12. _Mal parler_ et _parler mal_: voyez _parler_.

=Malade=, adj.—Faites les deux _a_ brefs.

2. Ne dites pas: _il fait malade aujourd'hui_; dites, _il fait malsain_

ou _... étouffant_, s'il s'agit d'un temps chaud.

3. Ne dites pas non plus: _il se fait malade_; dites, _il se rend

malade_:—_se faire malade_ signifie _feindre une maladie_.

=Maladieux.=—Ce mot n'est pas français; dites, _maladif,

valétudinaire_.

=Malcomplaisant=: ce mot n'est pas français; dites, _peu complaisant_.

=Malcontent, Mécontent.=—Ces deux mots expriment le déplaisir

que nous éprouvons, lorsque quelque chose ne réussit pas au gré

de nos espérances ou de nos désirs; mais _mécontent_ dit plus

que _malcontent_, en ce sens qu'il exprime l'humeur, le dépit,

le ressentiment contre la cause de ce déplaisir.—Un maître est

_malcontent_ (peu content) d'un domestique qui le sert maladroitement;

un maître est _mécontent_ (pas du tout content, fâché contre) d'un

domestique qui le trompe, qui le vole, qui lui manque de respect, qui

fait mal son service, par négligence ou par paresse;—un domestique

est _malcontent_ d'un maître qui ne lui donne pas des gratifications

qu'il avait espérées; il en est _mécontent_, s'il ne lui paie pas

ses gages;—nous sommes _malcontents_, lorsqu'après avoir conçu un

dessein, formé un plan, le succès ne répond pas à nos espérances, sans

qu'il y ait de la faute de personne; nous sommes _mécontents_ des

autres ou de nous-mêmes, si c'est par la faute des autres ou par la

nôtre.

=Malentendu, Quiproquo.=—Un _quiproquo_ consiste à prendre une chose

pour une autre; un _malentendu_ vient de ce qu'on a mal compris.—Un

sourd qui n'entend pas distinctement répond à une question sur son

père, en parlant de son chien: c'est un _quiproquo_. Un ami à qui l'on

donne rendez-vous à une heure, n'arrive qu'à deux heures, parce qu'il a

mal compris: c'est un _malentendu_.

=Malfaire=, v. n., faire de méchantes actions; il n'est usité qu'à

l'infinitif: _il ne se plaît qu'à malfaire_.

=Malgré, Quoique.=—_Malgré_ est une préposition qui demande un régime

direct (un substantif, pronom, etc., mais jamais un verbe ni une

proposition);—_quoique_ est une conjonction qui ne peut pas avoir de

régime direct et qui régit toujours un verbe ou une proposition.—Ne

dites donc pas: _quoique ça_, mais _malgré ça_; ne dites pas, _malgré

qu'il soit pauvre_, mais _quoiqu'il soit pauvre_.

2. _Malgré que_ dit l'Académie, ne s'emploie qu'avec le verbe _avoir_

et dans ces sortes de phrases seulement: _malgré que j'en aie, malgré

qu'il en ait_, etc., c'est-à-dire, malgré moi, malgré lui, en dépit de

moi, en dépit de lui: _malgré qu'il en ait, nous savons son secret_,

c'est-à-dire, en dépit de lui ou _quel que soit le mal_ (mauvais) _gré

qu'il en ait_: le _que_ de _malgré que_ est donc ici pronom relatif et

complément direct de _aie, ait_, etc., et non la conjonction _que_.

=Malhonnête=, adj.—Il a deux sens différents et se dit des personnes

et des choses.—Appliqué aux choses, il se met toujours après

le substantif; avec un nom de personne, il précède ou il suit le

substantif selon le sens: _un malhonnête homme_, est un homme qui

manque d'honneur, de probité; _un homme malhonnête_ est un homme

impoli, incivil, grossier.—Voyez _honnête_.

=Malin=, adj., fait au féminin _maligne_ et non _maline_.—Ce mot

signifie proprement _méchant_, mais il peut aussi s'employer dans

le sens de _rusé, adroit_: _il est trop malin pour se laisser

attraper_.—Mais appliqué aux personnes, dans le sens de, qui a de

l'esprit, des moyens intellectuels, il n'est pas français; ne dites

donc pas: _cet enfant n'est pas malin_; dites, _cet enfant a peu

d'esprit_. (Wall.)

=Malle=, et mieux =Mallette=, s. f., se dit de l'espèce de giberne en

cuir où les écoliers serrent leurs livres, cahiers, etc.:—_couverte,

couverture, portefeuille_, ne sont pas français dans ce sens.

=Malle-poste=, s. f., voiture qui transporte les lettres et les

dépêches; le pluriel est _malles-poste_.

=Maltraiter=, _traiter mal_.—_Maltraiter_, v. a., c'est traiter

durement en paroles et en actions, ou bien faire préjudice à quelqu'un:

_il l'a maltraité de coups, de paroles; cet homme a fort maltraité

son fils dans son testament_.—_Traiter mal_ signifie, mal régaler

quelqu'un ou bien en user mal avec lui. Aux temps composés, le génie

de la langue exige que l'adverbe _mal_ passe avant le participe: _il

m'a mal traité_;—de sorte qu'à la prononciation, cette expression

peut se confondre avec celle-ci, _il m'a maltraité_.—Pour éviter

l'équivoque, il suffira d'ajouter un modificatif, tel que _bien,

fort, assez_, à l'adverbe _mal_, qui alors pourra se placer après le

participe: _il m'a traité fort mal_.

=Maman=, s. f., mère, terme enfantin: prononcez _maman_ et non

_man-man_.

=Mameluk=, s. m., cavalier égyptien: prononcez _mam'louk_.

