15. _En agir_: voyez _agir_.

=Encatharré=, n'est pas français; dites _enrhumé_.

=Encensoir=, est masculin: _un encensoir d'argent_.

=Enchifrené=, enrhumé du cerveau; _enchifrènement_, rhume de cerveau;

ne dites pas, _enchiferné, enchifernement_.

=Enclos=, s. m., enceinte, espace clos: prononcez _anclô_ (_ô_ long.)

=Encoignure=, s. f., angle de deux murs; on prononce et plusieurs

écrivent _encognure_ (Acad.): _on a placé une armoire dans cette

encoignure_.

=Encombre=, embarras, est masculin; prononcez _encom-bre_ et non

_encom-pe_ ni _encombère_.

=Encore pas=, est un barbarisme; dites _pas encore_: _avez-vous

déjeuné? pas encore_ (et non _encore pas_).

2. Ne dites pas: _cela m'est encore arrivé; je l'ai encore vu_; dites,

_cela m'est déjà arrivé, je l'ai déjà vu_: _encore_ n'a pas le sens de

_déjà_.

3. Ne dites pas: _cette personne est encore aimable_; dites, _cette

personne est assez aimable_.

4. Ne dites pas: _il est encore toujours au lit_; dites, _il est encore

au lit_.

5. Ne dites pas: _j'entendis hier quelqu'un, et encore un homme

d'esprit, qui soutenait cette erreur_; dites, _et même un homme

d'esprit_.

=Encourir.=—Ne dites pas: _je m'encours à l'école; je m'encours pour

ne pas être aperçu_; dites, _je cours à l'école; je m'enfuis pour ne

pas être aperçu_.

=En débit=, n'est pas français; dites _en détail_: _ce marchand vend en

gros et en détail_.

=Endêver=, avoir grand dépit de quelque chose: _il endêve de cela;

faire endêver quelqu'un_: il est familier.

=Endormir=, est français dans le sens d'_engourdir_: _cette attitude

forcée m'a endormi la jambe; avoir un bras endormi_.

=Endroit=, signifie le beau côté d'une étoffe, celui qui est opposé à

_l'envers_: _voilà l'endroit de ce drap; quel est l'endroit?_

2. _A l'endroit de quelqu'un_, ne signifie pas, _vis-à-vis de

quelqu'un_, mais, _à son égard, envers lui_: cette manière de parler à

vieilli. (Acad.)

=En exprès, A l'exprès, Par exprès=: voyez _exprès_.

=Enfant=, est masculin: _cette fille est un enfant gâté; cette mère a

perdu tous ses enfants_ (toutes filles); il est quelquefois féminin au

singulier en parlant d'une très-jeune fille: _c'est une belle enfant;

la pauvre enfant_. (Acad.) Il est encore féminin: 1º lorsque, employé

comme terme d'amitié, il se dit d'une fille ou d'une femme: _ma chère

enfant, ne craignez rien_; 2º dans cette phrase: _c'est une bonne

enfant_, c'est-à-dire, une personne, fille ou femme, d'un caractère

doux et facile. (M. l'abbé PÉTERS).

2. Ne dites pas: _j'ai levé cet enfant_, mais, _je suis parrain,

marraine de cet enfant_, ou, _je l'ai tenu sur les fonts baptismaux_.

=Enfantise=, n'est pas français; dites _enfantillage_.

=Enfiler=, dans le sens de _tromper, enjôler_, est tout-à-fait

populaire.

=Enfin.=—Évitez de multiplier cette expression dans une narration; ne

l'employez pas non plus quand vous êtes gêné pour vous rappeler ou dire

quelque chose: _enfin.... enfin..._: dans ces sortes de cas, _enfin_

n'a pas de sens.

=Enflammation, Enflammable=, ne sont pas français; il faut dire

_inflammation, inflammable_.

=Enforcir=, v. a., rendre plus fort: _la bonne nourriture a enforci ce

cheval; enforcir un mur_. Il ne se dit guère en parlant des personnes.

2. Il s'emploie aussi avec le pronom et signifie, devenir plus fort:

_il s'enforcira; ce vin s'enforcit à la gelée_.—Il s'emploie comme

neutre dans le même sens: _ce cheval enforcit tous les jours_. (Acad.)

