=Lierre=, s. m., plante; prononcez _lière_ (_iè_ diphth.)
=Liesse=, s. f., joie; prononcez _li-èce_;—ce mot est vieux, dit
l'Académie.
=Lieu.=—Les locutions, _donner lieu, trouver lieu, avoir lieu, y
avoir lieu_, demandent la préposition _à_ devant un substantif et la
préposition _de_ devant un infinitif: _je n'ai pas donné lieu à votre
colère; j'ai lieu de_ (et non _à_) _me plaindre de vous_.
=Lieu-dit.=—Cette expression prend le trait d'union toutes les fois
qu'elle ne peut pas se remplacer par les mots _lieu nommé_; ainsi il
faut écrire: _cette pièce de terre est située à lieu dit_ (nommé)
_derrière-la-ville_; tandis que vous écrirez: _cette parcelle est
située à tel lieu-dit_.
=Lieue=, s. f.: voyez _heure_.
=Ligature=, s. f.—Ne dites pas: _la ligature d'un livre_, mais, _la
reliure d'un livre_.
=Ligne=, s. f.—Ne dites pas: _une étoffe à ligne_, mais, _une étoffe
rayée_.
2. Ne dites pas: _peignez cet enfant, et faites-lui sa ligne sur le
côté_, dites, _sa raie_.—La _raie_ est un trait tiré de long avec une
plume, un crayon, etc.; il se dit aussi d'une certaine séparation de
cheveux qui se fait naturellement ou avec le peigne sur le haut de la
tête. (Acad.)
=Ligner.=—Ne dites pas: _ligner du papier_ (tirer des lignes); dites,
_règler du papier; cahier règlé_.
=Ligneul=, s. m., =ligneux=, adj. et subst.—Le _ligneul_ est un fil
enduit de poix dont se servent les cordonniers; _ligneux_ signifie
qui a la nature ou la consistance du bois: _la coque de la noix est
ligneuse_: prononcez _li-gneux_ et non _ligh-neux_ (_g_ dur).
=Lilas=, s. m., arbuste, fleur: prononcez _lilà_.
=Limace=, s. f., ou =Limas=, s. m.; mollusque rampant, sans
coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement
rougeâtre.—_Limaçon_, s. m., diffère de la limace et du limas en
ce qu'il porte une coquille; ne dites pas: _ce jardin est rempli de
limaçons_; dites, _de limaces_;—les wallons sont exposés à confondre
ces mots.
=Limon, Timon.=—Le _limon_ est une des deux pièces de devant d'une
charrette ou d'un cabriolet entre lesquelles se place le cheval;—le
_timon_ est la pièce de bois de devant d'un carrosse, d'un chariot, des
deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.
=Linceul=, s. m.—Prononcez ce mot comme il est écrit, _linceul_ et
non _linceuille_ (_l_ mouillée);—il ne se dit que du drap de toile
dont on se sert pour ensevelir les morts.—Ne dites donc pas: _mettez
des linceuls au lit de monsieur_; dites, _mettez des draps au lit..._
Dans cette acception on dit _drap_ et quelquefois _drap de lit_.
=Linéaire=, adj., qui a rapport aux lignes; prononcez _liné-aire_ et
non _liné-iaire_ ni _lignéaire_.
=Linger, ère=, s., celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend,
qui fait du linge, qui travaille en linge.—Ce mot ne s'emploie pas
dans le sens de blanchisseuse, lavandière, laveur, euse, repasseuse.
=Lingerie=, s. f.—On dit _un magasin de lingerie_ et non _de
lingeries_.
=Lingual, ale=, adj., qui a rapport à la langue; prononcez
_lingoual_.—Le masculin _lingual_ n'a pas de pluriel.
=Linguistique=, s. f., science des langues; _linguiste_, qui s'occupe
de la linguistique;—prononcez _lingu-ïs-tique, lingu-ïste_ (_ui_
diphth.) et non _lingouistique, lingouiste_ ni _linghistique,
linghisse_.
=Linteau, Liteau.=—Le _linteau_ est une pièce de bois, de pierre ou
même de fer en travers, au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre pour
maintenir la maçonnerie;—le _liteau_ est une petite pièce de bois
couchée sur une autre; en terme de chasse, c'est le lieu où le loup
se repose pendant le jour; c'est aussi une raie rouge ou bleue sur du
linge de table, et dans cette acception on ne l'emploie guère qu'au
pluriel: _serviette à liteaux_ (et non _à linteaux_).
=Lion=, _lionne, lionceau_.—Plusieurs auteurs disent que _ion_ est
diphthongue; nous ne saurions nous ranger à cette opinion; et nous
continuerons a prononcer, comme on le fait généralement: _li-on,
li-onne, li-on-ceau_.
