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seulement une de ses grosses jambes, nue depuis le genou

jusqu'à la cheville, se relevait de temps en temps et frappait

le plancher par un mouvement convulsif... Les yeux

lui sortaient littéralement de la tête... une écume

[5]sanglante s'agitait sur ses lèvres.

A peine eus-je allumé la chandelle, que les agents de

police firent une exclamation étrange.

«Notre doyen!...»

Et tous trois se relevant... je les vis se regarder pâles

[10]de terreur.

L'oeil de l'assassin bouffi de sang se tourna vers Madoc

...Il voulut parler... mais seulement au bout de quelques

secondes... je l'entendis murmurer:

«Quel rêve!... mon Dieu... quel rêve!»

[15]Puis il fit un soupir et resta immobile.

Je m'étais approché pour le voir... C'était bien lui...

L'homme qui nous avait donné de si bons conseils sur la

route de Heidelberg... Peut-être avait-il pressenti que

nous serions la cause de sa perte: on a parfois de ces

[20]pressentiments terribles! Comme il ne bougeait plus et

qu'un filet de sang glissait sur le plancher poudreux,

Madoc, revenu de sa surprise, se pencha sur lui et déchira

sa chemise; nous vîmes alors qu'il s'était donné un coup

de son grand couteau dans le coeur.

[25]«Eh! fit Madoc avec un sourire sinistre, M, le doyen a

fait banqueroute à la potence... Il connaissait la bonne

place et ne s'est pas manqué! Restez ici, vous autres...

Je vais prévenir le bailli.»

Puis il ramassa son chapeau, tombé pendant la lutte,

[30]et sortit sans ajouter un mot.

Je restai seul en face du cadavre avec les deux agents

de police.

Contes Français · 第 211 / 396 题