3. Prononcez _eu-vre_ (_eu_ bien ouvert) et non _eufe, œuvère_.

=Office=, lieu où l'on fait, où l'on prépare tout ce qui se met sur

la table pour le dessert, et dans lequel on garde le linge et la

vaisselle; il est _féminin_ dans ce sens: _une grande office_.—Dans

les autres acceptions, _office_ est masculin: _de bons offices, un

office solennel_.

=Officine=, s. f., se dit quelquefois, chez les pharmaciens, pour

_laboratoire, boutique_.

=Offre=, s., action d'offrir.—On l'a fait autrefois du masculin,

mais aujourd'hui il est toujours du féminin: _une offre

avantageuse_.—Prononcez _o-fre_ et non _ofe, ofère_.

=Offrir=, v. a., devant un infinitif, demande la préposition

_de_;—_s'offrir_ prend _à_ ou _de_:—_il offre d'acheter_ (et non _à

acheter_) _ma maison à tel prix; il s'est offert de bonne grâce à y

aller_ ou _d'y aller_.

=Ogre=, s. m., monstre qu'on suppose se nourrir de chair humaine:

_manger comme un ogre_;—le féminin est _ogresse_.—Prononcez _o-gre_

et non _oke, oguère_.

=Oie, Oye= (_terminaisons en_).—Les wallons font en général trop

sentir l'_i_ et l'_e_: ils prononcent, par exemple, _voi-ïe, soi-ïe,

j'envoi-ïe, que je croi-ïe, fourvoi-ïement_, etc.—_Oi_ suivi d'un _e_

muet, devient une syllabe longue, mais on ne doit pas faire sentir un

second _i_ ni même l'_e_ muet: prononcez simplement _voî_ (_oî_ long),

_soî, j'envoî, que je croî, fourvoî-ment_.—Il en est de même de _aie,

aye, ée, ie, oue, ue_, etc.

=Oignon=, s. m.—Prononcez _ognon_ en supprimant l'_i_; quelques-uns

même écrivent _ognon_ (Acad.): prononcez de même _ognonet, ognonière_.

=Oiseleur, Oiselier=, s. m.—_L'oiseleur_, est celui qui

fait métier de prendre des oiseaux: il n'a point de féminin

correspondant.—_L'oiselier_, est celui dont le métier est d'élever, de

vendre des oiseaux.

=Oiseux, Oisif=, adj.—_Oiseux_, qui par goût ou par habitude ne fait

rien ou ne fait que des riens: _gens oiseux et fainéants_.—Il se

dit aussi des choses et signifie inutile, vain, qui n'est bon à rien,

ne sert à rien: _des disputes, des questions oiseuses; une épithète

oiseuse_.—_Oisif, ive_, qui ne fait rien, qui n'a point d'occupation:

_un homme oisif_.

2. On dit _vie oisive_, pour signifier la vie d'une personne

oisive.—Le premier se dit plus particulièrement des choses et le

second des personnes.

=Olibrius=, s. m., étourdi qui fait l'entendu, qui se donne des airs:

prononcez _olibriuce_.

=Ombreux, Ombragé, Ombrageux, Ombré=, adj.—_Ombreux_, où il

y a beaucoup d'ombre, qui fait de l'ombre; _forêt, vallée

ombreuse_;—_Ombragé_, qui fait de l'ombrage, _un superbe marronnier

ombrage sa maison; chemin ombragé d'ormes_.—_Ombrageux_ ne se dit au

propre que des chevaux, des mulets, etc., qui sont sujets à avoir peur

et à s'arrêter ou à se jeter subitement de côté quand ils voient leur

ombre ou quelque objet qui les surprend.

2. _Ombrageux._—Il se dit figurément des personnes qui prennent trop

légèrement des soupçons, de l'ombrage sur des choses qui les regardent,

qui les intéressent: _c'est un homme fort ombrageux_. (Acad.)

3. _Ombré_ est un terme d'art; il indique qu'on a représenté

non-seulement les linéaments des corps, mais les accidents d'ombre ou

de lumière: _tête ombrée, dessin ombré_.

=On, L'on.=—_L'on_ ne s'emploie généralement que pour éviter un

concours désagréable de sons ou bien un hiatus; voilà pourquoi on

l'emploie plus particulièrement après _qui, que, quoi, et, si, ou,

où_;—il vaut mieux dire: _de qui l'on parle; si l'on dit; et l'on

croit; on se tait ou l'on parle bien; le pays où l'on va_, que de

dire: _de qui on parle; si on dit; et on croit; on se tait ou on parle

bien; le pays où on va_.—Cependant si le pronom était suivi d'un mot

commençant par la lettre _l_, il faudrait se servir de _on_ pour éviter

la rencontre de deux _l_: _si on lui dit, à qui on lit_, et non, _si

l'on lui dit, à qui l'on lit_.—_On_ doit toujours être préféré à

_l'on_ au commencement d'une phrase: _on rapporte_ (et non _l'on_) _que

l'empereur Nicolas penchait plutôt vers la guerre que vers la paix_.

2. _On_ ne se dit que des hommes et jamais de Dieu; ainsi, au lieu de

dire: _au jour du jugement, on nous demandera compte du bien et du mal

que nous aurons fait_, dites: _Dieu nous demandera compte..._

=Oncle=, s. m.—Dites, _un tel est mon oncle_ et non _mon

mononcle_.—Prononcez _on-cle_ et non _onke, onkèle_.

=Ongle=, quoique anciennement féminin, est aujourd'hui masculin: _avoir

les ongles trop longs et_ non _trop longues_.—Prononcez _on-gle_ et

non _onke, on-cle, onguèle_.

=Onglet=, s. m., morceau d'étoffe ou de peau qui sert à couvrir le

doigt:—le mot _onglet_ n'a pas cette signification, il faut dire

_doigtier_.

=Onze=, adj. num. card., qui se prend aussi substantivement.—Quoique

ce mot commence par une voyelle, il arrive quelquefois, et surtout

quand il est question de dates, qu'on prononce et qu'on écrit sans

élision l'article ou la particule qui le précède: _le onze du mois; de

onze qu'ils étaient, il en est mort dix; de vingt il n'en est resté

que onze_.—On dit aussi dans la conversation familière: _il n'en est

resté qu'onze_.

2. Quand _onze_ est précédé d'un mot qui finit par une consonne, on ne

prononce pas plus la consonne finale que s'il y avait une aspiration:

_vers les onze heures; ils étaient onze_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 94 / 164 题