=Presbyte=, adj. et s.: voyez _myope_.
=Prescience=, s. f., connaissance de l'avenir: prononcez _press'ciance_
et non _pré-ciance_.
=Préséance=, s. f., droit de prendre place avant quelqu'un dans une
solennité:—prononcez l'_s_ dure, _précéance_.
=Président à la cour=, et =Président de la cour=.—Un _président
à la cour_ est un président d'une chambre de la cour; le _premier_
président d'une cour d'appel ou de cassation a seul le droit au titre
de _président de la cour_.
=Présider=, occuper la première place dans une assemblée, s'emploie
avec ou sans la préposition _à_: _présider une compagnie,
présider l'assemblée_, ou _présider à une compagnie, présider à
l'assemblée_.—On dit de même _présider un concours_ et _présider à un
concours_. (Acad.)
=Presque=, adv.:—L'_e_ ne s'élide que dans _presqu'île_: _un ouvrage
presque achevé_ (et non _presqu'achevé_),—cependant l'_e_ devant une
voyelle s'élide dans la prononciation.
=Pressez-vous vite=, _hâtez-vous vite, dépêchez-vous vite_, sont des
pléonasmes vicieux; dites simplement, _pressez-vous, hâtez-vous,
dépêchez-vous_.
=Présupposer=, _présupposition_: l'_s_ est dure dans ces mots.
=Prêt à=: voyez _près de_.
=Pretantaine=, s. f.—_Courir la pretantaine_, courir çà et là sans
sujet:—ne dites pas _prétentaine_ ni _pertaintaine_.
=Prétendûment=, adv.—Ce mot est hors d'usage; il faut le remplacer
par le participe _prétendu, due_ ou _soi-disant_: _on a vérifié
la pièce prétendue fausse_ et non _prétendûment fausse_; _un tel,
soi-disant docteur_.
=Prétendre.=—_Prétendre la première place_, c'est l'exiger comme
un droit; et _prétendre à la première place_, c'est y aspirer, c'est
travailler à l'obtenir.
=Prêter, Emprunter.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots:—_prêter_,
c'est _donner_ quelque chose à quelqu'un, lequel s'engage à vous le
rendre: _j'ai prêté de l'argent à mon frère pour le mettre à même de
payer ses dettes_;—_emprunter_, au contraire, c'est _recevoir_ quelque
chose de quelqu'un en s'engageant à le lui rendre: _j'ai emprunté de
l'argent à mon frère pour payer mes dettes_;—en un mot, celui qui
prête, _donne_ et celui qui emprunte, _reçoit_.—Il en est de même
des substantifs _prêt_ et _emprunt_.—Plusieurs wallons emploient
abusivement _prêter_ pour _emprunter_.
=Prétexte=, s. m., raison apparente dont on se sert pour cacher le vrai
motif: prononcez _préteks-te_ (en faisant sentir l'_x_ et le _t_ final)
et non _prétekse_ ni _prétèke_.
=Prêtre=, s. m.;—le féminin correspondant _prêtresse_ n'est usité
qu'en parlant du culte des faux dieux:—prononcez _prê-tre_ et non
_prê-te_ ni _prê-tère_.
=Preuve=, s. f., ce qui établit la vérité: prononcez _preu-ve_ (_eu_
bref) et non _preu-fe_ ni _preû-ve_.
=Prévenir=, v. a., instruire, avertir quelqu'un d'une chose par
avance;—on peut dire, _prévenir quelqu'un d'une chose_ ou bien
_prévenir quelqu'une qu'une chose est, a été_ ou _sera_: _il m'a fait
prévenir de son arrivée; je vous préviens que vous aurez demain une
visite qui vous surprendra_. (Acad.) Voyez _informer_.
2. _Prévenir d'avance_, est un pléonasme vicieux: _il m'a fait prévenir
de son arrivée_ et non _il m'a fait prévenir d'avance_.
