CHAPITRE X.

1. _Tseu-lou_ [disciple de KHOUNG-TSEU] interrogea son maître sur la

force de l'homme.

2. Le Philosophe répondit: Est-ce sur la force virile des contrées

méridionales, ou sur la force virile des contrées septentrionales?

Parlez-vous de votre propre force?

3. Avoir des manières bienveillantes et douces pour instruire les

hommes; avoir de la compassion pour les insensés qui se révoltent

contre la raison: voilà la force virile propre aux contrées

méridionales; c'est à elle que s'attachent les sages.

4. Faire sa couche de lames de fer et de cuirasses de peaux de bêtes

sauvages; contempler sans frémir les approches de la mort: voilà la

force virile propre aux contrées septentrionales, et c'est à elle que

s'attachent les braves.

5. Cependant, que la force d'âme du sage qui vit toujours en paix avec

les hommes et ne se laisse point corrompre par les passions est bien

plus forte et bien plus grande! Que la force d'âme de celui qui se

tient sans dévier dans la voie droite également éloignée des extrêmes

est bien plus forte et bien plus grande! Que la force d'âme de celui

qui, lorsque son pays jouit d'une bonne administration qui est son

ouvrage, ne se laisse point corrompre ou aveugler par un sot orgueil,

est bien plus forte et bien plus grande! Que la force d'âme de celui

qui, lorsque son pays sans lois manque d'une bonne administration,

reste immuable dans la vertu jusqu'à la mort, est bien plus forte et

bien plus grande!

Voilà le dixième chapitre.

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 78 / 266 题