2. _St_ (_terminaisons en_): voyez _t_.

=Stagnant, ante=, qui ne coule point: eau stagnante.—Stagnation,

s. f., état de ce qui ne coule point et au figuré, _stagnation

des affaires_, affaires de commerce qui languissent, qui sont

suspendues.—Dans ces deux mots, _gn_ se prononce dur.

=Staminet=, s. m., cabaret; écrivez et prononcez _estaminet_: _les

estaminets de Bruxelles sont élégants_.

=Stathouder=, s. m., chef de l'ancienne république de Hollande;

prononcez _stade-houdère_ ou _stade-oudère_.

=Statue=, s. f.: écrivez et prononcez _statu_ et non _estatue_. Voyez

_ée, ie, oue, ue_.

=Steam-boat=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stime-bote_.

=Steamer=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stimère_ ou _stémère_.

=Steeple-chase=, s. f., mot anglais, course à cheval faite à travers

des obstacles: prononcez _stipel-tchèsse_.

=Stentor=, s. m., nom d'un guerrier grec au siége de Troie, et dont la

voix, dit-on, faisait seule plus d'effet que celle de cinquante hommes:

_il a une voix de stentor_; ne dites pas _une voix de centaure_.

L'Académie écrit _stentor_ avec une petite _s_.

=Sterling=, s. m., monnaie d'Angleterre; il ne se dit point seul et il

est invariable: _cinquante livres sterling_;—la _livre sterling_ vaut

vingt-cinq francs;—prononcez _sterlain_.

=Stigmate=, s. masculin, marque que laisse une plaie, cicatrice: _il

porte les stigmates de la petite vérole_.—_Stigmatiser_, v. a.,

marquer avec un fer rouge, etc.: le _g_ se prononce dur dans ces

mots.—On écrit aussi, mais rarement, _stygmate, stygmatiser_.

=Stockfisch=, s. masculin, sorte de morue salée et séchée à l'air; on

prononce et l'on écrit aussi _stokfiche_.

=Store=, s. m., sorte de rideau qui se lève et se baisse; ce mot est

masculin: _des stores élégants_.

=Stras=, s. m., composition qui imite le diamant; prononcez _strâce_:

on n'écrit pas _strasse_.

=Strict, icte=, adj., étroit, resserré, sévère: on prononce le _c_ et

le _t_ final: _strik'te_. Voyez _finales_, _q_ et _t_.

=Subitement=, adv.—Dites, _cet homme est mort subitement_ et non,

_est mort subite_.

=Subjonctif=, s. m., mode verbal.—C'est une faute d'employer le

_présent_ pour l'_imparfait_ du subjonctif: _il faudrait que je

retourne à pied_; dites, _il faudrait que je retournasse à pied_.—Sans

doute, beaucoup de personnes se servent de cette tournure pour éviter

les formes disgracieuses de certains imparfaits du subjonctifs,

terminés en _asse, insse_, etc.—Quoi qu'il en soit de cette raison

d'euphonie, elle ne nous paraît pas suffisante pour se dispenser des

règles touchant la concordance des temps du subjonctif avec ceux de

l'indicatif; au surplus, dans les cas où l'oreille serait affectée

d'une manière désagréable, nous conseillons de faire disparaître le

subjonctif en recourant à un autre tour de phrase; ainsi au lieu de

dire, _il faudrait que je retournasse à pied_, dites simplement, _il me

faudrait retourner à pied_.—Voyez _conditionnel_ et _imparfait_.

=Subsister=, _subsistance, subside, subséquent_: prononcez _subcister,

subcistance, subcide, subcéquent_ et non _subzister, subzistance,

subzide, subzéquent_.

=Substance=, _substantiel, substituer_, etc.; faites sentir l'_s_ qui

suit le _b_: _subs'tance_ et non _subtance_.

=Substanter=, v. a., entretenir la vie au moyen des aliments: ce

mot n'est pas français; dites _sustenter_: _il n'a pas de quoi se

sustenter_.

=Subtiliser=, v. a., tromper, attraper: ce mot est français: _c'est un

voleur qui en subtilise un autre_.

=Subvenir=, v. n., secourir, soulager: dans ses temps composés il prend

toujours l'auxiliaire avoir: _on a subvenu à ses besoins_.

=Sucandi=, n'est pas français; dites, _sucre candi_.

=Succade=, n'est pas français; dites, _sucrerie_: _cet enfant est

malade parce qu'il mange trop de sucrerie_, et non, _trop de succades_.

=Succession=, s. f.—Prononcez _suk-cession_ et non _su-cession_.

=Succès=, s. m., réussite, avantage, prononcez _sukcè_ (_è_ long).

