LIGNE PRINCIPALE

D’Ismidt à Bagdad par Eski-Cheir, Konia, Alep et Ambar. Cette ligne, à

raison des difficultés variables de terrain, se subdivise en six

sections comme suit:

1re Section d’Ismidt à Eski-Cheir.

Longueur 255 kil. Prix par kil. 9,132 L. T. Coût total L. T. 2,050,375.

Cette ligne remonte la vallée d’Ismidt, contourne le lac de Sabandja et

pénètre dans la vallée de la Sacaria qu’elle suit jusqu’à Vézir-han. Les

deux rives de la Sacaria sont coupées de petites vallées, de torrents et

de gorges. Le tracé suit la rive gauche du fleuve en évitant de le

traverser. De Vézir-han à Biledjik, la ligne s’engage dans les gorges de

Kara-Sou, de 5 à 7 kil. de longueur et bordées de roches escarpées.

Cette portion de ligne est relativement difficile, il sera nécessaire de

défendre la plate-forme contre la rivière par des murs de soutènement.

Les déblais en rocher seront importants. De Biledjik à Kara-keuï, les

difficultés sont beaucoup moindres. De Kara-keuï à Eski-Cheir la

descente est facile.

Les déclivités du tracé varient de 0,0125 à 0,025 par mètre.

2e Section: d’Eski-Cheir à Afium Kara-Hissar par Kutaïa.

Longueur 200 kil. Prix kil. 6,960 L. T. Coût total L. T. 1,392,000.

En quittant Eski-Cheir la ligne remonterait la vallée du Poursak Tchaï

jusqu’à Ermenli, Tchiflik, puis elle pénétrerait dans la vallée de

Tcherkess-keuï, gagnerait le plateau du 1er Derbent, redescendrait dans

la vallée du Poursak Tchaï pour la remonter jusqu’à Kutaïa, où la gare

occuperait une belle position à l’est de la ville. La vallée de Poursak

Tchaï est assez difficile; en certains points la rivière est resserrée

et bordée de rochers escarpés.

De Kutaïa la ligne se dirige vers le sud par la plaine, traverse le

Poursak Tchaï, atteint le faîte de la chaîne, et par un passage

fortement ondulé de 4 kil. de longueur avec des rampes ne dépassant pas

0,015 par mètre, pénètre dans la vallée d’Ahalar. La ligne suit le

versant nord de cette vallée, de 500 mètres de largeur, descend

parallèlement à elle, traverse une rivière qui la coupe près de

Cioular-Keuï, et par une vallée secondaire qui va en se rétrécissant

pour former une gorge rocheuse, arrive dans la vallée d’Arslan et

Dowar-keuï. Cette partie du tracé exigera des courbes de 240 mètres de

rayon, mais les déclivités ne dépasseront pas 0,005 à 0,0075 par mètre.

De la vallée d’Arslan-keuy on passe sans difficulté dans celle de

Murallar, que l’on suit pour atteindre par un col secondaire, le plateau

de Akviran. De là on descend dans la plaine des sources chaudes et de

l’Akar-Sou, en contournant les marais pour atteindre enfin le plateau

d’Afium Kara-Hissar. Dans toute cette partie du tracé les déclivités

varient de 0,004 à 0,010 par mètre.

Les terrains que l’on rencontre sont des calcaires pénétrés

d’épanchements ignés, puis des marnes, des tufs et des argiles avec des

pointements de basaltes. A Afium Kara-Hissar on trouve des carrières de

très beau marbre.

3e section: d’Afium Kara-Hissar à Koniah.

Longueur 280 kil. Prix kil. 6,325,73 L. T. Coût total: 1,827,000,95 L.

T.

