=Marchand=, s. m.—Ne dites pas: _il fait le marchand de toiles; je
fais le marchand, je fais le brasseur_; dites _il est marchand..., je
suis marchand, je suis brasseur_.
2. Ne dites pas non plus: _j'ai marchand_, pour signifier que vous
savez à qui vendre; dites, _j'ai acheteur, chaland, acquéreur_.
=Marché.=—Ne dites pas: _le marché de grains, de légumes_, etc.,
mais, _le marché aux grains, aux légumes_.
2. _A bon marché_, loc. adv.—On dit _acheter, vendre à bon marché,
à trop bon marché, à meilleur marché_, et non, _acheter, vendre
bon marché, trop bon marché, meilleur marché_.—Il n'est pas plus
permis de supprimer la préposition _à_ devant _bon marché_ que devant
_bon compte, bas prix_: _avoir une chose à bon marché_ (et non _bon
marché_); _donner sa marchandise à bon marché, à trop bon marché; je
l'ai eu à meilleur marché_.—Cependant on peut dire: _cela ne vous
coûte que dix francs, c'est bon marché, c'est grand marché; le bon
marché m'a tenté_, tout comme on dirait, _c'est un bas prix, le bas
prix m'a tenté_.
=Maréchal=, s. m.—_Maréchal de France, maréchal-ferrant_; prononcez
_maréchal_ (_é_ fermé) et non _marchal_ ni _marichal, marèchal_.
=Marguerite=, s. commun et nom pr. de femme: écrivez et prononcez
_marguerite_ et non _marguérite_.
=Marguillier=, s. m., celui qui a soin de tout ce qui regarde la
fabrique et l'œuvre d'une paroisse ou les affaires d'une confrérie;
mais il ne se dit pas du clerc, sacristain ou chantre d'une
église.—Prononcez et écrivez _marguillier_ et non _marguèillier_.
=Margotte=, s. f., branche qu'on met en terre pour qu'elle y prenne
racine; ce mot n'est pas français: dites _marcotte_.
=Mari=, s. m., époux.—_Mon époux, mon épouse_, ne sont admis à aucun
titre par les gens de bon ton; on dit simplement _ma femme, mon mari_,
ou bien avec un peu plus de cérémonie, _monsieur_ ou _madame_, suivis
toujours du nom de famille (ce sont les domestiques seuls qui désignent
leurs maîtres par _monsieur_ et _madame_);—mais _mon mari, ma femme_,
sont préférables parce qu'ils sont plus simples.
=Marier=, v. a., ne s'emploie jamais pour, _prendre en mariage_.—Ainsi
au lieu de dire: _il a marié une telle_, dites, _il a épousé une
telle_.—_Marier_, signifie unir un homme et une femme par le lien
conjugal, selon les lois de l'État ou en leur administrant le
sacrement de mariage. Dans cette acception il ne se dit que du prêtre
ou de l'officier de l'état-civil qui remplit l'une ou l'autre de ces
fonctions: _l'échevin N. les a mariés à défaut du bourgmestre; c'est le
vicaire qui les a mariés_. (Acad.)—Il se dit aussi de ceux qui font
ou procurent un mariage, soit par autorité paternelle, soit par office
d'amitié: _son père l'a marié à la fille, avec la fille d'un de ses
amis; cet homme a la manie de marier tout le monde_. (Acad.)
2. _Marier_, joint au pronom personnel, signifie, lorsqu'on parle d'un
homme, prendre une femme, et lorsqu'on parle d'une femme, prendre un
mari: _il est d'âge à se marier; il s'est marié richement; il ne se
mariera pas_.
3. Il s'emploie aussi dans le sens réciproque: _quand se marieront-ils?
ils se sont mariés l'an dernier_. (Acad.)
4. Cependant on peut dire: _cette demoiselle s'est mariée_ (a épousé)
_à un étranger_; mais c'est une faute grossière de dire: _cette
demoiselle s'est mariée avec un étranger_.—_Avec_ s'emploie en prose
pour les choses: _sa voix se marie bien avec ou à son instrument_.
=Marmelade=, s. f., confiture de fruits presque réduits en bouillie:
_marmelade d'abricots_.—_Cela est en marmelade_ (famil.), se dit
d'une chose _trop cuite et presque en bouillie_: et, figurément, de ce
qui _est fracassé, broyé_: _il a reçu un coup qui lui a mis la mâchoire
en marmelade_.—Ne dites pas _marmolade_.