=Succinct, incte=, adj., =succinctement=, adv.—On fait sentir les

deux premiers _c_, en séparant les syllabes _suc-cinct_, mais le

dernier _c_ est nul;—le _t_ de _succinct_ se prononce.

=Succomber=, v. n.—Il prend toujours _avoir_ dans ses temps composés:

_il a succombé glorieusement_.

2. On dit _succomber sous_, lorsque le complément est représenté comme

un poids qui nous accable, qui nous fait ployer: _succomber sous le

poids, sous le faix, sous le travail_. (Acad.)

3. On dit _succomber à_, pour signifier, céder à, se laisser aller à:

_succomber à la douleur, à la tentation_. (Idem.)

=Sucre=, s. m., suc très-doux qu'on tire de la canne à sucre, de la

betterave: prononcez _sucre_ et non _suc_ ni _sukère_.

2. Ne dites pas _du sucre andi_ pour signifier du sucre dépuré,

cristallisé; dites, _du sucre candi_.

=Sucrer=, v. a.—On sucre l'eau, le lait, le café, les fraises, mais

on ne se sucre pas soi-même; vous ne direz donc pas à vos convives:

_sucrez-vous, êtes-vous sucré_, mais, _sucrez votre café, votre thé_,

etc.; _votre café, votre thé est-il sucré, avez-vous pris du sucre_,

etc.

=Suer=, v. n.—Ne dites pas, _faites suer le linge au soleil_; dites

_faites sécher..._—Prononcez _suer_ et non _su-wer_.

=Sueur=, s. f., liquide qui sort des pores: prononcez _sueur_ (_ueu_

diphth.) et non, _su-eur_ ni _su-weur_.

=Suffisant, ante=, part. et adj. verb.—_Assez suffisant_ est un

pléonasme vicieux; dites donc, _vos raisons sont suffisantes_, et non

_assez suffisantes_.—Prononcez _suffizant_ et non _suffissant_.

=Suggérer=, v. a., insinuer, inspirer: prononcez _sugh'gérer_ (le

premier _g_ est dur).

=Suggestion=, s. f., instigation: prononcez _sugh'jesthion_ (le premier

_g_ est dur et _ti_ se prononce comme dans _question_); ne prononcez

pas _suggécion_.

=Suicider= (=se=), v. pr., se tuer, se donner la mort.—L'Académie

n'a pas admis ce mot, attendu qu'il présente étymologiquement, un

pléonasme ridicule; mais l'usage n'a pas tenu compte de l'arrêt de la

cour suprême ni des prescriptions du bon sens; et cette expression est

aujourd'hui généralement reçue malgré les lamentations de quelques

grammairiens boudeurs.

=Suicidé=, qui s'est donné la mort.—Ce mot n'est pas français; il

faut dire _suicide_: _autrefois le corps des suicides était traîné

sur la claie_.—Prononcez _suicide, suicider_ (_ui_ diphth.) et non

_su-wicide, su-wicider_.—Voyez _ue_.

=Suie=, s. f., =Suif=, s. m.—La _suie_ est une matière noire qui

s'attache à l'intérieur de la cheminée.—Le _suif_ est la graisse de

mouton ou de bœuf dont on se sert pour faire la chandelle: _chandelle

de suif_; _de la suie de cheminée_ et non _du suif_ ni _du soufre de

cheminée_.—Prononcez _sui, suif_ (_ui_ diphth.) et non _soui, souif_.

=Suite=, s. f.—_De suite, tout de suite_.—_De suite_, loc. adv.,

l'un après l'autre, sans interruption: _faites-les marcher de suite;

j'ai reçu vingt visites de suite; il ne saurait dire deux mots de

suite_. Il se dit encore de l'ordre dans lequel les choses doivent

être rangées: _ces livres, ces médailles ne sont pas de suite;

mettez-les, rangez-les bien de suite_.—_Tout de suite_, autre loc.

adv., signifiant sur-le-champ, aussitôt, sans délai: _il faut que les

enfants obéissent tout de suite; il faut aller chercher tout de suite

le médecin_.—La différence entre le sens de ces deux locutions n'est

pas tellement marquée qu'on ne puisse, dans beaucoup de circonstances,

les prendre l'une pour l'autre. En effet, combien de phrases où _sans

délai_ et _sans interruption_ présentent absolument le même résultat!

C'est ce que reconnaît très-bien l'Académie:—_tout de suite_,

dit-elle, signifie aussi _sans interruption_: _il but trois rasades

tout de suite; il a couru vingt postes tout de suite_. Dans ce sens,

ajoute-t-elle, souvent on dit simplement de suite.—Quoi qu'il

en soit, il vaut mieux ne pas confondre ces deux locutions et leur

conserver leur signification propre; la clarté du langage n'a qu'à y

gagner.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 143 / 164 题