=Sembler=, v. n.—Ne dites pas: _vous semblez un gouverneur_; dites,
_vous avez l'air d'un gouverneur_.
=Semer=, _semeur, semence, semis, semoir_:—prononcez _se_ et non _sè_.
2. =Semer, Ensemencer.=—_Semer_ a rapport au grain:—_ensemencer_ a
rapport à la terre; _on sème le blé, on ensemence le champ_.
=Semestre=, s. m., espace de six mois consécutifs; prononcez _semestre_
et non _sémestre_ ni _semesse_ ni _semestère_.
=Semi=, mot tiré du latin et qui signifie _demi_; il ne s'emploie
que devant un autre mot auquel on le joint par un trait d'union et
il ne prend jamais la marque du pluriel: _des semi-tons, des fleurs
semi-doubles_.—Écrivez et prononcez _semi_ et non _sémi_ ni _sèmi_.
=Séminariste=, s. m., élève d'un séminaire;—le _séminaire_ est
l'établissement ecclésiastique lui-même; ne dites donc pas:
_j'ai rencontré deux séminaires sur le marché_; dites, _deux
séminaristes_.—Prononcez _séminaris-te_ et non _séminarisse_.
=Semoule=, s. f., pâte de farine très-fine; d'après l'Académie, on doit
prononcer _semouille_.—N'écrivez pas _semouille_.
=Sempiternel, nelle=, adj., perpétuel; prononcez _sainpiternel_. (Acad.)
=Sénatus-consulte=, s. masculin, décision du sénat: _un
sénatus-consulte_; le pluriel est _sénatus-consultes_.—Prononcez
_sénatuce-consul-te_ (et non _sénatuce-consule_.)
=Senor=, s. m., seigneur, monsieur;—_senora_, madame;—prononcez
_sègnore, sègnora_ comme dans _seigneur, enseigner_.
=Sens=, s. m.—On fait sentir l'_s_ finale, lorsque après ce mot on
peut faire une pause, et elle devient nulle si la pause est impossible:
_mettez cette table de ce sens-là_ (_san-là_); _c'est un sot qui n'a
pas le sens_ (_san_) _commun_; _à mon sens_ (_sance_).
2. _Sens dessus dessous_, loc. adv., qui se dit en parlant de la
situation d'un objet tourné de manière que ce qui devrait être dessus
ou en haut se trouve dessous ou en bas: _renverser un objet sens
dessus dessous_.—Il se dit aussi familièrement de ce qui est dans un
grand désordre et tout bouleversé: _tous mes papiers sont sens dessus
dessous; ma bibliothèque est sens dessus dessous_.—N'écrivez pas
_sans dessus dessous_.
3. _Sens devant derrière_, loc. adv., dont on se sert en parlant de
la situation d'un objet tourné de telle façon que ce qui devrait être
devant se trouve derrière: _elle a mis son bonnet sens devant derrière;
sa perruque est sens devant derrière_.—N'écrivez pas _sans devant
derrière_.
=Sensible=, adj., signifie qui est aisément ou vivement touché, mais
non, qui émeut.—Ne dites donc pas: _c'est un livre, c'est une pièce
très-sensible_; dites, _c'est un livre très-touchant, une pièce
très-touchante_.
=Sente=, s. f., sentier.—L'Académie donne ce mot et renvoye
au mot _sentier_; il ne paraît être d'usage que dans les
campements.—_Pied-sente_ n'est pas français; dites _sentier_.
=Senté-je=, expression barbare; dites _sens-je_ et mieux _est-ce que
je sens_, parce que _sens-je_ paraît dur.—Ne dites pas non plus
_dormé-je_, mais _est-ce que je dors_.
=Sentinelle=, est féminin: _la sentinelle, une sentinelle_;—quelques
poètes ont fait ce mot du masculin: _ces nombreux sentinelles_
(Delille): c'est une licence qu'il ne faut pas imiter.
=Sentir.=—Dites, _cette fleur sent bon_ et non, _sent bonne_:—ici
_bon_ est adverbe.
2. Ne dites pas: _ce couteau sent après l'oignon_; dites, _ce couteau
sent l'oignon_ (Fland.)—Voyez _puer_.
=Seoir=, v. n., être assis.—Il n'est plus guère en usage qu'au
participe présent _séant_ et au participe passé _sis, sise_ qui
signifie _situé, située_: _tribunal séant à Liége; maison sise dans la
rue Hors-Château_.—Cependant, on dit encore, en poésie et dans le
langage familier, _sieds-toi_ pour _assieds-toi_.
2. _Seoir_, v. n. être convenable à la personne, à la condition,
au lieu, au temps, etc.—Il n'est plus d'usage à l'infinitif et
n'a d'usitées que les formes suivantes: indic. prés., _il sied, ils
siéent_,—imp., _il seyait, ils seyaient_;—futur, _il siéra, ils
siéront_;—condit. prés., _il siérait, ils siéraient_;—part, prés.,
_seyant_: il n'a point de temps composés.—On l'emploie souvent comme
impersonnel: _il vous sied bien_ (il vous appartient bien) _de vouloir
réformer les autres_.
