ART. 10.

Bien que le soin que nous prenons de l'honneur de notre noblesse

paraisse assez par le contenu des articles précédents et par la

soigneuse recherche que nous faisons des moyens estimés les plus

propres pour éteindre les querelles dans leur naissance et rejeter sur

ceux qui offensent le blâme et la honte qu'ils méritent, néanmoins,

appréhendant qu'il ne se trouve encore des gens assez osés pour

contrevenir à nos volontés si expressément expliquées et qui présument

d'avoir raison en cherchant à se venger, nous voulons et ordonnons que

celui qui, s'estimant offensé, fera un appel à qui que ce soit pour

soi-même demeure déchu de pouvoir jamais avoir satisfaction de

l'offense qu'il prétendra avoir reçue, qu'il tienne prison pendant

deux ans et soit condamné à une amende envers l'hôpital de la ville la

plus proche de sa demeure, laquelle ne pourra être de moindre valeur

que la moitié du revenu de ses biens pendant une année, et de plus,

qu'il soit suspendu de toutes ses charges et privé des revenus

d'icelles pendant trois ans. Permettons à tous juges d'augmenter

lesdites peines, selon que les conditions des personnes, les sujets

des querelles, comme procès intentés ou autres intérêts civils, les

défenses ou gardes enfreintes ou violées, les circonstances des lieux

et des temps rendront l'appel plus punissable.

Que si celui qui est appelé au lieu de refuser l'appel et d'en donner

avis à nos cousins les maréchaux de France ou aux gouverneurs généraux

de nos provinces et nos lieutenants en icelles ou aux gentilshommes

commis, ainsi que nous lui enjoignons de le faire, va sur le lieu de

l'assignation ou fait effort pour cet effet, il soit puni des mêmes

peines que l'appelant. Nous voulons de plus que ceux qui auront appelé

pour un autre ou qui auront accepté l'appel sans en donner l'avis

auparavant soient punis des mêmes peines.

Nouveau Code du Duel: Histoire, Législation, Droit Contemporain · 第 167 / 208 题