=Enfuir= (=s'=): prononcez _enfu-ir_ et non _enfou-ir_; _enfouir_, c'est

cacher sous terre. Voyez _ui_.

=Engager, S'engager=, devant un infinitif, demandent la préposition

_à_: _je l'ai engagé à dîner; il s'est engagé à venir nous voir_.

=Engeler=, n'est pas français; dites _geler_: _je suis gelé de froid;

le vin gèle; la Meuse est gelée_. Prononcez _geler_ et non _gèler_.

=Engelure=, s. f., est français: _avoir des engelures aux pieds, aux

mains; ses engelures lui démangent beaucoup_.

=Engouer=, embarrasser le gosier: prononcez _engou-er_, et non

_engou-wer_.—_Engouement_, état engoué, passion: prononcez,

_engoûment_, (_oû_ long) et non _engou-wement_.

=Engrais=, s. m.—Dites, _mettre des bœufs, des moutons à l'engrais_

et non, _en graisse_ ni _sur graisse_.

=Engraisser, Graisser.=—Ces verbes correspondent respectivement aux

substantifs _engrais_ et _graisse_; on doit donc dire: _engraisser

une terre, un animal; cette personne a beaucoup engraissé depuis un

an_;—et en se servant du verbe _graisser_: _graisser des bottes, des

souliers; graisser les roues d'une voiture; graisser son linge, ses

habits_.

=Engrener=, _engrenage, engrenure_; prononcez _engrener, engrenage,

engrenure_, et non _engrèner, engrènage, engrènure_.

=Engueuler=, n'est pas français; on peut le rendre par _huer, accabler,

poursuivre de huées, d'injures_: _il se fit huer de tout le monde; la

canaille le poursuivit de ses huées_.

=Énigme=, est féminin: prononcez _énigh-me_ (_g_ dur) et non _énime,

enih'me, énihe, énik_.

=En imposer=: voyez _imposer_.

=Enivrer=, _enivrant, enivrement_: prononcez _an-nivrer, an-nivrant,

an-nivrement_, et non _énivrer, énivrant, énivrement_.

=Enjeu=, ce qu'on met au jeu pour commencer à jouer; ne dites pas

_mettre au pot_; dites, _faire l'enjeu_.

=Enjoué=, _enjouement_: prononcez _enjou-é, enjoû-ment_ (_oû_ long) et

non _enjou-wé, enjou-wement_.

=Ennemi=: prononcez _ènemi_, et non _ain-nemi_.

=Ennoblir=, v. a.: voyez _anoblir_.

=Ennui=, _ennuyer, ennuyant, ennuyeux_: prononcez _an-nui_ (_ui_

diphthongue et non _oui_); _an-nuyer, an-nuyant, en-nuyeux_.

=Ennuyant, Ennuyeux.=—_Ennuyant_, qui chagrine, qui importune ou qui

contrarie actuellement, dans le moment même: _quelle soirée ennuyante;

quel temps ennuyant!_

2. _Ennuyeux, euse_, signifie, qui a la qualité d'ennuyer, qui est

propre à ennuyer, qui ennuie habituellement: _temps ennuyeux, livre

ennuyeux; cet homme est bien ennuyeux_.

=Enorgueillir=, rendre, devenir orgueilleux; prononcez

_an-norgheuillir_ et non _énorgheuillir_, ni _énorgheillir_.

=Enregistrer, Enregistrement=: prononcez _enregis'tré, enregis'treman_

et non _enrégis'tré, enrégistrement_.

=Enrouer, Enrouement=: prononcez _enrou-er, enroûment_, (_oû_ long) et

non _enrou-wer, enrou-wement_. Voyez _rauque_.

=Enrouiller=, est français; mais ou dit plus ordinairement _rouiller_

(_ll_ mouillées). (Acad.): _l'humidité enrouille_ et mieux, _rouille le

fer_.

=Enseigne=, est masculin, lorsqu'il désigne un grade: _un enseigne de

vaisseau_; il est féminin, quand il désigne l'emblème d'un commerçant:

_une belle enseigne_.

=Enseigner.=—Ne dites pas: _cet enfant a été bien enseigné_; dites,

_bien instruit_; prononcez _ensei-gner, ensei-gnant, ensei-gnement_, et

non _enseign'ner, enseign'nant, enseign'nement_.—Voyez _gn_.

