par un traité italien, attendu le nom de _faucon vilain_ qu’il donne au
lanier, et qui lui étoit encore donné en Italie au XVIIe siècle. Voy.
aussi T. II, p. 310, la note sur le vol du faisan par l’épervier.
[87] La chasse à l’oiseau est encore actuellement pratiquée en Syrie.
L’émir Beschir, prince des Druses, avoit des oiseaux dressés qui furent
pillés en 1840, lorsque les événemens le contraignirent à quitter le
pays, et rachetés depuis par M. Catafago, vice-consul d’Autriche à Saïda
(près Beyrouth), qui les possède encore aujourd’hui. A Damas, Choudjà’
Eddaouleh et Seïf Eddaouleh, neveux du schah actuel de Perse, retirés en
Syrie, chassent aux perdrix avec des sacres (voy. T. II, p. 323). M.
Schefer, second drogman du consulat général de Smyrne, a fait avec ces
princes une chasse dans laquelle deux sacres prirent en une heure et
demie quinze ou vingt perdrix. D’après le récit circonstancié qu’il a
bien voulu me faire, ces oiseaux nommés _sacres_ dans le pays,
originaires de Tartarie ou du Turkestan, certainement les _sacres_ de
nos anciens fauconniers, et par conséquent oiseaux de haut vol
(_rameurs_, selon Huber; voy. T. II, p. 318), sont cependant dressés
comme l’étoient autrefois les oiseaux de poing (_voiliers_, selon
Huber); ils partent du poing de leur maître quand le gibier se lève, et
se perchent sur les buissons quand la perdrix s’y est remisée, pour la
prendre plus facilement dès qu’elle en sort. C’est bien là la manière de
l’autour et de l’épervier, mais l’identité d’origine septentrionale et
de nom ne permet pas de douter que ces oiseaux ne soient bien nos
sacres.
M. d’Offémont, dont j’ai parlé dans une note de ma _Chace dou cerf_,
1840, in-8º, comme ayant créé en 1838 une association destinée à faire
renaître la fauconnerie (association dont le siége est en Hollande et
qui continue à prospérer), frappé des difficultés qu’il a dû surmonter
dans _l’affaitement_ des oiseaux, malgré les secours qu’il avoit
rencontrés dans les anciens ouvrages de fauconnerie, a l’intention
d’écrire sur ce sujet un traité assez détaillé pour suppléer aux
omissions des anciens auteurs. Il m’a montré des notes et quelques
dessins qui donnent l’idée la plus avantageuse de son travail.
[88] Par suite de mon goût pour les livres de chasse, j’avois eu
l’honneur de faire la connoissance de M. Huzard. Il m’a bien souvent
admis avec une extrême complaisance dans sa précieuse bibliothèque, mais
le hasard a fait qu’il ne m’avoit jamais montré son manuscrit du
_Ménagier_. Son catalogue (Paris, 1842) forme 3 vol. in-8º. La vente a
eu lieu en 1843.
[89] Paris, 1830, in-4º. Voici les indications données par cet ouvrage:
1º Inventaire de Bruges vers 1467.
Nº 836. Ung autre livre en parchemin couvert d’ais jaunes, intitulé au
dehors: _C’est le Mesnagier de Paris_; comançant au second feuillet,
_Salvacion de l’âme_, et au dernier _n’est autrement_. (C’est le
manuscrit A, voir ci-après p. LIV.)
Nº 1202. Ung autre livre de cuir vermeille, appellé _le Mesnagier_, est
escript partie en longue luigne et partie par deux coulombes;
quemenchant ou second feuillet _Vous moismes_ et le dernier feuillet, _a
dicta aqua_. (C’est le manuscrit B dans lequel se trouve le _Chemin de
povreté_ en effet écrit à deux colonnes (coulombes). Voir ci-après p.
LV.)
2º Inventaire fait à Bruxelles le 15 novembre 1487.
