Je pourrai y laver mes pieds.»

KHOUNG-TSEU dit: Mes petits enfants, écoutez ces paroles: Si l'eau

est pure, alors il y lavera les bandelettes qui ceignent sa tête; si

elle est trouble, alors il y lavera ses pieds; c'est lui-même qui en

décidera.

Les hommes se méprisent certainement eux-mêmes avant que les autres

hommes les méprisent. Les familles se détruisent certainement

elles-mêmes avant que les hommes les détruisent. Les royaumes

s'attaquent certainement eux-mêmes avant que les hommes les attaquent.

Le _Taï-kia_[12] dit: «On peut se préserver des calamités envoyées

par le ciel; on ne peut supporter celles que l'on s'est attirées

soi-même.» Ces paroles disent exactement ce que je voulais exprimer.

9. MENG-TSEU dit: _Kie_ et _Cheou_ perdirent l'empire, parce qu'ils

perdirent leurs peuples; ils perdirent leurs peuples, parce qu'ils

perdirent leur affection.

Il y a une voie sûre d'obtenir l'empire: il faut obtenir le peuple, et

par cela même on obtient l'empire. Il y a une voie sûre d'obtenir le

peuple: il faut obtenir son cœur ou son affection, et par cela même on

obtient le peuple. Il y a une voie sûre d'obtenir le cœur du peuple:

c'est de lui donner ce qu'il désire, de lui fournir ce dont il a

besoin, et de ne pas lui imposer ce qu'il déteste.

Le peuple se rend à l'humanité, comme l'eau coule en bas, comme les

bêtes féroces se retirent dans les lieux déserts.

Ainsi, c'est la loutre qui fait rentrer les poissons dans le fond des

eaux, et l'épervier qui fait fuir les oiseaux dans l'épaisseur des

forêts; ce sont les [mauvais rois] _Kie_ et _Tcheou_ qui font fuir les

peuples dans les bras de _Tching-thang_ et de _Wou-wang._

Maintenant, si entre tous les princes de l'empire il s'en trouvait un

qui chérît l'humanité, alors tous les rois et les princes vassaux [par

leur tyrannie habituelle] forceraient leurs peuples à se réfugier sous

sa protection. Quand même il voudrait ne pas régner en souverain sur

tout l'empire, il ne pourrait pas s'en abstenir.

De nos jours, ceux qui désirent régner en souverains sur tout l'empire

sont comme un homme qui pendant une maladie de sept ans cherche l'herbe

précieuse (_aï_) qui ne procure du soulagement qu'après avoir été

séchée pendant trois années. S'il ne s'occupe pas déjà de la cueillir,

il ne pourra en recevoir du soulagement avant la fin de sa vie. Si les

princes ne s'appliquent pas de toute leur intelligence à la recherche

et à la pratique de l'humanité, ils s'affligeront jusqu'à la fin de

leur vie de la honte de ne pas la pratiquer, pour tomber enfin dans la

mort et l'oubli.

Le _Livre des Vers_[13] dit:

«Comment ces princes pourraient-ils devenir hommes de

bien?

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 233 / 266 题