4. _De fois à autres_, de temps en temps, est une locution française.

5. Les flamands emploient très-mal l'expression _une fois; dites

une fois, venez une fois, laissez-moi voir une fois_, etc.—Il faut

absolument bannir ce flandricisme du langage correct et le supprimer

entièrement, ou bien, lorsque le sens le permet, le rendre par _ça!

donc, un peu_: _ça! dites-moi, venez-donc, laissez-moi voir un

peu_.—Il en est de même du mot _seulement_ que les flamands emploient

si souvent d'une manière impropre et à peu près dans le même sens

qu'_une fois_: _courez seulement, aidez-moi seulement_; etc. Remplacez

ce ridicule _seulement_ par le mot que le sens vous indiquera, comme

_çà, donc, un peu_, etc.

=Foison=, s. f., ne prend pas l'article et n'a point de pluriel: _il y

aura foison de fruits cette année_;—on l'emploie aussi comme adverbe,

précédé de la préposition _à_: _il y a de tout à foison_. Prononcez

_foizon_ et non _foisson_.

=Folio=, s. m.; mot emprunté du latin et qui signifie feuillet: _folio

4, au folio 20_.—On appelle _folio recto_ ou simplement _recto_, la

première page du feuillet, et _folio verso_ ou simplement _verso_, le

revers ou la seconde page;—au pluriel _folios_.

2. _In-folio_, se dit du format d'un livre où la feuille est pliée en

deux: _saint Thomas a écrit vingt volumes in-folio_; au pluriel _des

in-folio_.

=Foncer=, v. a.—Ne dites pas, _foncer une porte_; dites, _enfoncer

une porte_: _foncer_, c'est mettre un fond: _foncer un tonneau_.

=Fond, Fonds, Fonts.=—_Fond_ s'écrit sans _s_ toutes les fois qu'il

signifie l'endroit le plus bas, le plus intérieur, le plus éloigné de

l'entrée, de l'abord, de l'ouverture d'une chose creuse; _le fond d'un

puits, d'un tonneau, d'un sac, d'un abîme, d'une boutique, d'un cachot,

d'une haie, d'un port; le fond d'un chapeau, d'un coffre_.—_Fond_

(sans _s_) se dit aussi d'un terrain considéré surtout par rapport à

son degré de fermeté, à sa qualité, à sa composition: _bâtir sur un

fond peu solide; vous avez choisi là un bien mauvais fond; un fond

d'argile_.—_Fond_, en parlant d'étoffes, signifie la première ou la

plus basse tissure sur laquelle on a fait quelque dessin ou quelque

ouvrage; il se dit aussi de l'étoffe même sur laquelle on brode, du

champ sur lequel les figures d'un tableau sont peintes, des plans

plus reculés d'un tableau: _velours à fond d'or, broderie sur fond

de satin; un paysage sert de fond au tableau_.—Au figuré, _fond_

signifie ce qu'il y a d'essentiel dans une chose, et il est opposé à

l'accessoire, à l'apparence, à la forme: _le fond d'une doctrine, le

fond d'un ouvrage, le fond d'une histoire, le fond d'un procès, un fond

de raison, la forme l'emporte sur le fond_.

2. _Fonds_ (avec une _s_) signifie le sol d'une terre, d'un champ,

d'un héritage, somme d'argent plus ou moins considérable: _cultiver

un fonds, bâtir sur son fonds, sur le fonds d'autrui; le fonds de la

banque; fonds social; bailleur de fonds; être en fonds; les fonds

publics; le fonds_ (le capital) _et le revenu; fonds de commerce; fonds

de magasin_.—Au figuré, on le dit de la capacité, du savoir, de

l'esprit, de la probité: cet _homme a un fonds de vertu, un grand fonds

d'esprit_.—_Biens-fonds_ se dit des biens immeubles.—_Le fonds et

le très-fonds_, c'est le fonds (le sol, la propriété, etc.) et tout ce

qui en dépend: on écrit aussi _tréfonds_.

