macis_ dont parle ici l’auteur est aussi appelé _fleur de

muscade_; c’est la seconde écorce de la noix muscade. Nous verrons le

macis employé dans _le Viandier_.

[168] Les juifs furent chassés par ordonnance du 17 septembre 1394, et

cette ordonnance fut ponctuellement et promptement exécutée. On en a la

preuve dans des lettres de rémission accordées en janvier 1394(5), à un

certain Guiot Rousseau de Pertes, près Melun, pour avoir assommé et

volé, entre Pont-sur-Yonne et Sens, au bois de Javel, une vieille juive

qu’il s’étoit chargé de conduire sur son cheval, de Melun à Sens, _ne

croyant autant mesfaire que s’elle eust esté chrestienne et se recordant

que par les juifs qui ont demouré ou temps passé à Meleun il avoit esté

destruit presque de toute sa chevance_. Il est dit dans ces lettres, qui

m’ont été communiquées par M. de Stadler, que cette juive _alloit

rejoindre aucuns juifs qui pour certaine ordenance sur ce faicte se

partoient hors du royaume_. (J. Reg. 147, 36.) Ce passage prouve bien

positivement que _le Ménagier_ a été écrit avant septembre 1394.

[169] Philosophe chaldéen qui, suivant Jacques de Cessoles, auteur du

_Jeu des échecs moralisé_, auroit inventé le jeu d’échecs. L’auteur du

_Ménagier_ cite ici l’ouvrage de J. de Cessoles, dans lequel on trouve,

au chapitre de la Reine, les histoires de Romilde, de Lucrèce, de

Papirius, qu’il va raconter aussi, mais en les développant.

[170] Oui.

[171] De Bénévent.

[172] S’en détournèrent, de _desmouvoir_.

[173] Cette duchesse est Romilde, veuve de Gisulfe, duc de Frioul, tué

en 611, dans une bataille contre les Abares. Après la mort de son mari

dont elle avoit eu quatre fils et quatre filles, elle fut assiégée par

le khan des Abares dans Forojulium, aujourd’hui _Civita di Friuli_.

Éprise de la figure du khan, elle lui offrit (et non à un de ses

chevaliers) la place et sa main; son offre fut acceptée, mais le khan,

maître de la place, fit empaler Romilde et emmena ses enfans et les

principaux citoyens en captivité. Les quatre princes s’échappèrent sur

la route. Les deux aînés, Tason et Caccon, furent ducs de Frioul, de 621

à 635. Le troisième, Rodoald, fut duc de Bénévent, de 642 à 647, et le

dernier, Grimoald, fut duc de Bénévent après son frère, et roi des

Lombards en 662; il mourut en 671. On a assez peu de renseignemens sur

l’origine de plusieurs de nos reines de la première race. Je n’ai pas

trouvé qu’aucune d’elles ait été sœur de Grimoald. La même histoire est

racontée avec quelques-unes des inexactitudes de l’auteur du _Ménagier_,

dans le LVIIIe chapitre du _Compendion historial_; Paris, Ant. Vérard,

1509.--Elle est tirée de Paul Diacre.

[174] L’auteur du _Jeu des Échecs moralisé_.

[175] Invita, de _semondre_.

[176] Par telle convention.

[177] État, disposition d’esprit.

[178] Les occupations que l’auteur donne ici aux Romaines étoient sans

aucun doute celles des femmes de son temps, et ce passage est

certainement un des plus curieux de son livre. Le _bric_, qui me paroît

la même chose que la _briche_ ou _bricque_, est déjà cité au XIIIe

siècle dans les œuvres de Rutebeuf (_de Brichemer_), on y jouoit assis

et à l’aide d’un petit bâton.--_Qui féry?_ me paroît évidemment notre

_main chaude_.--Le jeu de _pince-merille_ est écrit _pince-morille_ dans

les jeux de Gargantua (Rabelais, livre I, chapitre XXII), c’est tout ce

que j’en connois.--Le _tiers_ étoit une sorte de colin-maillard dont il

est parlé dans Rabelais, les Arrêts d’amour et des lettres de rémission

de 1391, citées par Du Cange au mot _Tertium_.--La mention des cartes

comme _jeu d’ébatement_, dans un ouvrage écrit sûrement en 1393, est

fort importante, et nous paroît démontrer la réalité de la distinction

établie par M. Duchesne entre les cartes jeux _d’ébatement_, jeux

d’enfans, _naibi_, et les cartes devenues quelques années après jeu de

hasard. En lisant ce passage du _Ménagier_ on comprend que les cartes

aient pu être connues en 1369, et ne pas figurer cependant parmi les

jeux de hasard défendus cette année par Charles V. (Voy. _Jeux de Cartes

tarots_, publiés par la Société des Bibliophiles, 1844, in-folio, p. 4.)

[179] Un peu loin, à une petite distance.

[180] Le visage baissé.

[181] Bleues, violettes.

[182] Poudreux; ou faut-il lire _les gens, pouldres_ (poussière) _et

fumées_, etc.?

