CHAPITRE XI.

1. Le Philosophe disait: Rechercher les principes des choses qui sont

dérobées à l'intelligence humaine; faire des actions extraordinaires

qui paraissent en dehors de la nature de l'homme; en un mot, opérer des

prodiges pour se procurer des admirateurs et des sectateurs dans les

siècles à venir: voilà ce que je ne voudrais pas faire.

2. L'homme d'une vertu supérieure s'applique à suivre et à parcourir

entièrement la voie droite. Faire la moitié du chemin, et défaillir

ensuite, est une action que je ne voudrais pas imiter.

3. L'homme d'une vertu supérieure persévère naturellement dans la

pratique du milieu également éloigné des extrêmes. Fuir le monde,

n'être ni vu ni connu des hommes, et cependant n'en éprouver aucune

peine, tout cela n'est possible qu'au saint.

Voilà le onzième chapitre. Les citations des paroles

de KHOUNG-TSEU par _Tseu-sse_, faites dans l'intention

d'éclaircir le sens du premier chapitre, s'arrêtent

ici. Or le grand but de cette partie du livre est de

montrer que la _prudence_ éclairée, l'_humanité_ ou la

_bienveillance universelle pour les hommes_, la _force

d'âme_, ces trois vertus universelles et capitales,

sont la porte par où l'on entre dans la voie droite

que doivent suivre tous les hommes. C'est pourquoi ces

vertus ont été traitées dans la première partie de

l'ouvrage, en les illustrant par l'exemple des actions

du grand _Chun_, de _Yan-youan_ (ou _Hoeï_, le disciple

chéri de KHOUNG-TSEU), et de _Tseu-lou_ (autre disciple

du même philosophe). Dans _Chun_, c'est la _prudence

éclairée_; dans _Yan-youan_, c'est _l'humanité_ ou la

bienveillance pour tous les hommes; dans _Tseu-lou_,

c'est la _force d'âme_ ou la _force virile_. Si l'une de

ces trois vertus manque, alors il n'est plus possible

d'établir la règle de conduite morale ou la voie droite,

et de rendre la vertu parfaite. On verra le reste dans

le vingtième chapitre. (TCHOU-HI.)

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 79 / 266 题