[330] Τὸ γαρ ὅλον πρότερον άναγκαιον είναι του μέρους.

(_Polit._. l. I, c. ii.)

[331] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 184.

[332] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 96.

[333] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 105.

[334] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 113.

[335] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 268.

[336] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 269.

[337] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 270.

[338] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 272.

[339] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 283.

[340] SULLY-PRUD'HOMME, _le Problème des causes finales_,

p. 157.

[341] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, Introd., p. vi.

[342] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 193, 194, cf.

p. 201.

[343] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 399.

[344] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 226.

[345] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 3.--Cf. _l'Evolution

créatrice_, p. 316.

[346] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 37.

[347] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 39.--Cf. p. 53, 56,

151, 262, etc.

[348] Elles ont même le maximum possible d'objectivité, parce

que «la perception des qualités sensibles est beaucoup plus indépendante

du besoin et présente par là même une réalité objective supérieure».

(BERGSON, «Réponse à Pitkin», _Journal of Philosophy_, 7 juill. 1910.)

[349] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 225; cf. 228, 66.

[350] La qualité sensible consisterait dans une espèce de

contraction du réel opéré par un état variable de tension ou de

relâchement, p. 21, 232.

[351] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 40, 56.

[352] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 60, 61.--Cf. p. 145,

147, 150, 264.--«De là l'illusion qui consiste à voir dans la sensation

un état flottant et inextensif, lequel n'acquerrait l'extension et ne se

consoliderait dans le corps que par accident: illusion qui vicie

profondément la théorie de la perception extérieure.... Il faut en

prendre son parti: la sensation est, par essence, extensive et

localisée.» (_Ibid._, p. 151.)

[353] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 147, 267.

[354] Cf., sur ce double jeu, notre étude _l'Objectivité de la

perception,_ p. 229 et suiv.

[355] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 239.

[356] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 267.

[357] «Les états cérébraux qui accompagnent la perception n'en

sont ni la cause ni le duplicat.» (_Matière et Mémoire_, p. 263. Cf.

p. 52, 68.) «Le cerveau est un instrument d'action, non de représentation.»

(p. 69.)

[358] Cette théorie profonde d'Aristote et des scolastiques

trouve un écho dans _l'Evolution créatrice_, p. 182, où la vision est

appelée «un toucher rétinien».

[359] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 227.

[360] HAMILTON, _Lec. on Met._, t. I, p. 288.

[361] B. SAINT-HILAIRE, _De Anima_, préf., p. 117.

[362] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 59, 37, 61, 257, 244.

[363] Voir notre étude I. _Théorie fondamentale_, p. 370 à

402.

[364] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 263, 245, 143, 260,

19.

[365] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 105, 106.

[366] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 245.--Cf. p. 263.

[367] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 244, 256, 36.

[368] «Elle (la vraie philosophie) doit nous ramener, par

l'analyse des faits et la comparaison des doctrines, aux conclusions du

sens commun.» (_Ibid._ Avant-propos, p. iii.) Un aveu si précieux est à

retenir pour juger la philosophie nouvelle. On ne saurait trop le

répéter.

[369] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 70; cf. p. 49, 52,

261.

[370] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 20, 21, 63.

[371] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 65, 60, 67.

[372] BERGSON, _Matière et mémoire_, p. 255. Les besoins des

animaux et ceux de l'homme étant différents, on peut en conclure que

leur perception du monde est différente de la nôtre, dans une certaine

mesure, mais le fond est le même.

[373] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 197, 62.

[374] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 257.

[375] «Pourvu que l'on ne considère de la Physique que sa forme

générale et non pas le détail de sa réalisation, on peut dire qu'elle

touche à l'absolu.» BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 217, 216; cf.

p. 52, 225, 251, 387, 389, etc. On voit par là combien M. Bergson est

loin de ne voir dans les sciences--avec nos pragmatistes--que des

définitions nominales ou conventionnelles plus ou moins déguisées,

auxquelles _le succès_ tiendrait lieu de _vérité_.

[376] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 390, 391.

[377] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 54.

[378] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 177.

[379] «Originellement, nous ne pensons que pour agir. C'est

dans le moule de l'action que notre _intelligence_ a été coulée. La

spéculation est un luxe, tandis que l'action est une nécessité.»