3. _Fonts_, s. m. pluriel (on ne prononce ni le _t_ ni l'_s_): c'est

le bassin où l'on conserve l'eau dont le prêtre se sert pour baptiser:

_les fonts baptismaux; tenir un enfant sur les fonts_.

=Fondation=, s. f., =Fondement=, s. m.—_Fondation_ signifie l'ensemble

des ouvrages nécessaires pour asseoir les fondements d'un édifice;

on l'emploie ordinairement au pluriel. Les fondations d'un édifice

comprennent l'excavation du terrain, et, lorsqu'il est nécessaire, le

pilotis à établir pour affermir le sol: _faire les fondations d'un

bâtiment_. L'Académie fait remarquer que ce mot s'emploie quelquefois

_abusivement_ pour les fondements mêmes.—_Fondation_ signifie encore

_le fossé_, la tranchée qu'on fait pour y placer des fondements:

_creuser la fondation, les fondations_.—_Fondement_ se dit quelquefois

au pluriel du fossé que l'on creuse pour commencer à bâtir; cependant,

le mot _fondation_ est préférable dans ce sens.—_Fondement_ signifie

encore, et c'est là son acception ordinaire, la maçonnerie qui sert de

base à un édifice, à une construction, et qui se fait dans la terre

jusqu'au rez-de-chaussée; il s'emploie surtout au pluriel: _poser,

jeter les fondements d'un édifice_. (Acad.)

=Force=, s. f.—Ne dites pas: _il y avait force de monde_; dites,

_beaucoup de monde_.

2. Ne dites pas: _il a force d'argent, force de bijoux, force d'amis_;

retranchez _de_ et dites, _force argent, force bijoux, force amis_.

3. _De force que._—Ne dites pas: _elle est tombée de force qu'elle

riait_; dites, _elle est tombée à force de rire_. On peut aussi

remplacer _de force que_ par _tant_, comme dans ces phrases: _il a

fallu me porter, tant j'étais faible; il tremblait de tous ses membres,

tant il avait peur_ (et non _de force que j'étais faible_ ou _qu'il

avait peur_.)

=Forceps=, s. m., instrument de chirurgie: prononcez _forcep-ce_, en

faisant sentir le _p_ et l'_s_.

=Forcer.=—Ne dites pas: _on lui a forcé de se taire_; dites, _on l'a

forcé de se taire_; _forcer_ est un verbe actif.

2. Ne dites pas: _il fut forcé malgré lui_; dites simplement, _il fut

forcé_, car c'est toujours malgré soi qu'on est forcé.

3. _Forcer_, suivi d'un infinitif, prend la préposition _à_ ou _de_:

_il fut forcé de partir; on le força à signer_. (Acad.)

=Forcettes=, n'est pas français; dites _forceps_.

=Format=, _d'un livre_: voyez _in-douze_.

=Fort.=—_Cela est fort_, Flandr.:—voyez _faible_.

2. _Fort en_ et _fort sur_. On dit: _cet élève est fort sur la

philosophie, sur l'histoire; elle est très-forte sur le piano, sur la

harpe_; mais on dit: _il est fort aux échecs, au piquet_. (Acad.)

3. _Fort_ (_se faire_).—Dans l'expression verbale _se faire fort_,

c'est-à-dire, s'engager à quelque chose, _fort_ est toujours

invariable: _elle se fait fort de l'obtenir; ils se faisaient fort

d'une chose qui ne dépendait pas d'eux_. (Acad.)

4. _Il est fort et hardi_:—ne prononcez pas _for-té hardi_ mais

_for-é hardi_.—Dans _fort_, adj., le _t_ ne se lie pas avec la

voyelle qui suit; il en est de même des mots en _ard, ord, ort_, comme

_hasard, abord, port, sort, mort_, etc.; et des verbes terminés en

_ert, ort_.—Mais le _t_ final de _fort_ adverbe, se lie avec le mot

suivant dont il détermine le sens: _homme fort habile, fort incommode,

fort à l'aise_.