2. _Enseigner_, dans le sens d'indiquer, faire connaître quelque chose

que ce soit, est français: _enseignez-moi sa maison, enseignez-nous le

chemin_.

=Enserrer=, dans le sens de _enfermer, enclore_, est vieux; ne dites

pas: _j'ai enserré le chien_; dites, _... enfermé_. (Acad.) Mais on dit

bien, _enserrer des fleurs_, c'est-à-dire, les mettre en serre.

=Ensevelir=: prononcez _encev'lir_ et non _encèv'lir_ ni _ensèvélir_.

=En sorte.=—Ne dites pas: _il a fait si bien en sorte qu'on lui a

pardonné_; dites, _il a fait si bien qu'on lui a pardonné_.

=Ensuite=, suivi de la prép. _de_, ne s'emploie guère que dans ces deux

phrases: _ensuite de cela, ensuite de quoi_ (Acad.), et dans ce cas il

est préposition.

=Ensuivre= (=s'=), v. essent. pron.—Il ne se dit qu'à la 3e

pers. tant du sing. que du pluriel, et s'emploie le plus souvent

impersonnellement: _il s'ensuit que vous aviez tort_. L'Académie ne

donne qu'un seul exemple de ce verbe à un temps composé et c'est une

phrase de barreau: _le tribunal cassa la procédure et tout ce qui

s'était ensuivi_. Dans le langage ordinaire, on met généralement le

verbe _être_ entre la préposition _en_ et le participe _suivi_: _il

s'en est suivi de grands maux; et tout ce qui s'en est suivi_.

2. _Il s'ensuit_ veut l'indicatif après lui; _il ne s'ensuit pas_, veut

le subjonctif.

3. _Il s'ensuit de cela_, est un pléonasme vicieux; dites, _il

s'ensuit_ ou bien _il suit de cela_.

=Entendre.=—_Entendre la raillerie_, c'est avoir le talent de railler:

_peu de personnes entendent la fine et innocente raillerie_.—_Entendre

raillerie_, c'est ne point s'offenser d'une raillerie: _vous entendez

très-bien raillerie, quand d'autres que moi vous font la guerre sur vos

petits défauts_.

2. Ne dites pas: _j'ai entendu de mon voisin que Paul vient de mourir_;

dites, _j'ai appris de...; j'ai ouï dire, j'ai entendu dire..._

(Fland.) Prononcez _enten-dre_ et non _enten-te_ ni _enten-tre_ ni

_entendère_.

3. _S'entend_ (et non _c'entend_, ni _sentant_) a à peu près le même

sens que _c'est-à-dire, je veux dire, bien entendu_: _vous aurez tous

une récompense, s'entend, ceux qui l'auront méritée_.

=En-tête=, ce qui s'écrit au-dessus d'une lettre, d'un tableau; ce mot

est français et masculin: _écrire un en-tête à un tableau; écrire des

en-têtes de lettres_. (BESCHERELLE.)

=Entièreté=, n'est pas français; dites, _la totalité, le tout, le

montant_: _il paya le montant, le total de la dépense_ ou _toute la

dépense_.—Prononcez _enti-er_ et non _entchi-er_, Voyez _ti_.

=Entre.=—L'_e_ final de _entre_ ne s'élide que dans la composition

des mots devant une voyelle; on écrit _entre eux, entre elles, entre

autres_ et _entr'actes, s'entr'aider, s'entr'aimer, s'entr'égorger,

entr'ouvrir_, etc. Si le mot suivant commence par une consonne,

on réunit les deux mots par un trait, d'union: _s'entre-déchirer,

s'entre-nuire_, etc. On écrit cependant en un seul mot: _s'entremettre,

s'entretenir, s'entrevoir_.

2. _Entre les deux_, médiocrement; dites, _entre-deux_: _fait-il froid?

entre-deux_.

3. _Entre, Parmi._—Entre signifie _au milieu de_; c'est pour cela

qu'en général il ne se dit que de deux objets ou de deux sortes

d'objets: _entre eux deux; entre la crainte et l'espérance; entre les

hommes et les animaux_.—_Parmi_ signifie _dans le nombre de_, et

c'est pour cette raison qu'il ne s'emploie qu'avec un pluriel indéfini

signifiant plus de deux ou avec un collectif: _parmi eux, parmi les

élèves, parmi le peuple_.—Cependant _entre_ se dit quelquefois pour

_parmi_: _entre les merveilles de la nature; il fut trouvé entre les

morts; la sainte Vierge Marie est bénie entre toutes les femmes_.