(BERGSON, _l'Evolution créatrice,_ p. 47.) Le même reproche est adressé

au _Sens commun_: p. 48, 49, 166, 167, 306, 322, etc. On le traite

d'«intéressé»; d'«utilitaire», et partant de «suspect».

[380] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 168, 169.

[381] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 169.

[382] ARISTOTE, _Phys_., l. III, c. i, § 6; _Méta_, l. X,

c. ix, § 2, 4.

[383] ARISTOTE, _Phys_., l. III, c. i, § 9.

[384] BARTHÉLÉMY SAINT-HILAIRE, Phys., Préf., p. 38; et l. III,

c. ii, § 4, note.

[385] «Progrès qui est le mouvement même.» (BERGSON,

_l'Evolution créatrice,_ p. 168.)

[386] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 179; cf. p. ii, 175,

193.

[387] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, introd., p. ii;

cf. p. 53.

[388] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 225.

[389] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, introd., p. i, ii;

cf. p. 173, 175, 213, 289, 398.

[390] Cf. BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 151, 157, 166,

190, 198.--«(L'intelligence) est la faculté de fabriquer des objets

artificiels, en particulier des outils à faire des outils, et d'en

varier indéfiniment la fabrication.» (_Ibid._, p. 151.)

[391] FOUILLÉE, _la Pensée_, p. 79.

[392] FOUILLÉE, _Ibid._, p. 161.

[393] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 137, 105, 148, 130,

125.

[394] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 11, 17, 22, 29.

[395] Cette confusion de l'étendue abstraite avec la matière a

été relevée plus haut. Ni l'anatomiste ni le chimiste ne peuvent

décomposer les corps à leur fantaisie. Ils doivent en respecter les

«articulations» naturelles.

[396] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 167.

[397] On peut voir ces trois notions dans Aristote, _VI Phys_.,

c. i;--_Continua_, quorum extrema sunt unum: Συνεχῆ, ὦν τά ἔσχατα

ἓν.--_Contigua_, quorum extrema sunt simul: 'απτόμενα δʹὦν τά ἔσχατα αμα.

--_Dissita_, ea interquæ nihil est medium, quod sit ejusdem rationis:

'εφεξῆς δʹὦν μηδἑν μεταξυ συχχενές.

[398] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 13, 160, etc.

[399] BERGSON, _Matière et mémoire_, p. 218.

[400] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 10, 366.

[401] «Moi et non-moi, moi et vous, moi et tous, forment une

discontinuité primitive qu'aucun artifice ne saurait supprimer.»

(FOUILLÉE, _la Pensée_, p. 16.)--«Si nous _découpons_ le réel, c'est

qu'il est _découpable_, c'est qu'il est jusqu'à un certain point

découpé, c'est que nous y sommes découpés nous-mêmes; c'est, par

exemple, qu'un homme n'est pas un autre homme, qu'un homme n'est pas un

cheval ... bref que nos idées, nos concepts et nos lois ont un fondement

dans le réel.» (_Ibid._. p. 74.)

[402] «Multitudinem esse et divisibile, magis est sensibile

quam esse indivisibile. Quare multitudo ratione prior quam indivisibile

per sensum est.» Τὸ μαλλον αισθητὸν τὸ πλἦθος εϊναι και τὸ διαιρετὸν ἢ

τὸ άδιαίρετον, ὤστε τῷ λόγῳ πρότερον τὸ πλἦθος τοϋ άδιαιρέτου δια τῆν

αϊσθησιν. (_Méta._, l. IX, c. iii, § 2.)

[403] FOUILLÉE, _la Pensée_, p. 223.

[404] S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 3.

[405] ARISTOTE, _Phys_., l. I, c. ii, § 15.

[406] PLATON, _Phèdre_, 265 E.--Voir aussi contre l'unité de

l'être _Parménide_ et le _Sophiste_, surtout, p. 248, trad. Cousin.

[407] ARISTOTE, _Méta_., l. XII, c. iii, § 8, 9.

[408] ARISTOTE, _Phys_., l. II, c. ii, § 3;--_Méta_., l. XII,

c. iii, § 8.

[409] S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 4.

[410] SAINT THOMAS, _Contra Gent_., l. II, c. xcv.

[411] «Quocirca idem erit bonum et non bonum, idem homo et

equus: nec de hoc erit illius disputatio, an omnia entia sint unum, sed

eo potius an nihil sint: item tale esse et tantum esse, idem erunt.»

