Et parce qu'il se commet quelquefois des offenses si importantes à
l'honneur que non seulement les personnes qui les reçoivent en sont
touchées, mais aussi que le respect qui est dû à nos lois et
ordonnances y est manifestement violé, nous voulons que ceux qui
auront fait de semblables offenses, outre les satisfactions ordonnées
à l'égard des personnes offensées, soient encore condamnés par lesdits
juges du point d'honneur à souffrir prison, bannissement et amendes.
Considérant qu'il n'y a rien qui soit si déraisonnable ni si contraire
à la profession d'honneur que l'outrage qui se ferait pour quelque
intérêt civil ou de quelque procès qui serait intenté par-devant les
juges ordinaires, nous voulons que dans les accommodements des
offenses provenues de semblables causes lesdits juges du point
d'honneur tiennent toute la rigueur qu'ils verront raisonnable pour la
satisfaction de la partie offensée, et que pour la disposition de
notre autorité blessée, ils ordonnent, ou la prison pendant l'espace
de trois mois au moins, ou le bannissement pour autant de temps des
lieux où l'offensant fera sa résidence, ou la privation du revenu
d'une année ou de deux de la chose contestée.