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Chacun s'empressa de satisfaire à sa demande. Malheureusement

Wilfrid, gui se trouvait debout auprès du

Poêle, fut pris d'un tremblement subit, et comme l'agent

de police, à l'oeil exercé, suspendait sa lecture pour

[5]l'observer d'un regard équivoque, il eut la funeste idée de

faire glisser la montre dans sa botte, mais, avant

qu'elle eût atteint sa destination, l'agent de police frappait

sur la cuisse de mon camarade et s'écriait d'un ton

goguenard:

[10]«Hé, hé! il parait que ceci nous gêne?»

Alors Wilfrid tomba en faiblesse, à la grande stupéfaction

de tout le monde, il s'affaissa sur un banc, pâle comme

la mort, et Madoc, le chef de la police, sans gêne, ouvrit

son pantalon et en retira la montre avec un méchant éclat

[15]de rire... Mais à peine l'eut-il regardée, qu'il devint

grave, et se tournant vers ses agents:

«Que personne ne sorte! s'écria-t-il d'une voix terrible.

Nous tenons la bande... Voici la montre du doyen Daniel

Van den Berg... Attention... Les menottes!»

[20]Ce cri nous traversa jusqu'à la moelle des os. Il se fit

un tumulte épouvantable... Moi, nous sentant perdus,

je me glissai sous le banc, près du mur, et comme on enchaînait

le pauvre vieux Brêmer, ses fils Heinrich et Wilfrid,

qui sanglotaient et protestaient... je sentis une

[25]petite main me passer sur le cou.. la douce main d'Annette,

où j'imprimai mes lèvres pour dernier adieu...

Mais elle me prit par l'oreille, m'attira doucement...

doucement... Je vis la porte du cellier ouverte sous un

bout de la table... Je m'y laissai glisser... La porte se

[30]referma!

Ce fut l'affaire d'une seconde, au milieu de la bagarre.

Contes Français · 第 192 / 396 题