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--Sans doute.»

Et je lui fis voir mon livret.

«Bon, le mien est là... Je l'ai fait viser avant de partir

...Mais c'est égal, tous ces meurtres ne nous annoncent

[5]rien de bon... Je crains que nous ne fassions pas nos

affaires ici... Bien des familles sont dans le deuil... et

d'ailleurs les ennuis, les inquiétudes...

--Bah! tu vois tout en noir,» lui dis-je.

Nous continuâmes à causer de ces événements étranges

[10]jusque passé minuit. Le feu de notre petit poêle éclairait

toute la chambre. De temps en temps une souris attirée

par la chaleur glissait comme une flèche le long du mur.

On entendait le vent s'engouffrer dans les hautes cheminées

et balayer la poussière de neige des gouttières. Je songeais

[15]à Annette. Le silence s'était rétabli.

Tout à coup Wilfrid, ôtant sa veste, s'écria:

«Il est temps de dormir... Mets encore une bûche au

fourneau et couchons-nous.

--Oui, c'est ce que nous avons de mieux à faire.»

[20]Ce disant, je tirai mes bottes, et deux minutes après

nous étions étendus sur la paillasse, la couverture tirée

jusqu'au menton, un gros rondin sous la tête pour oreiller.

Wilfrid ne tarda point à s'endormir. La lumière du petit

poêle allait et venait... Le vent redoublait au dehors...

[25]et, tout en rêvant, je m'endormis à mon tour comme un

bienheureux.

Vers deux heures du matin je fus éveillé par un bruit

inexplicable; je crus d'abord que c'était un chat courant

sur les gouttières; mais ayant mis l'oreille contre les

[30]bardeaux, mon incertitude ne fut pas longue: quelqu'un

marchait sur le toit.

Je poussai Wilfrid du coude pour l'éveiller.

Contes Français · 第 186 / 396 题