Nº 1758. Ung autre grant volume couvert de cuir, garni à tout deux
cloans de léton, intitulé: _C’est le Mesnagier de Paris_; comenchant ou
second feuillet, _Salvacion de l’âme_ et finissant ou derrenier, _et
oster les entrailles, testes et qhues. Hic finit._ (A)
Nº 1759. Ung autre grand volume couvert de cuir rouge, à tout deux
cloans de léton, intitulé comme le dessus: _Le Mesnagier de Paris et
autres choses de dévotion_; comenchant ou second feuillet, _Vous-mesmes
vo_, et finissant ou derrenier, _et oster les entrailles, testes et
qhues_. (B)
[90] T. I, p. 9.
[91] Les second et dernier feuillets commencent par les mêmes mots que
ceux signalés comme initiaux de ces mêmes feuillets dans le manuscrit de
Bourgogne. C’est ce même manuscrit qui est indiqué comme manquant
ultérieurement dans les inventaires de Bruxelles. (Nº 2269 de la
_Bibliothèque protypographique_.)
[92] Cet article a donc paru peu de mois avant la vente de la première
partie de la Bibliothèque Huzard. Il est singulier qu’un livre si
longtemps inconnu soit remarqué et étudié, on pourroit dire exhumé, dans
la même année, à Bruxelles et à Paris à la fois.
[93] Si l’on entre dans le détail de l’histoire du règne de Charles VI,
il semble (autant qu’on puisse en pareille matière déduire un principe
général de faits particuliers même nombreux) qu’une partie notable de la
haute bourgeoisie parisienne s’étoit attachée après la mort de Charles V
au duc de Berry, prince toujours besogneux, et redoutable par ce motif
aux provinces soumises à son autorité, mais affable et de mœurs faciles,
qualités appréciées de tout temps et souvent au delà de leur valeur
réelle par les classes moyennes et inférieures des villes. On verra
encore que même dans les momens où les exigences de la politique
amenoient ou forçoient le duc de Berry à se réunir aux Bourguignons, les
bourgeois ou parlementaires ses conseillers et partisans, n’en étoient
pas mieux vus du duc de Bourgogne à qui ils rendoient probablement les
sentimens de défiance et de haine qu’ils lui inspiroient.
[94] Les familles de Larivière en Guyenne, et de Bezu le Long, portent
aussi de gueules au chevron d’hermines.
[95] Champagne, Goussencourt, Hargicourt et Vivonne portent également
d’hermines au chef de gueules.
[96] Depuis le XVIe siècle, au lieu d’avoir ainsi un seul écusson parti
(divisé en deux par une ligne verticale) les femmes portent deux écus
dont le premier est celui de leurs maris. Les reines de France ont
continué longtemps à partir leur écusson, et je crois que Marie
Leczinska est la première qui ait porté deux écus accollés.
[97] _L’Histoire généalogique des grands officiers de la couronne_, T.
III, p. 726, l’appelle Jean, ce qui est une erreur.
[98] Elle est enterrée dans l’église paroissiale de Roubais, chapelle de
Sainte-Croix ou des Sept Douleurs. (Cabinet généalogique.)
[99] Chambellan du roi de France, frère du connétable de Saint-Paul
décapité en 1475: il mourut en 1487.
[100] Mon ami M. Eugène Grésy qui s’occupe depuis longtemps de
l’histoire et de la topographie de Melun, me signale un vitrail de la
chapelle Saint-Antoine en l’église Saint-Aspais de Melun, dans lequel
les armes d’Agnès de Savoie, femme, de 1466 à 1508, de François Ier
d’Orléans, duc de Longueville, vicomte de Melun, sont placées dans un
écusson parti, avant celles de son mari. Mais, je le répète, de telles
erreurs sont très-rares, surtout à mesure qu’on s’éloigne des temps
modernes. Si Isabelle de Roubais avoit épousé un Ghistelles en premières
noces, je n’aurois pas hésité à voir en elle la propriétaire de mon
manuscrit. Au reste, il est bien probable que ce manuscrit lui aura été
donné par sa mère, et que les recettes de _Hotin_ auront été recueillies
pour elle.
