4. Ne dites pas: _j'avais goût de sortir_; dites _... envie de sortir_.

=Goutte.=—Ne dites pas: _mon frère ressemble à mon père comme deux

gouttes d'eau_; dites, _mon père et mon frère se ressemblent comme deux

gouttes d'eau_ (se ressemblent).

2. _Goutte_, employé adverbialement pour donner plus de force à la

négation, ne se dit que dans, _ne voir goutte, n'entendre goutte_: _il

fait bien obscur ici, je ne vois goutte, je n'y vois goutte; c'est

un homme qui ne voit goutte dans ses affaires; je n'entends goutte_

(_je ne comprends rien_) _à ce qu'il dit; cette affaire est fort

embrouillée, je n'y entends goutte_. (Acad.)—Ne dites, _je n'y vois

goutte_, que lorsque le pronom _y_ se rapporte à un objet dont on

vient de parler, comme dans notre premier exemple où _y_ se rapporte

à _chambre_; c'est donc une faute de dire _je n'y vois goutte_, pour

exprimer simplement que vous avez la vue mauvaise, sans vouloir faire

entendre que vous ne voyez rien dans une chambre, dans un livre, ou

tout autre objet déjà exprimé.

3. Ne dites pas: _la marmite goutte_, pour exprimer que l'eau s'en

échappe par une fente; dites _la marmite fuit_.

4. Ne dites pas: _avoir les gouttes_, mais _avoir la goutte_; voyez

_fièvre_.

5. Prononcez _oû_ long dans _goûter, goûte, dégoûter, dégoûtant_, et

_ou_ bref dans _goutter, goutte, dégoutter, dégouttant_.

=Goutter=, dans le sens de tomber goutte à goutte, n'est pas français;

dites _dégoutter_: _il pleuvait il n'y a qu'un moment, les toits

dégouttent encore_ (et non _gouttent_); _quand il pleut sur le curé, il

dégoutte sur le vicaire_ (et non _il goutte_).

2. Ne dites pas: _il goutte, il commence à goutter_, en parlant de la

pluie: dites, _il tombe des gouttes d'eau, il commence à pleuvoir_.

=Gouttière=, ne signifie pas, _eau de pluie_, mais un _canal_ par où

l'eau s'écoule des toits; ne dites donc pas _un seau de gouttière_,

mais _un seau d'eau de pluie_.

=Gouverne=, dans le sens de direction, est français: _je vous dis cela

pour votre gouverne_.

=Gozette.=—Ne dites pas: _ce boulanger fait de bonnes gozettes_;

dites, _ce boulanger fait de bons chaussons_. (Wall.) Voyez _chausson_.

=Grâce.=—_Avoir bonne grâce, avoir mauvaise grâce_, devant un

infinitif, demandent la préposition _à_: _il a bonne grâce, mauvaise

grâce à faire_ (et non _de faire_) _telle chose_.

=Gracier=, v. act., remettre la peine à un criminel, est français; on

l'emploie souvent au passif: _il a été gracié_. (Acad.)

=Gracieux, euse=, adj.—N'écrivez pas _grâcieux_ mais _gracieux_ et

prononcez _a_ bref;—il en est de même des mots _disgracieux, gracier,

graciable, gracieuseté_, etc. Mais _a_ est long dans: _grâce, disgrâce,

les trois Grâces, le Havre-de-Grâce, Grâce-Montegnée_.

=Gradué=, s. m., celui qui a pris des degrés dans une des facultés

de théologie, de droit, de médecine, des lettres. On dit: _c'est un

gradué; les gradués de l'université_.—Prononcez _gradu-é, gradu-el,

gradu-er_ et non _gradu-wé, gradu-wel, gradu-wer_.

=Grain=, se dit du fruit et de la semence du froment, de l'épeautre,

du seigle, de l'avoine, de l'orge, etc. Mais se serait une faute de

l'employer pour désigner les froments, les seigles, l'épeautre en

herbe et de dire: _les grains sont beaux; scier les grains; du grain

en gerbe_; dites, _les blés, les froments_, etc., _sont beaux; scier

les blés, les froments_, etc.; _du blé en gerbe_.—_Blé_ est un terme

générique qui se dit de toutes les plantes qui produisent le grain dont

on fait le pain.

