4. _Son, sa, ses_, remplacés par le pronom _en_: voyez _en_.

=Sonate=, s. f., pièce de musique instrumentale; ne dites pas _sonade_.

=Songer=, v. n.—Ne dites pas: _j'ai songé de lui mille choses

désagréables_; dites, _j'ai pensé de lui mille choses désagréables_.

2. Ne dites pas: _j'ai songé de vos commissions_ ou _songé de faire

la commission_; dites, _j'ai songé à vos commissions, à faire votre

commission_:—_songer quelque chose_ ou _de quelque chose_, c'est

_rêver quelque chose_ ou _de quelque chose_.

=Sonnant=, part. prés., du verbe _sonner_.—Il est adjectif verbal,

lorsqu'il se dit d'un objet qui rend un son clair et distinct: _de

l'étain sonnant, airain sonnant_.—Il est aussi adjectif dans les

locutions _horloge, montre sonnante, espèces sonnantes_ (monnaies d'or

ou d'argent); _à l'heure sonnante; arriver à sept heures sonnantes; à

midi sonnant_, etc.:—et dans cette phrase du langage théologique,

_propositions mal sonnantes_, qu'on écrit aussi, _propositions

malsonnantes_, en un seul mot.

=Sonner=, v. n. et v. a.—Quand il a pour sujet un mot qui désigne

l'heure, il prend l'auxiliaire _être_: on dit _minuit est sonné, midi

est sonné, huit heures sont sonnées_, et non _minuit a sonné, midi a

sonné, huit heures ont sonné_.—On dit aussi, _la messe est sonnée,

les vêpres sont sonnées_.

2. Ne dites pas, _on sonne à messe, à vêpres_; dites, _on sonne la

messe, les vêpres_.

3. Ne dites pas, _sonner à mort_, mais _sonner pour un mort_;—ni

_sonner une transe, une agonie_, mais _sonner le glas, un glas_.—Voyez

_transe_.

4. On dit _sonner du cor, de la trompette_ et _jouer du cor, de la

trompette_.—Voyez _jouer_.

=Sont.=—Ne dites pas, _cinq et cinq sont dix_; dites, _... font dix_.

=Sor, Soret=, adj. m.: voyez _saure_.

=Sôrot= ou =Saurot=: cette orthographe est vicieuse; dites, _sarrot_ et

mieux _sarreau_.

=Sorte=, s. f.—Il est tout aussi incorrect de dire: _j'ai fait toute

sorte_ que de dire _j'ai fait toute espèce_; le sens n'est complet

qu'en ajoutant un des substantifs, _chose, marchandise, étoffe_, etc.;

il faut donc dire: _j'ai fait toutes sortes de choses_.

2. Ne dites pas: _il a fait si bien en sorte qu'il a réussi_; dites,

_il a si bien fait qu'il a réussi_.

3. _Toute sorte_ et _toute espèce_, se mettent indifféremment au

singulier et au pluriel, excepté lorsque le substantif qui suit ne

s'emploie pas au singulier: _nourrir toutes sortes de bêtes; souhaiter

toutes sortes de prospérités, toute sorte de bonheur à quelqu'un;

toute sorte de livres ne sont pas également bons; lire toute sorte

d'écriture; il ne faut pas se fier à toutes sortes de gens, à toutes

sortes de personnes; des marchandises de toute espèce_.—L'accord du

verbe ou de l'adjectif se fait, non pas avec _sorte, espèce_, mais avec

le substantif qui suit: _toute sorte de personnes sont_ (et non pas

_est_) _venues_; _une sorte de fruit qui est mûr_ (et non _mûre_) _en

hiver_.

=Sortir=, v. n., demande _avoir_ ou _être_, selon que le sens permet de

répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait_, ou

bien, _où est-il, qu'est-il devenu?_—_il a sorti_ (qu'a-t-il fait?)

_mais il vient de rentrer_; _il est sorti_ (où est-il? qu'est-il

devenu?) _mais il va rentrer_.

2. Ne dites pas, _il est sorti hors de la chambre, hors de la ville_;

dites, _il est sorti de la chambre, de la ville_.

3. Ne dites pas, _sortez dehors_ ou _hors d'ici_; dites simplement

_sortez d'ici_.

4. On dit très-bien, _sortir d'entendre la messe, sortir de dîner_,

etc., dans le sens de sortir du lieu où l'on a entendu la messe, où

l'on a fait le dîner. (Acad.) Mais on ne peut pas dire: _je sors de

faire telle chose, je sors d'être malade_; il faut dire, _je viens de

faire telle chose, je viens d'être malade_.

