=Greffe=, s., petite branche pour greffer, est _féminin_: une belle
greffe de pommier.—_Greffe_, lieu d'un tribunal où sont déposées les
minutes des jugements, des arrêts, etc., est _masculin_: _les pièces
sont au greffe_.
2. _Greffe_, petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants qui
apprennent à lire, touchent les lettres qu'ils veulent épeler; ce mot
est wallon;—en français on dit _touche_.
=Grelot, Grelotter=: prononcez, _grelot, grelotter_ (_e_ muet) et non
_grèlot, grèlotter_.
=Grenade.=—Ne nommez pas ainsi les petites écrevisses de mer qu'on
colporte aux estaminets; dites, _chevrette_ et mieux _crevette_.
=Grenier=: écrivez et prononcez _grenier_ (_e_ muet) et non _grènier_
ni _gregnier_.—Dites _au grenier_ et non _sur le grenier_.
=Grenouille=, s. f.: prononcez _grenouille_ (_e_ muet et _ll_
mouillées) et non _grènouille_.
=Grésil=, s. m., menue gelée: prononcez _grésile_.
=Grève= ou =Gravelle=, gros sable mêlé de fort petits cailloux, de
fort petites pierres, sont des barbarismes qu'il faut rendre par
_gravier_: _il n'y a pas de terre franche en cet endroit-là, ce n'est
que du gravier_.—_Grève_, s. f., signifie proprement un lieu plat et
uni, couvert de gravier, de sable, le long de la mer ou d'une grande
rivière: _les vagues se déploient sur la grève; la grève était couverte
de débris_.—_La Grève_ se dit, à Paris, d'une place publique qui
est située sur le bord de la Seine et où l'on faisait autrefois les
exécutions.
=Gribouillette=, s. f., jeu d'enfants; on dit _jeter une chose à la
gribouillette_, c'est-à-dire la jeter au milieu d'une troupe d'enfants
qui cherchent à s'en saisir.
=Grière.=—Ne dites pas: _du fromage de grière_, mais du fromage de
_Gruyère_ (ville de Suisse).
=Grièveté=, s. f., énormité: prononcez _grièv'té_ et non _grièf'té_.
=Griffer=, v. n.—Ne dites pas: _le chat m'a griffé_; dites, _le chat
m'a égratigné_.—_Griffer_ signifie, prendre avec la griffe: _les
oiseaux qui griffent sont le perroquet_, etc.
=Griffon.=—Ne dites pas un _griffon_, pour indiquer une écriture mal
formée qu'on lit difficilement; dites _un griffonnage_.
=Grignon=, est le côté jaune et doré de la croûte du pain; ne dites pas
_grignot_ ni _grignotte_.
=Gril, Grille.=—Les _ll_ de ces mots sont mouillées, cependant
_gril_, dans le langage familier, se prononce _gri_. (Acad.)—_Le gril_
(masculin) est un ustensile de cuisine sur lequel on fait rôtir de la
viande, du poisson, etc.: _mettre du boudin sur le gril_.—_La grille_
est formée de plusieurs barreaux de bois ou de fer se traversant les
uns les autres pour empêcher qu'on ne passe par une fenêtre, par une
ouverture;—_grille_ signifie aussi des barres de fer sur lesquelles on
place le charbon dans un fourneau, dans un poêle au-dessus du cendrier.
=Grillon=, espèce de cigale à chant monotone; ne dites pas _criquillon_
ni _criquion, crition_.
=Gringalet=, s. m., homme faible, débile, sans force; ce mot est
français: _ce n'est qu'un gringalet_.
=Grippe=, s. f.—_Prendre quelqu'un en grippe_, ou _se prendre de
grippe contre quelqu'un_, se prévenir défavorablement contre lui, sans
pouvoir rendre raison de sa prévention.—Ces deux locutions sont
françaises; la première était seule admise autrefois.
=Gripper=, attraper, saisir subitement; ce mot est français: _ce chat a
grippé un morceau de viande; il a grippé la souris à la sortie du trou;
on lui a grippé sa bourse_; on dit aussi _griffer_.
