1. Il n'y a dans l'univers que l'homme souverainement parfait par
la pureté de son âme qui soit capable de distinguer et de fixer les
devoirs des cinq grandes relations qui existent dans l'empire entre les
hommes; d'établir sur des principes fixes et conformes à la nature des
êtres la grande base fondamentale des actions et des opérations qui
s'exécutent dans le monde; de connaître parfaitement les créations et
les annihilations du ciel et de la terre. Un tel homme souverainement
parfait a en lui-même le principe de ses actions.
2. Sa bienveillance envers tous les hommes est extrêmement vaste; ses
facultés intimes sont extrêmement profondes; ses connaissances des
choses célestes sont extrêmement étendues.
3. Mais, à moins d'être véritablement très-éclairé, profondément
intelligent, saint par ses œuvres, instruit des lois divines, et
pénétré des quatre grandes vertus célestes [_l'humanité, la justice, la
bienséance et la science des devoirs_], comment pourrait-on connaître
ses mérites?
Voilà le trente-deuxième chapitre. Il se rattache au
chapitre précédent, et il y est parlé des grandes
énergies ou facultés de la nature dans la production
des êtres; il y est aussi question de la loi du ciel.
Dans le chapitre qui précède celui-ci, il est parlé des
vertus de l'homme souverainement saint; dans celui-ci,
il est parlé de la loi de l'homme souverainement
parfait. Ainsi la loi de l'homme souverainement parfait
ne peut être connue que par l'homme souverainement
saint; la vertu de l'homme souverainement saint ne
peut être pratiquée que par l'homme souverainement
parfait; alors ce ne sont pas effectivement deux choses
différentes. Dans ce livre, il est parlé du saint homme
comme ayant atteint le point le plus extrême de la loi
céleste; arrivé là, il est impossible d'y rien ajouter.
(TCHOU-HI.)