CHAPITRE XXX.

1. Le philosophe KHOUNG-TSEU rappelait avec vénération les temps des

anciens empereurs _Yao_ et _Chun;_ mais il se réglait principalement

sur la conduite des souverains plus récents _Wen_ et _Wou_. Prenant

pour exemple de ses actions les lois naturelles et immuables qui

régissent les corps célestes au-dessus de nos têtes, il imitait la

succession régulière des saisons qui s'opère dans le ciel; à nos pieds,

il se conformait aux lois de la terre et de l'eau fixes ou mobiles.

2. On peut le comparer au ciel et à la terre, qui contiennent et

alimentent tout, qui couvrent et enveloppent tout; on peut le

comparer aux quatre saisons, qui se succèdent continuellement sans

interruption; on peut le comparer au soleil et à la lune, qui éclairent

alternativement le monde.

3. Tous les êtres de la nature vivent ensemble de la vie universelle,

et ne se nuisent pas les uns aux autres; toutes les lois qui règlent

les saisons et les corps célestes s'accomplissent en même temps sans se

contrarier entre elles. L'une des facultés partielles de la nature est

de faire couler un ruisseau; mais ses grandes énergies, ses grandes et

souveraines facultés produisent et transforment tous les êtres. Voilà

en effet ce qui rend grands le ciel et la terre!

Voilà le trentième chapitre. Il traite de la loi du

ciel. (TCHOU-HI.)

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 114 / 266 题