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renoncé à plaire. Puis il descendit dans son cabinet, où

commença le défilé des hommes peu tendres et sans rêverie

uniquement préoccupés d'augmenter leur bien-aimé

capital. Ces messieurs parlèrent de plusieurs entreprises

[5]en projet, également considérables, notamment d'une

nouvelle ligne de chemin de fer à lancer à travers un désert

sauvage, d'une usine monstre à fonder aux environs

de Paris, et d'une mine de n'importe quoi à exploiter

dans je ne sais plus quelle république de l'Amérique

[10]du Sud. Bien entendu, on n'agita pas un seul instant

la question de savoir si le futur railway aurait à transporter

un grand nombre de voyageurs et une grande quantité

de marchandises, si l'usine fabriquerait du sucre ou

des bonnets de coton, si la mine produirait de l'or

[15]vierge ou du cuivre de deuxième qualité. Non! Les

dialogues de M. Godefroy et de ses visiteurs matinaux roulèrent

exclusivement sur le bénéfice plus ou moins gros à

réaliser, dans les huit jours qui suivraient l'émission, en

spéculant sur les actions de ces diverses affaires, actions

[20]très probablement destinées du reste, et dans un bref délai,

à n'avoir plus d'autre valeur que le poids du papier et le

mérite de la vignette.

Ces conversations nourries de chiffres durèrent jusqu'à

dix heures précises, et M. le directeur du Comptoir

[25]général de crédit, qui était honnête homme pourtant, autant

qu'on peut l'être dans les «affaires,» reconduisit jusque sur

le palier, avec les plus grands égards, son dernier visiteur,

vieux filou cousu d'or qui, par un hasard assez fréquent,

jouissait de la considération générale, au lieu d'être logé à

[30]Poissy ou à Gaillon aux frais de l'État pendant un laps de

temps fixé par les tribunaux, et de s'y livrer à une besogne

honorable et hygiénique telle que la confection des chaussons

Contes Français · 第 226 / 396 题