2. _Fil d'arka_: écrivez et prononcez _fil d'archal_.

=Filial, ale=, adj.—Il n'y a point d'exemple du pluriel dans

l'Académie: _respect filial, piété filiale_. Des grammairiens lui

donnent le pluriel _filials_; Boinvilliers a dit, _des sentiments

filiaux_.

=Fille=, s. f., _filleul, fillette_: mouillez les _il_, et ne dites pas

_file, fileul, filette_.—Il en est de même de: _anguille, bastille,

camomille, cédille, charmille, chenille, cheville, coquille, esquille,

étrille, famille, faucille, goupille, grille, guenille, lentille,

pacotille, pastille, peccadille, quille, roquille, souquenille,

vanille, vétille, vrille_, etc. Voyez _époux_ et _demoiselle_.

=Filosenne=, est un mot wallon qui se traduit par _cordon, cordon de

coton, cordon de soie_.—_Filoselle_, dont on serait peut-être tenté

de se servir, est un substantif féminin qui sert à désigner une espèce

de grosse soie ou de fleuret, provenant de la bourre de la bonne soie

et des cocons de rebut: _des bas de filoselle_;—comme on le voit,

_filoselle_ n'est pas du tout le _filosenne_ wallon.

=Filou=, n'a pas de féminin; ne dites donc pas _filoute_.

=Fils=, s. m.—Quoique les grammairiens ne soient pas d'accord, nous

pensons qu'il faut prononcer _fice_ même devant une consonne; _le

repentir est fils de la vertu_.

=Fin.=—Ne dites pas: _vous avez pris la bille trop fine_; dites, _...

trop fin_.

=Finales= (_syllabes, lettres_).—Nous ne saurions trop appeler

l'attention des professeurs et des élèves sur la nécessité de bien

prononcer les lettres et syllabes finales des mots. Les flamands aussi

bien que les wallons ont à se mettre en garde contre plusieurs fautes;

les premiers adoucissent généralement les fortes, tandis que les

derniers renforcent les douces: les _f_, les _p_, les _k_, les _ch_,

les _t_ deviendront des _v_, des _b_, des _g_, des _d_ dans la bouche

d'un flamand; tandis que les wallons sont portés à faire des _f_, des

_k_, des _ch_, des _p_, des _t_, là où il n'y a que des _v_, des _g_,

des _b_, des _d_: donnons quelques exemples: un flamand prononcera

_parave_ pour _parafe_; _attague_ pour _attaque_; _vage_ pour _vache_;

_une pombe_ pour _une pompe_; _il écoude_ pour _il écoute_. Le wallon

à son tour dira: _brafe_ pour _brave_; _fromache_ pour _fromage_; _une

blaque_ pour _une blague_; _une bompe_ pour _une bombe_; _la bisse_

pour _la bise_, etc.—Ces défauts de prononciation, outre qu'ils

prêtent au ridicule, donnent toujours une pauvre idée de l'éducation de

celui qui n'a pas su s'en corriger; les professeurs donc ne sauraient

y veiller de trop près, d'abord en prêchant d'exemple, et ensuite en

se montrant d'une sévérité inexorable à l'encontre de ces défauts de

prononciation de terroir.

2. Les wallons ont également beaucoup de peine à bien faire sentir les

deux consonnes de certains mots, comme: _est, ouest, tact, contact,

lest, exact, infect, casque, secte, texte, prétexte, mixte, reste, il

résulte, il inculque, liste, moraliste, burlesque, kiosque_, etc.;

généralement, ils négligent la dernière consonne et prononcent: _esse,

ouesse, take, contake, lesse, exake, infèke, casse, sèke, texe, mixe,

resse_, etc.

