Suivant les usages de la bonne compagnie, la justice, l'équité, les
formes les plus courtoises sont les seules bases sur lesquelles
doivent s'appuyer tous gentlemen réunis en qualité de témoins, pour
discuter une affaire, régler les conditions d'une rencontre. Cette
conduite d'ailleurs est la plus efficace pour atteindre promptement le
résultat le plus équitable pour tous les intéressés. Du reste, en cas
de contestation, ils doivent avoir recours à la faculté qui leur est
laissée par l'article 17.
Le fait d'une provocation entre témoins se produit bien rarement;
cependant nous devons noter un fait scandaleux: il arrive parfois que
des témoins ayant acquis une célébrité sur le turf de la ferraille et
ayant affaire à d'autres témoins moins expérimentés, abusent de leurs
avantages en faisant les rodomonts, en suspendant sur la tête de leurs
collègues, comme une épée de Damoclès, l'éventualité d'une provocation
subséquente, et cela, pour imposer plus sûrement des conditions plus
ou moins équitables. S'ils rencontrent dans leurs adversaires la
fermeté de l'homme d'honneur, ils vont jusqu'à la provocation, soit
immédiate, soit à propos d'une difficulté sur le terrain.
Sans doute, l'article 45 est sévère, mais on conviendra qu'il n'est
que la réciproque d'un fait odieux et anormal, celui d'une injuste
provocation entre les témoins; entre des hommes qui par la nature
sérieuse de leur mandat, doivent être contenus par des sentiments de
justice et de modération.