Et d'autant qu'il est souvent arrivé que pour éviter la rigueur des
peines ordonnées par tant d'édits contre les duels, plusieurs ont
cherché les occasions de se rencontrer, nous voulons et ordonnons que
ceux qui prétendront avoir reçu quelque offense et qui n'en auront
point donné avis aux susdits juges du point d'honneur, et qui
viendront à se rencontrer et se battre seuls, ou en pareil état et
nombre, avec armes égales de part et d'autre à pied ou à cheval,
seront sujets aux mêmes peines que si c'était en duel. Et pour ce
qu'il s'est encore trouvé de nos sujets qui ayant pris querelle dans
nos États, et s'étant donné rendez-vous pour se battre hors d'iceux ou
sur nos frontières, ont cru par ce moyen pouvoir éluder l'effet de nos
édits, nous voulons que tous ceux qui en useront ainsi soient
poursuivis criminellement, s'ils peuvent être pris, sinon par
contumace, et qu'ils soient condamnés aux mêmes peines et leurs biens
confisqués, comme s'ils avaient contrevenu au présent édit dans
l'étendue et sans sortir de nos provinces, les jugeant d'autant plus
criminels et punissables que les premiers inconvénients dans la
chaleur et nouveauté de l'offense ne peuvent plus les excuser, et
qu'ils y ont eu assez de loisir pour modérer leur ressentiment, et
s'abstenir d'une vengeance si défendue, sans que, dans les deux cas
mentionnés au présent article, les prévenus puissent alléguer le cas
fortuit, auquel nous défendons à nos juges d'avoir aucun égard.