[101] C’est lui qui prit par surprise, en 1465, la ville de Péronne et
le comte d’Étampes qui s’y étoit renfermé, _Histoire de Bourgogne_, de
dom Plancher, T. IV, p. 337.
[102] Voy. T. II, p. 275.
[103] Quand un ouvrage cité en abrégé dans un endroit du livre est
indiqué ailleurs avec plus de détail, je ne l’ai pas compris dans cette
liste. La table donnera le moyen de retrouver l’endroit où le titre est
donné _in extenso_.
[104] Rymer date ces pièces de 1363, mais c’est de 1363 nouveau style,
c’est-à-dire en faisant commencer l’année au 1er janvier et non à
Pâques. En effet, suivant la Chronique de Saint-Denis, dont l’exactitude
chronologique est irrécusable, le roi Jean, qui étoit entré à Avignon le
20 novembre 1362, s’embarqua à Boulogne le 3 janvier 1363 (1364 nouveau
style) pour retourner en Angleterre, et y mourut le 8 avril suivant.
[105] Il n’y en a que dix-huit.
[106] Le second article relatif à la chasse de l’épervier est le seul
qu’on trouve dans les trois manuscrits du _Ménagier_, encore est-il mal
placé entre les troisième et quatrième articles de la seconde
distinction. Cette circonstance pourroit faire croire que l’auteur n’a
pas suivi jusqu’au bout de son livre le plan et la division établis
ci-dessus, et qu’il a peut-être omis de traiter le sujet des premier et
troisième articles de la troisième distinction.
On comprend de quel genre pouvoient être les ébattemens du troisième
article, et on a dans le _Dodechedron de fortune_ l’exemple de demandes
_avérées et répondues par le sort des dés_. Mais que faut-il entendre
par _rocs_ et par _rois_? On sait que le Roc a été remplacé par la Tour
dans le jeu d’échecs, et n’existe plus que comme pièce héraldique dans
les armoiries de quelques familles. Étoit-ce donc à l’aide des rocs et
des rois d’échecs que ces demandes d’ébattemens étoient répondues?
Il est parlé dans le _Chevalier de la Tour_ (chap. 124 du ms. du roi,
7403) de chevaliers et dames jouant au _roy qui ne ment pour dire vérité
du nom de s’amie_. C’est peut-être d’un jeu analogue que l’auteur du
_Ménagier_ a parlé ou comptoit parler dans cet article.
[107] _Chemise._ Ce mot avoit alors la même signification
qu’aujourd’hui. Voir Du Cange au mot _Camisa_.--_Blanchet_, vêtement
court, sorte de camisole de drap ou flanelle blanche qu’on mettoit
par-dessus la chemise. Ce mot est encore cité dans cette acception par
le dictionnaire de Trévoux. Blanchet signifioit par extension le drap
blanc dont étoit fait le vêtement du même nom.--_Coste_, qui seroit
mieux écrit cotte, comme au-dessous, signifie ici robe, voir Du Cange,
citation de la Vie des Pères, à _Surcotium_.--_Surcot_, vêtement de
dessus, mais en général moins chaud et plus habillé que la houppelande.
J’ai vu dans les _Plaidoiries criminelles du parlement_ une bourgeoise
_venant d’une noce pour laquelle elle avoit vestu un surcot_, à qui une
de ses parentes dit _qu’il est tard_, qu’elle dépouille son surcot et
que elle lui baillera _une houpelande et un chaperon_. (Avril 1404-5.)