En partant d’Afium Kara-Hissar la ligne coupe la vallée de l’Akar-Sou,

gagne le petit plateau légèrement accidenté de Youssouf-Han-Tchaï, coupe

en écharpe toutes les vallées secondaires et dépressions qui sillonnent

ce plateau jusqu’à Yuruk Yaïla. De ce point, le tracé, contournant la

montagne de Bar-Dagh, contrefort du Taurus, atteint un col secondaire,

puis quittant la montagne il descend dans la grande plaine de Caramanie,

qu’il traverse pour atteindre Koniah, en contournant les marais.

Dans la montagne on rencontre des calcaires et des épanchements de

roches ignées et dans la plaine des alluvions quaternaires.

4e section: de Koniah à Olou-Kichla.

Longueur 230 kil. Prix kil. 5,665 L. T. Coût total: L. T. 1,300,650.

De Koniah, la ligne continue à traverser la grande plaine de Caramanie

parallèlement à la route postale jusqu’à Erekli, contourne au Nord l’Ak

Gueul (lac Blanc), traverse une plaine fortement ondulée qui s’étend au

pied du Taurus et atteint le col d’Oloukichla, col largement ouvert et

peu élevé au-dessus du plateau.

Les terrains traversés sont, dans la plaine, des alluvions et des

argiles, et, dans la montagne, des grès et des calcaires avec des

marnes.

5e section: d’Olou-Kichla à Alep.

Longueur 350 kil. Prix kil. 10,005 L. T. Coût total: L. T. 3,501,750.

D’Olou Kichla aux gorges de Tchifté-han la vallée de formation tertiaire

est large et facile. La gorge de Tchifté-han est étroite et sinueuse. De

Tchifté-han à Ak-keupru la vallée a de 100 à 200 mètres de largeur, en

certains points sinueuse et bordée de roches escarpées de porphyre, de

quartzite ou de schiste. D’Ak-keupru à Bilemedek-Boghaz la vallée est

des plus faciles, sauf en un point où la rivière serpente entre des

pointes de roches calcaires de dureté moyenne.

Dans le Boghaz, la vallée assez tourmentée est tantôt bordée de pentes

rapides couvertes de forêts de pin et tantôt flanquée d’escarpements

gigantesques taillés à pic dans un calcaire tendre. Au delà de Boghaz,

la vallée de Tchakit de 1 kil. de largeur environ est bordée de coteaux,

tantôt ondulés et tantôt escarpés, laissant apparaître des tufs, des

poudingues et des marnes.

La plaine d’Adana est formée d’alluvions récentes bordées de monticules

tertiaires. Çà et là des îlots de même formation se font jour dans la

plaine. Les seuls obstacles pour un chemin de fer sont les deux fleuves

du Seïhoun et du Djeïhoun qui exigeront de grands ponts. Au delà de la

plaine d’Adana vers Ayas on trouve le long de la mer des ondulations

tertiaires coupées de larges dépressions où la ligne peut facilement se

développer jusqu’à Payas. De Payas pour atteindre le col de Beylan, le

tracé doit se développer au flanc d’un coteau rocheux et accidenté sur

environ 25 kilom. de longueur pour redescendre de la même façon, après

la traversée du col, dans la plaine d’Antioche. Puis le tracé peut

atteindre Alep sans difficulté sérieuse.

6e section: d’Alep à Bagdad.

Longueur 915 kilom. Prix kilom. 5,263 1/2 L. T. Coût total: L. T.

4,816,102,50.

En quittant Alep la ligne se développe sur la rive droite de l’Euphrate

jusqu’à Ambar. Là elle traverse le fleuve pour aboutir à Bagdad. Le pays

est une vaste plaine entrecoupée de mamelons. Le tracé d’un chemin de

fer peut s’y développer facilement. Quelques ponts sur des affluents

secondaires et un grand pont sur l’Euphrate à Ambar seront les seuls

travaux un peu importants que l’on aura à exécuter.

La ligne principale d’Ismidt à Bagdad d’une longueur totale de 2,200

kil. coûterait donc environ 14,885,000. Soit en moyenne 6,766 L. T. par

kil.

En Turquie d'Asie · 第 132 / 156 题