=Stagnant, ante=, qui ne coule point: eau stagnante.—Stagnation,
s. f., état de ce qui ne coule point et au figuré, _stagnation
des affaires_, affaires de commerce qui languissent, qui sont
suspendues.—Dans ces deux mots, _gn_ se prononce dur.
=Staminet=, s. m., cabaret; écrivez et prononcez _estaminet_: _les
estaminets de Bruxelles sont élégants_.
=Stathouder=, s. m., chef de l'ancienne république de Hollande;
prononcez _stade-houdère_ ou _stade-oudère_.
=Statue=, s. f.: écrivez et prononcez _statu_ et non _estatue_. Voyez
_ée, ie, oue, ue_.
=Steam-boat=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stime-bote_.
=Steamer=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stimère_ ou _stémère_.
=Steeple-chase=, s. f., mot anglais, course à cheval faite à travers
des obstacles: prononcez _stipel-tchèsse_.
=Stentor=, s. m., nom d'un guerrier grec au siége de Troie, et dont la
voix, dit-on, faisait seule plus d'effet que celle de cinquante hommes:
_il a une voix de stentor_; ne dites pas _une voix de centaure_.
L'Académie écrit _stentor_ avec une petite _s_.
=Sterling=, s. m., monnaie d'Angleterre; il ne se dit point seul et il
est invariable: _cinquante livres sterling_;—la _livre sterling_ vaut
vingt-cinq francs;—prononcez _sterlain_.
=Stigmate=, s. masculin, marque que laisse une plaie, cicatrice: _il
porte les stigmates de la petite vérole_.—_Stigmatiser_, v. a.,
marquer avec un fer rouge, etc.: le _g_ se prononce dur dans ces
mots.—On écrit aussi, mais rarement, _stygmate, stygmatiser_.
=Stockfisch=, s. masculin, sorte de morue salée et séchée à l'air; on
prononce et l'on écrit aussi _stokfiche_.
=Store=, s. m., sorte de rideau qui se lève et se baisse; ce mot est
masculin: _des stores élégants_.
=Stras=, s. m., composition qui imite le diamant; prononcez _strâce_:
on n'écrit pas _strasse_.
=Strict, icte=, adj., étroit, resserré, sévère: on prononce le _c_ et
le _t_ final: _strik'te_. Voyez _finales_, _q_ et _t_.
=Subitement=, adv.—Dites, _cet homme est mort subitement_ et non,
_est mort subite_.
=Subjonctif=, s. m., mode verbal.—C'est une faute d'employer le
_présent_ pour l'_imparfait_ du subjonctif: _il faudrait que je
retourne à pied_; dites, _il faudrait que je retournasse à pied_.—Sans
doute, beaucoup de personnes se servent de cette tournure pour éviter
les formes disgracieuses de certains imparfaits du subjonctifs,
terminés en _asse, insse_, etc.—Quoi qu'il en soit de cette raison
d'euphonie, elle ne nous paraît pas suffisante pour se dispenser des
règles touchant la concordance des temps du subjonctif avec ceux de
l'indicatif; au surplus, dans les cas où l'oreille serait affectée
d'une manière désagréable, nous conseillons de faire disparaître le
subjonctif en recourant à un autre tour de phrase; ainsi au lieu de
dire, _il faudrait que je retournasse à pied_, dites simplement, _il me
faudrait retourner à pied_.—Voyez _conditionnel_ et _imparfait_.
=Subsister=, _subsistance, subside, subséquent_: prononcez _subcister,
subcistance, subcide, subcéquent_ et non _subzister, subzistance,
subzide, subzéquent_.
=Substance=, _substantiel, substituer_, etc.; faites sentir l'_s_ qui
suit le _b_: _subs'tance_ et non _subtance_.
=Substanter=, v. a., entretenir la vie au moyen des aliments: ce
mot n'est pas français; dites _sustenter_: _il n'a pas de quoi se
sustenter_.
=Subtiliser=, v. a., tromper, attraper: ce mot est français: _c'est un
voleur qui en subtilise un autre_.
=Subvenir=, v. n., secourir, soulager: dans ses temps composés il prend
toujours l'auxiliaire avoir: _on a subvenu à ses besoins_.
=Sucandi=, n'est pas français; dites, _sucre candi_.
=Succade=, n'est pas français; dites, _sucrerie_: _cet enfant est
malade parce qu'il mange trop de sucrerie_, et non, _trop de succades_.
=Succession=, s. f.—Prononcez _suk-cession_ et non _su-cession_.
=Succès=, s. m., réussite, avantage, prononcez _sukcè_ (_è_ long).