5. Ne prononcez pas, _je sors z'avec vous_; prononcez, _je sor avec

vous_.

6. Ne dites pas, _sortez votre casquette et dites bonsoir_; dites,

_ôtez votre casquette..._

7. Ne dites pas, _connaissez-vous le nouveau règlement qui vient de

sortir?_ dites, _qui vient de paraître_.

8. _Sortir_ s'emploie aussi comme verbe actif dans quelques phrases du

style familier où il signifie, _faire sortir, tirer_:—_il est temps

de sortir les orangers de la serre; sortez ce cheval de l'écurie;

sortez la voiture de la remise; on l'a sorti d'une affaire fâcheuse_.

(Acad.)

9. _Sortir_, v. a. et déf., usité en terme de jurisprudence; il

signifie, _obtenir, avoir_:—_cette sentence sortira son plein et

entier effet dans quinze jours_.—Dans ce sens, _sortir_ se conjugue

comme _finir_, mais il n'est usité qu'à la 3e personne: _il sortit,

ils sortissent; il sortissait, ils sortissaient_; subj. prés., _qu'il

sortisse, qu'ils sortissent_; part. prés., _sortissant_.

=Sot, Sotte=, adj.—On ne prononce le _t_ de _sot_ que lorsqu'il est

suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _un sot

enfant_ (_so-t'enfant_), _un sot_ (_so_) _personnage_; _c'est un sot_

(_so_).

2. Dites d'un homme qui est tombé en démence, _qu'il est devenu fou_ et

non, _qu'il est devenu sot_.

=Sottise=, s. f., signifie aussi _injure_: _il m'a dit des_ ou _cent

sottises_ (_injures_). Cette expression pourtant paraît être de mauvais

ton.

=Soucier= (=se=), signifie s'inquiéter, s'intéresser, faire cas, etc.:

_de quoi vous souciez-vous?_—Ainsi lorsqu'on veut exprimer une idée

d'indifférence, d'insouciance, de mépris, il faut accompagner le

verbe _se soucier_ de la négation: _je ne me soucie pas_ (et non _je

me soucie_) _de cet homme-là_; _je ne me soucie pas_ (et non _je me

soucie_) _qu'il vienne_; _je ne me soucie pas_ (et non _je me soucie_)

_de ce que l'on dit de moi_; _faites tout ce qu'il vous plaira, je ne

m'en soucie guère_ (et non _je m'en soucie_).—On peut cependant dire

ironiquement: _je me soucie bien de cet homme-là; qu'ai-je besoin de

lui?_

=Soucoupe=, s. f., espèce de petite assiette de porcelaine, de

faïence, etc., qui se place sous une tasse ou sous un gobelet de

même matière, propre à prendre du café, du chocolat, etc.: _verser

son café dans la soucoupe; la tasse et la soucoupe sont d'ancienne

porcelaine_.—_Soutasse_ n'est pas français.

=Souffler, Siffler.=—Il existe entre ces deux verbes la même

différence qu'entre les substantifs _souffle_ et _sifflet_: _le vent

lui soufflait au nez; ce soufflet est troué, il ne souffle plus;

siffler pour faire boire un cheval; le vent siffle dans la serrure; il

entendait les balles qui lui sifflaient à l'oreille; cet acteur à été

sifflé_.

=Souguenille=, s. f., long surtout de grosse toile: écrivez et

prononcez _souquenille_.

=Souhaiter=, v. a.—Devant un infinitif, il est suivi ou non de la

préposition _de_: _souhaiter d'avoir un emploi; je souhaiterais

pouvoir vous obliger_.

=Soûl=, adj., au fém. _soûle_.—On écrit plus rarement _saoul,

saoule_; on prononce _soû, soûle_, en ne faisant sentir l'_l_ qu'au

féminin.

2. Dans le sens de _ivre_, il est bas et de mauvais goût. Voyez

_saoul_.

=Soûlée=, employé substantivement dans le sens _d'ivrogne_, n'est pas

français; _mon voisin est un ivrogne_ et non _une soûlée_.—On dit

cependant, mais populairement, _soûlard, arde_, et _soûlaud, aude_.

Voyez _saoul_.

=Soûler=, rassasier avec excès, enivrer; on écrit plus rarement

_saouler_.—Ce terme est bas.

=Soulier=, s. m., chaussure; l'_l_ ne se mouille pas: _sou-lié_ et non

_souil-lié_ ni _souyié_.

=Soupe=, s. f.—Ne dites pas: _je vous invite à la soupe, à manger la

soupe_; dites _je vous invite à dîner_. (Popul.)

=Souper=, s. m.: on écrit aussi _soupé_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 141 / 164 题