ὥστε ταύτον ἔσται άγαθὸν και ούκ άγαθὸν, και άνθρωπος και ίππος, και ού

περι τοϋ ἓν εϊναι τα ὄντα ὁ λόγος ἔσται αύτοϊς, άλλα περι τοϋ μηδέν, και

τὸ τοιῳδι εϊναι και τοσᾡδι ταύτόν (_Phys.,_ l. I, c. ii, § 14.)

[412] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 170.

[413] LE ROY, _Revue de Méta. et de Morale_, sept. 1899,

p. 517.

[414] M. Fouillée l'a très bien vu: «La tentative pour

expliquer _entièrement_ l'origine des idées et leur vérité par la

biologie constitue une immense pétition de principe.» (_La Pensée_,

p. 80.)

[415] «_In quantum dicit verbum anima cognoscit objectum_.»

S. THOMAS, _de Verit._, q. iv, a. 2. Après l'intuition de son objet,

l'esprit se l'exprime et se le dit à lui-même.

[416] «_Omnis scientia est universalium_.... _Quodam modo

scientia est universalis_» (dans ses principes); «_quodam modo autem

minime_» (dans ses applications particulières). (ARISTOTE, _Méta_.,

l. XII, c. x, § 8.) «Un joueur d'échecs, par exemple, ne crée pas une

science en gagnant une partie. Il n'y a de science que du général.»

(POINCARÉ, _la Science et l'hypothèse_, p. 13.)

[417] «Loin de faire fi des principes, nous croyons qu'ils sont

l'essentiel. Y substituer la pure étude des faits biologiques, c'est

vouloir faire marcher une montre sans y introduire le grand ressort....

Vainement on nous invite à délaisser pour les questions pratiques du

jour «la paix des questions éternelles»--dites plutôt le tournant des

questions éternelles. Les problèmes du jour ne peuvent vraiment se

résoudre qu'en vertu de raisons qui les dépassent: l'actuel dépend du

perpétuel.» (FOUILLÉE, _Morale des idées-forces,_ p. XXVII, XXIX.)

[418] Φανερὸν τοινυν έκ τουτων ὄτι ἔστι τὸ πρώτος κινοϋν

άκίνητον (ARISTOTE, _Phys_., l. VIII, c. v.)

[419] Pour Aristote, c'est quelque chose de _divin_, τὸ θείον;

pour saint Thomas et pour nous, c'est la pensée même de Dieu reflétée

par ses créatures.

[420] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 340.

[421] «Concevoir (le concept) est un pis aller (!!) dans les cas

où l'on ne peut pas percevoir (!!).... Une conception ne vaut que par

les perceptions éventuelles qu'elle représente (!!).» (BERGSON,

_Conférences d'Oxford_, p. 5.) Le lecteur appréciera si ce n'est pas là

une inintelligence totale.

[422] «Persistance inextinguible d'un reste: c'est la tare

essentielle du concept.» _(Revue néo-scolastiq.,_ nov. 1910, p. 489.)

[423] SAINT THOMAS, _in Il Cœlor_., l. XVIII.

[424] _Quidquid esse potest intelligi potest_. S. THOMAS,

_Contra Gent_., l. II, c. 98.--La raison en est que tout ce qui vient à

l'existence est la réalisation d'un possible et partant d'une idée.

[425] BERGSON, _Revue de Méta. et de Morale_, 1903, p. 8.

[426] Nominaliste pour tous les concepts, excepté pour celui de

Temps, où M. Bergson est ultra-réaliste, puisqu'il en fait la substance

des choses dans le grand Tout. En faisant du Temps non pas un fluide,

mais la _fluidité_ même, il hypostasie une abstraction.

[427] _L'universel_ veut dire essence commune à plusieurs

individus. Ainsi la rondeur est une essence commune à toutes les choses

rondes. La première vue de l'esprit découvre une essence, v.g. la

rondeur de ce cercle: c'est l'universel _direct_. La seconde vue la

considère comme étant commune à tous les autres cercles, existants ou

possibles, c'est-à-dire comme infiniment imitable: c'est l'universel

_réflexe_.

[428] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 56, 114, 128, 136,

148.

[429] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, introd., p. iii.