=Fortement=, adv.—Ne dites pas: _il pleut fortement, il gèle

fortement_; dites, _il pleut fort, il gèle fort_.

2. Ne dites pas: _sa perte sera fortement ressentie_; dites, _sera

vivement ressentie_, parce qu'il s'agit ici d'un sentiment; _fortement_

(avec énergie, _au figuré_) ne se dit en effet que de l'_esprit_ et non

_du cœur_: _c'est un ouvrage fortement pensé; il a parlé fortement_.

(Acad.)

=Fortifier=, v. ac.—Ne dites pas: _cet enfant a beaucoup fortifié

depuis un an_; dites, _s'est beaucoup fortifié_.

=Fortuné=, adj., signifie _heureux_; c'est à tort donc que quelques-uns

l'emploient dans le sens de riche, qui a de la fortune: _un homme

fortuné_; dites, _un homme riche_ ou _qui a de la fortune_.

=Forum=, s. m., place où le peuple discutait les affaires publiques à

Rome: prononcez _forome_.

=Fosse=, s. f.—Ne dites pas: _il a la fosse au menton_; dites, _...

la fossette..._

=Fou=, signifie quelquefois, excessif, prodigieux: _il y avait à la

fête un monde fou; un luxe fou; il en demandait un prix fou_ (et non

_de fou_).

=Foudre=, est _masculin_, lorsqu'il désigne, 1º une certaine

représentation de la foudre: _les armes de l'empire français sont un

aigle tenant un foudre dans ses serres_; 2º une grande tonne propre à

contenir les liquides: _le célèbre foudre d'Heidelberg_: et dans les

deux expressions suivantes: _un foudre de guerre_, un grand capitaine,

comme Napoléon 1er; _un foudre d'éloquence_, un grand orateur, comme

Bossuet.—Il est _féminin_, quand il désigne le tonnerre: _être

frappé de la foudre; la foudre sillonne les nues_. Cependant, dans ce

sens, il est quelquefois masculin en poésie et dans le style soutenu:

_être frappé du foudre; expirer sous les foudres vengeurs_. (M. l'abbé

Péters, _Grammaire_.)—Prononcez _fou-dre_ et non _fou-de, fou-te_ ni

_foudère_.

=Fouet, Fouetter=: prononcez _fouè, fouèter_.

=Fouine=, s. f., grosse belette: prononcez _fouine_ (_oui_ diphth.) et

non _fou-ine_ ni _fouwine_.

=Fouir=, signifie creuser la terre avec un instrument: _il faut fouir

bien avant pour trouver de l'eau dans cet endroit_.—Mais si l'on veut

parler du travail du sanglier, du cochon, de la taupe, etc., on se sert

du verbe _fouiller_: _les sangliers, les cochons fouillent; la taupe a

fouillé là_.—Enfin on dira _bècher_, et non _fouir_, un jardin, une

terre.—Prononcez _fou-ir_ et non _fou-wir_.

=Fourche= (_à la_), négligemment, grossièrement; cette locution est

française: _cela est fait à la fourche_.

=Fourchu.=—Ne dites pas: _pied fourchu_, mais _pied fourché_, pied

fendu en deux; on dit aussi _chemin fourché_ quand il se divise en

deux.—_Fourchu_ a le même sens, mais il ne s'emploie que dans

certaines locutions comme _menton fourchu, barbe fourchue, faire

l'arbre fourchu_ (mettre la tête en bas, les pieds en haut, écartés

l'un de l'autre.)

=Fourmille.=—Ne dites pas: _une fourmille d'enfants_, pour indiquer

un grand nombre d'enfants; dites, _une fourmilière d'enfants, une

marmaille d'enfants_.

=Fournil=, s. m., lieu où est le four; prononcez _fourni_.