=Mamezelle.=—Ce mot ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut

dire _mademoiselle_. Voyez ce mot.

=M'amie=, abréviation de _mon amie_; ce mot s'écrit avec une apostrophe.

=Manche.=—On dit _le manche_ pour désigner la poignée de tout

instrument, et _la manche_, quand il s'agit du vêtement du bras; dites

donc, _le manche d'un couteau, la manche d'un habit_.—Mais ne dites

pas, _le manche ou la manche du panier, de la marmite_; dites _l'anse_.

2. Ne dites pas: _je n'étais pas dans sa bonne manche_; dites, _dans

ses bonnes grâces_, ou, _je n'étais pas bien sur ses papiers, dans ses

papiers_.—L'Académie fait remarquer que _être bien, être mal sur les

papiers, dans les papiers de quelqu'un_, est une locution familière.

=Manchette, Garde-manche.=—Une _manchette_ est un ornement de

mousseline, de dentelle qui se met au bras, au poignet.—Un

_garde-manche_ ou _bout de manche_, est une fausse manche que l'on met

par-dessus la manche de l'habit, ou même de la chemise, quand on fait

un travail qui peut les salir.

=Mânes=, s. m. pl., âmes des morts: _les mânes plaintifs_ (et

non _plaintives_) _de nos ayeux_: il est masculin et n'a pas de

singulier.—Prononcez _mânes_ (_â_ long).

=Manger=, v. a.—Ne dites pas, _manger un fruit, un raisin_; dites,

_manger du fruit, du raisin_.

2. Ne dites pas, si l'on vous consulte à table sur votre goût, _je

mange tout_; ce serait annoncer un appétit de Gargantua; dites, _je

mange de tout_.

3. Ne dites pas: _nous avions dix personnes à manger_; dites,

_nous donnions à manger à dix personnes_. L'équivoque ici est

mauvaise.—Cependant on dit très-bien: _nous avions dix personnes à

dîner_.

4. Les locutions, _venez manger ma soupe, j'irai demain manger votre

soupe_, sont familières et la bonne compagnie n'en fait point usage.

=Mange-tout=, s. m., celui qui dissipe follement tout ce qu'il a, tout

ce qu'il gagne.

2. Les wallons désignent par ce mot une espèce de haricot, mais il

n'est pas français dans ce sens.

3. Le pluriel s'écrit comme le singulier: prononcez _man-ge-tout_ et

non _man-che-tout_.

=Mangeure=, s. f., endroit mangé d'une étoffe, d'un pain, etc.:

_mangeure de vers, mangeure de souris_: prononcez _manjûre_.

=Manier=, _manière, maniéré_, etc.—Prononcez ces mots comme ils sont

écrits et non _ma-gnier, ma-gnière, ma-gniéré_.—Voyez _ni_.

=Manique=, s. f., morceau de cuir que les cordonniers mettent à leur

main pour qu'elle résiste au travail; ne dites pas _manicle_.

=Manne=, s. f., nourriture que Dieu fit tomber du ciel pour nourrir

les Israélites dans le désert;—espèce de suc concret qui découle

naturellement ou par incision de certains végétaux et entre autres

du frêne à fleurs et du frêne à feuilles longues; dans ces deux

acceptions, on prononce _mâne_ (_â_ long).—L'_a_, au contraire est

bref, lorsque _manne_ désigne une espèce de panier à deux anses dont on

se sert pour mettre du linge.—Ne dites pas _mande_ (Flandr.)

=Manœuvre, Manouvrier.=—Le premier est l'homme de peine qui sert

un autre ouvrier: _le maçon ne travaille pas sans un manœuvre_;—le

second se dit de tout homme de peine travaillant au compte d'un

entrepreneur.

=Manquer=, v. a. et n.—On peut dire _manquer la messe, l'école, ses

prières_: voyez le Dictionnaire de l'Académie au mot _messe_.

2. _Manquer_, signifie aussi courir quelque risque, être sur le point

d'éprouver quelque accident: _nous avons manqué de verser; il a manqué

d'être tué_.—Il est familier. (Acad.)

=Manuel.=—Prononcez _manu-èle_ et non pas _manu-wèle_ ni _manu-éle_.

=Manufacture=, s. f.: ne dites pas _manifacture_.

=Manus= (=in=), s. m.—_Dire son in-manus_, recommander son âme à Dieu

avant de mourir: prononcez _ine-manuce_.

=Maquée=, s. f., est un mot wallon, qu'il faut rendre par _caillebotte,

fromage blanc, fromage mou_.

=Maraîcher, ère=, jardinier qui cultive un de ces terrains qu'on

appelle _marais_, où l'on fait venir des légumes, des herbages; ne

dites pas _maraîchier_.

=Maraude=, s. f., pillage clandestin des soldats; se dit aussi des

écoliers qui vont à la picorée: on dit: _aller à la maraude_ et mieux,

_en maraude_; mais on ne dit pas: _aller à maraude_, (Acad.)—Prononcez

_marau-de_ et non _marau-te_.

=Maravédis=, s. m., petite monnaie d'Espagne: prononcez _maravédi_ et

non _maravédice_, encore moins _maradévice_.

=Marbre=, s. m., pierre calcaire: prononcez _mar-bre_ et non _mar-pe_

ni _mar-bère_.

=Marc=, s. m., poids;—résidu de fruits d'herbes ou d'autres

substances pressurées;—_du marc d'huile, du marc de café_ (et non _de

la marc de café_): on ne prononce pas le _c_, mais on le fait sentir

dans _Marc_, nom d'homme;—le _c_ est muet dans la _place St-Marc_

(_mar_), _le lion de S.-Marc_ (_mar_), à Venise, _au marc_ (_mar_) _le

franc_.—Voyez _c final_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 78 / 164 题