«C’est la mélancolie des plus noirs tombeaux cette volupté couchée,
tandis que les autres points du corps retournent au nocturne des fonds.
«Ah! Eurydice, je te retrouve et je repousse les ombres. Ah! est-elle
parfaite cette forme que soutient la nuit, on dirait éternelle!
«Ah! ces reflets de bronze! Cette forme réjouit mon cœur et mes yeux.
Ah! ce corps échoué, enlisé dans l’ombre, dans ce bain d’ombre!»
* * * * *
«En somme, ce sont des vertus de profondeur, d’opposition, de légèreté,
de puissance qui valent; mais non de ces détails qui ne sont bons que
pour eux-mêmes, véritables fioritures inutiles s’ils ne sont rien par
relation pour le mouvement.»
* * * * *
_Antique_:
«La divinité du corps humain a été obtenue à cette époque, non parce
qu’on était plus près de l’origine, car nos formes sont demeurées toutes
pareilles, mais la servitude de maintenant a cru s’émanciper en tout, et
nous sommes désorbités. Le goût manque.»
* * * * *
_Sculpture_:
«Il y a une science profonde et qui ne se révèle ni en paroles ni en
actions. Il y a quelquefois une forme qui nous est peu familière, mais
qui, cependant, correspond à tout par le principe du modelé.»
* * * * *
«Cette bouche gonflée, saillante, abondante dans ses expressions
sensuelles.»
«Les bronzes de Pompéi dans leurs découpés les plus élégants, les
profils de statues grecques du bon siècle, l’entente de l’effort le
plus discret, la draperie la plus collée, la finesse gothique et
égyptienne, autrement dire que ce n’est pas un art isolé; il apparente
à l’antique de différentes nations cette arrivée presque en même temps
de la perfection antique à la même mesure la plus rigoureuse. C’était
l’originalité d’alors.»
* * * * *
«Ce juste principe qui enveloppe le corps par une rigoureuse unité, une
grâce des mouvements.»
* * * * *
_Pensée_:
«Cette beauté fondamentale qui demande que l’intelligence de l’homme
sauve les monuments et l’ornement, alors que, anonyme, il est un premier
traducteur de l’homme.»
* * * * *
_Sculpture_:
«La souplesse, c’est la loi actuelle vraie, c’est la vie; c’est la
possibilité de plusieurs vies, de plusieurs mouvements de la vie.
Mouvements se succédant et commandant.
«Musique délicieuse des membres.»
* * * * *
«Ces soupçons de modelé! Le brouillard du corps. Comme dans une chose
divinement réglée, il n’y a pas dans ces corps d’indice de révolte; l’on
sent tout à sa place. On comprend la rotation du bras même au repos par
l’examen de l’omoplate, par sa saillie, la cage, l’admirable attache
des côtes reprise par les dentelés pour tenir fixés l’omoplate et son
service. Et le flanc qui continue ce torse étranglé ici, serré là, puis
se développant pour articuler deux cuisses, deux bielles, deux leviers,
angles parfaits, jambes délicates qui jouent sur le sol...»
* * * * *
«Il est inouï de penser ce que l’on peut faire en employant les règles
inutiles des dessins, alors que la règle des plans est la seule règle
utile qui ordonne tous les dessins. Le purisme est inutile, alors que le
principe n’y est pas; et souvent ce n’était qu’une ornementation qu’on
demandait.»
* * * * *
«Ces quelques grands plans qui enferment la forme et le sujet; cette
syntaxe, c’est la grandeur même comme sujet avant le sujet.»
* * * * *
«Cette ombre va de proche en proche, travaille le chef-d’œuvre, lui
donne ce qui charme, la morbidesse profonde venant de l’obscur,--cet
endroit où elle reste si longtemps.»
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_Sculpture d’Extrême-Orient_:
«La tendresse de la bouche et de l’œil ont besoin d’être d’accord.»
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«Ces lèvres sont comme un lac de plaisir que bordent les narines
palpitantes si nobles.»
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«La bouche dans des humides délices ondule sinueuse, en serpent; les
yeux, fermés, gonflés, fermés d’une couture de cils.»
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«Les ailes du nez sur un plan rempli se dessinent tendrement.»
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«Les lèvres qui font les paroles, qui se meuvent lorsqu’elles
s’échappent. Un si délicieux serpent en mouvement.»
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«Les yeux qui n’ont qu’un coin pour se cacher sont dans des puretés de
lignes et dans des tranquillités d’astres blottis.»
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«Le tranquille beau temps de ces yeux, le tranquille dessin, la
tranquille joie de ce calme.»
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«Cet œil reste à la même place avec son compagnon; il est dans un
abri propice, il est voluptueux et lumineux.»
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«Ces jambes aux muscles allongés ne contiennent rien que la vitesse.»
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«Ces ondulations figées sont la statue. Les styles ont le plus ou moins
de longueur dans les ondulations.»
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«Bouche, antre aux plus douces paroles, mais volcan pour les fureurs.»
[Illustration: DESSIN AU CRAYON