[183] Var. Br. _à peine_.

[184] Evite, esquive.

[185] Car le fait (l’adultère) n’est pas à craindre. Je n’ai vu ce

curieux usage mentionné nulle part ailleurs.

[186] Pierre le Mangeur, chancelier de l’Université de Paris, mort en

1179. Voir les _Mss. françois_ de M. Paris, t. II, p. 2.

[187] L’historien Flavius Josèphe.

[188] S’attachera, _adhærebit_.

[189] Prononciation parisienne du mot _mesnie_, suite, famille. Voir H.

Estienne, _Précellence du Lang. françois_, p. 179.

[190] Près, comme _Villers-Coste-Retz_.

[191] Stérile. Encore employé pour les biches en terme de vénerie.

[192] Élève.

[193] Allusion à l’incarnation de N. S. J. C.

[194] Outre ou petit baril, _boucellus_.

[195] Bersabée.

[196] Voyage.

[197] Couché.

[198] Voir sur cette plante et sur la _main de gloire_ les curieux

articles du Dictionnaire de Trévoux.

[199] Ouvrage qui est à la fois une grammaire, une rhétorique, et un

dictionnaire, et qui fut écrit en 1286 par Jehan Balhi de Gênes,

religieux dominicain.

[200] Sauvages.

[201] Sans doute _choucas_.

[202] Var. A, _melles_, faute ou nom d’oiseau que je ne connois pas.

Tiercelet, pris seul, est le nom du faucon mâle.

[203] Domestiques.

[204] Macaire étoit le nom de l’assassin. Aubri de Montdidier étoit le

maître du chien. Bullet, dans une intéressante dissertation sur cette

histoire (_Mythol. fr._, p. 64), remarque qu’elle figure pour la

première fois dans la chronique romanesque d’Albéric de Trois-Fontaines,

auteur du XIIIe siècle, qui la place à l’année 780. Il pense que cet

auteur l’a prise dans quelqu’ancien roman ou chanson de geste.

[205] C’est la portion de l’île Saint-Louis qui est entre la rue des

Deux Ponts et le pont Louis-Philippe, et qui étoit séparée par un petit

bras de la Seine ordinairement à sec en été, de l’autre portion appelée

l’île aux Vaches. Quoique le chapitre de Paris eût des droits à la

propriété de cette île et en fût en tout cas haut justicier, elle

servoit de promenade et de lieu de réjouissance publique. Le 8 mars

1400, le procureur du roi parlant pour les marchands de Paris et les

droits de la navigation, contre le chapitre, et faisant peut-être

allusion au prétendu combat de Macaire et du chien, disoit que _dès

Charlemaine l’île dessus dite fut appliquée à la chose publique_ (Reg.

du Parl., Plaid. civ.). Les lices qu’y voyoit à la fin du XIVe siècle

l’auteur du _Ménagier_ pouvoient bien provenir de la grande fête

(mystères, tournois d’enfans au-dessous de dix ans, etc.) qui y fut

donnée à la Pentecôte de 1313, lorsque Philippe le Bel et ses trois

fils, et le roi d’Angleterre prirent la croix (_Chron. métrique_ de God.

de Paris, 1827, p. 188), ou peut-être aussi de quelque autre solennité

plus récente.

[206] Les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et le connétable du

Guesclin conquirent presque tout le Poitou sur les Anglois, en 1372: ils

revinrent à Paris le 11 décembre, et le lendemain le duc de Berry fit

hommage au roi son frère du comté de Poitiers (Reg. du Parl., Plaid.

civ.).

Mais Niort et quelques autres places étoient restées au pouvoir des

Anglois. Du Guesclin ayant défait à Chisay les garnisons angloises

réunies sous le commandement de messire Jehan d’Esvreux, fit, suivant

Cuvelier, mettre à ses soldats les cottes d’armes des Anglois, et prit

ainsi Niort par surprise.

Froissart (t. I, p. 665 de l’édition du _Panth. litt._ donnée par M.

Buchon) dit que le combat de Chisay eut lieu le 21 mars 1372 (1373, n.

st.), et cette date se trouve en effet confirmée par les comptes du duc

de Berry dans lesquels on voit figurer, à la date du 30 mars, un

messager envoyé par le duc à la duchesse pour lui annoncer que _messire

Jehan d’Esvreux a esté déconfit_. La prise de Niort dut suivre presque

immédiatement le combat de Chisay, surtout si le stratagème raconté par

Cuvelier fut en effet mis en œuvre par du Guesclin. Niort étoit en tout

cas pris au moins dès le 28 avril. Quoique l’occupation de cette ville

ait eut lieu presque sans coup férir, c’est bien certainement en cette

occasion qu’avoit péri le maître du chien dont parle notre auteur, soit

que ce fût un soldat de l’armée françoise, soit qu’il fût un des hommes

de la ville, bons François de cœur suivant tous les historiens.

Le ménagier de Paris (v. 1 & 2) · 第 45 / 54 段