=Prévisant=, mot wallon, qui regarde de trop près à quelque chose; qui
est trop exact, trop ménager;—traduisez-le par _regardant_: _il ne
faut pas être si regardant, trop regardant; vous êtes trop regardant_.
=Prévoir=, v. a., se conjugue comme voir, excepté au futur et au
conditionnel, où il fait, _je prévoirai, tu prévoiras_, etc., _je
prévoirais, tu prévoirais_, etc.
2. _Prévoir d'avance_, est un pléonasme vicieux, car _prévoir_ signifie
par lui-même, _voir d'avance_.
=Prévôt=, _prévôtal, prévôtalement_: l'_o_ est bref dans ces trois mots.
=Prie-Dieu=, s. m., sorte de pupitre devant lequel on s'agenouille
pour faire ses prières; au pluriel des _prie-Dieu_.—Ne dites pas
_prié-Dieu_ et prononcez _prî-Dieu_ (_î_ long) et non _pri-ïe-Dieu_.
=Prier=, v. n.: prononcez _pri-er_ et non _pri-ier_.
2. Ne dites pas: _je vous prie le bon jour, le bon soir_; dites, _je
vous souhaite le bon jour, le bon soir_.
3. On dit, _prier quelqu'un d'une chose_ ou _de faire quelque chose_.
(Acad.)
=Prière=, s. f.—On dit _un livre de prières_ et non _un livre à
prières_. (Acad.)—Voyez _livre_.
=Prieur=, s. m., dignité ecclésiastique; l'_i_ est long ainsi que dans
_prieure, prieuré_.
=Primatie=, s. f., dignité du primat: prononcez _primacie_;
—_primatial_, prononcez _primacial_.
=Primeur=, s. f., se dit au _singulier_ de la première saison des
fruits et des légumes: _les fraises, les pois sont chers dans la
primeur, dans leur primeur_.—Il se dit aussi en parlant du vin:
_certains vins sont bons dans la primeur_, c'est-à-dire, sont bons à
boire aussitôt après la vendange.—_Primeurs_, au pluriel, se dit des
fruits et des légumes précoces: _on a servi des primeurs_.
=Priser=, v. n., prendre du tabac,—_priseur_, qui prend du tabac,
sont des mots français.
=Prix=, s. m.—Ne dites pas: _ce marchand vend à des prix civils_;
dites, _à des prix modiques_ ou _à juste prix_.
2. _Au prix de, auprès de, près de._—_Auprès de_ et _au prix de_
s'emploient pour marquer la différence qu'il y a entre deux objets
comparés: _la terre n'est qu'un point auprès du reste de l'univers;
qu'est-ce que cette vie au prix de l'éternité!_—_Au prix de_ doit être
préféré, quand il s'agit de la valeur de deux objets: _qu'est-ce que
la science au prix de la vertu? ce service n'est rien au prix de celui
qu'il m'avait rendu_. (Acad.)—_Près de_ ne s'emploie plus pour _auprès
de, au prix de_: le vers suivant a donc cessé d'être correct: _pour
vous régler sur eux, que sont-ils près de vous?_ (Rac.)—Aujourd'hui on
dirait: _que sont-ils auprès_ ou _au prix de vous_.
=Prochain, aine=, adj.—Ne dites pas: _j'irai vous voir lundi qui
vient, la semaine qui vient_, etc.; dites, _lundi prochain, la semaine
prochaine_. (Wall.)
2. =Prochain=, s. m., chaque homme en particulier et tous les hommes en
général: _il faut aimer son prochain comme soi-même_.—Il ne s'emploie
pas au pluriel.
=Proche=, voisin, est adjectif, adverbe et substantif: _les maisons
proches de la rivière sont sujettes aux inondations_; _les maisons qui
sont proche_ (près) _de la rivière_; _je demeure ici proche_ (près).
