Nous déclarons, en outre, que tous ceux qui assisteront ou se
rencontreront, quoique inopinément, aux lieux où se commettront des
offenses à l'honneur soit par des rapports ou discours injurieux, soit
par manquement de promesse ou de parole donnée, soit par démentis,
coups de main ou autres outrages, de quelque nature qu'ils soient,
seront à l'avenir obligés d'avertir nos cousins les maréchaux de
France ou lesdits gouverneurs généraux de nos provinces et nos
lieutenants généraux en icelles, ou les gentilshommes commis par nos
dits cousins, sur peine d'être réputés complices desdits offenses et
délit, poursuivis comme y ayant tacitement contribué, pour ne s'être
pas mis en devoir d'en empêcher les mauvaises suites. Voulons
pareillement et nous plaît que ceux qui auront connaissance de quelque
commencement de querelle et animosité causées par les procès qui
seraient sur le point d'être intentés entre gentilshommes pour quelque
intérêt d'importance, soient obligés à l'avenir d'en avertir nosdits
cousins les maréchaux ou les gouverneurs généraux de nosdites
provinces et lieutenants généraux en icelles ou, en leur absence, les
gentilshommes commis dans les bailliages, afin qu'ils empêchent de
tout leur pouvoir que les parties ne sortent des voies civiles et
ordinaires pour venir à celles de fait. Et pour être d'autant mieux
informé de tous les duels et combats qui se font dans nos provinces,
nous enjoignons aux gouverneurs généraux et lieutenants généraux en
icelles, de donner avis aux secrétaires d'État, chacun en son
département, de tous les duels et combats qui arriveront dans
l'étendue de leurs charges; aux premiers présidents de nos cours de
parlement, et à nos procureurs généraux en icelles, de donner
pareillement avis à notre très cher et féal le sieur Letellier,
chancelier de France, et aux gentilshommes commis, et nos officiers de
maréchaussée, aux maréchaux de France; pour nous en informer chacun à
leur égard. Ordonnons encore à tous nos sujets de nous en donner avis
par telles voies que bon leur semblera, promettant de récompenser ceux
qui donneront avis des combats arrivés dans les provinces, dont nous
n'aurons pas reçu d'avis d'ailleurs, avec les moyens d'en avoir la
preuve.