de l'ordre et de la justice. Ils tirèrent de leur pantalon des
tiges de fer, armées à l'extrémité d'une boule de plomb...
Le brigadier Madoc, frappant sur la poche de sa redingote,
s'assura qu'un pistolet s'y trouvait... Un instant après,
[5]il le sortit pour y mettre une capsule.
Tout cela se faisait froidement... Enfin, le chef de la
police m'ordonna de les conduire dans mon grenier.
Nous montâmes.
Arrivés dans le taudis, où la petite Annette avait eu
[10]soin de faire du feu, Madoc, jurant entre ses dents,
s'empressa de jeter de l'eau sur le charbon; puis m'indiquant
la paillasse:
«Si le coeur vous en dit, vous pouvez dormir.»
Il s'assit alors avec ses deux acolytes, au fond de la
[15]chambre, près du mur, et l'on souffla la lumière.
Je m'étais couché, priant tout bas le Seigneur d'envoyer
l'assassin.
Le silence, après minuit, devint si profond, qu'on ne se
serait guère douté que trois hommes étaient là, l'oeil
[20]ouvert, attentifs au moindre bruit comme des chasseurs
à l'affût de quelque bête fauve. Les heures s'écoulaient
lentement... lentement... Je ne dormais pas... Mille
idées terribles me passaient par la tête... J'entendis
sonner une heure... deux heures... et rien... rien
[25]n'apparaissait!
A trois heures, un des agents de police bougea... je
crus que l'homme arrivait... mais tout se tut de nouveau.
Je me pris alors à penser que Madoc devait me prendre
pour un imposteur, qu'il devait terriblement m'en vouloir,
[30]que le lendemain il me maltraiterait... que, bien
loin d'avoir servi mes camarades, je serais mis à la
chaine.