2. _Proche_, précédé du verbe _être_ est adjectif ou préposition: _ces
maisons sont proches_ ou _proche de la ville_; mais précédé d'un autre
verbe, il est toujours préposition: _les maisons que l'on construit
proche de la ville_.
3. _Proches_, au pluriel, est substantif et signifie les parents:
_c'est un de mes proches_;—voyez _parent_.
4. _Proche, contigu_.—Deux objets sont _contigus_, lorsqu'ils se
touchent immédiatement, lorsqu'il y a entre eux un contact véritable:
_ces deux maisons sont contiguës_, c'est-à-dire qu'elles se touchent et
ne sont séparées par quoi que ce soit.—Au contraire, ces deux maisons
peuvent être proches l'une de l'autre, quoique étant séparées par une
ou plusieurs maisons, jardin, place, etc.
=Procurer=, v. a.—Ne dites pas, _il s'est procuré d'une chambre, d'un
domestique_; dites, _il s'est procuré une chambre, un domestique_.
(Fland.)
=Professeur=, s. m., n'a pas de correspondant féminin; on dit
_maîtresse_: _maîtresse de musique, de dessin, d'anglais_.
=Profession=: voyez _métier_.
=Proficiat=, n'est guère usité que dans cette locution: _souhaiter à
quelqu'un un bon proficiat_, c'est-à-dire, lui souhaiter une bonne
réussite;—il s'emploie quelquefois seul et signifie alors, _je vous
fais compliment, je vous félicite_:—_votre devoir est très-bien fait,
proficiat!_—Prononcez _proficiate_ et non _proféciate_.
=Profil=, s. m., trait d'un objet vu de côté: prononcez _profile_ (_l_
non mouillée).
=Profit=, s. m., petit instrument de métal qui sert à brûler les
chandelles jusqu'au bout; ce mot n'est pas français; il faut dire
_binet_ ou _brûle-tout_.
=Profiter=, est un verbe neutre; ne dites donc pas, _je n'ai rien
profité_, mais, _je n'ai profité de rien_. (Fland.)
2. Ne dites pas, _j'ai profité cent francs dans cette soirée_; dites,
_j'ai gagné cent francs..._ (Fland.)
3. Ne dites pas, _je profite beaucoup de lui_; dites, _avec lui_ ou
_dans sa fréquentation_. (Fland.)
=Profondis= (=de=):—voyez _de profundis_.
=Prolongation, Prolongement.=—_Prolongation_ signifie _le temps_
qu'on ajoute à la durée fixe de quelque chose: _prolongation de congé,
de terme_.—_Prolongement_ veut dire l'extension, la continuation de
quelque portion _d'étendue, d'espace_: _prolongement d'un mur, d'un
chemin_. Voyez _proroger_.
=Promener=, v. n.—Ne dites pas: _je vais promener, coucher, baigner_,
etc.; dites, _je vais me promener, me coucher, me baigner_.
2. Cependant on peut dire, en sous-entendant _se_, _je l'ai envoyé
promener_. (Acad.)—Prononcez _promener_ (_e_ muet) et non _promèner_.
=Promenoir, Promenade.=—La _promenade_ est l'action de se
promener;—le _promenoir_ est le lieu où l'on se promène.—Prononcez
_promenade, promenoir_ (_e_ muet) et non _promènade, promènoir_.
=Promettre=, v. a.—Ne dites pas, _je vous promets que j'y suis allé_;
dites, _je vous assure_ ou _je vous certifie que..._—Voyez _compter_.
=Prompt=, _prompte, promptement, promptitude_:—on ne prononce pas
le second _p_ dans ces mots: _pront, pronte, prontement, prontitude_.
(Acad.)
=Prône=, s. masculin, instruction pendant la messe paroissiale: faites
l'_ô_ long ainsi que dans _prôner_.