=Lippe=, s. f., la lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou
trop avancée: _avoir une grosse lippe, une vilaine lippe_; ce mot est
familier.
=Lippée=, s. f., bouchée et repas;—dans ce dernier cas, il est
toujours accompagné de _franche_: _une franche lippée_.
=Lippu, ue=, adj., qui a une grosse lèvre: _les nègres sont lippus_; ce
mot est familier.—Il s'emploie plus ordinairement comme substantif:
_c'est un gros lippu_. (Acad.)
=Liquéfaction=, s. f., action de liquéfier; prononcez _liku-éfaction_
et non _likouéfaction_ ni _likéfaction_.
=Liquide=, _liqueur, liquoriste, liquéfier, liquider, liquidateur_:
—prononcez _likide, likeur, likoriste, likéfier, likider, likidateur_.
=Lire.=—Ne dites pas: _j'ai lu hors d'un livre, hors du journal_;
dites, _j'ai lu dans un livre, dans un journal_. (Fland.)
2. Ne dites pas non plus: _j'ai lu sur la gazette, j'ai lu sur le
journal, sur la feuille_, etc.; dites, _j'ai lu dans la gazette, dans
le journal, dans la feuille, dans la revue, dans l'almanach, dans les_
ou _aux annonces du journal_, etc. (Wall.)
=Lis= (et non _lys_), s. m., plante bulbeuse qui porte des fleurs à six
pétales; prononcez _lice_ même devant une consonne, _lis_ (_lisse_)
_blanc, lis_ (_lisse_) _bleu_, etc.
2. _Fleur de lis_, terme d'armoiries: _écu semé de fleurs de lis_; dans
ce cas on prononce _li_ sans faire sentir l'_s_.
3. Poétiquement, _les lis_ se disait autrefois de la France: _l'empire
des lis, le trône des lis_; dans ce sens on prononce _lice_.
=Liseré=, s. m., petite bordure faite sur une étoffe ou à un habit, un
gilet, avec un ruban uni ou brodé; ne dites pas _liseret_.
=Liseur.=—Voyez _lecteur_.
=Lisé-je, dormé-je=, grossier barbarisme; dites, _est-ce que je lis,
est-ce que je dors?_
=Lisse=, adj. des deux genres, uni, poli: _une étoffe lisse, du papier
lisse_.
=Lit de camp, Lit de sangles.=—_Le lit de camp_ est un petit lit dont
le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement; il
se dit aussi d'une espèce de couchette formée de planches inclinées,
qui sert de lit dans un corps de garde.—_Le lit de sangles_ est un
lit fait de sangles, et quelquefois d'un morceau de coutil attaché à
deux longues pièces de bois soutenues par des pieds ou jambages qui se
croisent.—Comme on le voit, c'est à tort que l'on désigne, par _lit
de camp_, un _lit de sangles_.
=Litanies=, s. f. pl., prière faite en l'honneur de Dieu, de la
Ste-Vierge et des saints, et composée d'une série d'invocations; dans
ce sens il ne s'emploie pas au singulier: _les litanies de tous les
saints, de belles litanies_.—_Litanie_, au singulier, se dit d'une
énumération longue et ennuyeuse: _il nous a fait une longue litanie de
ses peines, de ses plaintes_.
=Liteau=: voyez _linteau_.
=Litre=, s., unité de mesure de capacité, est masculin: _un litre de
bière_; prononcez _li-tre_ et non _lite, litère_.
=Littéral, ale=, adj., qui est selon la lettre, conformé à la lettre:
_traduction littérale_.—L'Académie ne donne point de pluriel
masculin; Trévoux, Laveaux, Fabre, l'abbé d'Olivet et Boinvillers
disent, _des commentaires littéraux_.
=Livrance, Livrement=, action de livrer une chose vendue, ne sont
pas français; il faut dire _livraison_: _j'ai fait une livraison
de six pièces de toile; je dois faire demain une livraison à tel
correspondant_.
=Livre=, ancienne mesure remplacée aujourd'hui par le franc, est
féminin: _une livre tournois_.
2. _Livre._—On dit _un livre de prières_ et non _un livre à prières_.
(Acad.)—Prononcez _livre_ et non _life_ ni _livère_. Voyez _lire_ et
_prière_.
=Ll= _mouillées_: voyez _l_.
=Llama=, et mieux =lama=, s. m., quadrupède ruminant du Pérou;
l'Académie dit qu'on mouille les deux _ll_ dans _llama_.
=Llation, Llaire=, finales où les _ll_ sont rarement mouillées.
