Et parce que, dans toutes les offenses qu'on peut recevoir, il est
nécessaire d'établir quelques règles générales pour les satisfactions,
lesquelles répareront suffisamment l'honneur dès qu'elles seront
reçues et pratiquées, puisqu'il n'est que trop constant que c'est
l'opinion qui a établi la plupart des maximes du point d'honneur, et
considérant que dans les offenses il faut regarder avant toutes
choses, si elles ont été faites sans sujet, et si elles n'ont point
été repoussées par quelques reparties ou revanches plus atroces, nous
déclarons que dans celles qui auront été ainsi faites sans sujet et
qui n'auront point été repoussées, si elles consistent en paroles
injurieuses, comme de sot, lâche, traître et semblables, on pourra
ordonner pour punition que l'offensant tiendra prison pendant un mois,
sans que le temps en puisse être diminué par le crédit ou prière de
qui que ce soit, ni même par l'indulgence de la personne offensée; et
qu'après qu'il sera sorti de la prison, il déclare à l'offensé que,
mal à propos et impertinemment, il l'a offensé par des paroles
outrageantes qu'il reconnaît être fausses et lui en demande pardon.