[108] La coiffe enveloppoit toute la tête et étoit placée immédiatement
sur les cheveux. Le mot de _cueuvrechief_ paroît désigner ici une sorte
de bonnet placé sous le chaperon. Les couvrechef et coiffes étoient
d’étoffe légère. Un inventaire dressé en 1384 des biens meubles de
Jacqueline de Charny, femme de Jehan Saugete, écuyer, mentionne _quinze
quevrechiefs de soie et trois de lin pour atour et dix-neuf coiffes de
soie jaune, de cendal et de toile ou fil_. (Reg. du P. Jugés XXXII. 94.)
Quant au chaperon, dont la forme a varié, celui dont il s’agit ici me
paroît devoir être la coiffure que porte la femme dans la planche de la
page 9. L’auteur de la plaidoirie citée page 14 parle d’un amant qui
coupa un morceau du chaperon de sa maîtresse pour avoir un souvenir
d’elle. La forme du chaperon représenté dans la planche fait bien voir
comment cela étoit possible.
[109] Il sembleroit par ces mots qu’on n’avoit pas alors de bancs
_réservés_ dans les églises. La mention la plus ancienne que j’aie vu de
cette attribution individuelle des bancs aux paroissiens est dans une
délibération du conseil de fabrique de Saint-André-des-Ars, en date du 2
février 1577, qui parle des bancs affectés aux paroissiens, et de ceux
qui d’_ancienneté_ ont coutume de s’y mettre. Les églises collégiales
n’avoient de bancs qu’autant qu’elles étoient en même temps
paroissiales, c’est-à-dire qu’il y avoit des fonts baptismaux, et qu’on
y faisoit le prône. (_Traité des Droits honorifiques_, par Maréchal,
1762, tom. I, p. 278 et 284). On m’a affirmé qu’avant la révolution il
n’y avoit pas de bancs dans l’église cathédrale de Paris.
[110] Var. B _Gréel_, Graduel.
[111] _Estour_, secours, nourriture du corps, et généralement tout ce
qui sert à la vie. (V. Du Cange, au mot _Estorium_); _lourgable_,
susceptible d’être consommé, de _lurcare_, dévorer.
[112] Avoir soin.
[113] Je n’ai jamais vu ce mot: seroit-il ici pour _trahaigner_,
traîner, tergiverser?
[114] _Reverchier_ signifie retourner: je crois qu’_entreveschier_ veut
dire _intervertir_.
[115] Pour fixer votre idée, pour connoître.
[116] Aussi, également.--Var. B _presque_.
[117] Cette nomenclature des vices et des vertus contraires se retrouve
dans plusieurs ouvrages du moyen âge. Elle est avec de grands
développemens dans le _Calendrier des Bergers_, et elle a donné lieu à
une sorte de roman allégorique curieux et bien écrit dans la suite
mystique du Modus et Ratio, intitulée _le Songe de Pestilence_, et
imprimée sous le titre de _Modus et Ratio de divine contemplacion_.
[118] Vif désir.
[119] Brûlent (de frire). V. ci-après _le Viandier_.
[120] Poêle à frire.
[121] Il paraît manquer quelque chose, comme _perte des âmes_.
[122] Vrai.
[123] Procès.
[124] Manque _se comparer_.
[125] _... d’icelui._
[126] Mal erré, _male erravi_.
[127] Sous son plus mauvais jour.
[128] Loué.
[129] Je ne me souciois pas.
[130] En secret.
[131] De la gloire auprès d’eux, pour qu’ils parlassent de moi.
[132] Je pensois.
[133] Il paroît manquer quelque chose comme: _Je disois mes péchés les
moins grands_.
[134] Parée.
[135] Ce mot n’est que dans B. Faut-il lire _à parties_?
[136] Gourmands et par extension débauchés.
[137] Joyeux.
[138] _Empêcher_ vaudroit mieux.
[139] Défendu, refusé.
[140] Croupit?
[141] Sa fortune.
[142] Antecrist fait les miracles en sa maison tout au contraire: sa
maison est la taverne, et quant ceulx qui voyent bien clair y viennent,
ils s’en partent tous aveugles.--_Modus et Racio_, édit. 1839, feuillet
65 vº.