3. Il y a d'autres finales que les wallons et les flamands ne

prononcent pas mieux: ce sont les _ble_, les _ple_, les _gle_, les

_dre_, les _tre_, etc.—Supposons les mots: _aimable, exemple, règle,

vendre, ventre_, etc.: un flamand prononcera _aimabèle, exempèle,

règuèle, vendère, ventère_, tandis qu'un wallon dira, _aimape, exempe,

rèke, vente, vente_.—Ces vices de prononciation, pourtant si communs

même chez les personnes les plus instruites, proviennent en très-grande

partie de ce que les instituteurs et les professeurs n'ont pas assez

exercé, n'ont pas brisé leurs élèves à la bonne prononciation. Nous

recommandons beaucoup, comme un moyen de se corriger de ces sortes

de défauts, la lecture ou la déclamation faite en commun et à haute

voix; deux jeunes gens, vraiment désireux de se défaire de cette

rouille de naissance ou de terroir, se réunissent: l'un fait la lecture

et l'autre exerce charitablement l'office de censeur, mais d'un

censeur impitoyable; et nous leur garantissons qu'en peu de temps ils

parviendront à se faire une prononciation correcte.—Il y a encore

d'autres finales que les wallons ou les flamands massacrent sans pitié:

nous avons eu soin de les signaler en leur lieu et place.

4. _Final, ale_, adj., qui finit, qui termine.—L'Académie ne donne

point d'exemple du pluriel masculin; de bons grammairiens disent

_finals_.—Ce mot s'emploie substantivement, au féminin, pour

signifier la dernière syllabe d'un mot: _la finale de ce mot est

longue_.

5. _Finale_, terme de musique, morceau d'ensemble qui termine un opéra,

un chœur, etc.; il est _masculin_: _il y a du brio dans ce finale_.

=Finalement=, signifie la même chose qu'_enfin_; ne dites donc pas,

_enfin finalement_; un seul de ces mots suffit.—Ne dites pas non

plus, _en fin finale_.

=Finard=, adj., fin, rusé dans les petites choses; ce mot n'est pas

français; dites, _finaud, finaude_;—ce dernier mot est familier et ne

se dit qu'en mauvaise part; il se prend aussi substantivement.

=Finaud, e=, qui est fin, rusé dans de petites choses: _c'est un

finaud_.—_Finard_ n'est pas français: voyez ce mot.

=Finir.=—Ne dites pas: _je suis fini_, pour exprimer que vous avez

gagné: dites, _j'ai fini_.

2. _C'est fini avec moi_, disent les flamands, lorsqu'ils se croient

sur le point de mourir; dites, _c'est fini de moi, c'est fait de moi_.

3. Ne dites pas: _Nous avions fini avec lui_; dites, _nous en avions

fini avec lui; je suis pressé d'en finir avec cet homme_.

4. Ne dites pas: _la fête finit avec un feu d'artifice_; dites, _...

par un feu d'artifice_.

5. _Finir_, devant un infinitif, demande la préposition _de_:

_avez-vous fini de parler_ et non _à parler?_

=Fisc=, s. m., trésor de l'État; prononcez _fis'que_.

=Fiscal, ale=, adj.; le pluriel est _fiscaux_: _droits fiscaux_. (Acad.)

=Fixement=, adv., d'une manière fixe: _regarder fixement_:—prononcez

et écrivez _fixement_ et non _fixément_.

=Fixer=, signifie _arrêter, attacher_; jamais il ne veut dire _regarder

quelqu'un_ ou _regarder fixement_; dites, dans ce sens, _fixer les

yeux, la vue, ses regards sur quelqu'un_ ou _quelque chose_; ne dites

pas: _il nous a longtemps fixés_; dites, _il nous a longtemps regardés_

ou _regardés fixement; il a longtemps fixé les yeux sur nous_, et

mieux, _il a eu longtemps les yeux fixés sur nous_.

2. _Fixer les regards de quelqu'un_, c'est devenir l'objet de son

attention.

=Flairer, Fleurer.=—_Flairer_, c'est sentir par l'odorat: _flairez

cette rose_.—_Fleurer_, c'est répandre une odeur: _cela fleure

bon_.—_Flairer_ ne signifie jamais _puer_. (Wall.)

