=Malade=, adj.—Faites les deux _a_ brefs.
2. Ne dites pas: _il fait malade aujourd'hui_; dites, _il fait malsain_
ou _... étouffant_, s'il s'agit d'un temps chaud.
3. Ne dites pas non plus: _il se fait malade_; dites, _il se rend
malade_:—_se faire malade_ signifie _feindre une maladie_.
=Maladieux.=—Ce mot n'est pas français; dites, _maladif,
valétudinaire_.
=Malcomplaisant=: ce mot n'est pas français; dites, _peu complaisant_.
=Malcontent, Mécontent.=—Ces deux mots expriment le déplaisir
que nous éprouvons, lorsque quelque chose ne réussit pas au gré
de nos espérances ou de nos désirs; mais _mécontent_ dit plus
que _malcontent_, en ce sens qu'il exprime l'humeur, le dépit,
le ressentiment contre la cause de ce déplaisir.—Un maître est
_malcontent_ (peu content) d'un domestique qui le sert maladroitement;
un maître est _mécontent_ (pas du tout content, fâché contre) d'un
domestique qui le trompe, qui le vole, qui lui manque de respect, qui
fait mal son service, par négligence ou par paresse;—un domestique
est _malcontent_ d'un maître qui ne lui donne pas des gratifications
qu'il avait espérées; il en est _mécontent_, s'il ne lui paie pas
ses gages;—nous sommes _malcontents_, lorsqu'après avoir conçu un
dessein, formé un plan, le succès ne répond pas à nos espérances, sans
qu'il y ait de la faute de personne; nous sommes _mécontents_ des
autres ou de nous-mêmes, si c'est par la faute des autres ou par la
nôtre.
=Malentendu, Quiproquo.=—Un _quiproquo_ consiste à prendre une chose
pour une autre; un _malentendu_ vient de ce qu'on a mal compris.—Un
sourd qui n'entend pas distinctement répond à une question sur son
père, en parlant de son chien: c'est un _quiproquo_. Un ami à qui l'on
donne rendez-vous à une heure, n'arrive qu'à deux heures, parce qu'il a
mal compris: c'est un _malentendu_.
=Malfaire=, v. n., faire de méchantes actions; il n'est usité qu'à
l'infinitif: _il ne se plaît qu'à malfaire_.
=Malgré, Quoique.=—_Malgré_ est une préposition qui demande un régime
direct (un substantif, pronom, etc., mais jamais un verbe ni une
proposition);—_quoique_ est une conjonction qui ne peut pas avoir de
régime direct et qui régit toujours un verbe ou une proposition.—Ne
dites donc pas: _quoique ça_, mais _malgré ça_; ne dites pas, _malgré
qu'il soit pauvre_, mais _quoiqu'il soit pauvre_.
2. _Malgré que_ dit l'Académie, ne s'emploie qu'avec le verbe _avoir_
et dans ces sortes de phrases seulement: _malgré que j'en aie, malgré
qu'il en ait_, etc., c'est-à-dire, malgré moi, malgré lui, en dépit de
moi, en dépit de lui: _malgré qu'il en ait, nous savons son secret_,
c'est-à-dire, en dépit de lui ou _quel que soit le mal_ (mauvais) _gré
qu'il en ait_: le _que_ de _malgré que_ est donc ici pronom relatif et
complément direct de _aie, ait_, etc., et non la conjonction _que_.
=Malhonnête=, adj.—Il a deux sens différents et se dit des personnes
et des choses.—Appliqué aux choses, il se met toujours après
le substantif; avec un nom de personne, il précède ou il suit le
substantif selon le sens: _un malhonnête homme_, est un homme qui
manque d'honneur, de probité; _un homme malhonnête_ est un homme
impoli, incivil, grossier.—Voyez _honnête_.
=Malin=, adj., fait au féminin _maligne_ et non _maline_.—Ce mot
signifie proprement _méchant_, mais il peut aussi s'employer dans
le sens de _rusé, adroit_: _il est trop malin pour se laisser
attraper_.—Mais appliqué aux personnes, dans le sens de, qui a de
l'esprit, des moyens intellectuels, il n'est pas français; ne dites
donc pas: _cet enfant n'est pas malin_; dites, _cet enfant a peu
d'esprit_. (Wall.)
=Malle=, et mieux =Mallette=, s. f., se dit de l'espèce de giberne en
cuir où les écoliers serrent leurs livres, cahiers, etc.:—_couverte,
couverture, portefeuille_, ne sont pas français dans ce sens.
=Malle-poste=, s. f., voiture qui transporte les lettres et les
dépêches; le pluriel est _malles-poste_.
=Maltraiter=, _traiter mal_.—_Maltraiter_, v. a., c'est traiter
durement en paroles et en actions, ou bien faire préjudice à quelqu'un:
_il l'a maltraité de coups, de paroles; cet homme a fort maltraité
son fils dans son testament_.—_Traiter mal_ signifie, mal régaler
quelqu'un ou bien en user mal avec lui. Aux temps composés, le génie
de la langue exige que l'adverbe _mal_ passe avant le participe: _il
m'a mal traité_;—de sorte qu'à la prononciation, cette expression
peut se confondre avec celle-ci, _il m'a maltraité_.—Pour éviter
l'équivoque, il suffira d'ajouter un modificatif, tel que _bien,
fort, assez_, à l'adverbe _mal_, qui alors pourra se placer après le
participe: _il m'a traité fort mal_.
=Maman=, s. f., mère, terme enfantin: prononcez _maman_ et non
_man-man_.
=Mameluk=, s. m., cavalier égyptien: prononcez _mam'louk_.
=Mamezelle.=—Ce mot ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut
dire _mademoiselle_. Voyez ce mot.
