=Embarbouiller=, n'est pas français; dites _barbouiller_.
=Embarlificoter, Emberlificoter=, sont des expressions absurdes.
=Embarras.=—Ne dites pas: _cet homme fait bien son embarras_ ou _de
ses embarras_ ou _ses embarras_; pour signifier qu'il se donne de
grands airs, qu'il fait l'important; il faut dire: _cet homme fait de
l'embarras_, ou _fait l'important_.
2. Ne dites pas avec les wallons: _ce n'est pas l'embarras, mais je
voudrais bien le voir_; dites, _malgré cela, quoi qu'il en soit, je
voudrais..._ Prononcez _ambarâ_ (_â_ long).
=Emberlucoquer= (=s'=), v. a. et pron., se coiffer d'une opinion, s'en
préoccuper tellement qu'on en juge aussi mal que si on avait la berlue;
ne dites pas _emberticoquer_.
=Embêter.=—Ce mot est bas et populaire; on peut le rendre par
_ennuyer, fatiguer, tuer, impatienter, scier, scier le dos_: _cela
m'ennuie; vous m'impatientez par vos discours; il me scie; cette
affaire me scie le dos_.
=Emblaver.=—Ne dites pas: _vous emblavez toute la table_; dites,
_vous embarrassez..._
=Emblève=, rivière: voyez _Amblève_.
=Embonpoint=, s. m.—Ce mot est un de ceux où, par exception, _n_ se
trouve devant _p_.
=Embouchoir=, s. m., terme de bottier; c'est un instrument de bois
en forme de jambe dont on se sert pour élargir les bottes, ou pour
empêcher qu'elles ne se retrécissent; on dit plus communément
_embauchoir_. (Acad.)
=Embouler.=—_Un écheveau de fil emboulé_, barbar.; dites, _mêlé_;
_embouler_ n'est pas français.
=Embrasement=, s. m., grand incendie; prononcez _embrazement_; un
_embrassement_ est l'action d'embrasser et se prononce _embracement_.
=Embrouillamini=, s. m., désordre, confusion; ce mot n'est pas
français; dites _brouillamini_.
=Embûches=, s. f. pl.: voyez _tendre_.
=Éminent, Imminent=, _péril éminent, péril imminent_.—_Éminent_ donne
l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme très-grand, mais
dont on a le temps d'examiner la grandeur; et _imminent_ donne l'idée
d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme présent et où le hasard
nous engage; l'un s'envisage avec crainte; l'autre, avec effroi. On
dira d'un malheureux qui doit expier son crime sur l'échafaud, qu'il
est dans un péril _éminent_; mais d'un criminel qu'on mène au supplice
ou d'un homme surpris par les voleurs, on dira qu'il est dans un péril
_imminent_.
=Emmalgame, Emmouracher, Ennuiter=: écrivez et prononcez _amalgame,
amouracher, anuiter_.
=Emmancher=, mettre un manche; ne dites pas _amancher_.
=Emment= (_terminaisons en_); se prononcent _a-ment_ et non _an-ment_:
_prudemment, ardemment_.
=Emmurailler, Murailler=, entourer de murs, ne sont pas français; dites
_murer_ ou _entourer, fermer de murs_.
=Émoluments=, s. m. pl.: voyez _gage_.
=Émoucher= _la chandelle_.—Dites _moucher la chandelle_; _émoucher_
veut dire chasser les mouches.
=Émouchettes, Épinces.=—On ne dit ni l'un ni l'autre dans le sens de
_pinces, mouchettes_ (ce dernier ne s'emploie qu'au pluriel).
=Émoudre=, v. a., aiguiser sur une meule: _émoudre des couteaux,
des ciseaux_; les verbes _émouler, remouler_ ne sont pas
français.—Cependant on dit également bien _émouleur_ et _rémouleur_,
pour désigner celui qui fait profession d'émoudre, de rémoudre,
d'aiguiser les couteaux, les ciseaux. (Acad.)
=Empêche=, n'est pas français; dites _empêchement_.
=Empêché, Occupé.=—Il ne faut point confondre ces deux mots:
_empêché_ se dit d'une personne qui a de l'embarras, un empêchement;
_occupé_ se dit d'une personne qui a de l'occupation, qui travaille à
quelque chose; ne dites donc pas: _j'ai été ce matin voir mon ami, il
était empêché à rendre ses comptes; la servante est empêchée à faire
le dîner_; il faut dire, _il était occupé à rendre ses comptes; la
servante est occupée à faire le dîner_. Mais l'on dira bien: _s'il me
vient une visite, dites que je suis empêché_, c'est-à-dire, _que j'ai
de l'empêchement_.
=Empêcher.=—Ne dites pas: _Victor voulait se battre, je l'ai
empêché_; dites, _je l'en ai empêché_.
2. Ne dites pas non plus: _je lui empêcherai bien de sortir_; dites,
_je l'empêcherai bien de sortir_.
3. _Empêcher quelque chose à quelqu'un_, est une locution vicieuse; il
faut dire, _empêcher quelqu'un de faire quelque chose_.