=Succinct, incte=, adj., =succinctement=, adv.—On fait sentir les
deux premiers _c_, en séparant les syllabes _suc-cinct_, mais le
dernier _c_ est nul;—le _t_ de _succinct_ se prononce.
=Succomber=, v. n.—Il prend toujours _avoir_ dans ses temps composés:
_il a succombé glorieusement_.
2. On dit _succomber sous_, lorsque le complément est représenté comme
un poids qui nous accable, qui nous fait ployer: _succomber sous le
poids, sous le faix, sous le travail_. (Acad.)
3. On dit _succomber à_, pour signifier, céder à, se laisser aller à:
_succomber à la douleur, à la tentation_. (Idem.)
=Sucre=, s. m., suc très-doux qu'on tire de la canne à sucre, de la
betterave: prononcez _sucre_ et non _suc_ ni _sukère_.
2. Ne dites pas _du sucre andi_ pour signifier du sucre dépuré,
cristallisé; dites, _du sucre candi_.
=Sucrer=, v. a.—On sucre l'eau, le lait, le café, les fraises, mais
on ne se sucre pas soi-même; vous ne direz donc pas à vos convives:
_sucrez-vous, êtes-vous sucré_, mais, _sucrez votre café, votre thé_,
etc.; _votre café, votre thé est-il sucré, avez-vous pris du sucre_,
etc.
=Suer=, v. n.—Ne dites pas, _faites suer le linge au soleil_; dites
_faites sécher..._—Prononcez _suer_ et non _su-wer_.
=Sueur=, s. f., liquide qui sort des pores: prononcez _sueur_ (_ueu_
diphth.) et non, _su-eur_ ni _su-weur_.
=Suffisant, ante=, part. et adj. verb.—_Assez suffisant_ est un
pléonasme vicieux; dites donc, _vos raisons sont suffisantes_, et non
_assez suffisantes_.—Prononcez _suffizant_ et non _suffissant_.
=Suggérer=, v. a., insinuer, inspirer: prononcez _sugh'gérer_ (le
premier _g_ est dur).
=Suggestion=, s. f., instigation: prononcez _sugh'jesthion_ (le premier
_g_ est dur et _ti_ se prononce comme dans _question_); ne prononcez
pas _suggécion_.
=Suicider= (=se=), v. pr., se tuer, se donner la mort.—L'Académie
n'a pas admis ce mot, attendu qu'il présente étymologiquement, un
pléonasme ridicule; mais l'usage n'a pas tenu compte de l'arrêt de la
cour suprême ni des prescriptions du bon sens; et cette expression est
aujourd'hui généralement reçue malgré les lamentations de quelques
grammairiens boudeurs.
=Suicidé=, qui s'est donné la mort.—Ce mot n'est pas français; il
faut dire _suicide_: _autrefois le corps des suicides était traîné
sur la claie_.—Prononcez _suicide, suicider_ (_ui_ diphth.) et non
_su-wicide, su-wicider_.—Voyez _ue_.
=Suie=, s. f., =Suif=, s. m.—La _suie_ est une matière noire qui
s'attache à l'intérieur de la cheminée.—Le _suif_ est la graisse de
mouton ou de bœuf dont on se sert pour faire la chandelle: _chandelle
de suif_; _de la suie de cheminée_ et non _du suif_ ni _du soufre de
cheminée_.—Prononcez _sui, suif_ (_ui_ diphth.) et non _soui, souif_.
=Suite=, s. f.—_De suite, tout de suite_.—_De suite_, loc. adv.,
l'un après l'autre, sans interruption: _faites-les marcher de suite;
j'ai reçu vingt visites de suite; il ne saurait dire deux mots de
suite_. Il se dit encore de l'ordre dans lequel les choses doivent
être rangées: _ces livres, ces médailles ne sont pas de suite;
mettez-les, rangez-les bien de suite_.—_Tout de suite_, autre loc.
adv., signifiant sur-le-champ, aussitôt, sans délai: _il faut que les
enfants obéissent tout de suite; il faut aller chercher tout de suite
le médecin_.—La différence entre le sens de ces deux locutions n'est
pas tellement marquée qu'on ne puisse, dans beaucoup de circonstances,
les prendre l'une pour l'autre. En effet, combien de phrases où _sans
délai_ et _sans interruption_ présentent absolument le même résultat!
C'est ce que reconnaît très-bien l'Académie:—_tout de suite_,
dit-elle, signifie aussi _sans interruption_: _il but trois rasades
tout de suite; il a couru vingt postes tout de suite_. Dans ce sens,
ajoute-t-elle, souvent on dit simplement de suite.—Quoi qu'il
en soit, il vaut mieux ne pas confondre ces deux locutions et leur
conserver leur signification propre; la clarté du langage n'a qu'à y
gagner.