=Fouter= (=se=), est un terme ignoble et sévèrement proscrit; les

auteurs par pudeur dissimulent ce mot par la lettre initiale suivie de

points suspensifs: _f....._

=Frac=, redingotte, est masculin: _un beau frac_; prononcez _fraque_.

=Fragment=, s. m., morceau: prononcez le _g_ dur.

=Fraîchir=, ne signifie pas _mouiller_: _il craint de se mouiller_ (et

non _de se fraîchir_) _les pieds_.

=Frais=, féminin _fraîche_ (il faut se garder de dire _fraîche_

au masculin).—Ce mot signifie, _un peu froid, récent, non salé,

brillant, vigoureux_: _il fait froid en hiver; il fait frais dans les

belles nuits d'été; un vent frais_ (un peu froid); _une nuit fraîche;

avoir les mains fraîches_ (froides); _du pain frais_ (nouveau); _du

porc frais_ (non salé); _mettre des fleurs dans un vase avec de

l'eau pour les tenir fraîches; ce vieillard est encore très-frais_

(vigoureux).

2. _Frais_, ne peut pas s'employer dans le sens de _mouillé, trempé,

humide_: _je suis mouillé_ (et non _frais_) _comme un canard_; _il est

tout trempé_ (et non _frais_) _de sueur_; _il a pleuré, il a encore les

yeux tout humides_ (et non _tout frais_); _la terre est encore tout

humide_ (et non _toute fraîche_). (Wall.)

3. _Faire frais_, signifie faire un peu froid et non _faire humide,

faire mouillé_.—Ne dites jamais _frisse_ pour _frais_: _frisse_ est

wallon.

=Fraisil=, s. m., cendre du charbon de terre dans une forge: prononcez

_fraisi_ et non _fraisile_.

=Franc=, adj., ne peut pas s'employer dans le sens de hardi, effronté,

qui a de l'assurance; ne dites donc pas: _ce déclamateur est franc

devant le public_; dites, _ce déclamateur a de l'assurance_, etc.

2. Un _franc menteur_ est un menteur avéré; un _homme franc_ est un

homme sincère.

3. _Franc de port._—Dans cette expression, l'adjectif _franc_,

est invariable, quand il précède le substantif qu'il modifie: _vous

recevrez franc de port_ (franco) _la lettre que je vous envoie_. Il

s'accorde, quand il vient après ce substantif: _la lettre que j'ai

reçue était franche de port_.

4. Le _c_ de _franc_ ne se prononce que devant une voyelle: _un franc

animal_ (fran-k'animal).

5. _Franc_, s. m.—Ne dites pas: _un franc et demi, un franc et

quart_; dites, _un franc et cinquante centimes, un franc et vingt-cinq

centimes_.

=Frangipane=, s. f., sorte de pâtisserie; écrivez et prononcez

_frangipane_ et non _franchipane_.

=Frappant neuf.=—Ne dites pas, _un habit tout frappant neuf_, mais,

_tout battant neuf_.

=Frayeux=, pour _coûteux, dispendieux, dépensier_, n'est pas

français: _les voyages sont coûteux_ (et non _frayeux_); _une femme

très-dépensière_ (et non _très-frayeuse_).

=Fredaine=, s. f.—Écrivez et prononcez _fredaine_ et non _frèdaine_,

ni _ferdaine_.

=Freluquet=, s. m., damoiseau;—écrivez et prononcez _freluquet_ et

non _fréluquet_ ni _ferluquet_.

=Frères=, _consanguins, utérins, germains_: voyez _germain_.

=Fret=, s. m., louage d'un vaisseau; prononcez _frète_.

=Friand=, de, adj., qui aime la chère fine et délicate: prononcez

_fri-an_ et non _fri-ian_.

2. _Friand, Gourmand_, adj.—_Friand_ se dit de celui qui aime,

recherche, connaît et savoure les morceaux délicats.—Le _gourmand_

aime à faire bonne chère; le _glouton_ et le _goinfre_ semblent, dans

leur voracité, vouloir tout engloutir dans leur estomac.