=Flamber=, v. n., jeter de la flamme; ne dites pas _flammer_ ni

_blamer_.

=Flanquer=, dans le sens de _jeter, lancer_, est français, mais

populaire: _flanquer un soufflet, un coup de poing, une assiette à la

tête de quelqu'un_. (Acad.)

=Flegme=, s. m., sang-froid; prononcez _fleghme_ en faisant sentir un

_g_ dur.—Ne dites pas: _il est flegme_, mais, _... flegmatique...._

=Fleuraison=, s. f., le développement et l'épanouissement des

fleurs; l'époque où les plantes fleurissent; l'état des plantes

en fleur. L'Académie donne aussi le mot _floraison_, et renvoie à

_fleuraison_.—Quoi qu'il en soit, le mot _floraison_ nous paraît être

aujourd'hui plus usité que _fleuraison_.

=Fleur de lis=: voyez _lis_.

=Fleur d'orange.=—Quoique, à la rigueur, on peut dire _fleur

d'oranger_, la première expression est pourtant reçue et consacrée

par l'Académie: un médecin, un pharmacien pourront néanmoins dire

_fleur d'oranger_, mais dans le style ordinaire et dans le style de la

conversation, on dit _fleur d'orange_.

2. Le mot _fleur_ seul, ne signifie pas _farine_; dites donc, _allez

m'acheter une livre de fleur de farine_; et non, _... une livre de

fleur_.

=Fleurir.=—Au propre, il signifie, _être en fleur_: _les pêchers

fleurissaient déjà, lorsque la gelée est survenue; les prés

fleurissants, les plaines fleurissantes_.—Employé au figuré,

c'est-à-dire, lorsqu'il signifie, _être dans un état de prospérité,

de splendeur; être en crédit, en honneur, en réputation_, il fait

_florissant, florissante_; _les lettres étaient alors très-florissantes_.

Lorsqu'on parle d'une personne ou d'une collection de personnes, comme

d'une ville, d'un peuple, d'un état, il fait toujours _florissait_ à

l'imparfait de l'indicatif: _Athènes florissait sous Périclès; ces

empires florissaient alors_.—Mais quand on parle de choses, il

fait _fleurissait_ et _florissait_: _les sciences fleurissaient_ ou

_florissaient sous le règne de ce prince_. (Acad.)

=Flic-Flac=, bruit de plusieurs coups de fouet, de plusieurs soufflets

donnés coup sur coup.

=Floche= pour signifier _houppe, gland_, n'est pas français; _il a un

gland à son bonnet_ et non, _... une floche_.

=Floquet=, mot wallon; dites _nœud, boucle_: _nouer à boucles; un beau

nœud_.

=Flouer, Floueur, Flouerie=, sont des termes populaires: dites plutôt

_tromper, trompeur, tromperie; duper, dupeur, duperie_, etc.

=Fluide=, adj., qui coule aisément; prononcez _flui-de_ (_ui_ diphth.)

et non _flu-ide_ ni _flu-wide_, ni _fluite_.

=Flume= ou =Flimme=, humeurs que l'on jette en crachant; ce mot n'est

pas français; dites _flegme, crachat_.

=Flux=, s. m., mouvement de la mer, dévoiement; prononcez _flu_, l'_x_,

dans _flux_ et _reflux_, ne se prononce pas devant une consonne et il

prend le son de _z_ devant une voyelle: _le flux_ (_z_) _et le reflux

de la mer_.

=Foible=: voyez _faible_.

=Foie=, viscère, est masculin: _pâté de foie gras_; prononcez _foî_ et

non _foye_.

=Fois.=—Ne dites pas: _une fois pour tout_, mais, _une fois pour

toutes_.

2. Ne dites pas: _je lui avais dit ça l'autre fois_; dites, _l'autre

jour_.

3. Ne dites pas: _toutes fois qu'il vient, je m'en vais_; dites,

_toutes les fois_ ou _chaque fois qu'il vient_.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 54 / 164 题