=Marmiton, Mirmidon, Mirliton.=—On appelle _marmiton_, celui qui
est chargé du plus bas emploi d'une cuisine.—_Mirmidon_ se dit, par
mépris, par raillerie, d'un jeune homme de très-petite taille et
figurément, de ceux qui ont des prétentions exagérées et ridicules.—Un
_Mirliton_ est une espèce de flûte formée d'un bout de roseau, de
sureau, de branc-ursine, et bouché par les deux bouts, avec une pelure
d'oignon ou un morceau de baudruche: _il est sale comme un marmiton;
voilà un plaisant mirmidon; ces mirmidons prononcent sur ce qu'ils ne
connaissent pas; les enfants jouent du mirliton_.
=Marmonner=, v. n., signifie murmurer à voix basse; ne dites pas, avec
le peuple, _marronner_ qui signifiait autrefois, friser les cheveux en
grosses boucles.—Quelques dictionnaires emploient aussi _marronner_
pour errer dans les bois en volant comme les nègres marrons:—il est
vieux dans ce sens.
=Marquer.=—Ne dites pas: _il est marqué sur la gazette, sur une
lettre de..._; dites, _on lit dans la gazette, dans une lettre de...,
etc._, ou employez une phrase équivalente.
=Marraine=, s. f., celle qui tient un enfant sur les fonts: prononcez
_mârène_ (_â_ long).
=Marron, Marronnier=; prononcez _mâron, mâro-nier_ (_â_ long) et non
_maro-gnier_.—Voyez _ni_.
=Mars=, dieu de la guerre; 3e mois de l'année;—il signifie également,
au pluriel, les menus grains qu'on sème au mois de mars, tels que
les orges, les avoines, les millets, etc.; _le temps a été bon
pour les mars cette année; s'il ne pleut pas, tous les mars sont
perdus_.—Quelques auteurs disent que _mars_, dans cette dernière
acception, peut aussi se rendre par _marsèche_ (la marsèche) ou par
_marsage_; mais nous pensons que _mars_ est préférable.—Dans toutes
ces acceptions, prononcez _marce_ et non _mâre_.
2. Ne dites pas: _mars en carême_; dites, _marée en carême_.—Cette
expression signifie _à propos_: _arriver comme marée en carême_.
=Marteau=, s. m.—Ne dites pas, _jeter la cognée après le marteau_;
dites, _jeter le manche après la cognée_, ce qui signifie renoncer de
dépit ou de désespoir à une entreprise. (Acad.)
=Martyr, Martyre.=—_Martyr_, s. m., (au féminin _martyre_), est
celui qui a souffert pour la foi chrétienne, pour une doctrine ou
une foi quelconque;—_martyre_, s. m., est la mort ou les tourments
qu'endurent celui qui est martyr: _un évêque martyr, une vierge
martyre; le martyre de saint Laurent_.
=Masque, Mascarade.=—Ne dites pas _un masqué_, pour indiquer une
personne déguisée; dites _un masque_.—Une _mascarade_ se dit d'une
réunion de _masques_, c'est-à-dire, de gens déguisés: _une troupe de
masques, un joli, un vilain masque; il faut laisser entrer les masques;
venez voir une belle mascarade_.
=Massacrante=, adj. fém.—Il n'est usité que dans cette locution
familière: _humeur massacrante_, c'est-à-dire, humeur bourrue,
maussade, grondeuse, menaçante.—Cette expression est approuvée par
l'Académie; cependant elle n'est pas jolie, mais elle est énergique.
=Masse=, s. f.—_Une masse de monde_, est une expression triviale;
dites, _une grande foule, une grande multitude, une grande quantité de
monde_.
=Mastic=, est masculin: _du mastic_; et non _de la mastic_.
=Mastouche.=—On donne abusivement ce nom à la _capucine_; dites donc,
_une belle capucine, couleur capucine_.
=Mat, Mate=, adj., qui n'a point d'éclat: _argent mat, couleur mate_:
le masculin se prononce _mate_.—_Mat_, s. m., terme du jeu d'échecs,
coup où le roi, mis en échec, ne peut bouger sans être pris: _voilà un
beau mat, être échec et mat_.—Prononcez également _mate_.
2. =Mât=, s. m., pièce de bois longue, ronde et droite qui porte la
voilure d'un navire: on ne prononce pas le _t_.
3. =Mate=, adj., humide, un peu mouillé:—ce mot est wallon; dites,
_moite_ pour les deux genres: _il a le front moite; ces draps ne sont
pas bien séchés, ils sont encore moites_.