(Acad.)

=Entrefaites=, s. f., ne s'emploie guère qu'au pluriel et dans ces

locutions adverbiales; _sur ces entrefaites, dans ces entrefaites_,

pendant ce temps-là. On dit cependant quelquefois au singulier: _dans

l'entrefaite, dans cette entrefaite_. (Acad.)

=Entreprendre= (=s'=).—Ne dites pas: _il vient de s'entreprendre avec

son ami_; dites, _il vient d'avoir querelle_ ou _de se quereller avec son

ami_.

2. On dit très-bien pourtant: _entreprendre quelqu'un_, c'est-à-dire,

se mettre à le poursuivre, à le tourmenter, à le persécuter, à le

railler: _si j'entreprends cet homme-là, je lui ferai voir du pays_.

=Entrer=, prend l'auxiliaire _être_; _je suis entré; nous sommes

entrés_.

2. On peut dire par hypallage: _ce chapeau n'entre pas dans ma tête;

enfoncer son chapeau dans sa tête; ces bas n'entrent pas dans mes

jambes_. (Acad.)

=Entretemps=, est un substantif et non un adverbe: ne dites donc pas:

_écrivez votre lettre, entretemps je lirai_; dites, _dans l'entre-temps

je lirai_.

2. Ce mot est peu usité et ne se dit pas au pluriel. (Acad.);

_entre-temps_ s'écrit avec un trait d'union.

=Envenimer=, infecter de venin, aigrir; prononcez _envenimer_ et non

_envènimer, m'envénimer_.

=Envergure=, s. f., étendue des ailes; ne dites pas _enverjure_.

=Envers=, prép., à l'égard: voyez _vis-à-vis_. Prononcez _envers eux_,

(_envèreux_) et non _envèrz'eu_.

=Envier, Porter envie.=—_Envier_, se dit des choses et quelquefois des

personnes: _je ne lui envie point son bonheur; tout le monde l'envie_

(Acad.); _les gens en place sont ordinairement enviés_ (id.)—_Porter

envie_, ne se dit que des personnes: _Caïn portait envie à Abel_.

=Environ= _six ou huit_, est un pléonasme; car _environ_ et _ou_ ont la

même signification; dites, _six ou huit_, ou bien _environ six à huit_.

=En voie=: voyez _voie_.

=Envoyer.=—Ne dites pas: _j'ai envoyé ce ballot avec la diligence_;

dites, _par la diligence_.

=Épais=, adj., fait au féminin _épaisse_ et non _épaise_.

=Épargner=: voyer _éviter_.

=Épaule=, s. f.: prononcez _épôle_ (_ô_ long).

=Épeautre=, espèce de blé, est masculin.

=Épellation=, s. f., action d'épeler; prononcez _épèl'lation_.

=Éperon=, (et non _épron_), s. f., fer pour piquer le cheval; prononcez

_ép'ron_ et non _épéron_ ni _épèron_.

=Épidémie, Contagion.=—_Épidémie_, désigne une maladie qui se

communique par l'air; _contagion_, une maladie qu'on gagne par le

contact: _jusqu'à présent les médecins sont partagés sur la question de

savoir si le choléra est épidémique ou contagieux_.

=Épiderme=, première peau, est _masculin_.

=Épincette=, n'est pas français; dites _pincettes_.

=Épine, Noble épine=, pour signifier un arbrisseau à fleurs blanches,

n'est pas français; dites _aubépine_.

=Épion, Épionner=, sont des barbarismes; dites _espion, espionner_.

=Épisode=, action incidente liée à l'action principale, est _masculin_:

_un triste épisode_; prononcez _épizo-de_, et non _épizo-te_.

=Épitaphe=, inscription de tombeau, est _féminin_: _une glorieuse

épitaphe_.

=Éplucher=: voyez _écaler_.