=Locataire, Propriétaire.=—Le _locataire_ est celui qui tient à
loyer une maison, un jardin, etc.; le _propriétaire_ est celui à qui
appartient l'objet loué. Prononcez _locatère, propriétère_ et non
_locatére, propriétére_.
=Locatis=, s. m., mauvais cheval de louage; prononcez _locatice_.
=Loch=, s. m., instrument pour mesurer la vitesse du navire; prononcez
_loke_.
=Locomotive=, s. f., remorqueur des chemins de fer; prononcez
_locomoti-ve_ et non _locomoti-fe_.
=Lof=, s. m., t. de marine, le côté que le navire présente au vent: _ce
vaisseau va au lof; venir au lof_.—_Lofer_, signifie venir au lof.
=Loger=, v. neutre dans le sens d'habiter, de demeurer dans une
maison.—Il est _actif_, dans le sens de donner le logement à
quelqu'un.—Avec le pron. personnel, _se loger_ signifie, prendre un
logement, disposer un logement.
=Logeur=, _logeuse_, celui ou celle qui tient des chambres garnies pour
les ouvriers et les gens de la classe pauvre; il ne se dit pas de la
personne qui loge dans ces chambres garnies.
=Logis=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai été demander à logis dans cet
hôtel_; dites, _j'ai été demander à loger_ ou _le logement dans cet
hôtel_.
2. Ne dites pas non plus: _je suis au logis dans cette auberge_; dites,
_je loge dans cette auberge_.—Prononcez _logi_ et non _logice_.
3. Ne dites pas: _estaminet et logement_; dites, _logis_: le _logis_
est une maison où on loge; _logement_ se dit du lieu où on loge et
plus particulièrement du domicile habituel, du lieu où l'on habite
ordinairement.—Prononcez _lo-jeman_ et non _lo-cheman_.
=Loin.=—La locution, _bien loin s'en faut_, n'est pas française; il
faut dire, _tant s'en faut, loin de là_: _vous me demandez si j'ai
gagné au jeu, tant s'en faut qu'au contraire_.
2. De _loin à loin_, se dit de la distance: _ces arbres sont plantés
de loin à loin_;—_de loin en loin_, se dit du temps: _il ne nous
vient voir que de loin en loin_. Cependant, dans le langage ordinaire,
on ne tient pas toujours compte de cette différence et l'on emploie
une locution pour l'autre.—Prononcez _loain_ (_oin_ diphth.) et non
_loan_.
=Long=, adj., ne se dit pas de la taille; ne dites pas: _cet homme est
long_; dites, _cet homme est grand_ ou _de grande taille_. (Fland.)
2. _Long_, pour _lent_, tardif, se dit très-bien: _dépêchez, que vous
êtes long; il est long à tout ce qu'il fait; les vieillards sont longs
en tout; ces arbres sont longs à pousser, à croître_.—Mais il ne peut
pas s'employer pour _loin_: _il y a loin d'ici à Rome_, et non, _il y a
long..._
3. Ne dites pas: _les fruits verts rendent_ ou _font les dents longues;
j'ai mangé du fruit vert, j'ai les dents longues_; dites, _les fruits
verts agacent les dents, j'ai les dents agacées_.—_Avoir les dents
longues, bien longues_, signifie être affamé après avoir été longtemps
sans manger. (Wall.)
4. Ne dites pas: _j'ai le temps long; j'ai le temps long de le voir
arriver_; dites, _le temps me paraît long, je m'ennuie, je suis
impatient, il me tarde de le voir arriver; il me dure de..._
5. _Prendre le plus long, son plus long_, c'est aller en quelque lieu
par le plus long chemin: _vous êtes venu ici par telle rue, vous avez
pris le plus long; c'est le plus long de beaucoup; c'est votre plus
long_.—Il signifie aussi, figurément, se servir des moyens les moins
propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.
6. _Le long, tout le long, tout du long, au long, tout le long de, tout
du long de_, locutions adverbiales; ne dites pas _tout de long_.
=Longtemps=, adv., s'écrit en un mot et sans trait d'union.
2. Ne dites pas: _il est longtemps_ ou _déjà longtemps arrivé_;
dites, _il est arrivé depuis longtemps_, ou, _il y a longtemps, déjà
longtemps qu'il est arrivé_;—ne dites pas: _il demeure longtemps à
Bruxelles; je suis ici longtemps_; dites, _il demeure depuis longtemps
à Bruxelles; je suis ici depuis longtemps_, ou bien, _il y a longtemps
qu'il demeure..., que je suis ici_. (Fland.)
=Loquace, Loquacité=: prononcez _lokouace, lokouacité_, et non,
_lokace, lokacité_ ni _lokuace, lokuacité_.
=Loque=, s. f., pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et
déchirée: _cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques_.