=Empereur=, s. m.: prononcez _emp'reur_, et non _empèreur_ ni
_empéreur_.
=Emplâtre=, est masculin: _appliquer un emplâtre; quel emplâtre que cet
homme-là!_ prononcez _emplâ-tre_ et non _emplâ-te_, ni _emplâ-tère_.
=Emplette=, est féminin et ne se dit que d'un achat de petits meubles
ou de certaines marchandises vendues en détail: on fait emplette d'une
boîte, d'un couteau et non d'une maison, de cent kilogrammes de café.
=Employé.=—Ne dites pas: _le voilà ruiné, c'est bien employé_; dites,
_il le mérite bien; il a ce qu'il mérite; c'est bien fait; il paie sa
faute_.
=Empocheter=, mettre en poche; dites _empocher_: _à mesure qu'il gagne
de l'argent au jeu, il l'empoche_.
=Empois=, colle d'amidon, est masculin: _de l'empois épais_.
=Emporter=, v. a.—Ne dites pas: _cet élève a emporté tous les prix de
sa classe_; dites, _a remporté..._
=Empresser= (=s'=), prend la prép. _à_ devant un infinitif, lorsqu'il
signifie, agir avec une ardeur inquiète, se donner du mouvement
pour réussir: _celui qui paraît le plus empressé à nous plaire, est
plus occupé de lui que de nous_. Il prend _de_, lorsqu'il veut dire
simplement _se hâter_: _s'empresser de parler; je m'empresserai de
l'avertir_.
=Emprunter.=—Il prend _à_ et _de_ devant le nom de la personne qui
prête, lorsqu'il signifie, demander et recevoir en prêt: _emprunter
de l'argent à quelqu'un_ ou _de quelqu'un; emprunter une pensée à
un auteur ou d'un auteur; emprunter un mot au latin_ ou _du latin_.
Cependant, dans le sens de _tirer, recevoir, devoir à_, il prend
toujours _de_: _ce raisonnement emprunte_ (tire) _de la circonstance
présente une nouvelle force; la lune emprunte_ (reçoit) _sa lumière du
soleil_. Voyez _prêter_.
=En.=—Ne dites pas: _en Féronstrée, en Vinave-d'Ile_, mais, _dans la
rue Féronstrée, dans la rue Vinave-d'Ile_.
2. Ne dites pas: _je n'en ai qu'un de canif_; dites, _je n'ai qu'un
canif_; _en_ est de trop.
3. Ne dites pas: _avoir part en l'amitié de quelqu'un_, mais, _à
l'amitié de quelqu'un_.
4. Ne dites pas: _une robe garnie en argent, en or, en dentelle_, mais,
_une robe garnie d'argent, d'or, de dentelle_. On dit au contraire,
_une montre en or, une chaîne en argent, une fourchette en argent_ et
non _une montre d'or, une chaîne, une fourchette d'argent_.
5. On dit _en l'honneur_ et non _à l'honneur_: _on fait à la paroisse
une neuvaine en l'honneur de St Roch; j'ai donné un dîner en l'honneur
de Pierre_.
6. Ne dites pas: _je n'irai pas à Verviers en semaine_; dites, _dans la
semaine_. (Fland.)
7. Ne dites pas: _les oignons sont bons en salade_; dites, _dans la
salade_, à moins que vous ne vouliez indiquer une salade faite aux
oignons.
8. Ne dites pas: _fait en l'hôtel de ville_; dites, _fait à l'hôtel
de ville_ ou _dans l'hôtel de ville_. On dit cependant bien, _fait en
séance_ ou _en la séance de..._
9. Ne dites pas: _je l'ai rencontré en bourse, en foire_; dites, _à la
bourse, à la foire_. (Fland.)
10. Ne dites pas: _cet enfant est toujours en rue_; dites, _dans la
rue_.
11. Ne dites pas: _il a toujours la pipe en bouche, une canne en main_;
dites, _à la bouche, à la main_.
12. Ne dites pas: _il s'ensuit de là, j'en conclus de là_; dites, _il
s'ensuit, j'en conclus_ ou bien, _il suit de là, je conclus de là_.
13. Ne dites pas: _je m'en vais voir_; dites, _je vais voir_; _en_ est
de trop. Ne dites pas non plus: _je me suis en allé_; dites, _je m'en
suis allé_.
14. Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut remplacer _son, sa,
ses, leur, leurs_ par l'article _le, la, les_ et le pronon _en_ lorsque
l'objet possesseur et l'objet possédé se trouvent dans des propositions
différentes; d'après eux, il faudrait dire: _j'ai parcouru la ville de
Liége, les rues en sont belles_; et ce serait une faute de dire: _j'ai
parcouru..., ses rues sont belles_.—M. l'abbé Péters (_Grammaire_, nº
325) a fait bonne justice de cette prétendue règle, et a démontré, par
des exemples tirés des meilleurs auteurs, que l'on peut, dans ce cas,
faire usage de l'adjectif possessif.