Une fille s'élevait contre le soleil:
«Soleil resplendissant, je suis plus belle que toi,
et que toi et que ton frère,
ton frère, le brillant astre des nuits[1],
et que ta soeur l'étoile voyageuse,
qui parcourt le ciel serein,
comme un berger devant ses brebis.»
Le soleil resplendissant se plaignit à Dieu,
et Dieu doucement lui répondit:
«Soleil resplendissant, mon enfant chéri,
ne t'attriste point, ne te mets pas en colère,
aisément nous châtierons cette maudite fillette:
toi, de tes rayons hâle-lui le visage,
et moi, je lui enverrai un mauvais sort,
un mauvais sort, de petits beaux-frères,
une méchante belle-mère, et un pire beau-père[2];
et elle se souviendra de celui contre qui elle s'élevait.»
[Note 1: On me passera cette périphrase. En serbe, la lune, _mécétz_,
est du masculin.]
[Note 2: Dans la position bien subordonnée des femmes serbes, ce sont là,
en effet, de grandes calamités.]