=Fricandeau.=—C'est du veau lardé; ne dites pas, un _frécandeau_.

=Fricassée=, ne se dit que des viandes fricassées: _manger d'une

fricassée de poulets; une fricassée de pieds de mouton_.—_Fricassée_,

dans le sens que les wallons lui donnent, c'est-à-dire _du lard ou du

jambon cuit dans la poêle avec des œufs battus_, se rend en français

par le mot _omelette_.

=Fricasser, Frire.=—_Fricasser_, c'est faire cuire dans la poêle,

dans une casserole, etc., quelque chose après l'avoir coupé par

morceaux: _fricasser des poulets, des navets, des carottes, des pommes

de terre_, etc.

2. _Frire_, c'est faire cuire dans une poêle avec du beurre roux ou du

sain-doux ou de l'huile: _frire des œufs, des côtelettes; le beurre

frit dans la poêle; poisson frit, artichauts frits, pommes de terre

frites_.

=Fricot=, signifie ragoût, viande fricassée, toute sorte de mets,

régal, bon repas, etc., mais il est populaire.

=Frileux, euse=, adj.: _les vieillards sont frileux_; ne dites pas

_frilieux_ ni _fruleux_.

=Frimousse=, s. f., mine, visage: _quelle frimousse!_—Ce terme est

méprisant et populaire.

=Fringale=, s. f.—Ce mot n'est pas français; dites _faim canine_.

=Friper=, dans le sens de manger avec avidité, goulûment, est français,

mais il est bas.

=Frisquin= (_saint_), tout ce qu'on possède: on doit dire _frusquin,

saint-frusquin, saint-crepin_: _il a perdu tout son frusquin,

son saint-frusquin; perdre son saint-crepin; porter tout son

saint-crepin_;—_saint-frusquin_ se dit principalement de l'argent et

des nippes et _saint-crepin_, de la fortune en général.—Écrivez et

prononcez _crepin_ et non _crépin_ ni _crespin_.

=Froc=, s. m., habit de moine: prononcez _froke_.

=Froid.=—On ne dit pas _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _des pieds,

des mains_, etc.; on ne dit pas non plus _avoir froid_ (ou _avoir

chaud_) _les pieds, les mains_, etc.;—on doit dire: _avoir froid_ (ou

_avoir chaud_) _aux pieds, aux mains_, etc. Par conséquent on doit dire

en parlant des mains, des pieds, etc.: _j'y ai eu froid_ (ou _chaud_)

et non _j'en ai eu froid_.

2. Ne dites pas: _j'ai gagné un froid qui me fait tousser_; dites,

_j'ai gagné un rhume; je suis pris, j'ai été pris, saisi d'une

fraîcheur, d'un rhume, d'un refroidissement_.

3. _Froid_ (_battre_), v. n., est français et signifie recevoir une

proposition d'une manière à faire voir qu'on n'est pas disposé à

l'accepter.

4. _Faire froid_, et plus souvent, _battre froid à quelqu'un_, c'est le

recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à

l'ordinaire. (Acad.)

=Froidir=, v. n. et pronom., devenir froid: _il a laissé froidir son

dîner_: ce mot est vieux, on dit plutôt _refroidir, se refroidir_.

=Froidure, froideur, froid.= _Froidure_ se dit uniquement

du froid répandu dans l'air: _j'ai supporté la froidure des

climats_.—_Froideur_ s'emploie toujours au figuré et signifie

indifférence, insensibilité: _je n'ai pu endurer la froideur des

grands_.—Beaucoup de personnes emploient abusivement ces expressions

pour le mot _froid_.

=Fromage.=—Dites _un fromage d'Edam_ (espèce de fromage de Hollande

fabriqué à Edam) et non _fromage de dames_.—Prononcez _froma-ge_ et

non _froma-che_.