=Époux=, s. m.—Dans la conversation, il est contraire au bon usage

de dire: _mon époux, son époux; mon épouse, son épouse; sa dame, sa

demoiselle_; dites, _mon mari, son mari; ma femme, sa femme; ma fille,

sa fille_. Ces mots _époux, épouse, dame, demoiselle_, ne peuvent être

précédés de l'adjectif possessif, sans trahir, chez les personnes qui

les emploient ainsi, une éducation peu relevée.

=Équateur, Équation=: prononcez _écouateur, écouation_.

=Équerre=, est féminin: _une fausse équerre_.

=Équestre=, _équiangle, équidique, équidistant, équilatéral,

équilatère, équimultiple, équipollence, équiries, équitation_:

prononcez _écues-tre, écui-angle, écuidique, écuitation,..._ et non,

_ekestre, ekiangle, ekidique, ekitation,..._ ni _écouestre, écouiangle,

écouidique, écouitation...._

2. On ne saurait trop s'attacher dans la prononciation à bien

distinguer _ui, ues_ de _oui, oues_; beaucoup de personnes, ne

soupçonnant pas même cette différence, prononcent généralement et

impertubablement les _ui_ comme des _oui_, et font, par exemple

_enfouir_ (se cacher sous terre) de s'_enfuir_ (prendre la fuite):

voyez _aiguiser_ et _ui_.

=Équinoxe=, _équinoxial, équerre, équivaloir, équivalent_; prononcez

_ékinoxe, ékère, ékivaloir_, etc.

=Er= _final_.—Dans le discours soutenu, et surtout dans les vers,

l'_r_ finale dans l'infinitif des verbes en _er_ se lie avec la voyelle

du mot suivant; _er_ se prononce alors _ère_ et non _ére_: _aimer à

jouer; folâtrer et rire_. Dans la conversation, ces sortes de liaisons

seraient affectées et ridicules. (HENNEBERT.)

=Érésipèle=, tumeur inflammatoire sur la peau, est masculin, _érésipèle

dartreux_; on disait autrefois _érysipèle_, ce qui est plus conforme à

l'étymologie.

2. Ne dites pas _résipèle_: _mon frère à la résipèle_; ne dites pas non

plus _la rose_ pour _l'érésipèle_.

=Ergot=: voyez _argot_.

=Ériger.=—Ne dites pas: _le canal a été érigé en 1850_; dites, _...

creusé_.—_Ériger_, signifie _élever_: _ériger un monument, une

statue_.

=Ermite=, _ermitage, erminette_ (sorte de hache): on écrit aussi, mais

moins souvent, _hermite, hermitage, herminette_.

=Errer=, _errant, erratum, errata, erratique, errements; erreur,

erroné_: faites sentir les deux _r_, et prononcez _er'rer, er'rant,

er'ratum_, etc.

=Errière=: voyez _arrière_.

=Éruption, Irruption.=—_Éruption_, se dit de l'évacuation subite d'un

liquide et de toute sortie prompte et avec efforts.

2. _Irruption_, au contraire, signifie, entrée soudaine et imprévue des

ennemis dans un pays. Il faut donc dire: _le Vésuve vient de faire une

éruption_; _les ennemis ont fait une irruption dans notre pays_.

=Escadre=, s. f., flotte de guerre; prononcez _escâ-dre_ (_â_ long) et

non _escate_ ni _escadère_.

=Escalier.=—Ne confondez pas ce mot avec _marche, degré_:

_l'escalier_ est l'ensemble des marches qui conduisent d'un étage à un

autre; ne dites donc pas _monter les escaliers_, s'il ne s'agit que

d'un étage; dites _monter les degrés_ ou _l'escalier_; ne prononcez pas

_escayer_.

=Escarole=, s. f., espèce de chicorée à larges feuilles; on écrit

aussi, mais moins souvent, _scariole_.

=Escient= (_à mon, à ton, à son_, etc.), sciemment, avec connaissance;

prononcez _ècian_ et non _èci-in_.

=Esclabousser=, n'est pas français; dites _éclabousser_.

=Esclandre=, malheur avec éclat, est masculin: _il est arrivé un grand

esclandre dans cette famille_. Prononcez _esclan-dre_ et non _esclante_

ni _esclandère_.

=Esclopé=, n'est pas français; dites _éclopé_ (qui marche avec peine).

