LVIII

Le jeune Iovo se promenait dans le tchardak,

quand sous lui le tchardak se rompit

et il eut le bras droit brisé.

Vite il se trouva un médecin,

un médecin, la Vila de la montagne,

mais qui demandait beaucoup pour la cure:

à la mère (elle demandait), sa main droite;

à la soeur, ses cheveux avec le ruban (qui les maintient);

et à l'épouse, un collier de perles.

La mère donna sa main droite,

la soeur, ses cheveux avec le ruban;

mais l'épouse refusa le collier:

«Je ne donne point, par Dieu, mes blanches perles,

je les ai apportées de chez mon père[1].»

La Vila de la montagne s'en irrite,

elle empoisonne la nourriture d'Iovo,

et Iovo meurt. Oh! désespoir pour sa mère!

Les trois femmes[2] se lamentaient,

l'une gémissait sans fin ni trêve,

l'autre le soir et le matin,

la troisième quand il lui venait à l'esprit.

Celle qui gémissait sans fin ni trêve,

c'était la pauvre mère d'Iovo;

celle qui gémissait le soir et le matin,

c'était la soeur affligée d'Iovo;

celle qui gémissait quand il lui venait à l'esprit,

c'était la jeune femme d'Iovo.

[Note 1: Cela signifie qu'elles sont sa propriété et ne sont point à son

mari.]

[Note 2: Il y a au texte _koukavitzé_, coucous. Cet oiseau, ainsi que je

l'ai dit ailleurs, est l'emblème du deuil et de l'affliction.]

Poésies populaires Serbes Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes · 第 182 / 205 题