Si par le rapport des présentes ou par d'autres preuves, il paraît
qu'une injure ait été faite de dessein prémédité, de gaieté de cœur
et avec avantage, nous déclarons que, suivant la loi de l'honneur,
l'offensé peut poursuivre l'agresseur et ses complices par-devant les
juges ordinaires, comme s'il avait été assassiné, et ce procédé ne
doit point sembler étrange, puisque celui qui offense un autre avec
avantage se rend par cette action indigne d'être traité en
gentilhomme; si toutefois la personne offensée n'aime mieux se
rapporter à notre jugement, ou à celui des autres juges du point
d'honneur, pour la satisfaction et pour le châtiment de l'agresseur,
lequel doit être beaucoup plus grand que tous les précédents qui ne
regardent que les offenses qui se font dans les querelles inopinées.