tour, par un effet de sa liberté, les «courants» ou «élans» dont chacun
formera un monde: il en reste donc distinct (??), et ce n'est pas de lui
qu'on peut dire que «le plus souvent il tourne court», ou qu'il soit «à
la merci de la matérialité qu'il a dû se donner.» (1re lettre
au P. de Tonquédec, p. 517 des _Etudes_.)--M. Bergson avait écrit
(_Evolution créatrice,_ p. 270): «Je parle d'un _centre_ d'où les mondes
jailliraient comme les fusées d'un immense bouquet,--pourvu toutefois
que je ne donne pas ce centre pour une _chose_ [une substance mais pour
une _continuité de jaillissement._ Dieu, ainsi défini, n'a rien de tout
fait....»
[500] _L'Evolution créatrice_, p. 270, 271.
[501] De même pour M. Le Roy: «Pour nous, Dieu n'est pas, mais
devient. Son devenir est notre progrès même.» (LE ROY, _Revue de Méta.
et de Morale_, 1907, p. 509.)
[502] LE ROI, _Dogme et Critique_, p. 145.
[503] Malgré cela, M. Bergson persiste à croire qu'il n'est pas
panthéiste, et sa bonne foi ne saurait être mise en doute. «De tout
cela, écrit-il, se dégage nettement l'idée d'un Dieu créateur et libre,
générateur à la fois de la matière et de la vie, dont l'effort de
création se continue du côté de la vie, par l'évolution des espèces et
par la constitution des personnalités humaines. De tout cela se dégage,
par conséquent, la réfutation du monisme et du panthéisme en général
(??). Mais, pour préciser encore ces conclusions et en dire davantage,
il faudrait aborder des problèmes d'un tout autre genre, _les problèmes
moraux_. Je ne suis pas sûr de jamais rien publier à ce sujet; je ne le
ferai que si j'arrive à des résultats qui me paraissent aussi
démontrables ou aussi «montrables» que ceux de mes autres travaux.»
(Lettre au P. de Tonquédec, IIe lettre, _Etudes_, p. 515.)
[504] Autre formule de la même erreur: «Le temps _n'est_
jamais; il devient toujours.»--Comme si le présent n'était pas en acte!
«_Nihil est temporis_, dit saint Thomas, _nisi nunc_.» (Iº q. 46, a. 3,
ad 3.)
[505] Cf. LE ROY, _Revue de Méta. et de Morale_, 1901, p. 292
et suiv.
[506] Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans la _Revue de
Méta. et de Morale_, nov. 1911, p. 810.
[507] Sa première devise était: «Mettre plus de science dans la
métaphysique et plus de métaphysique dans la science.» (BERGSON, _Revue
de Méta et de Morale_, janv. 1903, p. 29.)
[508] BERGSON, Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans la
_Revue de Méta. et de Morale_, nov. 1911, p. 825.
[509] «En principe, la science positive porte sur la réalité
même, pourvu qu'elle ne sorte pas de son domaine qui est la matière
inerte.» (BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 225; cf. p. 216.)
[510] POINCARÉ, _la Valeur de la science_, p. 214.
[511] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 218, 258, 211, 272.
[512] «D'après cette nouvelle méthode, pour connaître les
choses telles qu'elles sont, il ne faut pas user de l'intelligence, qui
ne peut que les dénaturer, mais se rapprocher (par l'intuition) de
l'expérience brute, se plonger dans le tourbillon des sensations,
s'abîmer enfin dans le torrent de la vie animale et végétative, se
perdre dans l'inconscience et se noyer dans les choses. Ce réalisme
psychologique conduit à l'idolâtrie du fait en métaphysique et en
morale....»(COUTURAT, _Revue de Méta. et de Morale_, 1897, p. 241,
242.)
[513] W. JAMES, _Philosophie de l'expérience,_ p. 257, 264,
265, 309, 316. «Le meilleur chemin à suivre est celui de Fechener, de
Royce, de Hégel: Fechener n'a jamais entendu le veto de la Logique;
Royce entend sa voix, mais refuse délibérément de savoir ce qu'elle dit;
Hégel n'entend ce qu'elle dit que pour en faire fi; et tous passent
joyeusement leur chemin. Serons-nous les seuls à subir son veto?»
(_Ibid.,_ p. 197.) C'est Bergson, dit-il, qui l'a enhardi dans cette
voie.--«Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique carrément,
franchement, irrévocablement!» _(A Pluralistic universe_.)
[514] MARITAIN, _l'Evolutionnisme de M. Bergson_, dans la
_Revue de Philosophie,_ sept. 1911, p. 539.
[515] Cf. Card. MERCIER, _Discours du 8 déc. 1907 à
l'Université de Louvain_.
[516] M. Bergson est à peu près le seul philosophe
universitaire à traiter les questions de métaphysique, comme on peut
s'en convaincre en feuilletant le catalogue d'ouvrages philosophiques
publiés chez Alcan.
[517] BERGSON, _Revue de Méta. et de Morale_, janv. 1903,
p. 30, 31.
[518] Cette critique, il est vrai, n'est pas nouvelle. Déjà
Platon l'adressait aux artistes de son temps: «N'est-il pas vrai que les
artistes, s'inquiétant peu de la vérité, donnent à leurs ouvrages, au
lieu de proportions naturelles, celles qu'ils jugent devoir faire le
plus bel effet?» (_Le Sophiste_, trad. Cousin, p. 220.)
[519] RENÉ DOUMIC, _Revue des Deux Mondes_, 15 mars 1910,
p. 433.
[520] Cité par GRIVET, _Etudes_, 20 nov. 1911.
[521] BERGSON, _l'Evolution créatrice_, p. 375, 355, 369.
[522] W. JAMES, _Philosophie de l'expérience,_ p. 305.
End of Project Gutenberg's La philosophie de M. Bergson, by Albert Farges