CHEMINS DE FER

Deux tracés ont été proposés entre Ismidt et Bagdad; l’un par Ismidt,

Eski-Cheir, Angora, Sivas, Malatia, Diarbekir, Mossoul et Bagdad;

l’autre par Ismidt, Eski-Cheir, Kutaïa, Konia, Adana, Alep et la rive

droite de l’Euphrate jusqu’à Ambar puis Bagdad.

Le premier tracé est plus long et plus difficile que le second, et sur

une grande partie de son parcours il serait exposé à être coupé en cas

de troubles politiques.

Le second tracé, plus éloigné de la frontière et en communication avec

la mer par Smyrne et le golfe d’Alexandrette, est protégé soit par la

chaîne du Taurus, soit par le Tigre et par l’Euphrate sur la partie la

plus exposée de son parcours. On sait que le Tigre est navigable en

toute saison entre son embouchure et Bagdad et que de petits bateaux à

vapeur ont pu remonter l’Euphrate entre Ambar et Balis. Un ancien canal

que l’on peut rétablir reliait autrefois le Tigre à l’Euphrate entre

Bagdad et Ambar. On peut donc établir entre l’embouchure du Tigre et

Balis une ligne de petite navigation fort utile non seulement à la

construction de la voie ferrée, mais encore à sa défense au cas où un

ennemi chercherait à la couper.

Au moyen des embranchements indiqués sur la carte, le second tracé

(ligne principale) serait mis en communication avec les principaux

centres de l’Asie-Mineure, et grâce à ses points de contact avec la mer

il permettrait d’écouler les produits de toute cette contrée soit par le

golfe d’Alexandrette, soit par Smyrne, soit par Constantinople, suivant

leur destination.

Un troisième tracé paraît indiqué d’Ismidt par Boli, Tossia, Amassia,

Tokat, Sivas, Malatia, Diarbekir, Mossoul et Bagdad. La construction de

cette ligne présenterait des difficultés à cause de la nature marneuse

des terrains entre Boli, Tossia et Amassia. Comme ligne politique elle

serait trop exposée à être coupée en cas de guerre, soit par la mer

Noire, soit par l’Arménie, soit par la Perse, c’est-à-dire sur la

totalité de son parcours.

Ces divers tracés peuvent d’ailleurs trouver place dans un réseau

général à titre de lignes de dégagement ou d’embranchements.

Toutes ces lignes auraient à desservir des intérêts sérieux. Toutefois

la ligne principale ne saurait sans de graves inconvénients s’écarter du

tracé figuré sur la carte: d’Eski-Cheir, Kutaïa, Konia, Adana, Alep et

la rive droite de l’Euphrate.

En Turquie d'Asie · 第 131 / 156 题