=Grogner=, v. n., gronder, gourmander, murmurer, réprimander; ce mot
est français: _il ne cesse de grogner après moi_.
=Grognon=, adj., qui grogne actuellement ou qui a l'habitude de
grogner; les vrais mots sont _grogneur_ et _grognard_; mais le mot
_grognon_ est aujourd'hui fort usité et admis par l'Académie comme un
adjectif des deux genres. Voyez _groin_.
=Groin=, museau du cochon, ne dites pas _grognon_.
=Gros.=—_Donner gros, valoir gros_, sont des expressions triviales
et qu'il faut éviter d'employer; dites donc: _cette charge doit
lui valoir, lui rapporter beaucoup_ et non, _cette charge doit lui
valoir gros_. Dites encore: _je donnerais beaucoup pour avoir de
l'instruction_, et non, _je donnerais gros..._
=Grossier=, _impoli, rustique_: voyez _rustique_.
=Groom=, s. m., petit laquais; prononcez _groûme_.
=Grouiller, Grouillement=: _le ventre lui grouille; grouillement des
intestins_: ne dites pas, _grouler, groulement_.
=Gruger=, dans le sens de tromper, n'est pas français.
=Gruyère= (_fromage de_).—_Gruyère_ est une petite ville de Suisse
d'où ce fromage a tiré son nom. Ne dites pas _fromage de Gruère_ ni _de
Grière_.
=Gu= et =Guë= sont sonores à la fin des mots, mais ces deux
terminaisons ne comprennent que les cinq masculins _aigu, ambigu,
contigu, exigu, zagu_, les six féminins _aiguë, ambiguë, ciguë,
contiguë, exiguë, besaiguë_ ou _besaguë_, et le verbe _j'arguë_.
—L'Académie met le tréma sur l'_e_ et non sur l'_u_.
2. _Gu_ est également sonore, et fait diphthongue avec la voyelle
suivante dans _aiguille_ et ses dérivés, _aiguillon_ et ses dérivés,
_aiguillade_ (mais non _aiguillat_, terme d'histoire naturelle),
_aiguiser, aiguisement, ambiguïté, contiguïté, exiguïté, arguez, nous
arguons, vous arguez_, etc.—Ajoutez _consanguinité, sanguinification_
(mais non _sanguin, sanguinaire, sanguinolent, sanguine_ qui ont l'_u_
muet et où l'on ne fait entendre qu'un _g_ dur), _inextinguible,
linguiste, linguistique, onguiculé, Guise_ (nom propre).—Il faut
prendre garde cependant de prononcer dans ces mots _gui_ comme _goui_;
on évitera ce défaut en s'exerçant d'abord à appuyer fortement sur
l'_u_ et à le séparer en quelque sorte de la voyelle suivante; plus
tard on rétablira la diphthongue.
3. Dans tous les autres mots, _gu_ a la valeur d'un _g_ dur et l'_u_ ne
se fait pas sentir: _anguille, guérir, gui, guignon, guichet, guise_,
etc.
=Guenille, Guenipe.=—Une _guenille_ est un haillon, un chiffon;—une
_guenipe_ ou _guinche_ est une femme malpropre: _cet homme ne porte
que des guenilles; cette femme est une franche guenipe_.—Prononcez
_guenille_, (_ll_ mouillées), _guenipe_ (_e_ muet) et non _guènille,
guè-nipe_.
=Guère=, ou =Guères=, adv.—On n'écrit _guères_ (_s_) que dans les vers,
lorsqu'il est nécessaire à la rime ou à la mesure.
2. _Guère_ est toujours accompagné de la négation; dites donc: _il ne
s'en est guère fallu_, et non, _il s'en est guère fallu_.—Quoique
l'on dise: _il s'en faut de beaucoup_, on ne peut pas dire pourtant:
_il ne s'en faut de guère_: dites, _il ne s'en faut guère_.