[143] Chez les Romains, avant la première guerre punique, les jours se
divisoient en quatre parties: 1º de 6 heures à 9 heures, c’était l’heure
de _prime_; 2º de 9 heures à midi, c’est ce qu’on nommoit _tierce_; 3º
de midi à trois heures, c’étoit l’heure de _sexte_; 4º _none_ commençoit
à 3 heures et finissoit au coucher du soleil. Cette ancienne division du
temps fut adoptée par la primitive église et les noms en sont restés aux
offices.
[144] Si chère qu’elle soit.
[145] Pourtant, cependant.
[146] De maintenant à un jour.
[147] Thériaque: remède.
[148] Prochain.
[149] Ennui, désœuvrement. V. Du Cange aux mots _Accidia_, _Acedia_.
[150] Manquent quelques mots, comme: _qui y mettent_.
[151] L’avare.
[152] Peut-être manque-t-il quelques mots comme _ils auront_, _etc._
[153] Il semble que le sens de la phrase exigeroit _gloutonnie_.
[154] En desroi, égaré.
[155] C’est l’ouvrage de Jacques de Voragine, archevêque de Gênes.
[156] De saint Jérôme.
[157] Donner envie, goût.
[158] C’était Sédécias.
[159] Captivité.
[160] Helcias.
[161] Huile.
[162] Doucement, paisiblement.
[163] Serviteurs, _servientes_.
[164] Visage.
[165] Cachées.
[166] La Vulgate dit _sub prino_, c’est le chêne _ilex_, l’yeuse.
[167] _Sub schino_, c’est le lentisque d’où découle dans l’Archipel et
en Perse non le macis, mais le mastic ou encens de Perse, sorte de gomme
aromatique avec laquelle les Perses enduisoient leurs outres, suivant
Strabon. Le _macis_ dont parle ici l’auteur est aussi appelé _fleur de
muscade_; c’est la seconde écorce de la noix muscade. Nous verrons le
macis employé dans _le Viandier_.
[168] Les juifs furent chassés par ordonnance du 17 septembre 1394, et
cette ordonnance fut ponctuellement et promptement exécutée. On en a la
preuve dans des lettres de rémission accordées en janvier 1394(5), à un
certain Guiot Rousseau de Pertes, près Melun, pour avoir assommé et
volé, entre Pont-sur-Yonne et Sens, au bois de Javel, une vieille juive
qu’il s’étoit chargé de conduire sur son cheval, de Melun à Sens, _ne
croyant autant mesfaire que s’elle eust esté chrestienne et se recordant
que par les juifs qui ont demouré ou temps passé à Meleun il avoit esté
destruit presque de toute sa chevance_. Il est dit dans ces lettres, qui
m’ont été communiquées par M. de Stadler, que cette juive _alloit
rejoindre aucuns juifs qui pour certaine ordenance sur ce faicte se
partoient hors du royaume_. (J. Reg. 147, 36.) Ce passage prouve bien
positivement que _le Ménagier_ a été écrit avant septembre 1394.
[169] Philosophe chaldéen qui, suivant Jacques de Cessoles, auteur du
_Jeu des échecs moralisé_, auroit inventé le jeu d’échecs. L’auteur du
_Ménagier_ cite ici l’ouvrage de J. de Cessoles, dans lequel on trouve,
au chapitre de la Reine, les histoires de Romilde, de Lucrèce, de
Papirius, qu’il va raconter aussi, mais en les développant.
[170] Oui.
[171] De Bénévent.
[172] S’en détournèrent, de _desmouvoir_.
[173] Cette duchesse est Romilde, veuve de Gisulfe, duc de Frioul, tué
en 611, dans une bataille contre les Abares. Après la mort de son mari
dont elle avoit eu quatre fils et quatre filles, elle fut assiégée par
le khan des Abares dans Forojulium, aujourd’hui _Civita di Friuli_.