[430] En général, l'intuition désigne l'acte de connaître un

objet immédiatement, sans raisonnement ni passage par des idées

intermédiaires. Elle s'oppose à l'acte discursif.

[431] «Une faculté tout autre que celle d'analyser. Ce sera,

par définition même, l'intuition.» (BERGSON, _Revue de Méta. et de

Morale_, 1903, p. 35.)

[432] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, introd., p. iv; cf.

p. 216.

[433] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 31, 47, 49, 164,

323, etc.

[434] Voici un aveu: «Même quand elle se lance dans la théorie,

la science est tenue d'adapter sa démarche à la configuration générale

de la pratique (et du réel). Si haut qu'elle s'élève, elle doit être

prête à retomber dans le champ de l'action et à s'y retrouver tout de

suite sur ses pieds. Ce ne lui serait pas possible si son rythme

différait absolument de celui de l'action elle-même.» (_L'Evolution

créatrice_, p. 356.) Bien loin de s'opposer, le théoricien et le

praticien se complètent.

[435] Il s'agit «d'une connaissance par le dedans, qui les

saisit (les faits) dans leur jaillissement même au lieu de les prendre

une fois jaillis, qui creuserait ainsi au-dessous de l'espace et du

temps spatialisé....» (BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 390.)

[436] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 50; cf. p. 216.

[437] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 53.

[438] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 210, 211.

[439] Même hésitation chez M. Le Roy qui écrit: «La tâche

propre du philosophe serait de résorber l'intelligence dans l'instinct,

ou plutôt de réintégrer l'instinct dans l'intelligence.» (_Revue des

Deux Mondes_, février 1912.)

[440] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 179.

[441] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, cf. p. 197.

[442] «La première (connaissance) implique qu'on tourne autour

de cette chose; la seconde, qu'on entre en elle.» (BERGSON, _Revue de

Méta. et de Morale_, 1903, p. i.)

[443] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 290.

[444] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 209.

[445] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 258, cf.

p. 259.--«En les rapprochant les unes des autres (les formes de

l'instinct), en les faisant ensuite fusionner avec l'intelligence,

n'obtiendrait-on pas cette fois une conscience coextensive à la vie et

capable, en se retournant brusquement contre la poussée vitale qu'elle

sent derrière elle, d'en obtenir une vision intégrale, quoique sans

doute évanouissante?» (_Ibid._, introd., p. v.)

[446] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 272.--«On appelle

intuition cette espèce de _sympathie intellectuelle_ par laquelle on se

transporte à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a

d'unique et partant d'inexprimable.» (_Rev. de Méta. et de Morale_,

1903, p. 3.)

[447] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 209.

[448] BERGSON, Discours de Bologne, 10 avril 1911, dans la

_Revue de Méta. et de Morale_, nov. 1911, p. 826, 827.

[449] BERGSON, _Ibid._, p. 813, 824.

[450] Pour Kant, c'est le concept qui recoud le décousu informe

de l'intuition sensible. Pour Bergson, c'est, au contraire, l'intuition

sensible qui recoud le morcelage du concept. Opposition curieuse qui

trahit le caractère artificiel de ces systèmes!

[451] Aristote avait déjà dit: «Sentir n'est pas encore

savoir.» (_Anal._ Post.)

[452] FOUILLÉE, _la Pensée_, p. 363.

[453] «Concevoir est un pis-aller dans le cas où l'on ne peut

pas percevoir.» (BERGSON, conf. d'Oxford, _la Perception du changement_,

p. 5.)

[454] Cf. S. AUG. _De Genes. ad litt_., IV, 32, 50.--S. Thomas

ajoute que la vision dans le Verbe est la connaissance la plus parfaite,

soit du général, soit du particulier. _Perfectius (res) cognoscitur

per Verbum quam per se ipsam, etiam in quantum est talis_, (De verit. q. 8,

a. 16, ad II; cf. q. 4, a. 6.)

[455] BERGSON, _Revue de Méta. et de Morale_, janv. 1903, p. 13.

[456] FOUILLÉE, _la Pensée_, p. 353.

[457] BERGSON, _Revue de Méta. et de Morale_, janv. 1903, p. 9,

15, 27. Voici quelques jolis exemples de ces concepts «fluides».