=Prononciation.=—Pour arriver à se former une bonne prononciation,
il importe, entre autres choses, aux wallons comme aux flamands, de
donner à chaque lettre son véritable son ou sa juste valeur. Nous nous
contenterons ici de dire un mot des lettres _douces_ et des lettres
_fortes_: on pourra s'en faire une idée exacte par le tableau suivant.
=Douces.= =Fortes.=
b—bombe p—pompe
c—ronce q, ke—rauque
d—ronde t—conte
g—bague q—barque
g—fromage ch—vache
j—il a jeté (j'té) ch—acheter (ache'ter)
v—grive f—griffe
z—douze c—pouce
s—blouse s (dure)—mousse
L'important, avons-nous dit, est de conserver à chaque lettre sa valeur
naturelle, et de ne pas faire des douces des fortes et réciproquement:
que deviendra le mot _grive_, par exemple, si vous prononcez _griffe_?
il deviendra tout à fait méconnaissable. Or, les wallons et les
flamands, en ceci, pèchent précisément par les défauts contraires:
les wallons tendent à faire fortes toutes les douces, tandis que les
flamands sont exposés à adoucir toutes les fortes: ainsi _une grive_
chez un wallon deviendra _une griffe_; et chez un flamand _une griffe_
deviendra _une grive_.—Dans la liaison des mots c'est une faute
commune aux flamands d'adoucir les fortes: _mon père est allé_ (est
d'allé) _à Verviers; donc il n'ira pas chez vous_ (donc gu'il n'ira
pas) etc.
2. _Prononciation d'un jugement_:—Cette expression est vicieuse;—il
faut dire _prononcé_: _le prononcé du jugement aura lieu samedi
prochain_.
=Pronostic=, s. m., conjecture, jugement sur ce qui doit arriver: _ce
médecin fait ordinairement des pronostics fort justes_:—On écrivait
anciennement _prognostic_.—Prononcez _prognostique_.
=Proportionné=, _proportionnément, proportionnel, proportionnellement_.
—Ces deux derniers sont des termes de mathématiques et ne se disent
qu'en parlant des quantités, des grandeurs, des nombres: _quantités
proportionnelles; échelle proportionnelle; réduire proportionnellement
un grand dessin à un petit;—la récompense fut proportionnée
au service_; _il n'a pas été récompensé proportionnément_ (et non
_proportionnellement_) _à son mérite_.—_Ti_ se prononce comme _ci_
dans ces mots et dans _proportionné, proportion, proportionalité_.
=Propre=, adj.—Il a un sens différent selon qu'il est placé
devant ou après le substantif: _mon propre habit_ indique l'habit
qui m'appartient; il n'est pas question ici de propreté mais de
_propriété_.—_Mon habit propre_, indique l'état de _propreté_ de
celui-ci.—_Les propres termes d'une lettre_ sont les mêmes mots, sans
y rien changer, rapportés fidèlement;—_des termes propres_ sont des
termes qui expriment nettement la pensée, et conformément aux règles de
la langue.
2. Lorsque _propre_ signifie, _bien net, bien lavé, bien nettoyé_,
etc., il se met après son substantif: _apportez-moi une assiette
propre; voici un verre propre, vous avez des mains propres_.—Lorsqu'il
signifie, _qui appartient en propre, dont on est possesseur_, il se
place ordinairement devant le substantif: _vous avez mes propres gants;
il a été blessé par son propre cheval_.
3. Ne dites pas, _vous êtes si propre avec cette robe_; dites, _vous
êtes si bien avec cette robe_. (Wall.)
4. Ne dites pas, _c'est du propre que vous avez fait là_; dites, _c'est
une belle affaire, une jolie équipée, un beau tour, une belle besogne_,
selon le sens.
5. Ne dites pas, _c'est du propre_ pour _cela est mal_, ni _je suis
propre_ pour signifier, que vous avez reçu un malencontre.—Prononcez
_pro-pre_ et non _pro-pe_ ni _pro-père_.