Éprise de la figure du khan, elle lui offrit (et non à un de ses
chevaliers) la place et sa main; son offre fut acceptée, mais le khan,
maître de la place, fit empaler Romilde et emmena ses enfans et les
principaux citoyens en captivité. Les quatre princes s’échappèrent sur
la route. Les deux aînés, Tason et Caccon, furent ducs de Frioul, de 621
à 635. Le troisième, Rodoald, fut duc de Bénévent, de 642 à 647, et le
dernier, Grimoald, fut duc de Bénévent après son frère, et roi des
Lombards en 662; il mourut en 671. On a assez peu de renseignemens sur
l’origine de plusieurs de nos reines de la première race. Je n’ai pas
trouvé qu’aucune d’elles ait été sœur de Grimoald. La même histoire est
racontée avec quelques-unes des inexactitudes de l’auteur du _Ménagier_,
dans le LVIIIe chapitre du _Compendion historial_; Paris, Ant. Vérard,
1509.--Elle est tirée de Paul Diacre.
[174] L’auteur du _Jeu des Échecs moralisé_.
[175] Invita, de _semondre_.
[176] Par telle convention.
[177] État, disposition d’esprit.
[178] Les occupations que l’auteur donne ici aux Romaines étoient sans
aucun doute celles des femmes de son temps, et ce passage est
certainement un des plus curieux de son livre. Le _bric_, qui me paroît
la même chose que la _briche_ ou _bricque_, est déjà cité au XIIIe
siècle dans les œuvres de Rutebeuf (_de Brichemer_), on y jouoit assis
et à l’aide d’un petit bâton.--_Qui féry?_ me paroît évidemment notre
_main chaude_.--Le jeu de _pince-merille_ est écrit _pince-morille_ dans
les jeux de Gargantua (Rabelais, livre I, chapitre XXII), c’est tout ce
que j’en connois.--Le _tiers_ étoit une sorte de colin-maillard dont il
est parlé dans Rabelais, les Arrêts d’amour et des lettres de rémission
de 1391, citées par Du Cange au mot _Tertium_.--La mention des cartes
comme _jeu d’ébatement_, dans un ouvrage écrit sûrement en 1393, est
fort importante, et nous paroît démontrer la réalité de la distinction
établie par M. Duchesne entre les cartes jeux _d’ébatement_, jeux
d’enfans, _naibi_, et les cartes devenues quelques années après jeu de
hasard. En lisant ce passage du _Ménagier_ on comprend que les cartes
aient pu être connues en 1369, et ne pas figurer cependant parmi les
jeux de hasard défendus cette année par Charles V. (Voy. _Jeux de Cartes
tarots_, publiés par la Société des Bibliophiles, 1844, in-folio, p. 4.)
[179] Un peu loin, à une petite distance.
[180] Le visage baissé.
[181] Bleues, violettes.
[182] Poudreux; ou faut-il lire _les gens, pouldres_ (poussière) _et
fumées_, etc.?
[183] Var. Br. _à peine_.
[184] Evite, esquive.
[185] Car le fait (l’adultère) n’est pas à craindre. Je n’ai vu ce
curieux usage mentionné nulle part ailleurs.
[186] Pierre le Mangeur, chancelier de l’Université de Paris, mort en
1179. Voir les _Mss. françois_ de M. Paris, t. II, p. 2.
[187] L’historien Flavius Josèphe.
[188] S’attachera, _adhærebit_.
[189] Prononciation parisienne du mot _mesnie_, suite, famille. Voir H.
Estienne, _Précellence du Lang. françois_, p. 179.
[190] Près, comme _Villers-Coste-Retz_.
[191] Stérile. Encore employé pour les biches en terme de vénerie.
[192] Élève.
[193] Allusion à l’incarnation de N. S. J. C.
[194] Outre ou petit baril, _boucellus_.
[195] Bersabée.
[196] Voyage.
[197] Couché.