=Frugale, ale=, adj., qui vit de peu; ce mot n'a pas de pluriel

masculin (Acad.)—Quelques grammairiens disent _frugals_, d'autres,

_frugaux_. Cette dernière forme serait préférable, si le plur. masc.

devenait nécessaire.

=Fruit=, s. m.—On ne dit pas: _manger un fruit_, mais, _manger du

fruit_.—Ne dites pas non plus: _il lui a donné un fruit pour son

goûter_; dites, _il lui a donné du fruit_ ou bien, _il lui a donné une

pomme, une poire, un raisin_.

=Fumé.=—Ne dites pas, _de la viande enfumée, un jambon enfumé_, mais,

_de la viande fumée, un jambon fumé_.

=Funéraire=, adj.—Ne dites pas: _un service funéraire, un service

mortuaire_; dites, _un service funèbre_.

2. _Funèbre_, est un adjectif propre à dépeindre tout ce qui accompagne

les funérailles, et par extension tout ce qui a un air de mort: _pompe,

appareil, honneurs, ornements, chant, convoi funèbres; images funèbres;

oiseaux funèbres_...

3. _Funéraire_ est, comme _mortuaire_, un terme abstrait, de légiste,

d'homme d'affaires, d'intendant, qui convient surtout, sinon

uniquement, dans la locution, _frais funéraires_; on dit un _drap

mortuaire, registre mortuaire, extrait mortuaire, droits mortuaires_.

=Fur.=—_Au fur et à mesure, à fur et mesure_: ces deux expressions

signifient _à mesure, à proportion_: _je travaillerai au fur et à

mesure que vous m'apporterez de l'ouvrage_; voyez _fait-à-fait_.

=Furieux=, _furieusement_.—Ces mots s'emploient figurément et

familièrement dans le sens de prodigieux, qui est excessif et

extraordinaire dans son genre, et alors il précède toujours le

substantif: _c'est un furieux mangeur, un furieux menteur; voilà

un furieux travail; il s'est donné un furieux coup, une furieuse

entorse; il fait une furieuse dépense; voilà un furieux poisson;

il est furieusement grand, il est furieusement riche; il ment

furieusement; elle est furieusement laide_. (Ac.)—Voyez _terrible_ et

_terriblement_.

=Fusil=, s. m.—L'_l_ finale ne sonne pas (_fuzi_), non plus que dans

les mots _baril, chenil, coutil, fenil, outil, persil, sourcil_.

G

=G.=—Devant _a, o, u_, il se prononce dur; devant _e_ et _i_ il

s'amollit et se prononce comme _j_.

2. Dans le premier cas, les flamands doivent se garder de prononcer

le _g_ du gosier; ils ne doivent pas prononcer _ghagner, ghobelet,

ghide_, mais _gagner, gobelet, guide_.—Devant _e_ et _i_ ils doivent

éviter de le prononcer comme _se, sé_ ou _sié_: _sibier, siémir, silet,

sielée, fromase_, etc., pour _gibier, gémir, gilet, gelée, fromage_.

3. Les wallons, de leur côté, sont exposés à prononcer la syllabe _ge_

comme _che_: _ramache, plumache, rouche, horloche, prodiche, granche,

sonche, lochement, juchement, prolonchement_, etc., au lieu de _ramage,

plumage, rouge, horloge, prodige, grange, songe, logement, jugement,

prolongement_.—Nous recommandons beaucoup aux professeurs, d'abord

de se surveiller eux-mêmes et ensuite de donner à leurs élèves force

exercices, afin de les initier bon gré mal gré à la bonne prononciation.

4. Le _g_ final, suivi d'une voyelle se prononce ordinairement comme

_k_: _un long hiver_; à la fin de certains mots il ne se prononce pas,

même devant une voyelle: _étang, seing_, etc.

