1. Il n'y a dans l'univers que l'homme souverainement saint qui, par
la faculté de connaître à fond et de comprendre parfaitement les
lois primitives des êtres vivants, soit digne de posséder l'autorité
souveraine et de commander aux hommes; qui, par sa faculté d'avoir une
âme grande, magnanime, affable et douce, soit capable de posséder le
pouvoir de répandre des bienfaits avec profusion; qui, par sa faculté
d'avoir une âme élevée, ferme, imperturbable et constante, soit
capable de faire régner la justice et l'équité; qui, par sa faculté
d'être toujours honnête, simple, grave, droit et juste, soit capable
de s'attirer le respect et la vénération; qui, par sa faculté d'être
revêtu des ornements de l'esprit, et des talents que procure une étude
assidue, et de ces lumières que donne une exacte investigation des
choses les plus cachées, des principes les plus subtils, soit capable
de discerner avec exactitude le vrai du faux, le bien du mal.
2. Ses facultés sont si amples, si vastes, si profondes, que c'est
comme une source immense d'où tout sort en son temps.
3. Elles sont vastes et étendues comme le ciel; la source cachée
d'où elles découlent est profonde comme l'abîme. Que cet homme
souverainement saint apparaisse avec ses vertus, ses facultés
puissantes, et les peuples ne manqueront pas de lui témoigner leur
vénération; qu'il parle, et les peuples ne manqueront pas d'avoir foi
en ses paroles; qu'il agisse, et les peuples ne manqueront pas d'être
dans la joie.
4. C'est ainsi que la renommée de ses vertus est un océan qui inonde
l'empire de toutes parts; elle s'étend même jusqu'aux barbares des
régions méridionales et septentrionales; partout où les vaisseaux et
les chars peuvent aborder, où les forces de l'industrie humaine peuvent
faire pénétrer, dans tous les lieux que le ciel couvre de son dais
immense, sur tous les points que la terre enserre, que le soleil et la
lune éclairent de leurs rayons, que la rosée et les nuages du matin
fertilisent; tous les êtres humains qui vivent et qui respirent ne
peuvent manquer de l'aimer et de le révérer. C'est pourquoi il est dit:
_Que ses facultés, ses vertus puissantes l'égalent au ciel_.
Voilà le trente et unième chapitre. Il se rattache au
chapitre précédent; il y est parlé des énergies ou
facultés partielles de la nature dans la production
des êtres. Il y est aussi question de la loi du ciel.
(TCHOU-HI.)