[198] Voir sur cette plante et sur la _main de gloire_ les curieux
articles du Dictionnaire de Trévoux.
[199] Ouvrage qui est à la fois une grammaire, une rhétorique, et un
dictionnaire, et qui fut écrit en 1286 par Jehan Balhi de Gênes,
religieux dominicain.
[200] Sauvages.
[201] Sans doute _choucas_.
[202] Var. A, _melles_, faute ou nom d’oiseau que je ne connois pas.
Tiercelet, pris seul, est le nom du faucon mâle.
[203] Domestiques.
[204] Macaire étoit le nom de l’assassin. Aubri de Montdidier étoit le
maître du chien. Bullet, dans une intéressante dissertation sur cette
histoire (_Mythol. fr._, p. 64), remarque qu’elle figure pour la
première fois dans la chronique romanesque d’Albéric de Trois-Fontaines,
auteur du XIIIe siècle, qui la place à l’année 780. Il pense que cet
auteur l’a prise dans quelqu’ancien roman ou chanson de geste.
[205] C’est la portion de l’île Saint-Louis qui est entre la rue des
Deux Ponts et le pont Louis-Philippe, et qui étoit séparée par un petit
bras de la Seine ordinairement à sec en été, de l’autre portion appelée
l’île aux Vaches. Quoique le chapitre de Paris eût des droits à la
propriété de cette île et en fût en tout cas haut justicier, elle
servoit de promenade et de lieu de réjouissance publique. Le 8 mars
1400, le procureur du roi parlant pour les marchands de Paris et les
droits de la navigation, contre le chapitre, et faisant peut-être
allusion au prétendu combat de Macaire et du chien, disoit que _dès
Charlemaine l’île dessus dite fut appliquée à la chose publique_ (Reg.
du Parl., Plaid. civ.). Les lices qu’y voyoit à la fin du XIVe siècle
l’auteur du _Ménagier_ pouvoient bien provenir de la grande fête
(mystères, tournois d’enfans au-dessous de dix ans, etc.) qui y fut
donnée à la Pentecôte de 1313, lorsque Philippe le Bel et ses trois
fils, et le roi d’Angleterre prirent la croix (_Chron. métrique_ de God.
de Paris, 1827, p. 188), ou peut-être aussi de quelque autre solennité
plus récente.
[206] Les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et le connétable du
Guesclin conquirent presque tout le Poitou sur les Anglois, en 1372: ils
revinrent à Paris le 11 décembre, et le lendemain le duc de Berry fit
hommage au roi son frère du comté de Poitiers (Reg. du Parl., Plaid.
civ.).
Mais Niort et quelques autres places étoient restées au pouvoir des
Anglois. Du Guesclin ayant défait à Chisay les garnisons angloises
réunies sous le commandement de messire Jehan d’Esvreux, fit, suivant
Cuvelier, mettre à ses soldats les cottes d’armes des Anglois, et prit
ainsi Niort par surprise.
Froissart (t. I, p. 665 de l’édition du _Panth. litt._ donnée par M.
Buchon) dit que le combat de Chisay eut lieu le 21 mars 1372 (1373, n.
st.), et cette date se trouve en effet confirmée par les comptes du duc
de Berry dans lesquels on voit figurer, à la date du 30 mars, un
messager envoyé par le duc à la duchesse pour lui annoncer que _messire
Jehan d’Esvreux a esté déconfit_. La prise de Niort dut suivre presque
immédiatement le combat de Chisay, surtout si le stratagème raconté par
Cuvelier fut en effet mis en œuvre par du Guesclin. Niort étoit en tout
cas pris au moins dès le 28 avril. Quoique l’occupation de cette ville
ait eut lieu presque sans coup férir, c’est bien certainement en cette
occasion qu’avoit péri le maître du chien dont parle notre auteur, soit
que ce fût un soldat de l’armée françoise, soit qu’il fût un des hommes
de la ville, bons François de cœur suivant tous les historiens.