=Guêtre=, s. f., sorte de chaussure qui couvre la jambe: prononcez
_guê-tre_ et non _guette_; dites _se guêtrer_, mettre des guêtres, et
non _se guetter_.
=Guette.=—Ne dites pas: _ce chien est de bonne guette_, mais _de bon
guet_.
=Gueule=, s. f., la bouche de certains quadrupèdes carnassiers et
de plusieurs poissons. On dit la _gueule_ d'un chien, d'un loup,
d'un lion, d'un crocodile, d'un requin, etc.—La _gueule_ est une
grande bouche d'animal carnassier, armée de fortes dents: voyez
_bouche_.—Prononcez _gueule_ et non _gueuille_.
=Gueuler, Gueulard=, termes bas; dites _criailler, criailleur_.
=Gueusard=, coquin, est populaire. (Acad.)
=Gueux=, adj., nécessiteux, indigent, mendiant; il signifie quelquefois
aussi coquin, fripon: _ne vous fiez pas à cet homme-là, c'est un gueux_.
=Gui=, s. m., plante parasite qui naît sur les branches de certains
arbres, du poirier, du pommier, de l'aubépine, du chêne, du peuplier,
etc.: _le gui donne de la glu_.—Prononcez _ghi_ (_g_ dur) et non
_gu-i_: voyez _gu_.
=Guide=, celui qui guide, qui conduit, est masculin;—_guide_, rêne,
est féminin: _la guide du côté droit_.—Prononcez _ghi-de_ et non
_gu-ide_ ni _ghi-te_; mais dans _le Guide_, nom de peintre, _gui_ fait
dipthongue.
=Guignonnant=, adj.: _perdre cinq parties de suite, c'est guignonnant_
(c'est du guignon, du malheur, c'est contrariant). Ce mot figure dans
les dictionnaires et est d'un fréquent usage au jeu.—Ne dites pas:
_guignon guignolant_, mais _guignon guignonnant_.
=Guinée=, s. f., monnaie d'Angleterre, pièce de 25 francs: prononcez
_ghinée_ et non _gu-inée_.
=Gutta-percha=, gomme résineuse: prononcez _gutta-perka_; ce mot est
féminin: _de la gutta-percha_. (POITEVIN).
=Guttural=, adj., qui appartient au gosier: on prononce les deux _t_.
H
=H.=—L'_h_ est muette ou aspirée. Elle est _muette_, quand elle ne se
prononce pas, comme dans _l'homme, l'histoire, adhérer, inhumer_, qu'on
prononce comme s'il y avait _l'omme, l'istoire, adérer, inumer_. Elle
est _aspirée_, quand elle se prononce un peu du gosier, comme dans _le
héros, la haine, les hiboux_.—Cependant on peut aussi ne pas faire
sentir l'_h_ aspirée et dire: _le éros, la aine, les iboux_. Cette
prononciation est préférable, mais il faut éviter dans ce cas de faire
l'_élision_ de la voyelle ou la _liaison_ de la consonne qui la précède
avec la voyelle qui la suit: ainsi vous ne direz pas _l'éros, l'aine,
lè-ziboux_, mais _le éros, la aine, lè iboux_.—L'usage seul peut
servir de guide pour distinguer ces deux sortes d'_h_; dans le doute,
il faut avoir soin de recourir au dictionnaire; cette recommandation
est d'autant plus importante, surtout pour les étrangers, que l'erreur
ici prêterait souverainement au ridicule.—Dans notre _Dictionnaire_,
l'astérisque * indique que l'_h_ est _aspirée_.
=Habile=, adj.—Il régit la préposition _à_ devant un infinitif et les
prépositions _en_ ou _dans_ devant un nom: _habile à manier le pinceau;
habile dans les affaires, habile en affaires_.
2. _Habile_, signifie capable, intelligent, adroit, savant: _un
ouvrier habile, un avocat habile, un habile général_; on le dit
quelquefois en mauvaise part: _il est habile à tromper; c'est un habile
fripon_.—_Habile_ signifie aussi, en terme de jurisprudence, qui est
capable ou qui a droit de faire une chose: _être habile à succéder_.
