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Tout ce monde s'engouffra dans l'allée sombre de l'auberge.

Les gardes en expulsèrent les étrangers... On referma

la porte, et la foule avide resta dehors, les pieds

dans la boue, le nez aplati contre les fenêtres.

[5]Le plus profond silence s'établit alors dans la maison.

M'étant habillé, j'entr'ouvris la porte de ma chambre

pour écouter, et voir s'il ne serait pas possible de reprendre

la clef des champs.

J'entendis quelques éclats de voix, des allées et des

[10]venues aux étages inférieurs, ce qui me convainquit que

les issues étaient bien gardées. Ma porte donnait sur le

palier, juste en face de la fenêtre que l'homme avait

ouverte pour fuir. Je n'y fis d'abord pas attention...

Mais comme je restais là, tout à coup je m'aperçus que la

[15]fenêtre était ouverte, qu'il n'y avait point de neige sur

son bord, et, m'étant approché, je vis de nouvelles traces

sur le mur. Cette découverte me donna le frisson.

L'homme était revenu!... Il revenait peut-être toutes les

nuits: le chat, la fouine, le furet... tous les carnassiers

[20]ont ainsi leur passage habituel. Quelle révélation! Tout

s'éclairait dans mon esprit d'une lumière mystérieuse.

«Oh! si c'était vrai, me dis-je, si le hasard venait de me

livrer le sort de l'assassin... mes pauvres camarades seraient

sauvés!»

[25]Et je suivis des yeux cette trace, qui se prolongeait avec

une netteté surprenante, jusque sur le toit voisin.

En ce moment, quelques paroles de l'interrogatoire

frappèrent mes oreilles... On venait d'ouvrir la porte

de la salle pour renouveler l'air... J'entendis:

[30]«Reconnaissez-vous avoir, le 20 de ce mois, participé à

l'assassinat du sacrificateur Ulmet Élias?»

Puis quelques paroles inintelligibles.

Contes Français · 第 203 / 396 题