Définition de l'_idée_: «Une certaine assurance de facile

intelligibilité.» Définition de l'_âme_: «Une certaine inquiétude de

vie.» (_Ibid._, p. 31.) On comprend que de tels concepts soient

perpétuellement changeants.

[458] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 393.

[459] Cf. notre étude I sur _le Mouvement_, p. 142 et suiv.

[460] BERGSON, _Revue de Méta. et de Morale_, 1903, p. 32, 33.

[461] Aristote, lui aussi, a voulu revenir «de la sécheresse et

de l'insuffisance logique à la richesse féconde de l'expérience, de

l'artificiel au naturel.» (RAVAISSON, _Testament philosophique_, p. 7.)

[462] LE ROY, _Revue de Méta. et de Morale_, 1907, p. 488, 495.

[463] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 389.

[464] BERGSON, _Matière et Mémoire_, p. 54.

[465] «L'intuition de soi est l'illusion d'un ultra-raffiné qui

prend la conscience aiguë d'une sensation pour la coïncidence avec

l'être.» (Revue _néo-scolastique,_ nov. 1910, p. 490.) Une méprise si

grossière n'est certes pas d'un ultra-raffiné!... La conscience ne

saisit pas seulement la pensée, mais aussi celui qui pense: _intellectus

intelligit semetipsum_--, dit saint Thomas. Et ce n'est pas seulement

l'école d'Aristote et de saint Thomas qui est unanime sur ce point

capital, mais encore l'école suarésienne: «Prima cognitio accidentis non

terminatur ad abstractum sed ad concretum ... sicque substantia

cognoscitur simul cum accidente, hoc est in confuso, in quantum est pars

talis concreti accidentalis.» (SUAREZ, _De Anima_, l. IV, c. iv.) Quant

aux écoles spiritualistes modernes, contentons-nous de citer cette

magnifique et décisive parole de F. Bouillier: «Dénier à la conscience

le pouvoir d'atteindre, en même temps que les phénomènes, l'être que

nous sommes, l'être un, identique, essentiellement actif, vie et pensée,

c'est la mutiler profondément, c'est rejeter la meilleure partie de ce

qu'elle nous atteste, et cela seul qui est continuellement présent au

milieu de la diversité de tous ses autres témoignages.» (_La Conscience

en psychologie_, p. 95). Une psychologie expérimentale «sans âme» n'est

donc qu'une mutilation profonde de l'expérience.

[466] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 212, 213.

[467] C'est ce que les scolastiques ont appelé la _quiddité_:

«Intellectus humani proprium objectum est quidditas sive natura in

materia corporali existens.» (S. THOMAS, _Sum. theol_., I, q. LXXXIV, a.

3, et q. LXXXIX, a. 3.)

[468] La première notion acquise est celle de l'_être_: «Ens

est primum quod cadit in apprehensione simpliciter.» (S. THOMAS,

_Quæst. disp., De Verit.,_ q. x, a. 1.) Or, l'être le dit d'abord de ce

qui est _de soi_ (substance), puis de l'être dérivé (accidents): «Ens

absolute et primo dicitur de substantia, posterius, secundum quid de

accidentibus.» (S. THOMAS, _De ente et essentia_, c. ii.)

[469] On sait que, pour Aristote et saint Thomas, c'est

l'intuition de l'_être réel_ qui fonde toute la métaphysique.

(S. THOMAS, I°, q. LXXXXV, a. 5.) La connaissance qui en découle est

progressive: 1° connaissance de l'être (quelque chose qui est); 2°

connaissance _confuse_ de la substance; 3° connaissance _confuse_ des

accidents; 4° connaissance _distincte_ de la substance; 5° connaissance

_distincte_ des accidents. Ensuite vient la connaissance de la _nature_

des êtres étudiés: essences et propriétés. On voit par là que

l'intelligence saisit la substance avant les accidents (c'est l'inversé

pour les sens), parce qu'elle ne peut comprendre l'être _dérivé_

qu'après l'être _de soi_. «Sicut prædicamenta non habent esse nisi per

hoc quod insunt substantiæ, ita non habent cognosci nisi in quantum

participant aliquid de modo cognitionis substantiæ quod est cognoscere

quid est». (S THOMAS, _In libro XII métaph_., l. VII, lec. I.) C'est

l'inverse pour les sens qui sont tout d'abord frappés par les accidents

et ne saisissent l'objet que par concommitance, comme on saisit une main

gantée sous le gant. En résumé, la substance est sensible _per accidens_

et intelligible _per se_.