3. _Habile_ se dit aussi populairement pour _diligent, expéditif_: _ce
copiste est habile, il aura bientôt écrit ce mémoire_. (Acad.)
4. Mais _habile_ (ou _habïe, abïe_) ne peut jamais s'employer
adverbialement dans le sens de _vite_: _accourez habile; allez habile;
habile! habile!_ dites, _accourez vite; allez vite; vite! vite!_
(Wall.) Prononcez _abile_ et non _abille_ (_ll_ mouillées).
=Habileté= et =Habilité.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots;
l'_habileté_ est la qualité de ce qui est habile, le talent, le savoir,
la capacité, l'intelligence.—_Habilité_ n'est guère en usage que
comme terme de jurisprudence et dans cette locution, _habilité à
succéder_ (aptitude à). (Acad.)
=Habiller= _de neuf_: voyez _neuf_.
=Habit.=—Ce mot indique plus spécialement un vêtement d'homme; en
parlant d'une femme, employez le mot _vêtement, robe, jupe_, etc.:
_maman a mis sa plus belle robe_, et non, _son plus bel habit_.
2. _Un nouvel habit_, est un habit différent de celui que l'on vient de
quitter; _un habit nouveau_ est un habit de nouvelle mode.
*=Hache.=—L'_h_ est aspirée ainsi que dans tous les mots dérivés,
_hacher, hachette, hachis_, etc.—Prononcez _ha-che_ et non _hage_.
*=Haie=, s. f., clôture d'épines, de ronces, etc.; prononcez _haî_
(_aî_ long) et non _hai-ïe_.
*=Haïe=, interj., cri pour animer les chevaux: prononcez _ha-î_ (deux
syll.)
*=Haine=, _haïr, haïssable, haineux_.—Dites, _je hais, tu hais,
il hait, hais_ (impératif) et non, _je haïs, tu haïs, il haït,
haïs_.—Partout ailleurs écrivez et prononcez _ha-ïr, ha-ï, ha-ïssais_,
etc.
*=Haire= et =Hère=.—_Haire_, s. féminin, est une espèce de petite
chemise rude que l'on met sur la peau par esprit de mortification:
_revêtir la haire et le cilice_.
2. _Hère_, s. masculin, se dit par dérision d'un homme sans
considération, sans fortune, sans mérite; on ne l'emploie guère que
dans la locution: _pauvre hère; c'est un pauvre hère_. (Acad.)
=Hakcelle=, n'est pas français; dites _paille hachée_ (à l'aide du
_hache-paille_).
=Haleine, Alène.=—L'_haleine_ est le souffle de la respiration;
l'_alène_ est un instrument de cordonnier.
*=Haleter=, être hors d'haleine.
*=Halo=, s. m., cercle lumineux autour des astres.
*=Halte=, s. f. et interj.—Prononcez _halte_ et non _hale_.
*=Hamac=, s. m., lit suspendu dans les navires: prononcez _hamaque_.
=Hameçon=, s. masculin, crochet pour prendre les poissons; l'_h_ est
muette: _prendre du poisson à l'hameçon_.
*=Han=, s. m., terme populaire pour exprimer le bruit sourd que fait un
homme qui frappe un coup avec effort.
*=Hanche=, s. f., partie du corps où tient la cuisse; prononcez
_han-che_ et non _han-ge_.
*=Hanneton=, s. m.:—l'_h_ est aspirée: _les enfants font la guerre
aux hannetons_.
*=Happelopin=, est un mot français qui signifie valet fripon et
gourmand.
*=Happer=, se dit proprement d'un chien, lorsqu'il prend avidement
avec la gueule ce qu'on lui jette: _on lui jeta un morceau et il le
happa_.—Il signifie figurément et familièrement, attraper, saisir,
surprendre à l'improviste: _il s'est laissé happer par les huissiers;
les gendarmes l'ont happé_.—Mais il ne signifie jamais _voler_ comme
en wallon.
