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nous entendîmes le cliquetis des verres et des fourchettes

...Je distinguai la voix du vieux Brêmer et de ses deux

fils, Ludwig et Karl.

«Ma foi, dis-je à Wilfrid, avant de sortir, nous ne ferions

[5]pas mal de boire un bon coup.»

En même temps je poussai la porte de la salle. Toute

notre société était là, les violons, les cors de chasse

suspendus à la muraille; la harpe dans un coin. Nous fûmes

accueillis par des cris joyeux. On s'empressa de nous

[10]faire place à table.

«Hé! disait le vieux Brêmer, bonne journée, camarades

Du vent... de la neige... Toutes les brasseries

seront pleines de monde; chaque flocon qui tourbillonne

dans l'air est un florin qui nous tombera dans la poche!»

[15]J'aperçus ma petite Annette, fraîche, dégourdie, me

souriant des yeux et des lèvres avec amour. Cette vue

me ranima... Les meilleures tranches de jambon étaient

pour moi, et chaque fois qu'elle venait déposer une cruche

à ma droite, sa douce main s'appuyait avec expression sur

[20]mon épaule.

Oh! que mon coeur sautillait, en songeant aux marrons

que nous avions croqués la veille ensemble! Pourtant,

la figure pâle du meurtrier passait de temps en temps

devant mes yeux et me faisait tressaillir... Je regardais

[25]Wilfrid, il était tout méditatif. Enfin, au coup de huit

heures, notre troupe allait partir, lorsque la porte s'ouvrit,

et que trois escogriffes, la face plombée, les yeux brillants

comme des rats, le chapeau déformé, suivis de plusieurs

autres de la même espèce, se présentèrent sur le seuil.

[30]L'un d'eux, au nez long, un énorme gourdin suspendu au

poignet, s'avança en s'écriant:

«Vos papiers, messieurs?»

Contes Français · 第 191 / 396 题