=Mater=, v. a., rendre mat, mortifier: prononcez _mater_ (_a_
bref);—_mâter_, v. a., garnir de mâts: prononcez _mâter_ (_â_ long).
=Matériaux=, s. m. pl., les différentes matières qui entrent dans la
construction d'un bâtiment; il n'a pas de singulier.—Ne dites pas
_matéréaux_.
=Mâtin=, s. m., gros chien de garde: l'_â_ est long;—_matin_, s. m.,
la première partie du jour; l'_a_ est bref.
2. =Matin.=—On dit très-bien, _hier matin, demain matin, demain
soir_; on peut dire aussi _demain au matin, demain au soir_; cependant
par une singulière bizarrerie, on doit dire _hier au soir_ et non _hier
soir_.
3. Ne dites pas: _au matin, je prends une tasse de café_; dites, _le
matin_ et mieux _chaque matin, tous les matins..._—Voyez _soir_.
=Matinal, Matineux, Matinier=, adj.—_Matinal_, qui s'est levé matin:
_vous êtes bien matinal aujourd'hui_; l'Académie ne donne aucun exemple
du pluriel masculin; nous pensons qu'il est inusité.—_Matineux,
matineuse_, qui est dans l'habitude de se lever matin: _il faut être
plus matineux que vous n'êtes_.—_Matinier, matinière_, qui appartient
au matin; il n'est guère usité que dans cette expression: _l'étoile
matinière_.—Prononcez _mati-nière_ et non _mati-gnière_.—Voyez _ni_.
=Matou=, s. m., chat mâle; ne dites pas _marou_ ni _marcou_.
=Maudire=, v. a., fait à la 2e pers. du près. de l'indic. et de
l'impér., _maudissez_, et non _maudisez, maudites_.
=Mauvais, e=, adj.,—Ce mot peut s'employer dans le sens de _méchant_,
mais jamais comme synonyme de _fâché_: _que cet enfant est mauvais
(méchant)! oh! le mauvais; oh! la mauvaise_;—_il était si fâché, je
suis fâché_ et non _mauvais_. (Wall).
2. _Mauvais mal, mauvaise maladie_, ne peuvent pas se dire pour _cruel
mal, cruelle douleur, cruelle, dangereuse maladie_:—_vous avez mal
aux dents, c'est un cruel mal_, et non _un mauvais mal_; _le typhus est
une dangereuse maladie_ et non _une mauvaise maladie_.
3. Ne dites pas, _un mauvais doigt, une mauvaise jambe_, pour indiquer
que vous y éprouvez un mal quelconque; dites _j'ai mal au doigt, à la
jambe_, et non _j'ai un mauvais doigt, une mauvaise jambe_.
4. _Mauvais air_, air ignoble;—_air mauvais_, air terrible.—Prononcez
_mo-vai_ (_o_ bref) et non _mó-vai_ (_ô_ long).
=Maximum=, s. m., le plus haut degré: prononcez _mak-cimome_ et non
_mak-zimome_;—en terme technique, on dit au pluriel _maxima_ et
_minima_.
=Me, le.=—Les personnes ignorantes seules disent: _donnez-mê-le_ pour
_donnez-le-moi_.
=Méchant= _comme la gale_.—Dites, _mauvais comme la gale_: la raison
de ce choix est évidente; on dit que la gale est mauvaise, mais on ne
dit pas qu'elle est méchante.
2. _Une méchante épigramme_, est une épigramme sans sel, sans mérite,
mal faite;—_une épigramme méchante_, est une épigramme mordante: il
en est de même de _méchants vers_ et de _vers méchants_, etc.
=Mécontent, e=, adj.—On est mécontent _de_ quelqu'un et non _après,
sur_ ou _contre_ quelqu'un: _il est mécontent de vous, de son
fils_.—Voyez _malcontent_.
=Mécredi=, s. m., barbar.:—écrivez et prononcez _mercredi_.
=Médical, Médicinal=, adj.—_Médical_, qui appartient à la
médecine considérée comme science: _l'art médical, instrument
médical_;—_Médicinal_, qui a la vertu d'une médecine, d'un médicament:
_plante médicinale_.
=Médire=, v. n., fait au présent de l'indicatif et à l'impératif,
_médisez_ et non _médites_.
=Méfaire=, v. n., faire le mal, ne s'emploie qu'à l'infinitif et au
participe passé, _méfait_, qui se construit toujours avec l'auxiliaire
_avoir_.