=Prorata= (=au=), à proportion, à raison de: _au prorata de sa
fortune_;—ne dites pas _à prorata_.
=Proroger, Prolonger= (_prorogation, prolongation_).—_Proroger_,
v. a., c'est prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été
donné pour quelque chose: _on a prorogé le délai qu'on lui avait
accordé_; dans cette acception, il a à peu près le même sens que
_prolonger_.—_Proroger_, en terme de législation politique, signifie
suspendre les séances des Chambres par un acte de l'autorité royale, et
en remettre la continuation à un certain jour: _le roi a prorogé les
Chambres jusqu'au premier mars_.
2. _Prolonger_, v. a., veut dire, faire durer plus longtemps, rendre
de plus longue durée: _prolonger la guerre, prolonger sa vie_.—Voyez
_prolongation, prolongement_.
=Prose=, s. f., discours non assujetti à la mesure, tout ce qui n'est
pas vers: prononcez _prô-ze_ (_ô_ long) et non _pro-ze_ ni _prô-ce_.
=Prospectus=, s. m., programme qui annonce d'avance le sujet, le prix,
le format d'un livre ou le but, les conditions d'un établissement
nouveau: prononcez _pros'pektuce_.
=Proue=, s. f., partie de l'avant du vaisseau, par opposition à la
_poupe_: prononcez _proû_ (_oû_ long) et non _prou-we_.
=Prouesse=, s. f., action de valeur: prononcez _prou-esse_ et non
_prou-wesse_.
=Prune, Pruneau.=—_Prune_ se dit du fruit frais du prunier;—_pruneau_
se dit de la prune séchée au four: _une compote aux pruneaux_.
=Prusse=, _prussien, Russie, russe_:—l'_u_ est bref dans ces mots;
c'est donc une faute de prononcer _Prû-ce, prû-cien, Rû-cie, rû-ce_.
=Psaume=, (et non _pseaume_), _psautier, psalmiste_: prononcez le _p_
et non _saume, sautier, salmiste_.
=Pseudonyme=, s. m., qui a un faux nom: ouvrage _pseudonyme_; _le
pseudonyme de cet ouvrage est M. Pierre_.—Prononcez le _p_.
=Psychologie=, s. f., traité philosophique de l'âme; _psychologique,
psychologiste_:—prononcez le _p_ et le _ch_ a le son de _k_.
=Puer=, s'emploie ordinairement sans régime: _cette viande pue_;—mais
il s'emploie quelquefois avec un régime: _cette chambre pue le musc_,
et non _après le musc_, comme on dit en flamand.—Prononcez _pu-er, il
pû, nous pu-ons_, etc., et non _pu-wer, il pu-we, nous pu-wons_.
=Puîné=, _puînée_, adj., qui est né depuis un de ses frères
ou une de ses sœurs: _c'est mon frère puîné_;—on l'emploie
aussi substantivement comme synonyme de _cadet_: _c'est mon
puîné_.—Cependant, dans la conversation, l'on se sert plus
ordinairement du nom de _cadet_. (Acad.)
=Puis=, adv., signifie ensuite.—Ne dites donc pas: _il va dîner, puis
ensuite il se rendra chez vous_; c'est comme si vous disiez _ensuite
ensuite il se rendra chez vous_.—Prononcez _puis_ (_ui_ diphth.) et
non _pou-is_; prononcez de même _puits, puisard, puissant, puissance,
puîné, puisque_, etc.
=Puissant=, adj.—Ce mot ne signifie ni _gros_ ni _gras_; ainsi ne
dites pas _un homme puissant, une femme puissante_ pour désigner _un
homme gros_ ou _gras, corpulent_, etc.
=Punch= (et non _épunch_), s. m., sorte de liqueur: prononcez _ponche_
et non _punche_.
=Purésie=: voyez _pleurésie_.
=Purgatoire=, s. m.: ne dites pas _purcatoire_.
