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«Refermez la porte, Madoc, dit la voix du bailli...

refermez la porte... Madame est souffrante...»

Je n'entendis plus rien.

La tête appuyée sur la rampe, une grande résolution

[5]se débattait alors en moi.

«Je puis sauver mes camarades, me disais-je; Dieu vient

de m'indiquer le moyen de les rendre à leurs familles...

Si la peur me fait reculer devant un tel devoir, c'est moi

qui les aurai assassinés... Mon repos, mon honneur,

[10]seront perdus à jamais... Je me jugerai le plus lâche...

le plus vil des misérables!»

Longtemps j'hésitai; mais tout à coup ma résolution

fut prise... Je descendis et je pénétrai dans la cuisine.

«N'avez-vous jamais vu cette montre, disait le bailli à

[15]dame Grédel; recueillez bien vos souvenirs, madame.»

Sans attendre la réponse, je m'avançai dans la salle, et,

d'une voix ferme, je répondis:

«Cette montre, monsieur le bailli... je l'ai vue entre

les mains de l'assassin lui-même... Je la reconnais...

[20]Et quant à l'assassin, je puis vous le livrer ce soir, si vous

daignez m'entendre.»

Un silence profond s'établit autour de moi; tous les

assistants se regardaient l'un l'autre avec stupeur; mes

pauvres camarades parurent se ranimer.

[25]«Qui êtes-vous, monsieur? me demanda le bailli revenu

de son émotion.

--Je suis le compagnon de ces infortunés, et je n'en ai

pas honte, car tous, monsieur le bailli, tous, quoique

pauvres, sont d'honnêtes gens... Pas un d'entre eux

[30]n'est capable de commettre les crimes qu'on leur

impute.»

Contes Français · 第 204 / 396 题