*=Haquet=, s. m., espèce de charrette longue et étroite, sans
ridelles, qui sert surtout à voiturer des tonneaux: _un haquet de
brasseur_;—_haquetier_ est le conducteur du haquet.
*=Hardes=, s. f. pl., tout ce qui est nécessaire pour l'habillement; il
n'a pas de singulier.
*=Hardi=, _hardiesse, hardiment_, etc.: l'_h_ est aspirée.
*=Hareng=, (le _g_ ne se prononce pas), _harengaison, harengère,
harangade, haranguière_; l'_h_ est aspirée dans tous ces mots.
*=Haricot= (le _t_ ne se prononce pas): ne dites pas _des zaricots_,
mais _des haricots_ (_h_ aspirée).
*=Haridelle=, s. f., un mauvais cheval maigre: _une vieille haridelle_.
=Harlequin=, n'est pas français; écrivez _arlequin_: _un habit
d'arlequin_.
=Harmonier, Harmoniser=, v. a. ou pr., mettre en harmonie: le dernier
verbe, quoique mal fait, est le plus en usage.
*=Harnais.=—L'_h_ est aspirée ainsi que dans tous les dérivés:
_harnacher, harnachement_, etc.—On dit aussi _harnois_ pour
_harnais_, mais seulement en poésie et dans le style soutenu.
*=Harpe=, _harpiste, harpeur, harpie, harpon_.
*=Hart=, s. f., espèce de lien d'osier ou de bois très-souple pour lier
les fagots; corde qui servait à étrangler les criminels condamnés à la
peine de mort: _mériter la hart, la hart au cou_.—Prononcez _hare_.
*=Hasard=, _hasarder, hasardeux, hasardeusement_: l'_h_ est aspirée
dans ces mots; ne dites donc pas: _je joue à l'hasard; j'hasarde cette
somme_, etc.; mais, _je joue au hasard, je hasarde_,...
2. _Hasard_, ne s'emploie au pluriel que dans le sens de _péril,
risques_: _les hasards de la guerre_.
3. _Hasarder_, devant un infinitif, demande la préposition _de_;—_se
hasarder_ veut _à_: _hasarder de faire une chose_; _je me hasarderai à
faire cette démarche_.
*=Hâte=, _hâter, hâtif_, etc.: prononcez l'_â_ long.
2. Ne dites pas: _à toute hâte_ (_toute âte_) mais _à toute hâte_ (_h_
aspirée).
*=Hâter= (=se=) régit la prépos. _de_: _se hâter de répondre_.
*=Haut.=—Ne dites pas, _monter en haut, descendre en bas_, mais
simplement, _monter_ et _descendre_, à moins qu'on ne veuille dire
_tout en haut, tout en bas_, par opposition à ce qui est _moins haut,
moins bas_: _montez en haut_ (_de l'échelle_) c'est-à-dire, _allez
jusqu'au dernier échelon_ et ne vous arrêtez pas à mi-chemin.
2. Ne dites pas non plus _monter en haut_ pour, _monter à l'étage_;
dites, _monter au premier, au second_.
3. Ne dites pas: _les élèves appliqués pourront passer dans une classe
plus haute_; dites, _dans une classe supérieure_ et mieux, _pourront
monter d'une classe_: cette dernière locution est généralement employée
en France dans ce cas.—Voyez _descendre_.
4. _Haut ton_ et _ton haut_, ne sont pas synonymes: _prendre le haut
ton_, signifie prendre le ton, les manières de la haute société;
_prendre un ton haut_, veut dire prendre un ton fier, arrogant,
menaçant.
*=Hautain=, adj., fier, orgueilleux, fait au féminin _hautaine_ et non
_hautine_; prononcez _hautène_ (au fém.) et non _hautin-ne_.