=M'amie=, abréviation de _mon amie_; ce mot s'écrit avec une apostrophe.
=Manche.=—On dit _le manche_ pour désigner la poignée de tout
instrument, et _la manche_, quand il s'agit du vêtement du bras; dites
donc, _le manche d'un couteau, la manche d'un habit_.—Mais ne dites
pas, _le manche ou la manche du panier, de la marmite_; dites _l'anse_.
2. Ne dites pas: _je n'étais pas dans sa bonne manche_; dites, _dans
ses bonnes grâces_, ou, _je n'étais pas bien sur ses papiers, dans ses
papiers_.—L'Académie fait remarquer que _être bien, être mal sur les
papiers, dans les papiers de quelqu'un_, est une locution familière.
=Manchette, Garde-manche.=—Une _manchette_ est un ornement de
mousseline, de dentelle qui se met au bras, au poignet.—Un
_garde-manche_ ou _bout de manche_, est une fausse manche que l'on met
par-dessus la manche de l'habit, ou même de la chemise, quand on fait
un travail qui peut les salir.
=Mânes=, s. m. pl., âmes des morts: _les mânes plaintifs_ (et
non _plaintives_) _de nos ayeux_: il est masculin et n'a pas de
singulier.—Prononcez _mânes_ (_â_ long).
=Manger=, v. a.—Ne dites pas, _manger un fruit, un raisin_; dites,
_manger du fruit, du raisin_.
2. Ne dites pas, si l'on vous consulte à table sur votre goût, _je
mange tout_; ce serait annoncer un appétit de Gargantua; dites, _je
mange de tout_.
3. Ne dites pas: _nous avions dix personnes à manger_; dites,
_nous donnions à manger à dix personnes_. L'équivoque ici est
mauvaise.—Cependant on dit très-bien: _nous avions dix personnes à
dîner_.
4. Les locutions, _venez manger ma soupe, j'irai demain manger votre
soupe_, sont familières et la bonne compagnie n'en fait point usage.
=Mange-tout=, s. m., celui qui dissipe follement tout ce qu'il a, tout
ce qu'il gagne.
2. Les wallons désignent par ce mot une espèce de haricot, mais il
n'est pas français dans ce sens.
3. Le pluriel s'écrit comme le singulier: prononcez _man-ge-tout_ et
non _man-che-tout_.
=Mangeure=, s. f., endroit mangé d'une étoffe, d'un pain, etc.:
_mangeure de vers, mangeure de souris_: prononcez _manjûre_.
=Manier=, _manière, maniéré_, etc.—Prononcez ces mots comme ils sont
écrits et non _ma-gnier, ma-gnière, ma-gniéré_.—Voyez _ni_.
=Manique=, s. f., morceau de cuir que les cordonniers mettent à leur
main pour qu'elle résiste au travail; ne dites pas _manicle_.
=Manne=, s. f., nourriture que Dieu fit tomber du ciel pour nourrir
les Israélites dans le désert;—espèce de suc concret qui découle
naturellement ou par incision de certains végétaux et entre autres
du frêne à fleurs et du frêne à feuilles longues; dans ces deux
acceptions, on prononce _mâne_ (_â_ long).—L'_a_, au contraire est
bref, lorsque _manne_ désigne une espèce de panier à deux anses dont on
se sert pour mettre du linge.—Ne dites pas _mande_ (Flandr.)
=Manœuvre, Manouvrier.=—Le premier est l'homme de peine qui sert
un autre ouvrier: _le maçon ne travaille pas sans un manœuvre_;—le
second se dit de tout homme de peine travaillant au compte d'un
entrepreneur.
=Manquer=, v. a. et n.—On peut dire _manquer la messe, l'école, ses
prières_: voyez le Dictionnaire de l'Académie au mot _messe_.
2. _Manquer_, signifie aussi courir quelque risque, être sur le point
d'éprouver quelque accident: _nous avons manqué de verser; il a manqué
d'être tué_.—Il est familier. (Acad.)
=Manuel.=—Prononcez _manu-èle_ et non pas _manu-wèle_ ni _manu-éle_.
=Manufacture=, s. f.: ne dites pas _manifacture_.
=Manus= (=in=), s. m.—_Dire son in-manus_, recommander son âme à Dieu
avant de mourir: prononcez _ine-manuce_.
=Maquée=, s. f., est un mot wallon, qu'il faut rendre par _caillebotte,
fromage blanc, fromage mou_.
=Maraîcher, ère=, jardinier qui cultive un de ces terrains qu'on
appelle _marais_, où l'on fait venir des légumes, des herbages; ne
dites pas _maraîchier_.
=Maraude=, s. f., pillage clandestin des soldats; se dit aussi des
écoliers qui vont à la picorée: on dit: _aller à la maraude_ et mieux,
_en maraude_; mais on ne dit pas: _aller à maraude_, (Acad.)—Prononcez
_marau-de_ et non _marau-te_.
=Maravédis=, s. m., petite monnaie d'Espagne: prononcez _maravédi_ et
non _maravédice_, encore moins _maradévice_.
=Marbre=, s. m., pierre calcaire: prononcez _mar-bre_ et non _mar-pe_
ni _mar-bère_.
=Marc=, s. m., poids;—résidu de fruits d'herbes ou d'autres
substances pressurées;—_du marc d'huile, du marc de café_ (et non _de
la marc de café_): on ne prononce pas le _c_, mais on le fait sentir
dans _Marc_, nom d'homme;—le _c_ est muet dans la _place St-Marc_
(_mar_), _le lion de S.-Marc_ (_mar_), à Venise, _au marc_ (_mar_) _le
franc_.—Voyez _c final_.