=Grammaire.=—L'Académie ne dit pas que les deux _m_ se prononcent,

et les personnes qui parlent bien n'en font entendre qu'une seule

dans ce mot et dans _grammairien_ (gra-mairien), _grammatical_

(gra-matical) _grammaticalement_ (gra-maticalement), _grammatiste_

(gra-matiste).—Prononcez donc _gra-maire_ et non _gram'maire_, ni

_gran-maire_ comme dans _grand'mère_, ce qui serait excessivement

ridicule: _une grand'mère qui fait des fautes de grammaire_. Voyez _mm_.

=Grand.=—L'adjectif féminin _grand'_ est toujours invariable.—On

dit _grand'chère_ (il n'a pas de pluriel).—_Grand'chose,

grand'croix_; le pluriel est _grands-croix_ (Acad. au mot

croix).—_Grand'garde_; le pluriel est _grand'gardes_.—_Grand'faim_:

il n'a pas de pluriel.—_Grand'mère_; le pluriel est _grand'mères_.

—_Grand'messe_: on peut dire aussi _grande messe_; le pluriel est

_grand'messes_.—_Grand'oncle_: prononcez _grantoncle_; le pluriel est

_grands-oncles_.—_Grand'peine_ (_à_), difficilement.—_Grand'père_:

le pluriel est _grands-pères_.—_Grand'peur_.—_Grand'pitié_.

—_Grand'soif_.—_Grand'tante_; le pluriel est _grand'tantes_.

—_Grand'route_ ne se trouve pas dans les dictionnaires.

2. _Un grand homme_ est un homme d'un grand génie; _un homme grand_

est un homme de grande taille.—_Une grande dame_ est une dame de

haute condition; _une dame grande_, une dame de haute stature. Mais on

dit: _un grand homme noir, une grande dame blonde_. _Un homme à l'air

grand_, dont la physionomie annonce de la noblesse d'âme; _un homme

du grand air_, qui vit à la manière des grands seigneurs. (SOULICE et

SARDOU.)

3. _Grande armée_: ne prononcez pas _gran-tarmée_, mais _gran-d'armée_,

comme _darme_ dans _gendarme_.—Mais au masculin devant une voyelle ou

une _h_ muette, ce _d_ final a le son de _t_: _grand_ (_t_) _homme,

grand_ (_t_) _arbre_.

4. _Grand'chose_, s. fém.—On dit: _il n'a pas fait grand'chose de

beau, de bon_, c'est-à-dire, _grand'chose de ce qui est beau, de ce qui

est bon_.—Ne dites pas _grande chose_.—Voyez _chose_.

=Grandeur=, s. f.—Il ne faut pas employer ce mot comme synonyme de

_gloire_: _la gloire_ (et non _la grandeur_) _le perdra; faire une

chose par nécessité et non par gloire_.

=Grandir=, v. n., se conjugue avec _avoir_ ou avec _être_, selon que le

sens permet de poser l'une ou l'autre des deux questions: _qu'a-t-il

fait_ ou _que lui est-il arrivé?_—_cet enfant a bien grandi en peu de

temps; vous êtes bien grandi_.—Voyez _vieillir_.

=Granit=, s. m., pierre dure: prononcez _granite_.

=Gras, asse=, adj.—Ne dites pas: _il fait gras_, mais _il fait chaud,

l'air est étouffant_.

=Grasseyer=, v. n., parler gras: écrivez et prononcez =grasseyer=,

_grasseyement_ et non _gracier, graciement_.

=Gratis=, adv., sans frais: prononcez _grâtice_.

=Gratte=, n'est pas français; il faut dire _égratignure, marque_: _se

faire une égratignure_.

=Gratter=, signifie frotter, râcler et ne doit pas s'employer pour

_égratigner_: _le chat l'a égratigné; s'il ne mord, il égratigne_. Mais

on dira: _le chat gratte à la porte; gratter une muraille; se gratter

l'oreille en signe d'embarras_.

=Gratuit, Gratuitement=: prononcez _gratuit, gratuitement_ (_a_ bref)

et non _gratu-wit, gratu-witement_.

=Grave=, adj., pesant, sérieux: prononcez _grâ-ve_ (_â_ long) et non

_grâ-fe_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 59 / 164 题