=Escouer=, n'est pas français; dites _secouer_.

=Escroc=: prononcez _escrô_: _un vil escroc_. V. _c final_.

=Espace=, est masculin, excepté lorsqu'il désigne ces petites pièces

de métal que, dans les imprimeries, on met entre les caractères pour

séparer les mots l'un de l'autre: _un long espace de temps; mettre

une forte espace entre deux mots_.

=Espadon=, s. m., épée grande et large; dites _espadon, espadonner_, et

non _espadron, espadronner_.

=Espèce=: _toute espèce_, voyez _sorte_.

=Espérer, Promettre, Compter=, doivent être suivis d'un futur: voyez

_compter_.

2. _Espérer_, suivi d'un infinitif, ne régit point de préposition,

lorsque l'espérance paraît fondée, et il demande la préposition _de_,

si l'on espère avec quelque doute: _j'espère le revoir aujourd'hui_;

_peut-on espérer de vous revoir aujourd'hui?_ Voilà pourquoi avec un

adverbe qui exprime la certitude, on dit: _j'espère bien partir demain_

et non _j'espère bien de partir_.—_Espérer_, à l'infinitif, suivi

d'un verbe aussi à l'infinitif, régit toujours la préposition _de_,

parce qu'alors l'espérance est vague, incertaine: _on m'a fait espérer

de le revoir_.

=Espiègle=, adj. et subst. des deux genres; prononcez _espiè-gle_ et

non _espiégle_ ni _espièk_, ni _espièguèle_; ne dites pas non plus, _un

spiègle, c'est un spiègle_.

=Esquelette.=—Ne dites pas _un esquelette_, mais _un squelette_;

_squelette_ est masculin.

=Esquinancie=, s. f., inflammation du gosier; on écrit aussi, mais plus

rarement, _squinancie_; ne dites pas _esquilancie_.

=Essart=, s. m., =Essartage=, s. m., =Essarter=, v. a.—Ces mots

figurent dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin.

2. _Essart_ se dit d'un terrain inculte, qui peut ou doit être essarté,

défriché; _l'essartage_ (ou _essartement_) est l'action d'essarter,

la manière d'essarter, l'effet de cette action; _essarter_, c'est

défricher en arrachant les bois, les épines, etc.

3. On dit également _écobuer_ qui signifie proprement écroûter la

surface du sol, et brûler sur place les tranches de gazon ainsi

enlevées.—Les mots _sart, sartage, sarter, sartager_, ne sont pas

français.

=Essayer=, dans le sens de _goûter, savourer, déguster_, n'est pas

français: _goûtez ce vin_ (et non _essayez_); _goûtez cette viande_ (et

non _essayez_).

2. _Essayer_, devant un infinitif, prend la préposition _à_, lorsqu'il

signifie _s'exercer à_: _un enfant essaie à marcher_; dans les autres

acceptions, il prend _de_: _j'ai essayé de le persuader_.—_S'essayer_

veut toujours la préposition _à_: _s'essayer à nager_.

3. _Essayer_, signifiant tâcher, faire ses efforts, demande un régime

indirect: _essayez-y_ (et non _essayez-le_); _je ne sais si j'en

viendrai à bout; je n'y ai pas essayé_ (et non _je ne l'ai pas essayé_).

=Est=, s. m., Orient: on prononce le _t_: _es-te_.

=Est-ce.=—Ne dites pas: _plus savant est-on, plus est-ce qu'on aime

l'étude; plus vous en dites, moins est-ce qu'on vous croit_; dites,

_plus on est savant, plus on aime l'étude; plus vous en dites, moins on

vous croit_.

=Estaminet=, _Café chez Hubert_; c'est une mauvaise locution;

dites, _estaminet, café tenu par Hubert_ ou bien simplement,

_estaminet-Hubert, café-Hubert_.

=Estoc=, s. m., longue épée ancienne; ne dites pas: _frapper de stoc et

de taille_, mais, _d'estoc et de taille_; prononcez _estok_.

=Estomac=, s. m.—Prononcez _estoma_ et non _estomak_.

2. Ne confondez pas _estomac_ avec _poitrine_: _il a une large

poitrine; je lui ai frappé sur la poitrine_ (et non _estomac_);

_estomac_ ne se dit que de la poche qui sert à digérer et qui se trouve

au-dessous du thorax ou de la poitrine proprement dite.

