Il paraîtrait sans doute inutile d'insister sur l'opportunité de la
prescription contenue dans l'article 11, et pourtant, la nécessité n'a
été que trop démontrée de proscrire de semblables démarches,
principalement lorsqu'elles deviennent des bravades entraînant les
plus funestes conséquences. (_Voir_ exemple no 8, page 311.)
Lorsque deux personnes parfois unies par les liens de l'amitié ou même
de la parenté, se trouvent divisées par suite de dissidences
politiques ou de racontars assez souvent faux ou le plus souvent
exagérés, des amis bienveillants leur proposent une entrevue destinée
à provoquer un échange de loyales explications, et par là même une
réconciliation.
Qui peut prévoir l'issue d'une entrevue seul à seul? Le résultat ne
peut-il pas être contraire au but proposé?
Sans avoir égard aux questions d'âge ou de position, les parties
n'entendent se faire mutuellement aucune avance.
Une entrevue au domicile d'une tierce personne ou sur tout autre
terrain neutre, coupe court à toute susceptibilité.
En second lieu, l'entrevue en présence de témoins assure la chance de
parvenir au but désiré, les témoins étant à même de maintenir les
explications échangées sur le terrain de la courtoisie, et d'éviter
ainsi qu'elles ne dégénèrent en une discussion passionnée qui peut
amener de si regrettables conséquences.
Les explications échangées, les réconciliations obtiennent un
caractère sérieux et ne peuvent être déniées.
Enfin, la partie qui refuserait d'accepter une entrevue présentée
d'une manière aussi convenable, assumerait une grande responsabilité,
dans le cas d'une querelle subséquente, et pourrait passer aux yeux de
tout homme impartial, comme nourrissant des sentiments de rancune et
de passion inavouables.