CHAPITRE XII.

1. La voie droite [ou la règle de conduite morale du sage] est d'un

usage si étendu, qu'elle peut s'appliquer à toutes les actions des

hommes; mais elle est d'une nature tellement subtile, qu'elle n'est pas

manifeste pour tous.

2. Les personnes les plus ignorantes et les plus grossières de la

multitude, hommes et femmes, peuvent atteindre à cette science simple

de se bien conduire; mais il n'est donné à personne, pas même à

ceux qui sont parvenus au plus haut degré de sainteté, d'atteindre

à la perfection de cette science morale; il reste toujours quelque

chose d'inconnu [qui dépasse les plus nobles intelligences sur cette

terre][6]. Les personnes les plus ignorantes et les plus grossières

de la multitude, hommes et femmes, peuvent pratiquer cette règle de

conduite morale dans ce qu'elle a de plus général et de plus commun;

mais il n'est donné à personne, pas même à ceux qui sont parvenus au

plus haut degré de sainteté, d'atteindre à la perfection de cette

règle de conduite morale; il y a encore quelque chose que l'on ne

peut pratiquer. Le ciel et la terre sont grands sans doute; cependant

l'homme trouve encore en eux des imperfections. C'est pourquoi le sage,

en considérant ce que la règle de conduite morale de l'homme a de plus

grand, dit que le monde ne peut la contenir; et, en considérant ce

qu'elle a de plus petit, il dit que le monde ne peut la diviser.

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 80 / 266 题