CHAPITRE VII

«La Ballade de l'épouse d'Asan-Aga.»

§ 1. Analyse du poème.--§ 2. Traductions étrangères: en Allemagne; en

Angleterre; en France; autres traductions.--§ 3. La traduction de

Mérimée. Conclusion.

La _Triste ballade de la noble épouse d'Asan-Aga_ est la seule pièce

authentique qui se trouve dans la première édition de _la Guzla_. Elle y

occupe la dernière place[692], et c'est aussi par elle que nous finirons

cette partie de notre étude.

Nous avons dit comment, en 1774, l'Italien Fortis révéla à l'Europe

littéraire ce poème «morlaque» destiné à devenir célèbre[693]. Nous

n'avons pas cru devoir mentionner ici la longue série--toute une

bibliothèque--des travaux spéciaux qui furent consacrés,

particulièrement en Allemagne, à ce petit chef-d'oeuvre de

quatre-vingt-onze vers[694]. Nous avons voulu, dans les pages qui

suivent, donner seulement une interprétation en partie nouvelle de cette

ballade; tracer à un point de vue purement bibliographique la fortune de

_l'Épouse d'Asan-Aga_ en France et Angleterre, dans ces deux pays

surtout, car en Allemagne et dans les pays slaves cette question a

provoqué déjà bien des curiosités et la bibliographie des travaux qui la

concernent est presque complète. Pour l'Angleterre et la France elle

était encore à faire; nous nous sommes efforcés de combler cette lacune.

Nous terminerons, enfin, par une étude détaillée de la version de

Mérimée, étude qui ne sera pas, croyons-nous, sans intérêt ni sans

utilité à qui veut connaître jusqu'à quel point l'auteur de _la Guzla_

sut être un traducteur consciencieux.

§ 1

"La Guzla" de Prosper Mérimée · 第 84 / 231 题