*=Hautement=, adv.—Ce mot, dit l'Académie, n'est guère d'usage
au propre; au figuré, il signifie hardiment, librement.—Il ne
faut pas le confondre avec l'adverbe _haut_: on dit _hautement_ sa
pensée, c'est-à-dire, hardiment, résolument; on dit, _il parle haut_,
c'est-à-dire, d'une voix haute.
*=Havet=, s. m., croc, crochet en fer, est français.
*=Havir=, v. a., se dit de la viande qui se dessèche au feu sans cuire
en dedans; ce mot est peu usité, dit l'Académie.
*=Havre-sac=, s. m., sac de soldat, d'ouvrier; ne dites pas
_havère-sac_ ni _havur-sac_ ni _hafe-sac_.
=Hébreu.=—L'_h_ est muette: _ce que vous me dites est de l'hébreu
pour moi_ (je n'y vois goutte), et non, _du hébreu_.
=Hectare, Hectolitre=, sont masculins; l'_h_ est muette ainsi que dans
tous les mots qui appartiennent au système légal des poids et mesures.
*=Hein.=—Interjection familière dont on accompagne quelquefois une
interrogation ou une phrase qui exprime l'étonnement: _voulez-vous,
hein?—Hein, que dites-vous là?_—Prononcez _hin_.
=Hélas=, interj. (et non _hélàs_): prononcez _élâce_ (_â_ long) et non
_éla_ ni _élâ_.
=Héliotrope=, genre de plantes; ce substantif est masculin: _de beaux
héliotropes_.
*=Hem=, interjection dont on se sert pour appeler: _hem, hem, venez çà_.
=Hémi=, mot qui commence plusieurs termes de sciences, d'arts et qui
signifie _demi_; il est invariable et l'_h_ est muette.
=Hémisphère=, s., la moitié d'une sphère, est masculin: _l'un et
l'autre hémisphère_.
=Hémorragie=, s. f.—Puisque ce mot signifie par lui-même _perte de
sang_, vous ne pouvez pas plus dire _une hémorragie de sang_ que du feu
chaud, de l'eau humide; dites simplement _une hémorragie_.
*=Hennir=, _hennissement_ (cri du cheval): prononcez _hanir,
hanissement_.
*=Henri=, n. pr.—Dans la conversation seulement l'_h_ devient
muette.—L'_h_ est également aspirée dans _Henriette_.
=Héritance=, n'est pas français; dites _héritage, succession_; ce mot
s'est dit autrefois pour _hérédité_.
*=Hernie=, _herniaire, hernieux_.
*=Héron=, _héros, herse, herser, héraut, hérisson_.—L'_h_
d'_héroïsme, héroïque, héroïne_ est muette.
=Hésiter=, devant un infinitif, demande la préposition _à_: _il
n'hésita pas à_ (et non _de_) _répondre_: l'_h_ est muette.
*=Hêtre=, s. m., arbre; prononcez _hè-tre_, et non _hè-te_, ni
_hè-tère_.
=Heure, Lieue.=—_Heure_ est une mesure de temps et _lieue_ une mesure
de chemin; dites donc: _il y a six lieues de Liége à Huy_, et non _il
y a six heures_; mais vous pourrez dire: _nous avons fait six lieues_
(de chemin) _en cinq heures_ (de temps).—Nous n'oserions cependant
pas condamner absolument, surtout dans la conversation et dans le
style épistolaire qui n'est qu'une conversation écrite, l'emploi du
mot _heure_ pour _lieue_, quoiqu'il soit préférable, au demeurant, de
conserver à chaque mot sa véritable signification.
2. Si vous ignorez quelle heure il est, dites, _quelle heure
est-il?_—Si vous entendez l'heure sonner et que vous vouliez savoir
l'heure qui sonne, dites: _quelle heure est-ce?_
3. Ne dites pas: _il est arrivé à ces heures-ci, vers ces heures-ci_;
dites, _à cette heure-ci, vers cette heure-ci_.
4. Ne dites pas non plus: _j'irai vous voir vers les une heure_, mais,
_vers une heure_.
5. Ne dites pas: _dix heures est sonné_, mais, _dix heures sont
sonnées_.