=Purge=, s. f., est peu usité; employez de préférence _purgatif,
purgation, médecine_: _prendre un purgatif, une purgation, une
médecine_.
=Pusillanime=, adj., lâche; _pusillanimité_, s. f., manque de
courage:—on prononce les deux _ll_ sans les mouiller et l'_s_ a le son
de _z_.
Q
=Q.=—On prononce _ku_ suivant l'appellation ancienne et usuelle, et
_ke_, suivant l'appellation moderne.—_Q_ ne s'écrit jamais sans être
suivi d'un _u_, si ce n'est dans quelques mots où il est final, _coq,
cinq_. Les deux lettres _qu_ se prononcent comme s'il n'y avait qu'un
simple _k_, excepté dans les mots que nous indiquerons ci-après.
=Qua=, se prononce comme _coua_ dans les mots suivants: _quadragénaire,
quadragésimal, quadragésime, quadrangulaire, quadratrice, quadrifide,
quadriflore, quadrilobé, quadrivalve, quadrige, quadrilatère,
quadrinome, quadrumane, quadrupède, quadruple, quadrupler_, _quaker_
ou _quacre_, _quanquam_ (_m_ finale), _quartidi, quartile, in-quarto,
quaternaire, quatuor, quartz, quartzeux_.
2. _Qua_, se prononce comme _ka_ dans les mots suivants: _quadran_
(ou _cadran_), _quadrat, quadratin, quadrature_, _quadre_ (ou _cadre_),
_quadrille, quai, qualité_, _quanquan_ (ou _cancan_), _quand, quant,
quantité, quart, quarteron, quasi, quaterne, quatrain, quatre,
quatre-vingt, quatrième, quarante_.
=Quadran=, s. m., horloge solaire: prononcez _cadran_; on écrit plus
souvent _cadran_.
=Quadrature=, s. f., en terme de géométrie et d'astronomie, prononcez
_coua_;—en terme d'horlogerie, prononcez _ka_. (Acad.)
=Quadre=, s. m., bordure de bois, etc., autour d'un tableau: prononcez,
_cadre_ et non _cate_ ni _cadère_.—On écrit plus communément _cadre_.
=Quadrille=, s., jeu, danse à quatre; ce mot est ordinairement
_masculin_, dit l'Académie, _danser un quadrille_: prononcez
_kadrille_, en mouillant les _ll_.—Il est _féminin_, lorsqu'il
signifie une troupe de chevaliers du même parti dans un carrousel: _la
première quadrille était magnifiquement vêtue_.
=Quaker= ou =Quacre=, s. m., secte religieuse en Angleterre et aux
États-Unis;—on prononce _coa-cre_;—le féminin est _quakeresse_.
=Quand, Quant.=—_Quand_, adv., signifie lorsque, dans le temps que,
dans quel temps: _quand Dieu créa le monde en six jours; j'irai vous
trouver, mais je ne puis vous dire quand_.—Il est aussi conjonction,
et alors il signifie, encore que, quoique, alors même que: _quand je le
voudrais, je ne le pourrais pas_; en ce sens, il veut le verbe suivant
au conditionnel.—Devant une voyelle le _d_ de _quand_ se prononce
comme _t_: _quand il voudra_.—Prononcez _can_ et non _kan-te_ devant
une consonne: _quand même_.
2. _Quant_, adv., est toujours suivi de la préposition _à_, et
signifie _à l'égard de, pour ce qui est de_: _quant à lui, il fera
ce qu'il voudra; quant à ce qui est de moi_;—_quant à_, suivi
de _moi_ ou de _soi_, se prend aussi substantivement: _tenir son
quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur son quant-à-moi, sur son
quant-à-soi_, prendre un air réservé et fier, ne répondre qu'avec
circonspection.—On dit également _se mettre sur son quant-à-moi, sur
son quant-à-soi_, faire le suffisant, le hautain.