[470] BERGSON, _Revue de Méta. et de Morale_, 1903, p. 33, 35;

cf. _Matière et Mémoire_, p. 203, 205-207. Grâce à cette intuition

directe du réel, nous pouvons confronter l'image du souvenir avec le

réel pour la rendre de plus en plus adéquate. _L'adæquatio rei et

intellectus_ est ainsi rendue possible. Elle est impossible, au

contraire, pour ceux qui nient l'intuition et ne peuvent plus comparer

l'image qu'avec d'autres images, sans jamais saisir l'original.

[471] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 192, 193.

[472] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 206; et réponse à

Pitkin, _Journal of Philosophy_, 7 juill. 1910.

[473] D'ailleurs, qui distinguera les véritables biens, la

véritable utilité, les succès dignes d'envie, sinon l'intelligence

éclairée par d'autres critères?

[474] BERGSON, _Réponse à Pitkin, Ibid._

[475] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 323.

[476] Cf. _Revue de Méta. et de Morale_, 1901, p. 317.

[477] LITTRÉ, _Revue des Deux Mondes_, 10 juin 1865.

[478] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 239-257.

[479] BERGSON, _Ibid._, p. 242.

[480] BERGSON, _Ibid._, p. 253.

[481] BERGSON, _Ibid._, p. 253.

[482] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 295-323.

[483] A l'exemple de M. Bergson, nous avons nous-même réédité

dans ce paragraphe, presque littéralement, notre réplique déjà parue

ailleurs.

[484] S. THOMAS, _I Sent_., dist. VIII, q. i, a. 3.

[485] BERGSON, _Ibid._, p. 310.

[486] MICHELET, _Esquisse de logique_.

[487] «Ens rationis dicitur, quod cum in re nihil ponat, et in

se non sit ens, formatur tamen seu accipitur ut ens in ratione.» (S.

THOMAS, V. _Méta_., l. IX;--_Summa theol_., I°, q. XVI, a. 3, ad 2.--Cf.

JEAN DE S. THOMAS, _Log_., II, q. 2.)

[488] BERGSON, _Ibid._, p. 320.

[489] Dans sa lettre au P. de Tonquédec (_Etudes,_ 20 janv.

1912, p. 516), M. Bergson a eu la loyauté de reconnaître l'insuffisance

de cette première argumentation: «Elle aboutit simplement à montrer que

_quelque chose_ a toujours existé. Sur la nature de ce «quelque chose»,

elle n'apporte, il est vrai, aucune conclusion positive.» Le lecteur

comparera cet aveu à ses prétentions premières.

[490] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 299.

[491] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 291.

[492] Pour ces citations et les suivantes, voy. Bergson, son

cours au Collège de France, en mai 1911: _Théorie de la Personne_, cité

par Grivet, _Etudes_, 30 nov. 1911.

[493] «Seule, la matière qu'il (le courant de la conscience

universelle) charrie avec lui, et dans les interstices de laquelle il

s'insère, peut le diviser en individualités distinctes. Le courant passe

donc, traversant les générations humaines, se subdivisant en individus:

cette division était dessinée en lui vaguement (?), mais elle ne se fût

pas accusée sans la matière. Ainsi se créent sans cesse des âmes, qui

cependant, en un certain sens, préexistaient. Elles ne sont pas autre

chose que les ruisselets entre lesquels se partage le grand fleuve de la

vie, coulant à travers le corps de l'humanité.» (BERGSON, _l'Evolution

créatrice_, p. 292.)

[494] Nous avons vu plus haut, en parlant du «morcelage», que

c'est l'_esprit_, au contraire, qui se découpait un corps. Ce sont là

des assertions difficilement conciliables à nos yeux.

[495] Voir, par exemple, l'interview de Maurice Verne dans

l'_Intransigeant_ du 26 nov. 1911.

[496] Voir l'interview ci-dessus.

[497] Cf. _l'Evolution créatrice_, p. 294.

[498] PIERRE LOTI, _le Pèlerin d'Angkor_ (Calmann-Lévy). Cf.

Discours de réception à l'Académie française de M. Jean Aicard, par

Pierre Loti, 23 déc. 1909.

La philosophie de M. Bergson · 第 30 / 31 段