=Sept=, adj. num.—On ne prononce pas le _p_ dans _sept_ ni dans ses
composés _septième_ et _septièmement_; mais on le prononce dans tous
les autres: _septante, septembre, septenaire, septennal, septennalité,
septentrion, septentrional, septidi, septuagénaire, septuagésime,
septuple, septupler_, etc.—Quant au _t_ de _sept_, il ne se prononce
que lorsque ce mot est pris à part: _le nombre sept, ils étaient sept_,
ou lorsqu'il est suivi d'une voyelle on d'une _h_ muette: _sept amis,
sept hommes_.—Il faut ajouter à cette observation de l'Académie, que
le _t_ se prononce dans tous les cas lorsque le mot _sept_ est employé
substantivement: _le sept d'avril, le sept de trèfle; sept multiplié
par trois; un sept de chiffre_ ou simplement _un sept, le sept du mois_.
=Septante=, adj. num., _soixante-dix_.—Il n'est plus guère usité
qu'en Belgique et dans le midi de la France ainsi que dans le
style de mathématiques; on le remplace partout ailleurs par le mot
_soixante-dix_. Il en est de même de _nonante_; quant à _octante_ il
n'est plus du tout en usage.—Prononcez le _p_, _sep'tante_.
=Septennal, ale=, adj., qui arrive ou qui est renouvelé tous les
sept ans: _fête septennale_. On prononce le _p_ et les deux _nn_:
_sep'ten'nale_.
=Septier=, s. m., mesure de grains, de liquides; on écrit plus souvent
_setier_.—Prononcer _cetié_ et non _cètié_ ni _cetchié_.—Voyez _ti_
et _di_.
=Séquestrer, Séquestration=: prononcez _sékestrer, sékestration_.
=Sera.=—Ne dites pas: _sera lui qui aura la place, sera vous qui
partirez_; dites, _ce sera lui, ce sera vous qui..._ ou bien, s'il
s'agit d'une interrogation: _sera-ce lui..., sera-ce vous...?_
=Sérail=, s. m.; le pluriel est _sérails_.
=Serein, eine=, adj., qui est clair, doux, calme;—_serin_ (et non
_serein_), s. m., sorte d'oiseau chanteur.—Prononcez _se_ et non
_sè_.
=Sérénade, Aubade=, s. f.—Ils désignent l'un et l'autre un concert
de voix ou d'instruments donné dans la rue ou sous les fenêtres
de quelqu'un; la _sérénade_ se donne le soir et l'_aubade_ le
matin.—Prononcez _sérénade, aubade_ et non _sérénate, aubate_ ni
_sèrènade_; ne dites pas non plus _ombade_.
=Serf=, adj. s., espèce d'esclave: prononcez _serfe_;—le féminin est
_serve_ (ne prononcez pas _serfe_).—V. _cerf_.
=Sérincheur.=—Ne dites pas d'un mauvais musicien, _c'est un
sérincheur_; dites, _c'est un râcleur, un croque-note_.—(Les ouvriers
qu'on désigne sous le nom de _sérincheurs_, s'appellent _cardeurs_ en
français).
=Serre.=—N'employez pas ce mot dans le sens de _serrure_ ou de
_batterie_ de fusil, de pistolet.
=Serrer, Enserrer.=—_Serrer_ signifie étreindre, presser ou bien
mettre quelque chose dans un lieu où il ne soit exposé ni à être volé
ni à s'égarer ni à être gâté.—_Enserrer_ signifie mettre dans une
serre: _enserrer des orangers_.
2. _Serrer_, ne peut pas s'employer pour _fermer_; ne dites donc pas,
_serrez la porte, la fenêtre, le livre_, etc.; dites, _fermez la
porte_, etc.
3. _Serre-papier_, s. m., arrière-cabinet;—tablettes à compartiment
où l'on serre des papiers;—petit meuble pesant de marbre, de granit,
etc., qu'on met sur des papiers pour les tenir:—_presse-papiers_
n'est pas français.—Le pluriel s'écrit comme le singulier.
=Serrure=, s. f.—Ne dites pas, _laissez la porte sur la serrure_,
pour signifier ne pas la fermer entièrement; dites, _laissez la porte
entr'ouverte_, ou _laissez la porte tout contre_.—Prononcez _cèrure_.
=Serveur de messe=, _servant de messe_: ces mots ne sont pas français;
dites _enfant de chœur_.—V. _acolyte_.
=Service.=—Ne dites pas, _qu'y a-t-il de votre service?_ dites, _qu'y
a-t-il pour votre service_ ou _à votre service?_
2. Ne dites pas, _ce domestique n'est pas au service pour le moment_;
dites, _n'est pas en service_.—Mais lorsque _service_ est suivi d'un
complément, l'article est de rigueur: _être au service de quelqu'un; il
a été longtemps au service d'un tel_.
3. _Service_, employé d'une manière absolue, signifie _le service
militaire_: _il a vieilli au service_.
=Servir.=—_Servir à rien, servir de rien_.—Ce qui ne _sert à rien_
aujourd'hui, peut servir demain à quelque chose: _il a des talents qui
ne lui servent à rien_.—Ce qui ne _sert de rien_ ne peut jamais être
d'aucune utilité: _les murmures contre les décrets de la Providence ne
servent de rien; vous êtes aveugle, des lunettes ne vous servent de
rien_.