=Estomaquer=, ne s'emploie que _pronominalement_, et signifie se

tenir offensé de ce qu'une personne a dit ou fait, _s'en formaliser_;

mais il ne signifie jamais _surprendre, stupéfier, interdire_, comme

dans l'idiome wallon: _il s'est estomaqué (formalisé) de ce que je

ne lui ai pas rendu sa visite assez tôt; il n'a pas sujet de s'en

estomaquer;—je fus bien surpris de sa réponse; cette nouvelle l'a

stupéfié_ (et non _estomaqué_).

=Estompe=, s. f.; _dessin à l'estompe_; ne dites pas _estombe_.

=Étable=, est féminin: prononcez _éta-ble_.

=Étal, Étau.=—Un _étal_, est une sorte de table chez les bouchers;

plur. _étaux_;—un _étau_, est une machine de serrurier, à tenir, à

serrer les objets que l'on travaille; plur. _étaux_.

=Étiquet=, n'est pas français; dites _étiquettes_.

=Étiqueter=: on ne double jamais le _t_: _les apothicaires étiquètent

leurs fioles_. (Acad.)

=Étisie= et =Phthisie=, _étique_ et _phtisique_, se disent

indifféremment; cependant on dit plus ordinairement _phthisie_ que

_étisie_, et _étique_ que _phthisique_.

=Étonner.=—Il faut dire: _je m'étonne, je suis étonné que..._ et non,

_ça m'étonne que..._

2. Ne dites pas: _je m'étonne ce qu'il a pu faire; je m'étonne s'il a

fait sa besogne_; dites, _je suis curieux de savoir, je désire vivement

savoir_, etc.

=Étouffe, Touffe=, pour _étouffant_, sont des barbarismes: _il fait

étouffant, on étouffe de chaleur_, et non, _il fait touffe, étouffe_.

=Être=, v. s.: prononcez _ê-tre_ et non _ê-te_ ni _êtère_.

2. Ne dites pas: _cela est-il à votre goût_; dites, _cela est-il de

votre goût?_

3. _Être chaud, être froid_, au lieu de _avoir chaud, avoir froid_,

sont des flandricismes.

4. _Être en voie, chasser quelqu'un en voie, jeter quelque chose en

voie_, sont des wallonismes: dites _être parti; chasser quelqu'un;

jeter quelque chose_: voyez _voie_.

5. _Être fâché à quelqu'un ou sur quelqu'un_; dites, _être fâché contre

quelqu'un_. (Wall.)

6. _Être gagné_, pour _avoir gagné_: ne dites pas, si vous avez gagné

au jeu, _je suis gagné_; dites, _j'ai gagné_.

7. _Être perdu_: ne dites pas: _vous avez mal joué, vous êtes perdu_;

dites, _vous avez perdu_.

8. _Être quitte d'une chose_, pour _avoir perdu cette chose_.—_Être

quitte de..._, ne se dit que d'une chose que l'on est bien aise de

ne plus avoir: _je suis quitte de la fièvre_. Mais quand on regrette

une chose, on ne peut pas dire qu'on en est quitte. Bien des gens

disent abusivement: _je suis quitte de mon enfant_, pour dire: _il est

mort_;—_je suis quitte de ma montre, de mon parapluie_, pour, _ma

montre m'a été volée, j'ai perdu mon parapluie_.

9. _Être vice d'une personne, d'une chose_, pour, _en être

dégoûté_:—_ne soyez pas dégoûté_ (et non _vice_) _de moi, buvez

hardiment dans mon verre_. (Fland.)

10. Ne dites pas: _est-ce là votre livre? oui, c'est lui_; dites, _oui,

ce l'est_, ou bien _c'est mon livre_.

11. Ne dites pas: _sont-ce là vos parents? oui, ce les sont_; dites,

_oui, ce sont eux_; ne dites pas: _sont-ce là vos nièces? oui ce les

sont_; dites, _oui, ce sont elles_. Quand on parle de choses inanimées,

on doit répondre: _ce l'est, ce les sont_; mais il faut répondre:

_c'est lui, c'est elle, ce sont eux, ce sont elles_, quand on parle de

personnes.

Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc. · 第 45 / 164 题