=Mégarde= (_par_), loc. adv., par inadvertance: _je me suis blessé par
mégarde_;—ne dites pas _par mégard_ (_mégar_).
=Meilleur, e=, adj. comp.—Ne dites pas: _vous chantez meilleur que
moi_; dites, _vous chantez mieux que moi_:—_meilleur_ équivaut à
_plus bon_ et _mieux_ à _plus bien_. (Fland.)
2. Ne dites pas, _j'ai meilleur que vous_; dites, _je suis mieux que
vous_ (Wall.)—Voyez _bon_.
3. Dites, _je suis arrivé de meilleure heure que vous_ et non _de plus
bonne heure_.—Voyez _heure_.
=Mélanger=:—voyez _mêler_.
2. _Mêler à, mêler avec_.—Dans l'acception de mettre ensemble
plusieurs choses, les confondre, on dit _mêler avec_: _l'Ourthe mêle
à Liége ses eaux avec celles de la Meuse; mêler de l'eau avec du
vin_.—Mais au figuré on dit _mêler à_: _il sait mêler la douceur à la
sévérité; mêler les affaires aux plaisirs_. (Acad.)—Voltaire a dit
cependant: _les anciens Romains étaient trop austères pour mêler leurs
plaisirs avec leurs affaires_: cet exemple n'est pas à imiter.
3. _Mêler, mélanger_.—_Mêler_ signifie mettre ensemble,
confondre;—_mélanger_, signifie, assembler, assortir; en _mêlant_
les choses, on les dénature, on les brouille;—en les _mélangeant_,
on les combine dans le but d'obtenir de leur composition un résultat
avantageux, un produit nouveau.
=Mélisse=, s. f., plante, boisson: ne dites pas _milisse_.
=Melon=, s. m.—Ne dites pas _mélon_ ni _mèlon_.
=Membour=, ne peut pas se dire pour _tuteur_ ni _membournie_ pour
_tutelle_: _cet enfant a perdu son tuteur_ et non _son membour_; _cet
homme est en tutelle_ et non, _en membournie_. (Wall.)
=Membré, Membru=, adj.—_Membré_ ne s'emploie guère qu'avec l'adverbe
_bien_ et signifie, qui a des membres bien faits, bien proportionnés:
_il est bien membré_.—_Membru_, qui a les membres fort gros: _il est
bien membru_.—Il s'emploie aussi substantivement: _un gros membru_,
mais il est familier dans cette dernière acception.
=Même=, adj. et adv.—Ne dites pas: _j'entreprendrai tout de même ce
long et pénible travail_; dites, _j'entreprendrai néanmoins, toutefois,
malgré ça, ce long et pénible travail_.
2. Ne dites pas: _cette nouvelle paraît certaine, mais elle est tout de
même étrange_; dites, _elle est pourtant, néanmoins étrange_;—_tout
de même_ signifie de la même manière: _mon bureau est fait tout de même
que le vôtre_.
3. Ne dites pas: _est-ce tout de même d'aller jouer_; dites, _est-ce
que je peux, est-il permis d'aller jouer, me donnez-vous la permission
de..._ (Wall.)
4. Ne dites pas: _c'est tout de même pour moi_, ou _c'est pour moi le
même, c'est moi le même_; dites, _ça m'est égal, indifférent, m'importe
peu_ ou _peu m'importe_.
5. Ne dites pas: _il a le même caractère de son frère_; dites, _que son
frère_.
6. Ne dites pas: _voulez-vous venir avec nous?—Tout de même_;—dites,
_volontiers, avec plaisir_.
7. _Tout de même, tout le même_.—Pour savoir laquelle de ces deux
expressions il faut employer, il suffit de voir si, en supprimant
_tout_, ou emploierait _de même_ ou _le même_: _il est tout le même
qu'il y a dix ans;—ces deux robes sont faites tout de même l'une
que l'autre_.—Prononcez _mê-me_ et non _min-me_.
=Mémento=, s. m., marque pour se souvenir.—L'Académie ne donne point
d'exemple de pluriel; quant à nous, nous écririons _des mémentos_,
parce que l'accent sur l'_é_ donnant à ce mot le caractère de mot
français, il doit être soumis aux règles de la langue française et
prendre une _s_ au pluriel.—Prononcez _méminto_.
=Menacer=, v. a.—Ne dites pas: _il menace une maladie, une étisie_,
mais, _il est menacé d'une maladie, d'une étisie_ ou _il couve une
maladie, une étisie_.