=Gage.=—En parlant du salaire des domestiques et des gens de service,

ce mot ne s'emploie qu'au pluriel: _gagner de gros gages_ (et non _un

gros gage_); _les gages d'un laquais, d'une servante_.—_Appointements_

se dit des emplois plus relevés;—_honoraires_ et _émoluments_ se

disent des professeurs, des médecins, des avocats, et de ceux dont on

obtient quelque conseil ou quelque service honorable.—Prononcez _gaje_

et non _gache_.

=Gageure=, s. f., pari; prononcez _gajure_ (Acad.); il faut préférer

les mots _pari_ et _parier_ aux mots _gageure_ et _gager_.

2. _Gager, Parier_.—Ne dites pas _gager, parier pour une somme_,

mais, _gager, parier une somme_: _je gage, je parie cent francs, ma

montre, ma tête que...._

=Gagne=, dans le sens de _gain_, et _gagnage_, dans le sens de

_ouvrage, travail, gain_, ne sont pas français.

=Gagner.=—Ne dites pas en parlant du jeu: _je suis gagné, je suis

perdu_; dites, _j'ai gagné, j'ai perdu_.—On dit _gagner_ une bataille

et _remporter_ une victoire.—Prononcez _gagner_ (_a_ bref) et non

_gâgner_ (_â_ long).

=Gaiement=, adv. =Gaieté=, s. f.: on écrit aussi _gaiment, gaîté_.

=Galant, te=, adj.—Un _galant homme_ est un homme poli et serviable;

un _homme galant_ est celui qui cherche à plaire.

=Galette, Gauffre.=—Une _galette_ est une espèce de gâteau cuit au

four, qui a la forme d'un pain aplati.—Les _gauffres_ sont cuites

entre deux fers et présentent à la surface de petits carreaux ou des

dessins en relief.—Il faut donc nommer _gauffre_ ce qu'on appelle

généralement _galette_:—_galet_, dans ce sens, n'est pas français.

=Galop=, s. m., dans le sens de _savon, réprimande, semonce, saccade,

garde_, est un terme populaire: prononcez _galô_ (_ô_ long).

=Gangrène=, s. f.—On prononce _cangrène_ selon l'Académie qui écrit

aussi _cangrène_; nous ferons toutefois remarquer que la prononciation

_gangrène_ commence à être en faveur; il en est de même de _gangrener,

gangreneux_.

2. Ne dites pas _gangrin-ne_ mais _gangrè-ne_; prononcez _gangrener,

gangreneux_ et non _gangrèner, gangrèneux_.

=Garçons=, s. m.—Ne dites pas: _les garçons ne sont pas à la maison_;

dites, _les enfants, mes enfants, mes frères..._

=Garde à= (=prendre=), et =Prendre garde de=.—_Prendre garde à_,

s'emploie surtout avec un substantif pour complément: _prenez garde à

ce cheval, à ce fossé_.—Avec un verbe, on met plutôt _de_: _prenez

garde de tomber, prenez garde de vous brûler_.

2. Quand on met _à_ devant un infinitif, c'est pour indiquer ce qu'il

faut faire et non ce qu'il ne faut pas faire: _prenez garde à ne pas

tomber; prenez garde à bien conserver votre équilibre; prenez garde à

bien sauter_.

3. _Garde_, s., est féminin, quand il désigne tout un corps: _la garde

royale, la garde d'honneur, la garde nationale, la garde civique_. Mais

il est masculin, quand il désigne une ou plusieurs personnes tirées

d'un corps: _un garde royal, un garde civique_, c'est-à-dire, un homme

qui fait partie de la garde royale, de la garde civique.

4. _Garde-enfants_ ou _garde-d'enfants_: dites _une bonne d'enfants_ ou

simplement _une bonne_.

5. _Garde-champêtre_, s. m.: prononcez _gar-de-cham-pê-tre_ et non

_garte-champette_ ni _garde-champêtère_.

6. _Garde-Chasse_, s. m.: prononcez _gar-de chasse_ et non

_garte-chasse_; il en est de même de _garde-corps, garde-fou,

garde-forestier, garde-malade_, etc.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 55 / 164 题