Contenant un autre voyage et une découverte d'antiquité: annonçant la
résolution de M. Pickwick d'assister à une élection, et renfermant un
manuscrit donné par le vieil ecclésiastique.
Une nuit de repos et de tranquillité dans le profond silence de
Dingley-Dell, et, le lendemain matin, une heure d'immersion dans l'air
frais et parfumé de la campagne, effacèrent complétement, chez M.
Pickwick, les traces de la fatigue que son corps avait supportée et de
l'anxiété qui avait agité son esprit. Depuis deux jours cet homme
illustre était séparé de ses amis, de ses sectateurs, et lorsqu'au
retour de sa promenade matinale il rencontra M. Winkle et M. Snodgrass,
ce fut avec un sentiment de délices qui peut à peine être compris par
une imagination vulgaire, qu'il s'avança au-devant d'eux pour leur dire
bonjour. Le plaisir fut mutuel. Qui pourrait, en effet, contempler, sans
en éprouver, le visage rayonnant de M. Pickwick? Et cependant un nuage
semblait obscurcir le front de ses disciples. Ils avaient un air
mystérieux, aussi alarmant qu'extraordinaire. Le grand homme s'en
aperçut et ne put en deviner la cause.
Après avoir serré les mains des deux jeunes gens, et proféré de chaudes
expressions de bienvenue, M. Pickwick leur dit: «Comment va Tupman?»
M. Winkle, à qui cette question était plus particulièrement adressée, ne
fit point de réponse. Il détourna la tête et parut absorbé dans de
mélancoliques réflexions.
«Snodgrass, reprit M. Pickwick avec vivacité, comment va notre ami?
Est-il malade?
--Non! répliqua M. Snodgrass; et une larme trembla sur sa paupière
sentimentale, comme une goutte de pluie sur le bord d'une croisée. Non!
il n'est pas malade!»